Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Tous les chemins mènent à toi (extrait) — Chapitre 1 · Révision SVT
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Tous les chemins mènent à toi (extrait)
Chapitre 1 · Révision SVT
Titre : Première nuit dans la mezzanine
Les oncles de Victor débarquèrent dans l'appartement. Je les laissai décharger leurs camionnettes remplies à craquer de meubles lourds (frigo, cuisinière, tout le nécessaire) pendant que mes parents s'occupaient des cartons. Ça m'arrangeait bien : je pouvais me glisser discrètement dans l'appartement sans trop de regards. Victor, de son côté, s'attaquait déjà à la mezzanine pour monter son lit. Parfait. Il ne risquait pas de me déranger.
Je commençai par ranger ses vêtements dans la commode, puis je jetai un œil rapide vers la mezzanine. Il était toujours occupé. C'était le moment parfait pour moi. Dans l'armoire laissée vide je glissai quelques pulls, des jeans, et un t-shirt ou deux sortis de mon sac de vêtements. Un dernier coup d'œil à la mezzanine me confirma que Victor était toujours occupé.
L'armoire était à présent à moitié remplie. Ça me fit sourire. Je soufflai un peu, contente de moi. Quand il redescendrait, tout serait en ordre. Il ne se doutait de rien.
Satisfaite, je refermai doucement l'armoire. J'en profitai pour sortir ma trousse de toilette des sacs restants et la glisser dans la salle de bain, entre deux affaires de Victor. Tout avait l'air parfaitement naturel. Rien de trop visible, rien de trop flagrant. Juste comme si j'avais toujours été là.
Quand je revins dans la pièce principale, les oncles de Victor s'apprêtaient à partir. Le frigo était branché, la cuisinière posée, et ils avaient fait leur part du boulot. On les remercia rapidement, puis la porte se referma derrière eux, laissant l'appartement un peu plus calme.
Pendant que Victor redescendait de la mezzanine, ses parents et les miens terminaient de vider les derniers cartons. Je rangeai un peu la cuisine, histoire d'avoir l'air occupée. Rien de bien compliqué : quelques assiettes, deux ou trois casseroles, les couverts dans le tiroir du bas.
Puis, au moment où ma mère refermait un placard, elle me lança un regard en coin.
— Bon, on va y aller, annonça-t-elle.
— Déjà ? fit Victor en s'approchant.
— Vous n'avez plus besoin de nous, répondit son père en tapotant l'épaule de son fils. Vous allez gérer.
Mon père, prêt à partir, attrapa les clefs de voiture. C'était le moment. Je me redressai, l'air innocent.
— Papa, je peux rester cette nuit ?
Ma mère haussa un sourcil.
— T'as rien pour dormir.
Je haussai les épaules, un sourire en coin.
— T'inquiète.
Je lui fis un clin d'œil. Si elle savait... L'armoire contenait déjà des vêtements de rechange, et ma brosse à dents attendait sagement dans la salle de bain.
Elle me fixa un instant, comme si elle hésitait, puis haussa les épaules.
— Comme tu veux.
Je réprimai un sourire victorieux. Mes parents saluèrent Victor une dernière fois, puis prirent la porte à leur tour. Un silence s'installa aussitôt après leur départ. Un silence tranquille, léger.
L'appartement était encore un peu en désordre, mais il était à nous. Enfin... à lui. Officiellement.
Le silence qui suivit leur départ me faisait un drôle d'effet. Les voix s'étaient tues d'un coup, comme si la pièce retenait son souffle. Plus de pas qui claquent, plus de cartons à déplacer, plus de remarques lancées à la volée par les parents. Juste le calme. Juste Victor et moi.
Je restai un instant debout au milieu de ce nouveau chez-lui, un peu déboussolée par le changement d'ambiance. Il était là, assis sur le canapé, le dos légèrement courbé, les mains pendantes entre ses genoux. Il semblait fatigué, mais paisible, le regard perdu quelque part au niveau du sol, ou peut-être ailleurs.
Moi, j'avais besoin de bouger. De rester en mouvement. Sinon, j'allais me mettre à trop penser. Je me dirigeai vers la cuisine, par automatisme. J'ouvris le frigo, les mains posées sur les portes, balayant rapidement les étagères du regard. Il n'y avait pas grand-chose. Deux ou trois restes, quelques œufs, un paquet de pâtes à moitié ouvert, un yaourt esseulé dans un coin. De quoi faire un repas, en cherchant bien.
— T'as envie de manger quoi ? lançai-je sans me retourner.
Je ne m'attendais pas à une vraie réponse, c'était plus une façon de dire je suis là, je m'occupe de toi. Mais je l'entendis se lever, et marcher à pas feutrés sur le parquet. Puis je le sentis approcher. Lentement. Pas pressant, pas insistant. Juste présent.
Il s'arrêta tout près. Assez pour que je sente la chaleur de son corps derrière moi. Mon dos effleura à peine son torse. Mon cœur s'emballa doucement, sans que je puisse l'en empêcher.
— Un chou à la crème, souffla-t-il à mon oreille, avant de déposer un baiser léger au creux de mon cou.
Je me figeai un instant, prise entre la surprise et ce frisson délicieux qui me remontait l'échine. Mes doigts se crispèrent sur la porte du frigo. Ce n'était pas brusque. Ce n'était pas un jeu de pouvoir. C'était tendre. Juste une manière d'être proche de moi, sans jamais me forcer. Et ça me désarmait complètement.
Je refermai doucement le frigo, sans me retourner. Un sourire glissa sur mes lèvres malgré moi.
— Tu auras du dessert si t'es sage, soufflai-je, d'une voix plus rauque que prévu.
Il ne répondit rien, mais il resta là, tout près. Pas envahissant. Juste assez proche pour que je sente sa présence, sans jamais m'imposer. Un peu comme une promesse silencieuse : il était là, et je savais qu'il attendait.
— Bon, on se prépare un petit dîner avec ce qu'on a, hein ? dis-je en jetant un regard vers le frigo, à moitié vide.
Victor hocha la tête, sans parler, et se dirigea vers le coin cuisine, tandis que je m'occupais du pain frais sur la table. Pas grand-chose, juste des œufs et un peu de salade, mais ça suffisait. Ça serait simple, mais ça n'avait pas besoin d'être plus compliqué.
Je fouettai doucement les œufs cassés dans un bol, pour préparer les brouillés, en tentant de me concentrer sur la tâche. Victor était occupé à couper les tomates en morceaux. C'était simple, naturel, comme s'il faisait ça tous les jours avec moi. Pas de gestes forcés, juste une complicité silencieuse entre nous.
Je le regardai un instant, remarquant que son regard, habituellement tranquille, était maintenant un peu plus intense. Il leva la tête et me lança un sourire malicieux.
— Ça va ? Pas trop faim, lui demandai-je, cherchant à alléger l'atmosphère. Mais une petite tension, nouvelle, se glissait entre nous.
Il abandonna le couteau et s'approcha, un éclat dans les yeux. Il y avait quelque chose de nouveau dans son regard, quelque chose de plus que de la simple attirance.
— Ça dépend de ce que tu veux dire par "faim", répondit-il d'une voix sensuelle.
Un frisson me parcourut. Ses mots eurent un impact que je n'avais pas anticipé. C'était un désir pur, mais aussi une attention, un regard que je n'avais jamais eu auparavant. Personne ne m'avait jamais regardée avec cette intensité.
Je détournai les yeux, feignant de me concentrer sur la poêle. Je n'avais jamais été désirée de cette façon, et cela me déstabilisa un instant. Mais en même temps, un sentiment nouveau, un peu d'espoir peut-être, naissait dans mon cœur.
Après le repas, on nettoya rapidement la table. L'atmosphère était détendue, agréable, presque tranquille, comme si l'on vivait ensemble depuis des années. Nos gestes étaient naturels, comme si la complicité se tissait doucement, sans qu'on n'ait à la forcer.
Je pris la douche en toute tranquillité, laissant l'eau chaude me détendre complètement. Une partie de moi avait envie de rester là, de prolonger ce moment où je n'avais qu'à me laisser aller. Mais l'idée de Victor, de la façon dont il me regardait, me rendait nerveuse d'une manière nouvelle. Comme si la place que je prenais dans sa vie commençait à devenir réelle, pas juste une impression fugace.
Je remontai lentement l'escalier menant à la mezzanine, vêtue d'une nuisette légère qui laissait entrevoir mes courbes avec discrétion. L'ambiance tamisée créait une atmosphère intime et feutrée.
Là-haut, sur le lit à peine défait, Victor se leva lentement du canapé et s'approcha, ses yeux pétillants dans la pénombre.
— J'ai été sage, j'ai droit à mon dessert ? me demanda-t-il d'une voix coquine.
Surprise, mon visage s'empourpra, ce qui m'amusa.
— T'es vraiment incorrigible !
Victor s'approcha encore, ses doigts caressant doucement mon bras, puis remontant lentement le long de ma nuque comme une caresse légère.
— Juste une bouchée, murmura-t-il en m'embrassant le cou.
— Toujours aussi gourmand ! soufflai-je en l'embrassant à mon tour dans le cou.
Il frissonna sous mes lèvre. J'en profitai pour remonter doucement jusqu'à son oreille, que j'effleurai du bout des lèvres. Sa main s'aventura sous ma nuisette, ses doigts glissèrent le long de ma hanche jusqu'à la courbe de mes fesses. L'espace était étroit, juste de quoi tenir à genoux sur le matelas. Son pyjama frotta contre le mien dans un frisson de tissu.
Je tirai doucement sur son haut, qu'il leva sans résistance. Son torse se dévoila sous la lumière tamisée, et j'y laissai courir mes lèvres. Je sentis son souffle s'accélérer tandis que mes doigts descendaient jusqu'à l'élastique de son bas de pyjama, que je fis glisser le long de ses jambes, coincée entre lui et la pente du toit. Je me redressai, retirai ma nuisette d'un geste lent, sans le quitter des yeux. Ma peau nue frissonna contre l'air tiède.
Je reculai à quatre pattes vers le fond du lit et m'allongeai doucement sur le dos. Je lui tendis les bras en affichant un sourire timide, mes cheveux éparpillés sur l'oreiller. Le bois de la mezzanine craqua un peu sous nos mouvements, mais je m'en fichais.
Victor se pencha au-dessus de moi, ses yeux plongés dans les miens. Son corps nu effleura le mien, chaud et tendu. Je sentis sa main glisser le long de mon flanc, puis s'arrêter juste au creux de ma hanche. Il me dévora du regard, comme s'il avait attendu ce moment toute la soirée.
Je l'attirai à moi, le cœur battant à l'idée de ce qu'il allait me donner, ce que je n'avais jamais connu auparavant. Il ne me pressait pas, ne me forçait pas à aller plus vite.
Ses mains douces se posèrent sur ma peau avec une tendresse qui me fit frissonner. Chaque geste était mesuré, chaque baiser semblait ne chercher qu'à m'offrir du plaisir, rien que ça.
Les baisers qu'il déposait sur mon cou me firent frémir, mais pas comme avant. Ce n'était pas le désir brut, direct et pressé que j'avais connu. Non, c'était plus lent, plus langoureux. Comme si chaque effleurement de ses lèvres me donnait une nouvelle impression, un nouveau goût de ce que pouvait être l'intimité. Un plaisir d'abord timide, presque naïf, qui me saisit sans que je m'y attende.
Je me laissais aller à ses baisers sur ma peau. Un sourire léger flottait sur mes lèvres quand il mordilla doucement mes mamelons. Là, il n'était plus question de me donner simplement du plaisir ; il cherchait à éveiller chaque parcelle de mon corps, à me montrer un plaisir que je n'avais jamais exploré. Mon souffle se fit plus lourd, et cette fois, ce n'était pas la frustration de ne pas être comblée, c'était l'excitation douce de découvrir autre chose, de ne plus être qu'un objet de désir, mais une complice.
Lorsqu'il descendit encore plus bas en effleurant mes cuisses, je me tendis sous la douceur de ses gestes. Il n'était pas pressé, pas impatient, comme mes anciens compagnons l'avaient toujours été. Chaque mouvement, chaque caresse semblait calculée pour me faire me sentir bien, pour me faire comprendre que mon plaisir, mon bien-être, étaient sa priorité. Cette attention, je ne l'avais jamais ressentie. C'était comme si je redécouvrais mon corps, comme si ce que je pensais être normal n'était en fait qu'une pâle imitation du véritable désir partagé.
Et quand il arriva enfin à mon intimité, ce fut un frisson de douceur et de plaisir qui envahit chaque fibre de mon être. Ses baisers sur ma peau, sa langue qui me découvrait lentement, prenaient le temps de me faire comprendre ce que c'était, de me faire goûter la véritable tendresse. Je fermai les yeux et laissai échapper un souffle lourd, tandis que je pressai doucement ses cheveux vers moi en y glissant mes mains, pour l'encourager à poursuivre, car il était le seul à savoir comment me faire sentir ce plaisir pur et doux.
Un gémissement échappa à mes lèvres, mais ce n'était pas un cri de désir affamé, comme j'avais l'habitude de le ressentir. Non, c'était un soupir de gratitude, de bonheur, de libération. À cet instant, je ne voulais rien d'autre que de me perdre dans ce plaisir. Je n'avais plus d'autre pensée que d'être là, avec lui, ressentant pour la première fois que mon plaisir comptait plus que tout pour lui.
Je me laissais aller complètement. Chaque caresse de Victor provoquait une onde de chaleur qui parcourait mon corps. Ses gestes étaient tellement sûrs, tellement tendres, et je m'abandonnais peu à peu à ce flot de plaisir qui m'envahissait.
Quand il glissa sa langue plus bas, ma respiration se fit plus rapide, plus erratique. Les sensations s'intensifiaient à mesure qu'il me donnait ce qu'aucun homme n'avait jamais pris la peine de me donner.
Les premières vagues de plaisir m'envahirent, et mes gémissements se firent plus réguliers, plus profonds. Je me cambrai sous lui, tout mon corps frémissait de cette chaleur douce et pressante. Puis, alors que mes jambes tremblaient et que mes ongles s'enfonçaient dans ses cheveux, l'orgasme explosa en moi. Je laissai échapper un cri brisé, un souffle court, avant de m'effondrer dans un abîme de plaisir total, mon corps se tendant et se repliant dans un spasme de satisfaction.
Mais alors, juste après ce moment d'extase, alors que je reprenais lentement mon souffle, je sentis Victor se positionner au-dessus de moi. Son regard, empli de désir, s'ancrant dans le mien, me fit frémir. Puis je sentis la pression de son corps, son sexe prêt à me rejoindre, effleurant mon intimité déjà sensible de son contact brûlant.
L'instant suivant, un frisson de terreur me traversa. Un cri brisé m'échappa, un cri qui me glaça d'effroi.
— Pas l'amour ! Pas l'amour !
Mon corps se figea avant de se replier sur moi-même. En une fraction de seconde, toute la chaleur, toute la fièvre du moment, disparut, remplacée par un vide glacial. Je reculai brutalement, me repliant sur le lit, mes bras se refermant autour de moi comme une barrière invisible. Les larmes jaillirent sans que je puisse les retenir, roulant sur mes joues, tandis que mes épaules tremblaient sous les sanglots qui secouaient mon corps.
Les bras de Victor autour de moi étaient une ancre, un repère dans le chaos qui m'habitait encore. Il ne disait rien, mais je savais qu'il comprenait. Il avait été là jour après jour, il avait vu mes peurs, essuyé mes larmes, encaissé mes crises de nerfs quand la douleur devenait trop forte. Il avait tout supporté, sans jamais s'éloigner.
— Je suis désolée, soufflai-je, la gorge serrée. Je suis trop nulle, je n'arrive même pas à...
Je ne finis pas ma phrase. La honte et la frustration m'écrasaient. J'avais envie de lui, vraiment. Je l'aimais, j'avais envie de le toucher, de le sentir contre moi, de partager tout ça avec lui. Mais dès que j'essayais, c'était comme si quelque chose en moi me retenait, comme si mon corps se souvenait à ma place et me forçait à reculer.
Je levai les yeux vers lui, le cœur complètement retourné.
— J'ai envie de toi, soufflai-je. Mais je comprends pas. Pourquoi j'ai si peur ?
Il ne parut pas surpris. Il savait. M'ayant vue m'effondrer, il m'avait ramassée en miettes. Il m'avait tenue debout quand je tombais, sans jamais me forcer, sans jamais se lasser.
Il posa une main sur ma joue, ses yeux dans les miens, avec cette tendresse qui me retournait à chaque fois.
— C'est normal. Ce qu'il t'a fait, ça s'efface pas comme ça. Mais moi, je suis là. Et je reste.
Ses mots me percutèrent en plein cœur. Je sentis un nœud se desserrer un peu à l'intérieur. Il n'attendait rien. Il n'exigeait rien. Il était juste là. Et ça, c'était immense.
Je baissai les yeux, la gorge serrée, les larmes pas loin.
— Et si j'y arrive jamais ?
Il soupira doucement, ses doigts venant se perdre dans mes cheveux. Ce simple geste, si familier, m'apaisa un peu, comme à chaque fois.
— Alors on trouvera une autre façon, dit-il dans un murmure. Peut-être pas aujourd'hui ni demain, mais t'y arriveras. Et moi, je serai là. À chaque pas.
Je me mordis la lèvre, incapable de répondre. La peur était toujours là. Mais contre lui, elle me paraissait moins grande.
Il m'attira tout contre lui, s'allongea, m'enveloppa de ses bras. Je me blottis contre son torse, laissant mon visage se perdre dans sa chaleur. Son odeur, sa peau, tout me rassurait. Il ne parlait pas, mais je savais qu'il ne dormait pas. Il m'attendait.
Le silence me pesait. Mon esprit tournait en boucle. Comme d'habitude. Prisonnière de mon propre corps.
— Loulou... murmurai-je.
— Hmm ?
— Tu crois que je suis cassée ?
Il bougea à peine, juste assez pour resserrer un peu son étreinte.
— Non.
— J'ai l'impression que si. Il m'a volé un truc. J'arrive plus à être... normale.
Il poussa un long soupir, en glissant sa main lentement dans mes cheveux.
— Ce qu'il t'a fait, ça dit rien de toi. Rien. T'es pas cassée. T'es en train de te reconstruire.
J'avalai ma salive avec peine. Les mots me restaient coincés dans la gorge.
— Et si j'y arrive jamais ? Si je reste bloquée comme ça toute ma vie ?
Il embrassa mon front, sa voix douce, mais pleine de certitude.
— Alors on inventera notre propre façon d'avancer. Mais t'avanceras. Je te lâcherai pas.
Je serrai les dents. Ses mots me réchauffaient, mais moi, j'avais toujours ce doute collé au ventre.
— T'es trop bien pour moi, soufflai-je.
Il sourit doucement, sa main venant caresser ma joue.
— Et toi, t'es tout ce que je veux.
Il m'attira encore contre lui, comme pour me protéger du reste du monde. Je fermai les yeux, la tête calée dans le creux de son épaule. Sa respiration tranquille, la caresse de ses doigts dans mes cheveux, tout en lui me calmait.
— Dors, souffla-t-il. Je suis là.
Un dernier souffle, un peu tremblant, s'échappa de mes lèvres. Je n’étais pas encore prête. Peut-être pas demain non plus. Mais je n'étais plus seule. Et ce soir, c'était déjà énorme.
Je commençai par ranger ses vêtements dans la commode, puis je jetai un œil rapide vers la mezzanine. Il était toujours occupé. C'était le moment parfait pour moi. Dans l'armoire laissée vide je glissai quelques pulls, des jeans, et un t-shirt ou deux sortis de mon sac de vêtements. Un dernier coup d'œil à la mezzanine me confirma que Victor était toujours occupé.
L'armoire était à présent à moitié remplie. Ça me fit sourire. Je soufflai un peu, contente de moi. Quand il redescendrait, tout serait en ordre. Il ne se doutait de rien.
Satisfaite, je refermai doucement l'armoire. J'en profitai pour sortir ma trousse de toilette des sacs restants et la glisser dans la salle de bain, entre deux affaires de Victor. Tout avait l'air parfaitement naturel. Rien de trop visible, rien de trop flagrant. Juste comme si j'avais toujours été là.
Quand je revins dans la pièce principale, les oncles de Victor s'apprêtaient à partir. Le frigo était branché, la cuisinière posée, et ils avaient fait leur part du boulot. On les remercia rapidement, puis la porte se referma derrière eux, laissant l'appartement un peu plus calme.
Pendant que Victor redescendait de la mezzanine, ses parents et les miens terminaient de vider les derniers cartons. Je rangeai un peu la cuisine, histoire d'avoir l'air occupée. Rien de bien compliqué : quelques assiettes, deux ou trois casseroles, les couverts dans le tiroir du bas.
Puis, au moment où ma mère refermait un placard, elle me lança un regard en coin.
— Bon, on va y aller, annonça-t-elle.
— Déjà ? fit Victor en s'approchant.
— Vous n'avez plus besoin de nous, répondit son père en tapotant l'épaule de son fils. Vous allez gérer.
Mon père, prêt à partir, attrapa les clefs de voiture. C'était le moment. Je me redressai, l'air innocent.
— Papa, je peux rester cette nuit ?
Ma mère haussa un sourcil.
— T'as rien pour dormir.
Je haussai les épaules, un sourire en coin.
— T'inquiète.
Je lui fis un clin d'œil. Si elle savait... L'armoire contenait déjà des vêtements de rechange, et ma brosse à dents attendait sagement dans la salle de bain.
Elle me fixa un instant, comme si elle hésitait, puis haussa les épaules.
— Comme tu veux.
Je réprimai un sourire victorieux. Mes parents saluèrent Victor une dernière fois, puis prirent la porte à leur tour. Un silence s'installa aussitôt après leur départ. Un silence tranquille, léger.
L'appartement était encore un peu en désordre, mais il était à nous. Enfin... à lui. Officiellement.
Le silence qui suivit leur départ me faisait un drôle d'effet. Les voix s'étaient tues d'un coup, comme si la pièce retenait son souffle. Plus de pas qui claquent, plus de cartons à déplacer, plus de remarques lancées à la volée par les parents. Juste le calme. Juste Victor et moi.
Je restai un instant debout au milieu de ce nouveau chez-lui, un peu déboussolée par le changement d'ambiance. Il était là, assis sur le canapé, le dos légèrement courbé, les mains pendantes entre ses genoux. Il semblait fatigué, mais paisible, le regard perdu quelque part au niveau du sol, ou peut-être ailleurs.
Moi, j'avais besoin de bouger. De rester en mouvement. Sinon, j'allais me mettre à trop penser. Je me dirigeai vers la cuisine, par automatisme. J'ouvris le frigo, les mains posées sur les portes, balayant rapidement les étagères du regard. Il n'y avait pas grand-chose. Deux ou trois restes, quelques œufs, un paquet de pâtes à moitié ouvert, un yaourt esseulé dans un coin. De quoi faire un repas, en cherchant bien.
— T'as envie de manger quoi ? lançai-je sans me retourner.
Je ne m'attendais pas à une vraie réponse, c'était plus une façon de dire je suis là, je m'occupe de toi. Mais je l'entendis se lever, et marcher à pas feutrés sur le parquet. Puis je le sentis approcher. Lentement. Pas pressant, pas insistant. Juste présent.
Il s'arrêta tout près. Assez pour que je sente la chaleur de son corps derrière moi. Mon dos effleura à peine son torse. Mon cœur s'emballa doucement, sans que je puisse l'en empêcher.
— Un chou à la crème, souffla-t-il à mon oreille, avant de déposer un baiser léger au creux de mon cou.
Je me figeai un instant, prise entre la surprise et ce frisson délicieux qui me remontait l'échine. Mes doigts se crispèrent sur la porte du frigo. Ce n'était pas brusque. Ce n'était pas un jeu de pouvoir. C'était tendre. Juste une manière d'être proche de moi, sans jamais me forcer. Et ça me désarmait complètement.
Je refermai doucement le frigo, sans me retourner. Un sourire glissa sur mes lèvres malgré moi.
— Tu auras du dessert si t'es sage, soufflai-je, d'une voix plus rauque que prévu.
Il ne répondit rien, mais il resta là, tout près. Pas envahissant. Juste assez proche pour que je sente sa présence, sans jamais m'imposer. Un peu comme une promesse silencieuse : il était là, et je savais qu'il attendait.
— Bon, on se prépare un petit dîner avec ce qu'on a, hein ? dis-je en jetant un regard vers le frigo, à moitié vide.
Victor hocha la tête, sans parler, et se dirigea vers le coin cuisine, tandis que je m'occupais du pain frais sur la table. Pas grand-chose, juste des œufs et un peu de salade, mais ça suffisait. Ça serait simple, mais ça n'avait pas besoin d'être plus compliqué.
Je fouettai doucement les œufs cassés dans un bol, pour préparer les brouillés, en tentant de me concentrer sur la tâche. Victor était occupé à couper les tomates en morceaux. C'était simple, naturel, comme s'il faisait ça tous les jours avec moi. Pas de gestes forcés, juste une complicité silencieuse entre nous.
Je le regardai un instant, remarquant que son regard, habituellement tranquille, était maintenant un peu plus intense. Il leva la tête et me lança un sourire malicieux.
— Ça va ? Pas trop faim, lui demandai-je, cherchant à alléger l'atmosphère. Mais une petite tension, nouvelle, se glissait entre nous.
Il abandonna le couteau et s'approcha, un éclat dans les yeux. Il y avait quelque chose de nouveau dans son regard, quelque chose de plus que de la simple attirance.
— Ça dépend de ce que tu veux dire par "faim", répondit-il d'une voix sensuelle.
Un frisson me parcourut. Ses mots eurent un impact que je n'avais pas anticipé. C'était un désir pur, mais aussi une attention, un regard que je n'avais jamais eu auparavant. Personne ne m'avait jamais regardée avec cette intensité.
Je détournai les yeux, feignant de me concentrer sur la poêle. Je n'avais jamais été désirée de cette façon, et cela me déstabilisa un instant. Mais en même temps, un sentiment nouveau, un peu d'espoir peut-être, naissait dans mon cœur.
Après le repas, on nettoya rapidement la table. L'atmosphère était détendue, agréable, presque tranquille, comme si l'on vivait ensemble depuis des années. Nos gestes étaient naturels, comme si la complicité se tissait doucement, sans qu'on n'ait à la forcer.
Je pris la douche en toute tranquillité, laissant l'eau chaude me détendre complètement. Une partie de moi avait envie de rester là, de prolonger ce moment où je n'avais qu'à me laisser aller. Mais l'idée de Victor, de la façon dont il me regardait, me rendait nerveuse d'une manière nouvelle. Comme si la place que je prenais dans sa vie commençait à devenir réelle, pas juste une impression fugace.
Je remontai lentement l'escalier menant à la mezzanine, vêtue d'une nuisette légère qui laissait entrevoir mes courbes avec discrétion. L'ambiance tamisée créait une atmosphère intime et feutrée.
Là-haut, sur le lit à peine défait, Victor se leva lentement du canapé et s'approcha, ses yeux pétillants dans la pénombre.
— J'ai été sage, j'ai droit à mon dessert ? me demanda-t-il d'une voix coquine.
Surprise, mon visage s'empourpra, ce qui m'amusa.
— T'es vraiment incorrigible !
Victor s'approcha encore, ses doigts caressant doucement mon bras, puis remontant lentement le long de ma nuque comme une caresse légère.
— Juste une bouchée, murmura-t-il en m'embrassant le cou.
— Toujours aussi gourmand ! soufflai-je en l'embrassant à mon tour dans le cou.
Il frissonna sous mes lèvre. J'en profitai pour remonter doucement jusqu'à son oreille, que j'effleurai du bout des lèvres. Sa main s'aventura sous ma nuisette, ses doigts glissèrent le long de ma hanche jusqu'à la courbe de mes fesses. L'espace était étroit, juste de quoi tenir à genoux sur le matelas. Son pyjama frotta contre le mien dans un frisson de tissu.
Je tirai doucement sur son haut, qu'il leva sans résistance. Son torse se dévoila sous la lumière tamisée, et j'y laissai courir mes lèvres. Je sentis son souffle s'accélérer tandis que mes doigts descendaient jusqu'à l'élastique de son bas de pyjama, que je fis glisser le long de ses jambes, coincée entre lui et la pente du toit. Je me redressai, retirai ma nuisette d'un geste lent, sans le quitter des yeux. Ma peau nue frissonna contre l'air tiède.
Je reculai à quatre pattes vers le fond du lit et m'allongeai doucement sur le dos. Je lui tendis les bras en affichant un sourire timide, mes cheveux éparpillés sur l'oreiller. Le bois de la mezzanine craqua un peu sous nos mouvements, mais je m'en fichais.
Victor se pencha au-dessus de moi, ses yeux plongés dans les miens. Son corps nu effleura le mien, chaud et tendu. Je sentis sa main glisser le long de mon flanc, puis s'arrêter juste au creux de ma hanche. Il me dévora du regard, comme s'il avait attendu ce moment toute la soirée.
Je l'attirai à moi, le cœur battant à l'idée de ce qu'il allait me donner, ce que je n'avais jamais connu auparavant. Il ne me pressait pas, ne me forçait pas à aller plus vite.
Ses mains douces se posèrent sur ma peau avec une tendresse qui me fit frissonner. Chaque geste était mesuré, chaque baiser semblait ne chercher qu'à m'offrir du plaisir, rien que ça.
Les baisers qu'il déposait sur mon cou me firent frémir, mais pas comme avant. Ce n'était pas le désir brut, direct et pressé que j'avais connu. Non, c'était plus lent, plus langoureux. Comme si chaque effleurement de ses lèvres me donnait une nouvelle impression, un nouveau goût de ce que pouvait être l'intimité. Un plaisir d'abord timide, presque naïf, qui me saisit sans que je m'y attende.
Je me laissais aller à ses baisers sur ma peau. Un sourire léger flottait sur mes lèvres quand il mordilla doucement mes mamelons. Là, il n'était plus question de me donner simplement du plaisir ; il cherchait à éveiller chaque parcelle de mon corps, à me montrer un plaisir que je n'avais jamais exploré. Mon souffle se fit plus lourd, et cette fois, ce n'était pas la frustration de ne pas être comblée, c'était l'excitation douce de découvrir autre chose, de ne plus être qu'un objet de désir, mais une complice.
Lorsqu'il descendit encore plus bas en effleurant mes cuisses, je me tendis sous la douceur de ses gestes. Il n'était pas pressé, pas impatient, comme mes anciens compagnons l'avaient toujours été. Chaque mouvement, chaque caresse semblait calculée pour me faire me sentir bien, pour me faire comprendre que mon plaisir, mon bien-être, étaient sa priorité. Cette attention, je ne l'avais jamais ressentie. C'était comme si je redécouvrais mon corps, comme si ce que je pensais être normal n'était en fait qu'une pâle imitation du véritable désir partagé.
Et quand il arriva enfin à mon intimité, ce fut un frisson de douceur et de plaisir qui envahit chaque fibre de mon être. Ses baisers sur ma peau, sa langue qui me découvrait lentement, prenaient le temps de me faire comprendre ce que c'était, de me faire goûter la véritable tendresse. Je fermai les yeux et laissai échapper un souffle lourd, tandis que je pressai doucement ses cheveux vers moi en y glissant mes mains, pour l'encourager à poursuivre, car il était le seul à savoir comment me faire sentir ce plaisir pur et doux.
Un gémissement échappa à mes lèvres, mais ce n'était pas un cri de désir affamé, comme j'avais l'habitude de le ressentir. Non, c'était un soupir de gratitude, de bonheur, de libération. À cet instant, je ne voulais rien d'autre que de me perdre dans ce plaisir. Je n'avais plus d'autre pensée que d'être là, avec lui, ressentant pour la première fois que mon plaisir comptait plus que tout pour lui.
Je me laissais aller complètement. Chaque caresse de Victor provoquait une onde de chaleur qui parcourait mon corps. Ses gestes étaient tellement sûrs, tellement tendres, et je m'abandonnais peu à peu à ce flot de plaisir qui m'envahissait.
Quand il glissa sa langue plus bas, ma respiration se fit plus rapide, plus erratique. Les sensations s'intensifiaient à mesure qu'il me donnait ce qu'aucun homme n'avait jamais pris la peine de me donner.
Les premières vagues de plaisir m'envahirent, et mes gémissements se firent plus réguliers, plus profonds. Je me cambrai sous lui, tout mon corps frémissait de cette chaleur douce et pressante. Puis, alors que mes jambes tremblaient et que mes ongles s'enfonçaient dans ses cheveux, l'orgasme explosa en moi. Je laissai échapper un cri brisé, un souffle court, avant de m'effondrer dans un abîme de plaisir total, mon corps se tendant et se repliant dans un spasme de satisfaction.
Mais alors, juste après ce moment d'extase, alors que je reprenais lentement mon souffle, je sentis Victor se positionner au-dessus de moi. Son regard, empli de désir, s'ancrant dans le mien, me fit frémir. Puis je sentis la pression de son corps, son sexe prêt à me rejoindre, effleurant mon intimité déjà sensible de son contact brûlant.
L'instant suivant, un frisson de terreur me traversa. Un cri brisé m'échappa, un cri qui me glaça d'effroi.
— Pas l'amour ! Pas l'amour !
Mon corps se figea avant de se replier sur moi-même. En une fraction de seconde, toute la chaleur, toute la fièvre du moment, disparut, remplacée par un vide glacial. Je reculai brutalement, me repliant sur le lit, mes bras se refermant autour de moi comme une barrière invisible. Les larmes jaillirent sans que je puisse les retenir, roulant sur mes joues, tandis que mes épaules tremblaient sous les sanglots qui secouaient mon corps.
Les bras de Victor autour de moi étaient une ancre, un repère dans le chaos qui m'habitait encore. Il ne disait rien, mais je savais qu'il comprenait. Il avait été là jour après jour, il avait vu mes peurs, essuyé mes larmes, encaissé mes crises de nerfs quand la douleur devenait trop forte. Il avait tout supporté, sans jamais s'éloigner.
— Je suis désolée, soufflai-je, la gorge serrée. Je suis trop nulle, je n'arrive même pas à...
Je ne finis pas ma phrase. La honte et la frustration m'écrasaient. J'avais envie de lui, vraiment. Je l'aimais, j'avais envie de le toucher, de le sentir contre moi, de partager tout ça avec lui. Mais dès que j'essayais, c'était comme si quelque chose en moi me retenait, comme si mon corps se souvenait à ma place et me forçait à reculer.
Je levai les yeux vers lui, le cœur complètement retourné.
— J'ai envie de toi, soufflai-je. Mais je comprends pas. Pourquoi j'ai si peur ?
Il ne parut pas surpris. Il savait. M'ayant vue m'effondrer, il m'avait ramassée en miettes. Il m'avait tenue debout quand je tombais, sans jamais me forcer, sans jamais se lasser.
Il posa une main sur ma joue, ses yeux dans les miens, avec cette tendresse qui me retournait à chaque fois.
— C'est normal. Ce qu'il t'a fait, ça s'efface pas comme ça. Mais moi, je suis là. Et je reste.
Ses mots me percutèrent en plein cœur. Je sentis un nœud se desserrer un peu à l'intérieur. Il n'attendait rien. Il n'exigeait rien. Il était juste là. Et ça, c'était immense.
Je baissai les yeux, la gorge serrée, les larmes pas loin.
— Et si j'y arrive jamais ?
Il soupira doucement, ses doigts venant se perdre dans mes cheveux. Ce simple geste, si familier, m'apaisa un peu, comme à chaque fois.
— Alors on trouvera une autre façon, dit-il dans un murmure. Peut-être pas aujourd'hui ni demain, mais t'y arriveras. Et moi, je serai là. À chaque pas.
Je me mordis la lèvre, incapable de répondre. La peur était toujours là. Mais contre lui, elle me paraissait moins grande.
Il m'attira tout contre lui, s'allongea, m'enveloppa de ses bras. Je me blottis contre son torse, laissant mon visage se perdre dans sa chaleur. Son odeur, sa peau, tout me rassurait. Il ne parlait pas, mais je savais qu'il ne dormait pas. Il m'attendait.
Le silence me pesait. Mon esprit tournait en boucle. Comme d'habitude. Prisonnière de mon propre corps.
— Loulou... murmurai-je.
— Hmm ?
— Tu crois que je suis cassée ?
Il bougea à peine, juste assez pour resserrer un peu son étreinte.
— Non.
— J'ai l'impression que si. Il m'a volé un truc. J'arrive plus à être... normale.
Il poussa un long soupir, en glissant sa main lentement dans mes cheveux.
— Ce qu'il t'a fait, ça dit rien de toi. Rien. T'es pas cassée. T'es en train de te reconstruire.
J'avalai ma salive avec peine. Les mots me restaient coincés dans la gorge.
— Et si j'y arrive jamais ? Si je reste bloquée comme ça toute ma vie ?
Il embrassa mon front, sa voix douce, mais pleine de certitude.
— Alors on inventera notre propre façon d'avancer. Mais t'avanceras. Je te lâcherai pas.
Je serrai les dents. Ses mots me réchauffaient, mais moi, j'avais toujours ce doute collé au ventre.
— T'es trop bien pour moi, soufflai-je.
Il sourit doucement, sa main venant caresser ma joue.
— Et toi, t'es tout ce que je veux.
Il m'attira encore contre lui, comme pour me protéger du reste du monde. Je fermai les yeux, la tête calée dans le creux de son épaule. Sa respiration tranquille, la caresse de ses doigts dans mes cheveux, tout en lui me calmait.
— Dors, souffla-t-il. Je suis là.
Un dernier souffle, un peu tremblant, s'échappa de mes lèvres. Je n’étais pas encore prête. Peut-être pas demain non plus. Mais je n'étais plus seule. Et ce soir, c'était déjà énorme.
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Commentaires ()
Une reconstruction
Très bien ecrit avec beaucoup de doigté
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Très bien ecrit avec beaucoup de doigté