Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Collocation thérapie — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Collocation thérapie
Chapitre 4
Le week-end fut chargé pour Eva et Rémy, tous deux affairés à leur nouvelle expérience.
Le lundi soir, Eva arriva à l'appartement, mais sonna sans réponse de son nouveau colocataire. Elle se souvint qu'ils n'avaient même pas échangé leurs numéros de téléphone, mais, par chance, elle lui avait demandé le double, ce qui l'incita à entrer d'elle-même. Elle redécouvrit l'appartement bien plus propre que la semaine précédente. Sa nouvelle chambre était débarrassée de toutes les affaires de Rémy et une belle armoire neuve ainsi qu'un miroir à pied étaient installés à son intention. Elle déposa ses affaires et se balada dans l'appartement au gré de sa fantaisie. Elle était emprise d'une curiosité qui la rongea de culpabilité, mais ne pouvait s'arrêter. Elle ouvrit tous les tiroirs de la cuisine, tentant de découvrir les habitudes alimentaires de son hôte, mais ne découvrit que quelques conserves de légumes intouchés ou des ustensiles qui prenaient la poussière. Elle ne découvrit rien de satisfaisant, donc se précipita vers la chambre de son mystérieux hôte.
Le lundi soir, Eva arriva à l'appartement, mais sonna sans réponse de son nouveau colocataire. Elle se souvint qu'ils n'avaient même pas échangé leurs numéros de téléphone, mais, par chance, elle lui avait demandé le double, ce qui l'incita à entrer d'elle-même. Elle redécouvrit l'appartement bien plus propre que la semaine précédente. Sa nouvelle chambre était débarrassée de toutes les affaires de Rémy et une belle armoire neuve ainsi qu'un miroir à pied étaient installés à son intention. Elle déposa ses affaires et se balada dans l'appartement au gré de sa fantaisie. Elle était emprise d'une curiosité qui la rongea de culpabilité, mais ne pouvait s'arrêter. Elle ouvrit tous les tiroirs de la cuisine, tentant de découvrir les habitudes alimentaires de son hôte, mais ne découvrit que quelques conserves de légumes intouchés ou des ustensiles qui prenaient la poussière. Elle ne découvrit rien de satisfaisant, donc se précipita vers la chambre de son mystérieux hôte.
La chambre était plongée dans une obscurité que l'odeur de tabac froid n'aidait pas à rendre agréable. Les vieux cartons qui, autrefois, vivaient dans sa nouvelle chambre étaient posés là, désordonnés et ouverts pour un certain nombre. Eva ne pouvait s'empêcher, l'ambiance mystérieuse de la pièce ne faisait que pousser son vice qu'elle connaissait et qu'elle ne retenait jamais. La curiosité, lui a-t-on dit, est un joli défaut et elle appliquait cet adage à tout même en dépit des mœurs.
Eva fouillait, mais ne trouva que des ustensiles de cuisine dans le premier carton. Dans le second, des bibelots, un peu « girly », mais rien qui ne la choquât dans son entreprise et, enfin, le troisième d'une longue série dévoila à Eva une vérité qui la freina là où elle semblait prise de frénésie curieuse. Elle ouvrit le plus petit carton. Bien que légèrement entrouvert, l'image, précisément celle qui hantait le téléphone de Rémy, se distingua nettement des autres, malgré une luminosité restreinte. Eva comprit que, puisque Rémy avait eu du mal à défaire ou à jeter les cartons, cela témoignait d'une souffrance. Cette souffrance émut Eva, qui ressentit de la compassion. Elle observa la photographie quelques secondes de plus avant de gentiment s'appliquer à laisser la pièce comme elle l'était.
Elle se dit que sa situation, comparée à celle de Rémy, n'était certainement pas la plus compliquée à supporter, elle pouvait bien faire quelques efforts pour que leur cohabitation soit le plus agréable pour les deux.
Ce soir-là, Eva confectionna des gâteaux qu'elle déposa sur la table du salon, les réservant pour Rémy, évitant ainsi toute rencontre directe. Les deux individus s'efforcèrent ensuite de minimiser leurs interactions pendant les deux jours suivants. Les deux êtres cohabitants socialisaient le moins possible pour s'apprivoiser de la manière la plus douce possible, s'énervaient de trouver signe de vie de l'autre dans un premier temps pour s'accepter peu à peu. Ainsi passa la semaine de chacun.
Les premiers signes de vie commune survinrent la semaine d'après, après une longue journée de cours, Eva rentra de l'université, posa ses affaires et décida de se faire un thé avant de commencer ses révisions. Une fois à la cuisine, Rémy la salua. Il était dans le canapé du salon et regardait des vidéos sur son téléphone qui semblait l'ennuyer. Après avoir chauffé l'eau, Rémy, qui ne désirait rien de plus que s'occuper et mettre fin à son ennui, agit.
— Comment était ta journée ?
Eva fut étonnée dans un premier temps, ils n'avaient pas échangé à proprement parler depuis une semaine en dehors des banalités du genre « Bonjour, tu vas bien ? », « Tu as tout ce qu'il te faut ? » ou bien « Je m'absente pour aujourd'hui, passe une bonne soirée » échange qui n'invitait jamais à une réponse développée, mais là, elle sentait que Rémy avait la volonté d'en savoir plus sur elle.
— Longue ! Les cours m'ont tuée et j'en ai encore qui m'attend...
Malgré la réponse, Eva portait un sourire à ses lèvres, elle avait l'habitude de parler de sa journée à sa mère et de l'écouter en retour pendant de longues minutes et cette discussion lui donnait de l'espoir.
— Tu as eu quoi comme cours aujourd'hui ?
Leur discussion filait naturellement pendant le reste de la fin d'après-midi, sortant leur relation muette qui leur semblait tous deux malaisante. Les jours d'après, l'évocation de leur colocation commune n'était plus pour eux une zone sombre et angoissante de leur esprit et, au fil des jours et des discussions quasi journalières, les deux colocataires changèrent cette perception en une douce sensation de bien-être, celle d'un foyer rassurant pour les deux âmes qui l'habitaient.
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