Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Blue 2066 | Connexion interdite — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Blue 2066 | Connexion interdite
Chapitre 1
Parfois, Blue rêvait d'une main chaude posée sur son épaule, d'une voix aimante l'invitant à se réveiller. Elle se retournait sans ouvrir les yeux. Des lèvres tièdes venaient l'embrasser. Des bras forts venaient la serrer. Elle humait l'odeur de ce corps amoureux en se lovant tout contre lui. Elle aimait jouer avec ce sexe tendu de désir pour elle, puis s'offrait à lui dans les premières lueurs du jour naissant. Lorsque disparaissait au creux de son intimité embrasée l'ultime vague de plaisirs, elle ouvrait enfin les yeux.
Chaque matin, Blue se réveillait seule dans son grand lit froissé, dans l'unique pièce de son conapt froid. Elle s'habillait devant sa fenêtre qui ne lui offrait que la vue de l'immeuble d'en face. Elle se disait parfois que quelqu'un l'observait peut-être, là en face, et elle lui offrait la vue de sa poitrine nue, accompagnée d'un doigt d'honneur.
Chaque matin, Blue se réveillait seule dans son grand lit froissé, dans l'unique pièce de son conapt froid. Elle s'habillait devant sa fenêtre qui ne lui offrait que la vue de l'immeuble d'en face. Elle se disait parfois que quelqu'un l'observait peut-être, là en face, et elle lui offrait la vue de sa poitrine nue, accompagnée d'un doigt d'honneur.
Ce matin-là, Blue se réveilla bien avant l'heure, bien avant que son téléphone ne fit jouer sa chanson préférée du moment. Elle ne se souvenait pas de son rêve. Elle n'y pensait même pas, toute occupée à se demander ce qui n'allait pas. Quelque chose l'avait réveillée, des bruits inhabituels sur le palier, des froissements, des murmures, des présences inquiétantes. Elle se leva d'un bond, une fraction de seconde avant que les agents de la Brigade de Proximité n'entrent dans son conapt, munis d'un pass et suivis d'un huissier. Elle se félicita de ne pas s'être couchée nue la veille, lorsque le groupe envahi sa chambre. Elle releva les manches de son pyjama de flanelle rose et alla se planter devant celui qui semblait être le chef.
— Sortez d'ici ! Mais sortez ! Vous n'avez rien à faire chez moi !
— Calmez-vous, madame. Veuillez vous asseoir. Veuillez bien m'écouter et répondre à mes questions.
— Calmez-vous, madame. Veuillez vous asseoir. Veuillez bien m'écouter et répondre à mes questions.
Le major Carmin lui montra son badge de la BriPro, puis posa ses mains sur ses épaules — leur contact froid la fit sursauter — l'intimant par ce geste autoritaire à s'asseoir sur son lit. Pendant ce temps, ses acolytes s'affairaient déjà à fouiller les moindres coins et recoins de la pièce.
— Que faites-vous chez moi ? Qu'est-ce qu'ils cherchent ?
— Restez calme madame, insista le major — sa main froide toujours posée sur l‘épaule de Blue. Votre attitude sera consignée dans le rapport final. Êtes-vous seule ici ?
— Vous voyez bien que oui !
— Une autre personne vit-elle ici avec vous ? Auriez-vous un conjoint que vous auriez oubliée de déclarer ?
— Non ! Personne. Jamais. Mais pourquoi…
— Hum, toussota celui qui semblait être un huissier. Nous en avons fini ici et on nous attend ailleurs. Je constate qu'il n'y a personne d'autre ici à part la locataire déclarée.
— Oh regardez ça, major !
— Restez calme madame, insista le major — sa main froide toujours posée sur l‘épaule de Blue. Votre attitude sera consignée dans le rapport final. Êtes-vous seule ici ?
— Vous voyez bien que oui !
— Une autre personne vit-elle ici avec vous ? Auriez-vous un conjoint que vous auriez oubliée de déclarer ?
— Non ! Personne. Jamais. Mais pourquoi…
— Hum, toussota celui qui semblait être un huissier. Nous en avons fini ici et on nous attend ailleurs. Je constate qu'il n'y a personne d'autre ici à part la locataire déclarée.
— Oh regardez ça, major !
Blue leva les yeux au plafond, murmura un « Merde » à peine audible, en voyant arriver vers eux, un agent portant le panier en osier qu'elle cachait sous son chauffe-eau. L'agent le posa sur le lit et le major l'ouvrit. Il prit plusieurs photos de son contenu. Blue baissa la tête. Le major se leva.
— Je vais devoir signaler ça dans mon rapport.
— Ce n'est pas interdit, murmura Blue en refermant le panier.
— Non, mais dans le contexte actuel, un stage de réhabilitation s'impose.
— Je ne fais rien de mal, répondit-elle après avoir trouvé le courage de soutenir son regard.
— Nul n'est censé ignorer la loi. Nous en avons fini ici. Je vous souhaite une belle journée, madame. Ou plutôt… mademoiselle.
— Ce n'est pas interdit, murmura Blue en refermant le panier.
— Non, mais dans le contexte actuel, un stage de réhabilitation s'impose.
— Je ne fais rien de mal, répondit-elle après avoir trouvé le courage de soutenir son regard.
— Nul n'est censé ignorer la loi. Nous en avons fini ici. Je vous souhaite une belle journée, madame. Ou plutôt… mademoiselle.
* * *
Installée dans son bureau au décor spartiate, au second étage du Centre de Réhabilitation, l'agent Ambre consultait sur son écran souple le dossier de son prochain rendez-vous. C'était celui d'une femme vivant seule, sans enfant, sans liaison connue. Ambre la trouvait plutôt jolie quoique trop maigre à son goût. Lorsqu'elle lut dans le dossier que la dénommée Blue était soupçonnée d'appartenir à un groupe de Goon, Ambre fit une grimace de dégoût. Elle lui posa d'emblée la question, après lui avoir proposé de s'asseoir face à elle.
— Appartenez-vous à un groupe de Goon, Blue ?
— C'est une question privée, répondit la jeune femme. Je fais ce que je veux de mon temps libre. J'ai un travail, je paie mes taxes, je respecte la loi…
— Bien sûr, Blue. Bien sûr. Mais vous ne pouvez ignorer la crise.
— Quelle crise ? Il y en a tant !
— La crise démographique, Blue. La fertilité de l'espèce humaine est en chute libre. Nous sommes en 2066. Si nous ne réagissons pas, l'humanité aura disparue dans moins d'un siècle.
— Alors vous m'avez convoquée uniquement parce que je n'ai pas d'enfant ? C'est mon droit de ne pas en avoir.
— C'est une question privée, répondit la jeune femme. Je fais ce que je veux de mon temps libre. J'ai un travail, je paie mes taxes, je respecte la loi…
— Bien sûr, Blue. Bien sûr. Mais vous ne pouvez ignorer la crise.
— Quelle crise ? Il y en a tant !
— La crise démographique, Blue. La fertilité de l'espèce humaine est en chute libre. Nous sommes en 2066. Si nous ne réagissons pas, l'humanité aura disparue dans moins d'un siècle.
— Alors vous m'avez convoquée uniquement parce que je n'ai pas d'enfant ? C'est mon droit de ne pas en avoir.
— C'est mon devoir de vous inciter à procréer. Et c'est ma responsabilité de vous rappeler que si vous n'avez pas enfanté d'ici vos trente ans, vous serez sanctionnée.
— Comment ?
— Amendes, saisie sur salaire. Peine d'emprisonnement si vous vous obstinez.
— Comment ?
— Amendes, saisie sur salaire. Peine d'emprisonnement si vous vous obstinez.
Blue sembla se décomposer littéralement sur sa chaise. Les sourcils froncés, le regard perdu, elle semblait ne pas comprendre pourquoi on s'acharnait ainsi sur elle. Ambre ressentit de la tendresse pour elle. Elle lui sourit.
— Regardez-moi Blue. J'en suis à ma quatrième grossesse. Je ne me suis jamais senti aussi bien dans mon corps. Je pourrais passer des heures à m'admirer dans le miroir. Mes hanches larges, mes seins gros et juteux. Mon petit ventre doux et chaud que mon époux aime tant caresser lorsqu'il me féconde. J'ai une proposition à vous faire. Ne me répondez pas tout de suite. Prenez le temps de la réflexion…
— Quoi ?
— Mon époux est très fertile. Personnellement, je ne verrai pas d'inconvénient à ce qu'il féconde d'autres femmes…
— Vous voudriez que je me fasse engrosser par votre mari ?
— Est-ce l'acte sexuel qui vous effraie, Blue ? La pénétration ?
— Je refuse de répondre à ces questions !
— J'essaie de vous aider, Blue. Vous avez l'air de quelqu'un de bien. Vous êtes intelligente et séduisante. J'essaie de vous éviter des ennuis.
— Lesquels ?
— Le prochain gouvernement pourrait durcir les lois contre les gooners. D'ailleurs, vous n'avez pas répondu à ma question initiale. Appartenez-vous à un groupe de Goon, Blue ? Occupez-vous l'essentiel de votre temps libre à vous masturber en compagnie d'autres gooners ?
— Quoi ?
— Mon époux est très fertile. Personnellement, je ne verrai pas d'inconvénient à ce qu'il féconde d'autres femmes…
— Vous voudriez que je me fasse engrosser par votre mari ?
— Est-ce l'acte sexuel qui vous effraie, Blue ? La pénétration ?
— Je refuse de répondre à ces questions !
— J'essaie de vous aider, Blue. Vous avez l'air de quelqu'un de bien. Vous êtes intelligente et séduisante. J'essaie de vous éviter des ennuis.
— Lesquels ?
— Le prochain gouvernement pourrait durcir les lois contre les gooners. D'ailleurs, vous n'avez pas répondu à ma question initiale. Appartenez-vous à un groupe de Goon, Blue ? Occupez-vous l'essentiel de votre temps libre à vous masturber en compagnie d'autres gooners ?
* * *
Blue sortit perturbée du Centre de Réhabilitation. Elle ne comprenait pas ce qu'on lui reprochait. La proposition de se faire féconder par un homme qu'elle n'aimait pas, qu'elle ne connaissait même pas, la choquait. Et la question insistante de son appartenance ou non à un groupe de Goon la perturbait. Avait-elle été dénoncée ? Elle luttait pour ne pas se laisser submerger par la vague d'angoisse qui menaçait de la submerger. Dans ce genre de situation, le meilleur remède était la masturbation. Une masturbation longue, hypnotique, des heures durant en compagnie d'autres Gooners. Blue se connectait généralement chez elle via son casque X-VR à un salon de Goon clandestin. Les membres proposaient des scènes hard qu'ils regardaient ensuite en se masturbant. Blue ressentait un besoin irrépressible de se soulager. Craignant que sa connexion soit surveillée par les autorités, elle se décida à entrer dans ce bar dont on lui avait parlé.
C'était un bar-tabac en apparence banale. Mais si l'on prononçait une certaine phrase à son gérant, il vous faisait entrer dans la salle de Goon clandestine située sous l'arrière-salle. C'était une pièce sombre où des sièges étaient organisés en cercle autour de trois écrans bi-faces. Les occupants avaient le choix entre rester dans l'ombre ou s'éclairer pour livrer à la vue de tous, leur corps et les parties intimes qu'ils masturbaient avec régularité. Blue choisit de s'exhiber. Elle se dénuda entièrement à l'exception de ses bas. Elle alluma les leds de son fauteuil, puis y cala son corps maigre. En titillant ses tétons, elle observa les autres participants – des femmes, des hommes, de tous âges, de toutes physionomies.
— Qu'est-ce qu'on regarde, demanda-t-elle en laissant glisser ses mains vers sa vulve.
— C'est la dernière vidéo de Pêche Ardente, répondit un jeune homme gras qui se masturbait avec une lenteur calculée. C'est une brésilienne qui branle des pénis avec ses pieds.
— Ouais, je connais. J'aime bien.
— C'est la dernière vidéo de Pêche Ardente, répondit un jeune homme gras qui se masturbait avec une lenteur calculée. C'est une brésilienne qui branle des pénis avec ses pieds.
— Ouais, je connais. J'aime bien.
Blue se laissa couler dans l'ambiance lubrique et perverse de la salle de Goon et caressa ses lèvres intimes dans un mouvement circulaire régulier. De l'autre main, elle grattait son clitoris bandant. Peu à peu, le monde extérieur et la réalité s'estompèrent dans son esprit. Y prit place, un autre monde, une autre réalité faite uniquement de corps nus en quête de plaisirs sans fins. Dans cet autre monde, se masturber était aussi important que de respirer. Il fallait repousser sans cesse l'orgasme qui menaçait de mettre un terme à cet état hypnotique et vous renvoyer dans cet autre monde terne et gris appelé « réalité ». Les gooners les plus expérimentés étaient capables de se caresser une journée entière, parfois jusqu'à l'épuisement avant qu'un orgasme — ou la mort — les éjectent du Goon.
Blue perdit toute notion du temps. Peut-être faisait-il déjà nuit au dehors. Peut-être ce monde qui l'oppressait et la menaçait était-il en train de s'effondrer. Lorsque son tour vint de choisir la prochaine vidéo, elle proposa une vidéo de Kay Ross. L'américaine s'était spécialisée dans le sexe de groupe extrême. Elle était très populaire parmi les gooners en quête de sensations fortes. Le regard éteint, les mains toujours occupées, Blue la regardait se faire prendre en double, en triple, couverte de pisse, de crachats et de sperme. Le visage souillé de Kay lui permit d'atteindre le niveau supérieur du Goon. Blue continuait de se masturber mécaniquement.
Bientôt, elle en oublierait son propre nom. Bientôt, elle ne serait plus qu'un corps sans conscience, animé uniquement par ses pulsions sexuelles.
Bientôt, elle en oublierait son propre nom. Bientôt, elle ne serait plus qu'un corps sans conscience, animé uniquement par ses pulsions sexuelles.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()