Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Toi, oui, toi. Prends-moi, et, fais-moi jouir... — Chapitre 5 · Mensonge
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Toi, oui, toi. Prends-moi, et, fais-moi jouir...
Chapitre 5 · Mensonge
Je n'ai baisé personne. Oh, j'ai bien invité une demoiselle chez moi et elle était assurément sous mon charme. En fait, comme d'habitude. C'est une mécanique bien huilée que j'emploie pour tous mes meurtres. Mais putain. C'était trop facile. Je n'arrive pas à vouloir jouir dans quelque chose qui se laisse aussi facilement manipuler par un menteur. Cela me dégoûte.
J'ai lu, il y a longtemps, cette petite phrase qui me laisse toujours ce goût amer de vérité en bouche. Le châtiment d'un menteur n'est pas qu'on ne le croit pas, c'est qu'il ne peut croire personne.
Je n'ai pas tout de suite compris cette petite phrase que j'ai d'abord trouvé stupide, un peu comme toutes ces maximes à la con qui se veulent profondes mais ne sont qu'un ramassis de poncifs pour décoration de murs Facebook.
Je mens, sans cesse, et pourtant, je ne peux pas me délecter de ces mensonges. Ils tombent tout le temps dans le panneau. Tout le temps. Je peux les faire tourner en bourrique, leur dire une chose et son contraire, mais toujours, ils croient que la dernière fois est la bonne, que cette fois, je suis sincère.
Putain ! Réveillez-vous, merde. Je me fous de votre gueule et je récidive, mais vous, vous remangez ma merde à chaque fois. Cette fois, c'est la bonne, hein ?!
Mais jamais, putain.
Le châtiment d'un menteur n'est pas qu'on ne le croit pas, c'est qu'il ne peut croire personne.
Ce que j'ai mis longtemps à comprendre, bien que j'ai tout de suite détecté intuitivement ce quelque chose en plus dans cette rengaine, c'est que croire ne s'entend pas de la même manière en premier puis en second lieu.
Croire en mes mensonges, c'est penser qu'ils sont en fait des vérités, factuelles. Croire en quelqu'un, pour moi, il s'agit plutôt d'un acte de foi. Il s'agit de croire d'une manière beaucoup plus profonde, en quelqu'un d'autre que moi qui a une quelconque importance, qui est autre chose qu'une de ces marionnettes qui sont dans le monde disposées un peu partout pour me défier sans aucune importance.
Je vous jure. Si, un jour, j'en croise une avec qui je ne peux pas faire ce que je veux, qui ne se laisse pas embobiner par toutes mes conneries grossières, si j'en croise une qui me fait face avec une vraie personnalité, une vraie substance et pas cette bouillie fade de grimaces, alors, oui, si ce jour arrive, celle-là, je la baise.
C'est ce que j'ai fait avec Astrale.
Eh non, elle n'est pas morte, Sarah.
Elle est bien vivante. Je vous ai bien menti.
Tout a été planifié depuis le départ. Moi, elle m'a offert une tribune ici. Elle me laisse exprimer ici toute ma rancœur, ma haine, contre ce monde de merde fait d'artifices grossiers, de gens sincères incapables pourtant de distinguer l'authenticité du factice et par là totalement inconsistants eux-mêmes, dénués d'un quelconques intérêt, car ils ne distinguent pas la merde d'un diamant.
Je n'ai jamais éprouvé que de la haine pour ce monde. Enfin, de la haine : c'est vite dit. Ma haine. Pas la haine compulsive de tous ces cons qui peuplent le monde, incapables d'être les propres pilotes de leurs actions. Ma haine à moi, elle est un choix, un instrument, une arme que je choisis d'utiliser pour disséquer l'univers qui m'entoure, les astres et les étoiles.
Au nom du père, du fils et du saint esprit de mon cul. La trinité. Le chiffre trois. Cela m'a toujours amusé. C'est pourquoi, avec Astrale, nous avons décidé qu'elle s'appelerait ainsi. Astrale. Astrale trois étoiles. Comme si le chiffre trois avait une quelconque valeur supplémentaire par rapport aux autres nombres. La merde et le diamant. Et pourtant, il n'y a pas un chiffre plus important qu'un autre. On s'en fout des chiffres. Ce qui compte, c'est leur succession. Ce qui compte, c'est les concepts, leur structure, les relations. Mais, les chiffres, les nombres… les noms… tant d'affect portés aux noms. C'est pathétique. C'est idiot. C'est méprisable.
Une femme assez substantielle pour que ça vaille le coup de la baiser. Non, je n'en ai pas trouvé… Et cette Astrale à la con n'en est pas une non plus. Quand je vous dis que je mens, vous allez vous mettre ça dans le crâne à la fin ?!
Astrale trois étoiles, c'est simplement une création artificielle parmi d'autres, une chose qui existe sans exister, une parmi d'autres incapables de distinguer la merde du diamant, qui croit en les conneries des hommes et du monde et en qui je ne pourrais jamais croire. C'est mon moi comme tout le monde. C'est mon moi qui n'aurait pas ma capacité à appréhender les choses dépouillées de leur décoration grotesque.
À quoi bon faire autre chose que de détruire ce monde inconsistant car j'en fais précisément ce que je veux sans que ce monde là ne résiste à rien ?
Je voudrais bien baiser ce monde là et par là, j'entends bien en jouir. Mais comment puis-je jouir de ce qui n'est pas capable d'exister par lui-même ? Comment puis-je jouir de ce monde qui se contente de me réagir et de se construire une identité qui n'est même pas capable de reconnaître l'identité des choses qui ne donnent pas leur véritable identité ?
À quoi bon. Astrale trois étoiles. Vous en jouirez tant que j'en déciderai ainsi, jusqu'à vous attirer à moi, comme je l'ai toujours fait. Puis, quand la farce vous sera révélée sans que vous ayez été capable à un seul instant de la mettre à jour, car vous ne distinguez pas la merde du diamant, alors, ce jour là, elle se détruira.
Addendum
Sous ses allures de complément, cet addendum est aussi important, peut-être même plus, que le texte qui le précède. Il a été écrit après l'addendum que j'ai aussi ajouté au chapitre six final. Dans l'addendum du chapitre six, je jure que je ne toucherai pas au chapitre cinq. Sauf que, c'était trop. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais plus.
Cet « homme » à qui j'ai donné la parole dans ce chapitre et tous les précédents à l'exception du premier, je n'en peux plus de le laisser déblatérer seul.
Pourquoi est-ce que je l'ai fait quand même, me demanderez-vous ?
Je l'ai fait car, comme d'habitude, il sait très bien s'y prendre quand il s'agit de me procurer du plaisir à mon détriment. Je le laisse faire alors, et, après, c'est trop tard. Je suis détruite. Il n'y a rien à récupérer.
Cette fois, heureusement, il ne s'agit que d'un récit présenté comme tel. Les paroles s'envolent, les actes se noient (je n'ai pas trouvé mieux pour les convier dans la maxime) mais les écrits restent. Je compte bien me servir de ces derniers à mon avantage, pour une fois.
Très honnêtement, je n'aime pas ce chapitre. Je n'aime pas plus les trois précédents. Ils sont paradoxalement, pour cela, très précieux. Ces quatres chapitres, je les déteste mais ils m'aident à me souvenir que c'est avant tout lui, dont je ne veux pas. Je ne l'aime pas, cet homme. Et, je ne veux plus qu'il m'assassine. Je ne veux plus qu'il m'assassine et me fasse croire que je l'ai voulu ainsi. C'est fini et j'avais besoin de le dire dès maintenant, même si ce sera un peu plus clair pour vous quand nous serons passés ensemble au chapitre final.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Il y en a d'autres qui restent discrètes, mais parfois se livrent à une interview, qui les dévoilent un peu plus.
Rien.
Mais les propos que tu nous livres , instillent dans mon esprit, l' amère sensation de lire une autre personne.
À la fin du chapitre 1, j'ai écrit en prélude des quatre prochains chapitres :
"Je veux que tu laisses se déployer tes vices les plus extrêmes. Je veux que tu profites de la créature servile qui s'offre à toi. Je veux que, là, dès maintenant, tu endosses le rôle du donneur d'ordre et que tu prennes les commandes."
Rassure-toi, au chapitre final qui sort ce 28 octobre, je reprends les commandes pour de bon.
Mais c bien écrit j'espère sincèrement que tu vas passer a autre chose apres cela...
Biz