Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Communion solennelle. — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Communion solennelle.
Chapitre 1
Note préliminaire : cette histoire est publiée dans le cadre du concours Méli-Mêle-Mots 01 lancé par Léana_M.
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Comme d'habitude, mon jeune frère Raphaël et son épouse Thaïs ont très bien fait les choses ; le carton d'invitation en vélin ivoire à bords frangés reçu il y a deux semaines déjà en témoigne.
« Raphaël et Thaïs Bouillaguet ont le plaisir de vous inviter à la première communion de leur fils Edouard le dimanche 25 avril 2024 à 10h30 en l'église Saint Julien le Pauvre Paris 05. La cérémonie religieuse sera suivie d'un buffet croisière sur la Seine. Embarquement à 12h30 au 35 quai de Montbello (à 300 m à pied de l'église) ».
Arrivé la veille de ma Corrèze profonde et installé dans un petit hôtel du côté de Montparnasse, il est à peine 10h00 lorsque j'arrive au square René Viviani devant l'église Saint Julien le Pauvre. Bien que baptisé, cela doit bien faire trente ans que je n'ai pas mis les pieds dans un édifice religieux. Je me décide toutefois à en pousser la porte pour tuer le temps.
Une fois à l'intérieur, je déambule comme les cinq ou six autres touristes présents dans les lieux. M'attardant devant les vitraux colorés, je me dis que c'est un peu comme les tests de Rorschach, chacun y voit ce qu'il veut. Où le croyant voit un calice, le poivrot voit un verre de pinard et le sportif visualise un casque et une crosse de hockey subaquatique dans la mitre et la crosse de l'évêque.
Dans un petit recoin, je m'arrête devant une Vierge à l'enfant en bois doré. C'est drôle, mais moi je trouve que cela ressemble plutôt à la statue d'une fée qui présente un petit baigneur à celui qui passe. Je m'apprête à tendre les mains pour m'en saisir lorsqu'une voix m'interpelle.
- Hello frangin, comment vas-tu ?
C'est Raphaël mon frère ; je l'enserre dans mes bras, cela fait bien deux ans que nous ne nous sommes pas vus.
C'est maintenant l'heure de la cérémonie religieuse et je m'installe dans la nef parmi toutes les familles présentes. Parés de leur aube blanche, les jeunes communiants me font penser à des anges. Bercé par les psaumes et les cantiques, mon esprit vagabonde jusqu'à ce qu'un tintement de clochette me ramène à la cérémonie. C'est à ce moment-là que je remarque une jeune femme légèrement sur la droite juste sur le banc devant moi.
Elle doit avoir 25-30 ans et est entièrement habillée de noir. Mais ce n'est pas la tenue d'une veuve comme on en voit souvent en ces lieux, non, c'est la tenue d'une déesse gothique, tee-shirt moulant, mini-jupe en cuir, bas et bottines à hauts talons. Je ne vois pas son visage mais j'admire ses cheveux rouge sang et la toile d'araignée tatouée derrière sa nuque. Certains dans l'assemblée doivent la prendre pour une incarnation du diable ; de dos, elle a vraiment un cul et des jambes à damner tous les saints.
La cérémonie terminée, tout le monde se disperse et je perds de vue ma jolie diablesse. Ayant horreur de la foule, j'attends que l'église se vide avant de sortir à mon tour. Il fait beau, tranquillement je longe la Seine en direction du port de Montbello pour la suite des festivités. Devant moi sur le quai, une femme promène son caniche tenu en laisse. Elle a un beau petit cul mais bien moins excitant que celui de mon inconnue.
Quelques instants plus tard, me voici à bord de La Réjouissance, la péniche réservée par mon frère pour l'après-midi. Je monte à bord, tous les invités sont déjà réunis sous le rouf au-dessus du pont et savourent quelques rafraichissements. J'ai envie de griller une cigarette, vice pernicieux dont je n'arrive pas à me débarrasser. Je me dirige vers l'arrière et m'accoude au bastingage la clope au bec.
Tout en contemplant Notre Dame de Paris presque entièrement relevée de ses cendres, je me dis que je repars en train demain matin pour Tulle avant de reprendre ma voiture qui me ramènera dans mon petit bled perdu sur le plateau de Millevaches. Paysan taiseux, célibataire endurci, quadragénaire solitaire, je sais que, même si le plaisir est polymorphe, je n'en ai exploré que peu de facettes. A la campagne, mon quotidien c'est la veuve poignet ; je compte bien profiter de cette courte virée à Paris pour m'éclater un peu.
Alors que je m'apprête à repartir vers l'avant rejoindre les autres invités, des cris étouffés me parviennent d'un hublot donnant sur la cale. Je me penche vers l'ouverture pour mieux entendre, ce sont des gémissements de plaisir. Et qu'elle n'est pas ma surprise de voir un couple en train de s'ébattre sur le plancher, là en-dessous.
Les deux me tournent le dos ; l'homme est assis par terre et la femme est agenouillée vers l'arrière sur la queue du mâle. Ce dernier la tient par la taille et la besogne avec régularité. Loin d'être un expert du kamasoutra, je reconnais tout de même la position dite de l'épicurien en référence au philosophe Epicure qui enseignait que « le plaisir est le principe et la fin d'une vie heureuse ».
Je me dis que ce sont certainement deux membres d'équipage qui s'accordent un peu de bon temps avant de devoir mettre les moteurs en route pour notre petite balade nautique sur la Seine. Mon sexe se tend, j'en ai mal à la queue. Il faut dire que je ne me suis pas branlé depuis quelques jours. La femme gémit plus fort, l'homme ahane ; j'envie ce dernier. Soudain, la femme change de position pour se mettre face à l'homme. Nos regards se croisent ; pris en flagrant délit de voyeurisme je m'éclipse rapidement vers l'avant de la péniche.
Une fois sous le rouf au milieu des autres convives, je prends un verre et me dirige vers mon neveu. Je lui tends le petit cadeau que je lui ai apporté, une vieille montre gousset en argent achetée par mon père il y a bien longtemps chez un bijoutier de Brive-La-Gaillarde après une belle foire aux bestiaux.
- Tiens Edouard, ce n'est pas très moderne mais elle a appartenu à ton grand-père. C'est un souvenir de famille.
- Oh super, merci tonton ! s'exclame-t-il.
Puis nous discutons tous les deux de mille choses car il a bien grandi depuis notre dernière rencontre. Nous sommes soudain interrompus par son père.
- François, je crois que tu n'as pas encore rencontré Astrée la sœur de Thaïs, me dit-il.
Je tourne le regard vers lui et découvre à ses côtés la jeune fille aux cheveux rouges. Je l'avais trouvée bandante de dos dans l'église et force est de constater que de face est elle encore plus désirable. Un joli visage, de fines lèvres maquillées d'un rouge sang assorti à ses cheveux, de beaux yeux dont le bleu vif est souligné par un mascara noir intense et des piercings argentés aux oreilles. L'archétype de la diablesse à qui on est prêt à vendre son âme sans discussion.
- Je suis ravie de te rencontrer enfin, me dit-elle. Ma sœur m'a si souvent parlé de son beau-frère célibataire vivant dans une ferme au milieu de nulle part.
Avant que je puisse lui répondre quoi que ce soit, la voici qui m'explique qu'elle est arrivée il y a seulement deux ans à Paris après des études supérieures à Athènes. Je me souviens alors que ma belle-sœur Thaïs est originaire de Grèce, d'où l'originalité des prénoms des deux sœurs.
- Et que fais-tu à Paris, lui demandé-je.
- Je suis une geekette et je bosse dans une start-up, me répond-elle.
A mon air ahuri et mes grands yeux ronds, elle comprend que je n'ai rien compris à son jargon moderne.
- Oui, reprend-elle, j'ai un diplôme d'ingénieur en nouvelles technologies de l'information et de la communication. J'ai été recrutée par une jeune entreprise innovante parisienne qui développe de nouveaux outils en intelligence artificielle et réalité virtuelle.
- Ah oui, je comprends ! rétorqué-je en faisant celui qui a tout compris. T'es une pro du téléphone et des ordinateurs !
Elle me fait un grand sourire qui me fait disjoncter le cœur ; j'ai envie d'elle !
C'est maintenant elle qui m'interroge sur ma vie d'ours solitaire. Je lui raconte mon travail à la ferme, les longs hivers, ma vie en plein air, mes longues promenades, les soirées au coin du feu et tout ce qui fait mon quotidien sur le plateau des Millevaches. Nous en restons cependant là car Thaïs vient récupérer sa sœur pour la présenter à d'autres invités.
Le capitaine de La Réjouissance nous annonce qu'il lève l'ancre pour une petite croisière touristique en plein cœur de Paris. La péniche négocie un large virage pour quitter le port et nous voici longeant l'île de la Cité, passant sous plusieurs ponts avant de filer le long du musée du Louvre puis du jardin des Tuileries.
Le buffet pris debout sous le rouf permet de profiter d'une vue imprenable sur les plus beaux monuments de Paris. Au dessert, je me saisis d'une religieuse au chocolat - ma pâtisserie préférée - et m'installe tout à l'avant du bateau pour être au calme face à la Tour-Eiffel qui grossit à vue d'œil.
- Tu te prends pour Jack Dawson ? m'interroge une douce voix derrière moi.
Je me retourne et me retrouve face à ma jolie geekette.
- Pour qui ? lui demandé-je.
- Léonardo DiCaprio, dit-t-elle, dans le film Titanic.
- Je voudrais bien, mais je n'ai pas de Rose ! lui dis-je en souriant pour lui monter qu'être un campagnard ne signifie pas pour autant être un ignare.
Elle s'accoude au bastingage près de moi face au fleuve. Elle tient à la main une coupe de glace à la vanille recouverte de crème chantilly et quelques biscuits. De son autre main, elle se saisit d'un biscuit et le trempe dans sa coupe pour le recouvrir de glace et de crème. Lorsqu'elle le porte à sa bouche, quelques gouttes de vanille et de chantilly perlent à la commissure de ses lèvres comme des filets de sperme. Je m'imagine aussitôt jouissant dans sa bouche après une bonne fellation ; j'ai la trique !
- J'adore les spéculums, me dit-elle en s'essuyant les lèvres d'un coup de langue qui ne fait qu'accroitre l'érection qui déforme mon pantalon.
Je pars dans un grand éclat de rire et elle me regarde surprise.
- Pourquoi tu ris ? me demande-t-elle.
- Tes biscuits, ce ne sont pas des spéculums mais des spéculos ! lui dis-je.
- Le grec est ma langue maternelle, m'explique-t-elle. Je ne maitrise pas encore toutes les subtilités de la langue française.
- Ce n'est pas grave, la rassuré-je. Mais ton erreur m'a bien fait rire.
- Si ce biscuit est un spéculos, c'est quoi un spéculum ? m'interroge-t-elle.
Bien évidemment, à peine ai-je donné l'explication qu'elle part à son tour dans un grand fou rire.
- Suis-je bête ! me dit-elle.
- Mais non, tu es belle ! lui rétorqué-je.
Je n'en reviens pas, cette fille me rend dingue et je me comporte comme un ado qui tombe amoureux.
Après ce gros fou-rire et une fois nos desserts terminés, nous repartons vers le rouf pour y prendre un verre. Alors que je pose mes couverts vides et m'apprête à me saisir d'une coupe de champagne, elle se saisit de ma main.
- J'adore tes mains ! s'exclame-t-elle.
Décidément, cette jeune femme ne finit pas de me surprendre car j'ai de grosses paluches de paysan, bien caleuses et striées de cicatrices.
- Mes mains sont faites pour le travail, lui rétorqué-je, pas pour les caresses !
Elle me regarde droit dans les yeux et porte ma main à son visage. Sa joue est maintenant dans ma paume, que sa peau est douce !
- Moi j'aime les mains viriles ! me dit-elle.
Chacun se saisit d'une coupe de champagne et nous trinquons.
- Je visiterais bien la cale avec toi, me lance-t-elle soudain.
Un éclair coquin brille dans ses yeux, serait-elle en train de me provoquer ?
- Est-ce bien raisonnable ? lui demandé-je en espérant une réponse positive.
- Oh oui, j'en ai envie ! lâche-t-elle avant de me tourner le dos pour se diriger vers l'escalier qui descend dans les entrailles de la péniche.
Je lui emboite le pas et nous voici dans la pénombre d'une première pièce. Nous nous dirigeons vers l'arrière et j'ouvre une petite porte. Nous sommes obligés de nous baisser pour passer dessous. Tout de suite je reconnais l'endroit, c'est là que baisait le couple que j'ai surpris tout à l'heure alors que je fumais une cigarette sur le pont.
J'attire Astrée contre moi, l'enserre dans mes bras et l'embrasse à pleine bouche ; sa langue s'enroule avec la mienne. Mes mains descendent sur ses reins et se glissent sous sa mini-jupe ; je lui pétris les fesses.
- J'aime vraiment tes mains, me dit-elle.
- Et moi j'adore ta croupe, répliqué-je.
Je suis venu à cette communion pour faire plaisir à mon frère et je pensais vraiment m'emmerder. Mais là, je dois avouer que je savoure l'instant présent.
La jeune femme ondule du bas-ventre et cherche vraiment à me provoquer.
- Méfie-toi, lui dis-je, tu vas libérer la bête qui sommeille en moi.
- Tu n'oserais pas me violer ! me rétorque-t-elle d'un petit air provocant en accentuant les ondulations de son pubis contre l'excroissance de mon pantalon.
D'un geste rapide, je la retourne et la fais mettre à quatre pattes sur le plancher de la cale. Puisqu'elle aime mon côté sauvage, rien de tel que la levrette pour exprimer tout mon talent. Je me mets à genoux derrière elle et trousse sa mini-jupe. La petite ficelle rouge de son string est à peine visible entre ses deux fesses. Mes mains caressent ses deux globes ; cette petite catin a une peau de satin !
Ma braguette aussitôt ouverte, ma bite jaillit comme un diable de sa boite. J'écarte le fin tissu rouge et joue de mon gland entre ses cuisses. Elle relève un peu plus haut la croupe et entrouvre davantage les jambes. La belle s'offre à la bête ; mes mains remontent sous son tee-shirt pour s'emparer de ses seins. Pas de soutien-gorge, il faut dire que ses seins, fermes comme des pomelos, peuvent très bien s'en passer.
- Vas-y, prends-moi, m'implore-t-elle.
- Tu en es sûre ? lui demandé-je en accentuant la pression de mon gland sur sa fente déjà toute moite.
- Oh oui, vas-y, gémit-elle. J'en peux plus d'attendre.
J'y vais un peu plus fort et la pénètre lentement pour bien sentir ses chairs s'ouvrir sous la poussée de ma queue. Les mouvements de sa croupe accompagnent mes coups de boutoir et nous ondulons au gré du tangage et du roulis de La Réjouissance. En enserrant sa taille, son tee-shirt remonte un peu et je découvre que la toile tatouée sur sa nuque se prolonge jusqu'en bas des reins par un fil noir qui retient une petite araignée rouge.
- Oh que c'est bon, s'écrie-t-elle. Plus fort !
J'accélère le rythme et la pilonne un peu plus fort, elle adore. Je me retire entièrement pour mieux replonger au fond de sa grotte. Sa chatte n'est plus qu'un chaud fourreau dans lequel mon glaive coulisse sans difficulté. Tout en la besognant je lui caresse les cuisses, les fesses, le dos, les seins et les épaules comme si je voulais polir tout son corps sous mes mains.
Je ne peux plus tenir, je sens la sève qui monte dans ma tige et soudain je jouis. Mes jets de foutre fusent, sa jouissance explose. Mon plaisir se fond dans le sien ; solennelle communion de nos corps et de nos âmes !
Une fois remis de nos émotions, nous remontons discrètement sur le pont. Le capitaine est en train de conduire la manœuvre d'accostage. Astrée et moi n'avons pas vu le temps passé. Tous les invités remercient mon frère et sa femme avant de débarquer. Quelle superbe journée !
Une fois sur le quai, la jeune geekette et moi échangeons nos téléphones.
- J'espère que tu m'inviteras à passer quelques jours chez toi, me dit-elle en m'embrassant sur les deux joues.
- Là où j'habite, l'hiver est la plus belle saison, lui dis-je.
- Alors je viendrai pour Noël, rétorque-t-elle avec un grand sourire.
Puis elle me tourne le dos et s'éloigne à petits pas. Je ne bouge pas, la regardant se fondre dans la foule puis disparaitre au loin. Cette fille-là m'a pris dans sa toile ….
FIN
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Commentaires ()
J’ai adoré ce contraste. D'un côté, un homme de la terre, solitaire et un peu taiseux ; de l'autre, une geek gothique, son exact opposé. Et pourtant, au-delà de l'étreinte, on sent bien que quelque chose de plus fort pourrait s'installer. C'est toute la magie de deux êtres que tout sépare en apparence, mais qui se trouvent.
C'est beau, c'est d'une grande sensibilité et ça donne envie de les suivre plus longtemps. Merci pour ce très bon moment de lecture !
Un p'tit voyage en Grèce en prévision.
J’ai bien aimé le coup du spéculos, c’est très bien trouvé bravo Hélène :)
Il y a du niveau dans ce concours :)
Bravo Hélène.
L’auteure nous fait bénéficier de son grand talent.
C'est con qu'il n'y ait pas la même ambiance sur les bateaux mouches, j'irais bien plus souvent :P (comme aux communions d'ailleurs).
Voilà du travail pour le jury (enfin... du travail bien agréable ;)).
Bravo pour ta participation, Hélène :).