Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Libres amours — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Libres amours
Chapitre 1
Ma mère avait insisté.
‒ Mais si, viens passer l'été à Arcachon avec nous ! Ça te changera les idées.
‒ Mais si, viens passer l'été à Arcachon avec nous ! Ça te changera les idées.
Oui, ben justement ! Je n'avais pas du tout envie de me les changer, les idées ! Je préférais continuer à me vautrer douloureusement dans ma déprime. Six mois ! Six mois qu'il m'avait plaquée, l'autre espèce d'animal de Cyrille. Et je n'arrivais pas à m'en remettre. C'était même de pire en pire.
Ma sœur Amanda avait fait chorus avec elle.
‒ Tu verrais la tête que t'as ! Et t'es blanche comme un Efferalgan. Le soleil te fera le plus grand bien.
‒ Tu verrais la tête que t'as ! Et t'es blanche comme un Efferalgan. Le soleil te fera le plus grand bien.
Même Hervé, mon frère, s'y était mis.
‒ Tu vas pas nous faire faux bond ! On les a toujours passées ensemble là-bas, les vacances. En famille. Alors…
‒ Tu vas pas nous faire faux bond ! On les a toujours passées ensemble là-bas, les vacances. En famille. Alors…
Et j'avais fini par me laisser convaincre. Ce n'avait pas forcément été une bonne idée. D'abord parce que, dans la grande maison d'Arcachon, je me cognais en permanence aux souvenirs de ce que j'avais vécu là, trois étés durant, avec Cyrille et, ensuite, parce que voir mon frère et ma sœur filer le parfait amour avec leurs conjoints respectifs me mettait systématiquement le cœur au bord des lèvres.
Au bout de trois jours, ma mère m'avait prise à part.
‒ Tu vas traîner une mourante vie comme ça encore longtemps ? C'est agréable pour nous…
‒ Je sais, oui, mais Cyrille…
‒C'est fini, Cyrille. C'est du passé, Cyrille. Il reviendra pas. Et tu le sais très bien. Faut passer à autre chose. T'as vingt-cinq ans. T'es en pleine fleur de l'âge. C'est le moment d'en profiter, non, tu crois pas ? Bon, mais tu sais pas ? Je sors en boîte, moi, ce soir. Je t'emmène. Et c'est non négociable.
‒ Tu vas traîner une mourante vie comme ça encore longtemps ? C'est agréable pour nous…
‒ Je sais, oui, mais Cyrille…
‒C'est fini, Cyrille. C'est du passé, Cyrille. Il reviendra pas. Et tu le sais très bien. Faut passer à autre chose. T'as vingt-cinq ans. T'es en pleine fleur de l'âge. C'est le moment d'en profiter, non, tu crois pas ? Bon, mais tu sais pas ? Je sors en boîte, moi, ce soir. Je t'emmène. Et c'est non négociable.
Je l'admirais, ma mère. Et je l'enviais. Parce que très vite après la mort de mon père, survenue cinq ans auparavant, elle avait rebondi. À cinquante ans, elle resplendissait. Elle vivait à plein et ne s'encombrait pas de préjugés. Elle passait d'un amant à l'autre sans le moindre complexe.
Quand on y est arrivées dans cette boîte, c'était déjà bondé. On s'est frayé un chemin, tant bien que mal, jusqu'à la seule table restée libre, tout au fond. Le temps de siroter quelques gorgées d'un whisky on ne peut plus médiocre et un brun aux yeux verts, la lippe gourmande, sûr de lui et de son charme, est venu m'inviter à danser.
Ma mère m'a poussée du genou sous la table : « Vas-y ! Mais vas-y, quoi ! »
Ma mère m'a poussée du genou sous la table : « Vas-y ! Mais vas-y, quoi ! »
Je l'ai suivi sur la piste et il a déroulé son programme-séduction. Regards langoureux. Main au creux des reins, appuyée, mais pas trop quand même. Juste ce qu'il fallait. Des flatteries supposées faire mouche. Un spécialiste de la drague. Qui se croyait irrésistible. J'avais tout à la fois envie de lui éclater de rire au nez et de me laisser faire. Parce qu'il fallait bien reconnaître que, depuis le temps que j'avais pas eu un bon coup de queue, c'était tentant. Et je me suis progressivement laissée aller. Il a poussé ses avantages. Il a bandé contre ma cuisse. Il a cherché mes lèvres. Je les lui ai données.
En levant la tête, j'ai aperçu ma mère, qui dansait, elle aussi, dans les bras d'un colosse à la peau d'ébène contre la poitrine duquel elle s'abandonnait voluptueusement, la mine ravie. Extatique.
Mon danseur a proposé.
‒ On sort prendre l'air ? Il fait une chaleur à crever là-dedans !
S'il voulait, oui.
Il m'a entraînée un peu à l'écart, dans l'obscurité, sous les arbres.
‒ On sort prendre l'air ? Il fait une chaleur à crever là-dedans !
S'il voulait, oui.
Il m'a entraînée un peu à l'écart, dans l'obscurité, sous les arbres.
Il m'y a reprise contre lui, s'est fait pressant, a haleté dans mon cou. Sa main s'est glissée dans mon corsage, s'est emparée d'un sein, en a fait dresser la pointe. De plus en plus pressant. Il s'est faufilé sous ma robe, m'a lissée à travers ma culotte, l'a repoussée sur le côté, m'a agacé le clito, du bout du doigt.
Il s'est brusquement interrompu.
‒ Il y a un hôtel tout près. On y va ?
On y est allés.
‒ Il y a un hôtel tout près. On y va ?
On y est allés.
Dans la chambre, il s'est aussitôt déshabillé, Il m' a poussée vers le lit.
‒ Tu sais que t'es bonne, toi ! Non, mais comment t'es bonne !
Et il s'est fait appliqué. Technique. Dans le registre : « Regarde comme je sais m'y prendre ! Ah, avec moi une femme elle grimpe aux rideaux, hein, il y a pas à dire ! ». C'était consciencieux. Méthodique. Trop. J'ai quand même joui. Un peu. Pas beaucoup. Un plaisir de simple politesse. Ce qui ne l'a pas empêché de se rengorger.
‒ Tu sais que t'es bonne, toi ! Non, mais comment t'es bonne !
Et il s'est fait appliqué. Technique. Dans le registre : « Regarde comme je sais m'y prendre ! Ah, avec moi une femme elle grimpe aux rideaux, hein, il y a pas à dire ! ». C'était consciencieux. Méthodique. Trop. J'ai quand même joui. Un peu. Pas beaucoup. Un plaisir de simple politesse. Ce qui ne l'a pas empêché de se rengorger.
‒ C'était bien, hein ! T'as aimé…
Il s'est empressé de se rhabiller.
‒ Faut que j'y aille !
Ben, tiens ! Bobonne devait être infirmière. Ou quelque chose comme ça. Elle travaillait de nuit en tout cas. Et il fallait qu'elle le trouve bien sagement couché en rentrant.
Il s'est penché sur moi pour un dernier baiser.
‒ Faut que j'y aille !
Ben, tiens ! Bobonne devait être infirmière. Ou quelque chose comme ça. Elle travaillait de nuit en tout cas. Et il fallait qu'elle le trouve bien sagement couché en rentrant.
Il s'est penché sur moi pour un dernier baiser.
‒ Bon, on se rappelle. On se fait signe…
Mais il ne m'a pas demandé mon numéro. Il ne m'a pas laissé le sien non plus.
Mais il ne m'a pas demandé mon numéro. Il ne m'a pas laissé le sien non plus.
Une fois seule, je me suis laissé envahir par mes imaginations. De beaux corps virils. Musclés. Qui me désiraient. Qui me le montraient. Qui m'entreprenaient. Qui me chevauchaient avec ardeur. Et j'ai joui. Pleinement, cette fois. En étouffant mes cris dans l'oreiller.
Au matin, c'est la faim qui m'a réveillée. Oui, eh bien, j'allais m'offrir un plantureux petit déjeuner. Et je me suis douchée. Préparée. Je suis descendue.
À peine avais-je pris place dans la salle du petit déjeuner que ma mère a fait son apparition au bas de l'escalier. On a éclaté de rire toutes les deux.
‒ Ben oui, forcément ! C'est l'hôtel le plus proche. Alors c'était là le plus simple.
‒ Ben oui, forcément ! C'est l'hôtel le plus proche. Alors c'était là le plus simple.
Elle s'est installée en face de moi.
‒ Alors ? Ben, raconte, quoi !
‒ Oui, oh, bof ! Ça cassait pas trois pattes à un canard.
‒ Ma pauvre ! Pas de chance. Pour une fois que tu…
‒ Oui, oh, je m'en remettrai… Bon, mais et toi ?
‒ Oh, moi !
‒ Alors ? Ben, raconte, quoi !
‒ Oui, oh, bof ! Ça cassait pas trois pattes à un canard.
‒ Ma pauvre ! Pas de chance. Pour une fois que tu…
‒ Oui, oh, je m'en remettrai… Bon, mais et toi ?
‒ Oh, moi !
Elle a eu un sourire ravi.
‒ Moi, ce pied ! Mais alors là, ce pied ! C'est pas souvent que tu tombes sur un plan pareil. Il m'a mise complètement sur les rotules, oui ! Ah, il sait y faire, le salaud ! Non, et puis déjà, rien que la carrure. Un mec baraqué comme ça, moi, ça me fait fondre. Tu te sens toute petite. Toute fragile. Mais alors quand, en plus, le type, il sait se montrer passionné et tout tendre. Alors là…
‒ Moi, ce pied ! Mais alors là, ce pied ! C'est pas souvent que tu tombes sur un plan pareil. Il m'a mise complètement sur les rotules, oui ! Ah, il sait y faire, le salaud ! Non, et puis déjà, rien que la carrure. Un mec baraqué comme ça, moi, ça me fait fondre. Tu te sens toute petite. Toute fragile. Mais alors quand, en plus, le type, il sait se montrer passionné et tout tendre. Alors là…
Elle s'est penchée vers moi, a baissé la voix.
‒ Non… Et puis il y a pas que ça ! Il y a comment il est calibré. Un sacré beau morceau. Surtout en épaisseur. Comment il t'écarte bien. Ah, pour le sentir, tu le sens ! Sans que ce soit trop non plus. Parce que les Martiniquais, des fois, ils t'en feraient presque mal tant ils l'ont gigantesque. Et je sais de quoi je parle. J'ai donné. Mais pas lui ! Lui…
Elle a vidé sa tasse de café d'un trait.
‒ Non… Et puis il y a pas que ça ! Il y a comment il est calibré. Un sacré beau morceau. Surtout en épaisseur. Comment il t'écarte bien. Ah, pour le sentir, tu le sens ! Sans que ce soit trop non plus. Parce que les Martiniquais, des fois, ils t'en feraient presque mal tant ils l'ont gigantesque. Et je sais de quoi je parle. J'ai donné. Mais pas lui ! Lui…
Elle a vidé sa tasse de café d'un trait.
‒ Bon, mais j'y remonte. Voir s'il est réveillé. Parce que s'il est réveillé, va falloir qu'il assure. J'en suis, moi, de la comédie.
Quand elle est rentrée, en tout début d'après-midi, elle est venue me rejoindre sur la terrasse. Elle avait les yeux battus. Et l'air repu.
‒Qu'est-ce que j'ai pris ! Non, mais qu'est-ce que j'ai pris ! Ah, fallait pas lui en promettre. Et à moi non plus…
‒Qu'est-ce que j'ai pris ! Non, mais qu'est-ce que j'ai pris ! Ah, fallait pas lui en promettre. Et à moi non plus…
Elle s'est étirée.
‒ C'est un type comme lui, tiens, qu'il te faudrait ! Ça te sortirait la tête de l'eau.
Elle a marqué un court temps d'arrêt.
‒ Et pourquoi pas lui ?
‒ Lui ? Mais, maman…
‒ Mais quoi ? Me dis pas que ça te choque… T'en es plus là, j'espère !
‒ Mais non, mais…
‒ Parce qu'un super coup comme ça, normal que j'aie envie d'en faire profiter ma fille… Manquerait plus que ça ! D'autant qu'elle traverse une mauvaise passe…
‒ C'est gentil, mais…
‒ Qu'est-ce qu'il y a encore ? Il te plaît pas, c'est ça ?
‒ Je l'ai à peine vu.
‒ Oui, oh, ben ça, de le voir, tu vas avoir l'occasion. Il vient dîner demain soir.
‒ C'est un type comme lui, tiens, qu'il te faudrait ! Ça te sortirait la tête de l'eau.
Elle a marqué un court temps d'arrêt.
‒ Et pourquoi pas lui ?
‒ Lui ? Mais, maman…
‒ Mais quoi ? Me dis pas que ça te choque… T'en es plus là, j'espère !
‒ Mais non, mais…
‒ Parce qu'un super coup comme ça, normal que j'aie envie d'en faire profiter ma fille… Manquerait plus que ça ! D'autant qu'elle traverse une mauvaise passe…
‒ C'est gentil, mais…
‒ Qu'est-ce qu'il y a encore ? Il te plaît pas, c'est ça ?
‒ Je l'ai à peine vu.
‒ Oui, oh, ben ça, de le voir, tu vas avoir l'occasion. Il vient dîner demain soir.
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Commentaires ()
J'aime beaucoup le personnage de la mère, qui assume tous ses désirs et n'hésite pas à se faire partageuse... reste à voir jusqu'oû.
Je veux la suite, mais sans vulgarité.