Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Libertalia — Chapitre 1 · Prologue
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Libertalia
Chapitre 1 · Prologue
Je lis beacoup de dystopie, je me suis demandé pourquoi ne pas en écrire une, version XStory ?
J’espere que vous aimerez la proposition originale.
J’espere que vous aimerez la proposition originale.
Le réveil, ce matin-là, il arrive comme une claque. Pas une petite tape, non, une vraie baffe qui te sort du sommeil sans prévenir. La crampe au mollet qui te tord la jambe, la chaleur qui colle ta peau au drap, ce coton rêche qui gratte dès qu'on bouge. Le ventilateur sur la table de nuit, il fait un bruit de mouche crevée, il tourne, il tourne, mais tout ce qu'il arrive à faire, c'est brasser un air qui sent le sucre et la sueur. J'ouvre un œil, juste un, l'autre est collé, et je vois le plafond fissuré, cette trace d'humidité qui court le long du mur, comme une veine, bleue, qui pulsait sous la surface. À côté de moi, elle dort encore. Sephie. Ses cheveux bruns plaqués sur son front, son corps nu offert à la moiteur, ses seins qui tombent sur le côté, lourds, cette fine pellicule de sueur qui brille à la lumière jaune du matin. Elle est là, elle respire, et pour l'instant, c'est tout ce qui compte.
Je m'appelle Kael. Elle, c'est Sephie. On a vingt ans, on est nés à Hope, une cité-dortoir dans la banlieue de Libertalia. Tu sais, ce genre d'endroit où les immeubles poussent comme des dents pourries, où les gosses jouent dans des ruelles qui puent l'urine et le plastique brûlé, où les adultes se lèvent avant l'aube pour disparaître dans les usines et reviennent après le coucher du soleil, cassés, vidés, l'esprit ailleurs. On vit dans une seule pièce, une cage en béton avec une fenêtre qui donne sur une cour intérieure. En bas, les femmes nues font la lessive à la main, les hommes, marqués par le boulot, roulent des cigarettes avec des mégots récupérés, et les gosses, tout nus aussi, courent après un ballon crevé. C'est notre monde. C'est le monde dans lequel on est coincés.
Le réveil sonne. Cette saloperie de sonnerie métallique qui déchire le silence. Je tends la main, je l'éteins, je me tourne vers elle. Elle ouvre les yeux, des yeux gris, presque vides, mais il y a un sourire au coin de ses lèvres.
— Debout, je dis, la voix rauque.
— Tu as fait un rêve ?
— Non.
— Moi, j'ai rêvé de la mer.
— Tu as fait un rêve ?
— Non.
— Moi, j'ai rêvé de la mer.
Je ne réponds pas. Je me lève, je marche vers la petite table, je prends le pichet d'eau et je bois directement au goulot. L'eau est tiède, elle a un goût de métal. Elle se lève, elle s'approche, elle pose sa main sur mon dos, ses doigts glissent sur les cicatrices qu'elle connaît par cœur.
— On va être en retard.
— On est toujours en retard.
— On est toujours en retard.
Je me retourne, je la regarde, droit dans les yeux, et je l'attrape par la taille, je la colle contre moi. Elle sent ce qui se passe, elle sent mon sexe qui durcit contre son ventre, et elle rit. Un rire court, un rire sans joie, un rire qui dit tout ce qu'elle ne dit pas.
— Encore ?
— Encore.
— Encore.
Je la pousse contre le mur, je la soulève, mes mains sous ses fesses, elle s'enroule autour de moi, ses jambes autour de ma taille.
— On va être en retard, elle répète, mais elle ne résiste pas.
— On est toujours en retard.
— On est toujours en retard.
Je la caresse, je glisse mes doigts sur ses seins, ces 95E qu'elle a obtenus sans hormone, une rareté dans ce monde, une vraie bénédiction.
Elle, de son côté, elle attrape mes 18 centimètres déjà durs, la taille minimale obligatoire, la norme qu'on nous impose depuis qu'on est gamins. Moi, j'ai été sous traitement de testostérone pendant des années, c'est la loi. Elle prend mon sexe dans sa bouche, elle le goûte, elle fait tourner sa langue, et je lui rends la pareille. On se met en 69, et je lui nettoie la marmite, comme on dit, avidement, mon majeur qui s'enfonce en elle en même temps que ma langue. Elle hurle. Les voisins qui rentrent du shift de nuit tapent contre la cloison. On s'en fout.
Elle s'allonge sur le dos devant moi, et elle murmure, à peine un souffle :
— Fais-moi oublier cette vie.
Alors je la prends. Un rythme rapide, brutal, ses seins énormes qui rebondissent à chaque coup de reins, et je plonge la tête dedans comme si c'était une soupape de sécurité, une purge de toute la tension accumulée pendant la nuit. Elle me laisse faire, son corps répond aux coups de reins, mais ses yeux sont fixés sur le plafond, sur la fissure, sur cette veine bleue qui court le long du mur. Je jouis, un grognement sourd, je reste un instant en elle, puis je me retire, je la repose sur le sol.
La rue, c'est une fournaise. Une étuve de béton et de métal. Les bâtiments, gris, sales, se dressent de chaque côté, leurs fenêtres vides comme des orbites. Le trottoir est chaud, presque brûlant, ça chauffe à travers la plante des pieds. Les gens, pour la plupart nus, se pressent, leurs corps luisants de sueur, leurs visages fermés, des masques. Des hommes, des femmes, des enfants, tous nus, comme le veut la loi de Hope. Certains marchent, d'autres courent, d'autres s'accroupissent contre les murs, cherchant un peu d'ombre, un peu d'air.
Elle marche à côté de moi, son corps offert aux regards des passants, ses seins de 95E, objet de jalousie et de convoitise. Elle s'en fout. Elle a déjà refusé trois contrats d'employée de maison, trois occasions de sortir de l'usine, trois portes qui se sont fermées. Elle a sa chatte rasée, un petit tatouage sur la hanche, un code, un numéro, une identification. Moi, je suis nu aussi, mon corps musclé par le travail, mon sexe qui pend, 18 centimètres au repos, la taille minimale, la norme, l'obligation. On avance, on se faufile dans la foule, nos regards fixés droit devant, comme si on ne voyait rien, comme si on était ailleurs.
Premier arrêt : l'usine de traitements. Un bâtiment bas, des murs de verre dépoli, une structure qui semble vibrer au rythme des machines. On franchit la porte, une porte en métal, lourde, qui se referme derrière nous comme une lame. L'air est plus frais, plus sec, mais il sent le métal, le détergent, la chair. Les machines, alignées en rangées, fonctionnent, leurs bras métalliques plongent dans des bacs, manipulent des corps, les transforment. Des ouvriers, nus eux aussi, surveillent les écrans, ajustent les paramètres, notent les résultats. Les Gardiens du Cul, les surveillants, en costumes noirs, en cravates, sont debout sur des plates-formes, leurs regards fixes, leurs mains croisées dans le dos.
Je prends ma place, une station de contrôle. Je surveille les niveaux d'humidité, j'ajuste les paramètres de séchage, je signale les anomalies. Elle est plus loin, à une autre station, elle inspecte les produits finis : des gélules, des comprimés, des poudres, des substances destinées à modifier les corps, à les standardiser, à les conformer aux normes de Hope.
Je travaille. Mes gestes sont mécaniques, mon regard fixé sur les écrans. Je vois les chiffres, les graphiques, les courbes, j'ajuste les boutons, je note les valeurs. Je ne pense pas, je ne sens rien. Je suis une machine, un rouage, une pièce dans un immense engrenage. Elle, de son côté, elle inspecte les gélules, elle les trie, elle les jette dans des bacs, elle les range sur des étagères. Elle ne pense pas, elle ne sent rien. Elle est une machine, une roue, un maillon.
Je regarde ma montre. Dix heures. La pause. Je lâche les boutons, je me tourne, je marche vers l'aire de repos, une petite salle, des bancs, des distributeurs de boissons. Elle me rejoint, elle s'assoit à côté de moi, son corps toujours nu, la sueur qui perle sur sa peau.
— Tu as faim ? elle demande.
— Non.
— Moi, j'ai soif.
— Non.
— Moi, j'ai soif.
Elle se lève, elle marche vers le distributeur, elle insère une pièce, elle appuie sur un bouton. Un gobelet tombe, un liquide vert, épais, le remplit. Elle le prend, elle le boit, les yeux fermés.
Je la regarde, les yeux plissés, les mâchoires serrées.
— On va s'en sortir, je dis.
— S'en sortir ?
— Oui. Un jour, on va quitter cette putain de ville, ce putain de pays.
— S'en sortir ?
— Oui. Un jour, on va quitter cette putain de ville, ce putain de pays.
Elle me regarde, un sourire en coin.
— T'es un rêveur, Kael.
— Non, je suis un survivant.
— Non, je suis un survivant.
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