Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Velvet — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Velvet
Chapitre 2
Chapitre 2 : Le berceau des orphelins
— Monsieur, votre chambre est prête. Je vous prie de bien vouloir nous excuser pour cette attente inhabituelle. Vous pouvez à présent vous diriger vers l'ascenseur. Soyez certain que ce genre d'incident ne se reproduira pas.
Le majordome s'inclina, sa main droite sur le cœur, son bras gauche dans le dos. Profondément navré, il maudissait intérieurement cette jeune femme de ménage qui, par excès de zèle, avait chamboulé le planning de la journée. Il resta dans cette position, quelques secondes, sans que les mots qu'il attendait ne lui parvinrent. Le silence fut interrompu, par le bruit sourd d'une canne heurtant la moquette bordeaux de l'allée centrale du Velvet. Cerné de boiserie, d'un parquet lisse et finement entretenu, ce long chemin élégamment décoré de peinture d'un autre temps et de fleurs fraîches, menait à l'ascenseur, point de départ de toute chose en ces lieux. Les lourdes portes métalliques s'ouvrirent et cet homme d'un âge avancé, mais pas trop, y entra d'un pas lourd avant de disparaître vers les étages.
Vous pouviez vous arrêter au bar, un endroit fort charmant situé au 1er étage. On y servait de nombreux liquides, du vin au goût très fin à la liqueur puissante que vous saviez suivre tout du long de votre œsophage. De nombreuses histoires prenaient leur genèse à une table de cet endroit chaleureux aux teintes feutrées.
Cet homme ne s'y arrêta pas. Si le temps était une ressource précieuse, il était pour lui ce que toute sa fortune ne pouvait lui offrir. Il tapotait le pommeau de sa canne nerveusement et ne quittait pas des yeux le compteur des étages qui défilait pourtant à vitesse raisonnable. C'était un monsieur qui, dans toute l'urgence de sa vie, n'avait cessé de courir après des succès parfois éphémères. Il avait combattu, il avait conquis, mais jamais il n'avait su conserver un territoire pour y établir ses quartiers. Aujourd'hui, sans le toit, il se préparait à partir loin de toute chose, mais non sans essayer de laisser un peu de lui en ce monde.
L'avertissement sonore de l'ascenseur résonnait encore, qu'il forçait son passage entre les portes pour s'engouffrer dans un nouveau couloir.
— 2042, 2044, 2046, 2048... murmurait il en pressant le pas.
Les chambres défilaient les unes après les autres et il pesta une fois de plus contre le majordome, maudissant le fait d'avoir été positionné si loin. Il était bien conscient d'être le seul responsable de la situation. Il fréquentait le Velvet depuis de nombreuses années et savait que du jour au lendemain, il était difficile, et même impossible de réserver une chambre. C'était là, un effort certain des gérants de l'établissement, de lui trouver un endroit à la hauteur de ses attentes en si peu de temps. C'était aussi une somme considérable que lui, venait d'investir, il ne pouvait pas passer à côté de l'occasion. Il finit par arriver devant sa chambre, chancelant, essoufflé alors que de petites perles de sueur commençaient à apparaître sur le haut de son front.
C'était il y a un mois à peine, les médecins lui avaient annoncé l'inentendable. Quelques semaines, un mois au mieux. Effondré, il tenta de faire face, d'espérer le miracle, il n'en fut rien. Il ne laisserait derrière lui que des fonds de capitaux, des murs ou encore sa vieille collection de cartes de sport. À qui ? Personne. C'était au-delà de ses forces d'imaginer un monde dans lequel toutes traces de son passage étaient vouées à disparaître. Il voulait que quelqu'un, quelque part, pense à lui, parfois. Que l'on garde son souvenir vivant, qu'il ne soit pas oublié de tous. C'est dans cet objectif, qu'il agrippa fermement la poignée de porte et qu'il entra dans la chambre.
Elle l'attendait, allongée sur le lit, le regard tourné vers l'entrée. Vêtue d'une très longue robe de chambre jade, semi-transparente, qui courrait jusqu'à mi-mollet, elle l'observa silencieusement quelques instants. Il en fit de même, intimidé par le contexte, il fut pris de mutisme et resta figé à la contempler sans dire mot. Sa respiration était lourde, profonde, il essayait de reprendre ses esprits face à cette femme qui en tout point aurait pu être une déesse celte. Une longue chevelure rousse et frisée tombait jusqu'à sa lourde poitrine. Couplée à sa tenue et à son teint de lait, l'ensemble formait une harmonie des couleurs très agréable pour l'œil. Les siens étaient ceux de la mer, un vert-bleu, aussi rare que précieux, légèrement vairons. Une bourrasque, puis une tempête le saisirent au cœur quand il découvrit le reste de son corps. Il était seul, en plein milieu d'un ouragan, sur un radeau de fortune.
Son embarcation menaçait de chavirer à chaque instant et il dut rassembler tout ce qui lui restait de force, de courage et d'abnégation pour que ses jambes répondent enfin. Il fit un pas.
— Bonsoir, lui dit-il timidement.
La jolie rousse se redressa lentement sans le quitter des yeux. Par des gestes délicats, elle sortit du lit et vint jusqu'à sa hauteur, quelques centimètres à peine séparaient leurs lèvres. Il put la contempler dans son entièreté. Elle n'était sans doute pas aussi fine que ses précédentes conquêtes, mais le corps de cette femme avait en lui quelque chose de divin. Une divinité de la fertilité, reine des océans, mère de l'humanité, elle dégageait une aura des plus intimidantes et si le corps de cet homme le suppliait de saisir ces larges hanches qu'il aspirait à dévorer, son cerveau lui interdisait toujours le moindre geste. Il se noyait dans ses courbes gracieuses et peinait à garder la tête hors de l'eau quand elle lui attrapa la main pour le ramener à la surface.
— Tout va bien se passer. Je vous le promets, lui susurra-t-elle au creux de l'oreille.
Elle l'entraîna jusqu'à un petit fauteuil Louis-Philippe et lui demanda de s'asseoir. Toujours tétanisé, il la laissa déboutonner lentement sa chemise. Elle retira ensuite la boucle de sa ceinture et fit descendre son pantalon jusqu'à ses chevilles. Avec douceur, elle passa sa jambe gauche, puis la droite pour se trouver à califourchon juste au-dessus de lui. Il essayait de dire quelque chose, de prendre les choses en main alors qu'au niveau de ses yeux, se mouvait la plus jolie poitrine qu'il eut la chance de contempler de toute son existence. Elle posa son index sur ses lèvres.
— Ne dites rien, lui demanda-t-elle avec un ton toujours aussi paisible, mais ferme.
D'un geste souple, elle agrippa son sexe et fit glisser ce dernier en elle. Au sommet de la plus haute des montagnes, alors que la lune s'apprête à quitter le ciel, une lumière douce naît à l'horizon. Elle offre un spectacle unique, qui vous prend et percute votre âme avec tant de force que vous réalisez la vanité de tout ce que vous avez pu connaître, de tout ce que vous avez pu désirer. Vous faites face à ce que la nature à de plus beau à offrir, dans toute sa splendeur, dans toute son immensité. Vous ne faites qu'un avec l'univers, avec les éléments, avec le moindre atome qui compose votre corps. Nirvana, paradis, c'est le monde de l'onirisme qui rencontre la réalité et perturbe vos repères, c'est l'exception du moment et sa fugacité qui prive votre pensée de penser. Vous êtes vivant.
Il ne réalisa pas, que lorsque son sexe fut totalement en elle, il jouit. Il n'avait jamais connu pareille douceur, son corps habitué à parcourir d'autres corps ne comprenait pas ce à quoi il faisait face. Une vitalité renaissante prit le contrôle et il resta ferme. En elle, il trouva le réconfort et enfin la force de se mouvoir. Ses mains touchèrent d'abord ces hanches, mais remontèrent très rapidement jusqu'à son dos. Il se tira jusqu'à elle, posa sa tête contre sa poitrine et profita d'une chaleur enivrante. Elle le serra, il se sentit aimé. Par de petits mouvements, son bassin continua de nourrir de tendresse cette âme tourmentée. Elle accélérait le mouvement par phase, étudiant avec soin les réactions de son partenaire. Celui-ci profita de cette nouvelle proximité pour porter à sa bouche un large mamelon légèrement plus foncé que le téton qui siégeait en son centre.
La chose eut pour effet de le rendre plus vivace encore et il sentit son sexe se gorger d'un sang nouveau, d'une vigueur dont il ne se soupçonnait pas. De ses deux mains, il lui agrippa les fesses. Chaque pression sur ces dernières le rendait davantage euphorique et il perdit définitivement pied lorsqu'elle vint glisser sa langue sur le bord de ses lèvres.
Il était un simple mortel se confrontant au sacré. Il avait le privilège de couvrir de baisers une relique, un artefact convoité par tous les chasseurs de trésor du monde. Le berceau de l'humanité se trouvait là, face à lui, il le pénétrait dans un instant de grâce et il lui donnerait un fils. Ses peurs, ses angoisses disparurent et dans un dernier effort, il lui rendit son baiser.
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