Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un pas de côté — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un pas de côté
Chapitre 1
C'était un soir qui aurait pu ressembler à n'importe quel soir de fin de semaine des 6 mois qui venaient de s'écouler. Comme tous les jeudis et vendredis depuis que nous avions commencé notre formation, j'étais avec un groupe d'amis à la terrasse d'un bar, en train de boire une bière - ou plusieurs - et de partager une planche de fromages en discutant de tout et rien. Il faisait un peu froid, je me souviens que je m'étais félicité d'avoir emmené une écharpe ce matin-là, et que j'avais légèrement froid aux mains que je serrais autour de ma bière. Mais les amis avec qui j'étais voulaient toujours se mettre en terrasse pour pouvoir fumer des cigarettes tout en buvant, et ce soir ne faisait pas exception. En fait, rien ne faisait exception ce soir-là, et j'aurais pu oublier cette soirée ou du moins la laisser se fondre parmi toutes les autres dans un souvenir flou bien qu'agréable, si ce n'était pas la soirée que Théo avait choisie pour lâcher, ce qui à mon échelle, était une petite bombe.
Il a parlé d'une voix basse, assez discrètement, et en s'adressant clairement à moi plutôt qu'aux autres.
— Vous allez souvent en soirée ou en club, avec ton mec ?
Je dis que ça m'a fait l'effet d'une bombe, mais en réalité le choc est arrivé quelques moments plus tard. Sur le coup, je n'ai absolument pas compris ce que sa question impliquait, et j'ai répondu de façon totalement naïve :
— Non, pas trop. Il n'aime pas trop sortir, et puis de mon côté j'aimerais bien tester d'aller en boîte ou dans des bars LGBT, et lui ça ne le tente pas trop.
Théo a eu un petit sourire en coin, et a dit d'un ton presque distrait, inconscient du tsunami que sa phrase allait déclencher en moi :
— Dommage pour lui. Si tu veux, on ira ensemble, je te ferai découvrir. Ça fait un moment que je ne fréquente plus le milieu, ça me dirait bien de m'y remettre.
Je dois avouer avec honte que face à ces mots, je crois que je suis tout simplement resté muet comme une carpe.
Bon, voici le moment de remettre un peu de contexte, en expliquant quelques faits simples.
Le premier, c'est que cela faisait donc six mois que je connaissais Théo, que nous nous voyions toutes les semaines pendant plusieurs heures au bar et en cours, et que je n'avais aucune idée qu'il était gay ou bi. Pendant tout ce temps, j'avais eu l'impression d'être le seul mec gay dans une marée de mecs hétéros, où je surnageais plus ou moins bien selon les moments et selon le niveau d'homophobie ordinaire des conversations.
Le deuxième, c'est que dans ce milieu où j'essayais de paraître le plus hétéro possible, et bien qu'étant out et parlant ouvertement de mon copain, je m'étais formellement interdit de trouver beau le moindre mec de mon groupe de potes, et même de toute la formation. Et que d'un seul coup, j'étais forcé de reconnaître que oui, depuis plusieurs mois, je trouvais Théo carrément attirant, et que j'avais fait un très bon travail pour me le cacher à moi-même.
Le troisième, c'est que depuis plusieurs mois, j'avais une libido intenable et que les rapports avec mon copain n'étaient pas du tout satisfaisants pour un ensemble de raisons. Je fantasmais déjà souvent sur l'idée d'installer une appli de rencontres "juste pour voir", ou d'aller en bar gay "par curiosité", en me mentant à moi-même sur le fait que bien sûr, je ne voulais pas vraiment qu'il se passe quoi que ce soit. C'était un ensemble de frustrations que j'accumulais depuis des mois en faisant soigneusement barrage, et en quelques mots, Théo venait d'ouvrir grand les vannes.
Le temps que je me remette de ma stupeur, Théo s'était penché légèrement en arrière, les mains appuyées sur le banc en bois, toujours ce léger sourire aux lèvres. Il aurait pu paraître moqueur, si ce n'était sa main qui venait maintenant frôler la mienne, très discrètement.
Autour de nous, les autres continuaient leurs conversations sans rien remarquer. Je répondis en balbutiant :
— Oui, oui bien sûr, avec plaisir.
Il me sourit plus franchement. Je sentais toujours sa peau qui chatouillait la mienne, un contact léger, tentant, qui me donnait l'impression de me lancer des décharges électriques dans tout le corps. Je n'arrivais pas à m'arrêter de le fixer, je regardais ses yeux en amande, ses cheveux noirs et courts, sa peau hâlée. Les légères pattes-d'oie qui soulignaient son sourire, signe discret qu'il était de dix ans mon aîné. A ma plus grande gêne, je me rendis brusquement compte que j'étais un peu excité, et que j'avais un début d'érection. J'écartais précipitamment ma main de la sienne. Il ne parut pas s'en rendre compte, et reprit :
— Donne-moi ton numéro, que je te dise quand je suis dispo pour sortir.
Je m'exécutai fébrilement. Ce fut, pour ce soir-là, la fin de nos échanges. D'un coup, il eut un petit mouvement d'épaules, s'attabla de nouveau avec les autres, et se glissa fluidement dans la conversation en cours - alors que je restais silencieux, abasourdi, frappé d'un mélange de stupeur, de honte et d'impatience.
Quand une heure plus tard, il se leva pour rentrer chez lui, je me levai maladroitement et annonçai que j'allais rentrer moi aussi. Le groupe nous salua sans plus de cérémonie, mais il eut de nouveau un petit sourire. Quelques dizaines de mètres plus loin, il me lança :
— Si tu commences à partir avec moi en allant dans la même direction, ça va commencer à être suspect.
— Oh... Désolé, ce n'était pas du tout mon intention, désolé... Je ne vais pas loin de toute façon, je vais aller récupérer mon vélo juste là.
— Oh... Désolé, ce n'était pas du tout mon intention, désolé... Je ne vais pas loin de toute façon, je vais aller récupérer mon vélo juste là.
Il rit doucement.
— Je déconne va. Personne ne sait que je suis gay dans le groupe, je pense qu'on est tranquille.
Il posa une main sur mon épaule. J'accusai le choc, comme s'il m'avait donné un coup, le souffle court soudain.
— Allez, rentre bien, on se revoit bientôt.
Et, comme si c'était une habitude de longue date entre nous, il me fit la bise. La sensation de sa joue sur la mienne fût de nouveau un électrochoc, et stupidement j'eus envie de l'embrasser. Je réussis à maintenir une contenance pendant encore quelques minutes, le temps de tourner au coin de la rue, où je mis alors soudain à courir bêtement vers mon vélo. Pendant tout le trajet du retour, je passai mon excitation en filant à toute allure dans les rues désertes.
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Commentaires ()
Vivement la suite...
Moi, à l'inverse je mate tous mes potes quand on est au bar.
Aussi les clients le barman, ...
Ce soir encore ily avait un superbe serveur avec de très belles mains!
Merci pour ce beau début d'histoire entre mecs!
Bisous