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Orientation principale dans ce chapitre
Maëva et son patron — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Maëva et son patron
Chapitre 1
Maëva
Je suis à mon compte depuis quelques années. Mon commerce fonctionne bien. Ma clientèle est devenue régulière et fidèle. Un nouveau local est prévu, ainsi que des nouvelles formules dont un bar, dont mes clients et moi-même attendons impatiemment l’ouverture.
Pour ce faire, je dois également agrandir le personnel. Mon choix se porte sur Steven, qui aura la lourde charge de me remplacer de temps en temps, Benoît qui se chargera de la partie bar, et Maëva, jeune diplômée de 19 ans qui m’accompagnera dans mes démarches auprès des professionnels, des particuliers, des entreprises, et qui se formera également à la négociation commerciale avec les fournisseurs.
Maëva est une jolie petite rousse, menue, petite, avec de longs cheveux roux frisées qui descendent le long de son visage juvénile constellé de taches de rousseur. Malgré son jeune âge, elle est énergique, motivée et dotée d’un enthousiasme et d’une bonne humeur sans faille.
En ce 15 avril, après des semaines de travaux et de mise en place, c’est le jour de l’inauguration. Les locaux sont visités, le bar tourne à pleins régimes, je suis très satisfait de mes employés. Chacun donne son maximum et cela fait plaisir à voir. La fin de soirée se profile et il est près de deux heures du matin quand les derniers noctambules regagnent leurs pénates.
Les journées, puis les semaines s’enchaînent. Un mardi soir, je préviens Maëva si elle accepterait exceptionnellement de m’accompagner pour un RDV clientèle en soirée dans une ville assez éloignée le vendredi suivant. Sa présence n’est certes pas indispensable, mais d’un point de vue professionnel, cela peut être assez enrichissant pour elle.
– Évidemment, tu rattraperas ce temps en récup’. Prends déjà ta matinée et on verra pour la suite
– Et comment ont fait pour la route ? Je n’ai pas le permis…
– Je t’emmènerai ce soir, la société paiera une nuit à l’hôtel et j’irai te chercher demain midi
– D’accord… mais ça va te faire de la route…
Je souris, en lui disant de ne pas s’inquiéter, je ne fais plus que mon compte d’heures en déplacement et que cet aller/retour ne me dérange pas.
Le vendredi après notre journée, je laisse le bar aux bons soins des garçons puis je vais récupérer Maëva chez elle. C’est un quartier triste, comme celui des grands ensembles. Elle me rejoint, limite gênée, enveloppée dans un long manteau, sa tête coiffée d’un bonnet.
Je reste un peu surpris de cet accoutrement qui ne lui ressemble pas
– On peut partir assez vite s’il te plaît ? me murmure-t-elle
Sans un mot, je démarre et je l’observe du coin de l’œil. Elle reste emmitouflée dans son manteau, le nez dans son écharpe et bonnet vissé sur la tête.
Le trajet est long, je l’entends renifler. Je décide de m’arrêter sur une aire de repos.
– Bon ? Tu m’expliques ce qui ne va pas ? Parce que si tu es comme ça ce soir, je ne pourrais pas te garder à la réunion
Elle me regarde. Ses yeux sont humides, mais je ne ressens pas de tristesse, plutôt une colère contenue
– C’est à cause de mon mec qui m’a fait une crise de jalousie grand format quand je lui ai dit que j’allais avec toi ce soir. Il m’a traité de tous les noms…
– Ridicule… De quoi a-t-il peur ? Et pourquoi il ne vient pas te chercher si c’est ce qui l’inquiète ?
Elle ricane
– Il a perdu son permis. Vitesse, alcool, shit, délit de fuite…. La totale. Il est confiné à la maison
– Il a joué, il a perdu… mais il se fait tellement de souci par apport à moi ?
– Il est très jaloux…
– C’est normal, tu es une très jolie femme… mais je suis ton employeur, et tu es ma salariée. Donc, je ne vois pas le souci en fait
Un long silence suit cette déclaration. Je la vois retirer son manteau, puis son écharpe et son bonnet
– Merci Julien…
– Mais de rien… Allez on y va, tu te sens prête ?
– Oui…
Le rendez-vous se passe très bien, je retrouve mon employée joviale, à l’écoute, vraiment dans le charme avec les messieurs présents. Quand nous finissons, il est près de 23 heures. Je raccompagne Maëva à l’hôtel. Arrivés sur le pas de la porte, elle me demande si je serai disponible pour prendre un verre avec elle. Étant dans le quartier animé de la ville, j’accepte sans hésitations.
– Tu permets que je me change ? Rentre et attends-moi
– Si ça ne te dérange pas, je vais patienter dans le hall…
– Ah…. Bon… Une mine boudeuse me referme la porte au nez
Je sens bien qu’elle n’est pas insensible à mon être, mais je pourrais presque être son père vu mon âge et de plus, je suis son patron. Bien que je ressente un certain émoi de mon côté, je me dois de garder une distance de sécurité, une barrière doit être dressée dès maintenant pour éviter tous futurs problèmes.
Elle redescend. Ella troquée jupe et chemise contre un t-shirt et un jean.
– Tu fais encore plus jeune comme ça…
– Oh, c’est gentil, mais je ne sais pas si je dois le prendre comme un compliment ou non ?
– C’est un compliment. Rien de plus. Tu as un copain, je suis bien plus vieux que toi et je suis ton patron. Voilà de quoi rassurer tout le monde
Nous prenons plusieurs verres et malgré mon refus d’engloutir la pinte de trop, je m’aperçois à mon retour de ma pause cigarette que cette chipie m’a commandé un nouveau verre. Elle me regarde narquoise par-dessus le sien.
– Ce n’est qu’une bière patron !!
– Non, chipie, ça fait deux !! ce n’est pas très correct, tu sais que j’ai de la route à faire…
Ses yeux se perdent quelques instants dans le vague, son sourire s’efface.
– Je sais Julien. Je sais…
Je soupire et m’installe sur le sofa à côté d’elle. Elle sirote son Get, perdue dans ses pensées. Je préfère ne pas l’interrompre et je bois tranquillement ma bière. Je suis partagé entre mon envie de me rapprocher d’elle, et celui de la raison. Mais l’alcool désinhibe et ma main vient se poser sur la sienne.
Elle me sourit. Laisse partir doucement sa tête en arrière. Mon pouce et mon index caressent lentement ses petits doigts
Je reprends doucement mes esprits et je me détache d'elle
– Non, je ne peux pas. Je suis ton patron et je suis bien trop vieux pour toi.
Pour éviter de succomber, je me lève précipitamment, je règle nos consommations et je m'enfuis dans la rue sans un regard derrière moi.
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