Ma coloc, autrement
Chapitre 1 · Article 0 : Se retrouver
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ tybtybtyb Ma coloc, autrement XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Ma coloc, autrement — Chapitre 1 · Article 0 : Se retrouver

10 minutes
21.4k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

tybtybtyb
Histoires publiées
2
Abonnés
26
J'aime cumulés
410

Ma coloc, autrement

Chapitre 1 · Article 0 : Se retrouver

Il fait encore chaud, ce genre de chaleur de fin d'été qui s'attarde, qui s'accroche un peu aux murs et aux corps. Paris ralentit, comme suspendu entre deux saisons.
Natanaël est rentré le premier.
L'appartement est silencieux, un peu figé. Il ouvre les fenêtres en grand, laisse entrer l'air du soir, les bruits de la rue, une vie extérieure qui recommence doucement à circuler.
Sur la terrasse, les plantes ont souffert. La terre est sèche, les feuilles un peu ternes. Il prend l'arrosoir, verse lentement l'eau, observe la terre qui s'imbibe, qui reprend. Ce geste simple, presque automatique, lui fait du bien. Comme s'il remettait lui aussi quelque chose en route.
Il fait un tour rapide dans l'appartement, remet quelques objets à leur place, secoue un coussin, ouvre une porte. Rien de grand, mais assez pour que l'espace redevienne habité.
Puis il va se doucher. Sous l'eau, il laisse revenir les images de l'été. Les moments flottants, les déplacements, les silences aussi. Et puis cette fin, pas brutale, pas dramatique. Juste... évidente. Une histoire qui s'est arrêtée sans fracas. Il ne ressent pas de tristesse particulière. Plutôt une forme de calme, un peu étrange.
Quand il ressort, la lumière a changé.
Il descend faire quelques courses, presque machinalement. Une bouteille, de quoi grignoter, quelques légumes. Il pense à Anne-Sophie sans vraiment y penser, avec cette idée simple qu'elle ne va pas tarder à rentrer.
Quand il remonte, il commence à préparer quelque chose.
Il coupe, assemble, ouvre des placards. L'appartement sent déjà un peu la cuisine, la soirée qui s'installe. C'est à ce moment-là qu'il entend la porte.
— Nath ?
Il se retourne presque immédiatement.
Anne-Sophie est là, dans l'entrée, encore chargée de ses affaires.
Ils se regardent une seconde, puis leurs visages s'ouvrent presque en même temps.
— Enfin !
— T'es rentrée !
Ils rient, simplement. Il y a quelque chose de léger, de sincère. Une vraie joie de se retrouver, sans retenue. Elle pose ses sacs, enlève ses chaussures, s'approche. Ils s'embrassent sur la joue, puis restent un peu proches, naturellement.
— Ça fait du bien de rentrer ici... dit-elle en regardant autour d'elle.
— Ouais... j'ai essayé de réveiller un peu l'endroit.
Elle remarque les plantes, encore humides, les fenêtres ouvertes, l'air qui circule.
— Ça se voit.
Ils s'installent sur la terrasse avec leurs verres.
Le soleil descend doucement, accroche encore les façades, donne à la ville une teinte chaude, presque dorée. Ils parlent facilement. Des vacances, des lieux, des gens croisés. Les mots viennent sans effort. Le soleil descend lentement, accroché aux façades, laissant une lumière chaude glisser sur la table, sur leurs bras, sur les plantes encore humides. Ils parlent facilement. Ça vient sans effort.
— Alors, raconte... trois semaines, c'est long quand même.
Natanaël esquisse un sourire, un peu en biais.
— Ouais... c'était bien. Enfin... au début.
Il boit une gorgée, regarde un instant au loin.
— On est partis une semaine dans les gorges du Verdon. C'était beau... vraiment beau. Mais...
Il cherche ses mots.
— C'est là qu'on s'est rendu compte que ça marchait plus.
Anne-Sophie ne dit rien, elle écoute.
— Y avait plus...
Il fait un petit geste de la main, comme pour attraper quelque chose d'invisible.
— Plus d'élan. Plus d'envie. On était bien, tu vois... mais comme... comme deux gens qui s'entendent bien. Pas comme un couple.
Un silence léger s'installe, sans malaise.
— Et du coup ?
— On en a parlé. Calmement. Franchement, ça s'est bien terminé.
Il hausse légèrement les épaules.
— C'était presque évident en fait.
Anne-Sophie hoche la tête, doucement.
— Et après ?
— Je suis allé quelques jours chez mes parents en Bretagne... ça m'a fait du bien. Et puis j'ai rejoint des amis sur la côte. On s'était pas vus depuis un an... c'était simple. Du monde, du bruit, des soirées... ça remet un peu en mouvement.
Il sourit, plus franchement cette fois.
— Et toi ?
Elle souffle un petit rire, plus nerveux.
— Moi c'était... un peu moins progressif.
Il la regarde, attentif.
— Premier jour des vacances. Dispute avec Paul. Mais vraiment...
Elle secoue la tête.
— Un truc absurde, qui part dans tous les sens. Les reproches, les vieilles rancœurs...
Elle s'arrête une seconde, comme si elle revivait la scène, puis reprend.
— Et il m'a quittée. Comme ça. Le premier jour.
Natanaël grimace légèrement.
— Dur...
— Ouais...
Elle boit une gorgée.
— Mais en vrai...
Elle relève les yeux vers lui.
— Le seul truc que je regrette, c'est de pas l'avoir fait avant.
Un petit sourire apparaît. Franc.
— J'étais surtout... sidérée sur le moment. On devait partir un mois ensemble. Et en une heure, plus rien.
Ils comparent, presque malgré eux, leurs deux façons de se séparer.
— Finalement, on a eu deux versions du même truc, dit-elle.
— Ouais... deux écoles.
Le silence revient, mais il est différent. Plus posé.
— Du coup, j'ai changé mes plans. Je suis restée un peu à Paris... puis je suis allée en Normandie voir ma famille. Et après... j'ai sauté sur une occasion à Toulouse chez une amie.
Elle sourit.
— Piscine.
— Ah... fait Natanaël avec un sourire complice. Argument solide.
Ils rient.
— Franchement, c'était parfait. Chaleur, rien à faire, de l'eau... ça remet les idées en place.
Le jour continue de tomber doucement. Ils restent un moment sans parler, à profiter de cette fin de lumière.
— C'est marrant quand même... dit Anne-Sophie.
— Qu'est-ce qui est marrant ?
— Cette année, on s'est à peine vus.
— Ouais...
— On a beaucoup bossé.
— Trop.
Ils échangent un regard.
— Faudra qu'on change ça.
— Clairement.
Un léger sourire passe entre eux.
— Et puis maintenant... ajoute-t-elle, un peu en le regardant, on est deux célibataires.
Il laisse passer une seconde, puis sourit.
— C'est vrai que ça change un peu la configuration.
— On va pouvoir profiter un peu plus de l'appart...
— Et de la terrasse.
— Et de nous.
Leurs regards s'accrochent une fraction de seconde de plus que nécessaire.
Puis elle rit légèrement, comme pour alléger.
— Bon, par contre, on pose des règles.
— Ah ?
— Colocataires célibataires, ça se gère pas n'importe comment.
Il se redresse légèrement, amusé.
— OK, je t'écoute.
— Déjà... prévenir quand on ramène quelqu'un.
— Minimum syndical.
— Et éviter les... nuisances sonores.
Il esquisse un sourire.
— Oui, bon... on va essayer de rester discrets.
— Merci.
— Et toi pareil.
— Évidemment.
Ils se regardent, amusés.
— On devrait écrire une charte.
— Une vraie ?
— Ouais. Article 1 : respect de l'intimité du colocataire.
— Article 2 : gestion responsable des nuits agitées.
Ils rient tous les deux.
Puis la conversation glisse, naturellement.
— Et sinon... le boulot ? demande-t-elle en faisant tourner son verre.
Natanaël souffle doucement.
— Franchement... j'aimerais que ça bouge un peu.
Il regarde un instant la rue en contrebas.
— J'ai l'impression de stagner. Les dossiers sont...
Il hésite.
— Pas hyper-stimulants.
Anne-Sophie hoche la tête, attentive.
— Je me dis que je me laisse encore quelques mois. Jusqu'à Noël.
Il hausse légèrement les épaules.
— Et si rien ne change... je regarderai ailleurs.
Elle le fixe un peu plus sérieusement.
— T'as raison. Faut pas s'enfermer.
Il acquiesce, calmement.
— Et toi ? Toujours autant de nuits ?
Elle laisse échapper un petit rire, presque fatigué.
— Justement non.
Elle s'enfonce un peu plus dans sa chaise.
— Cette année, j'ai demandé à en faire moins.
— Ah ouais ?
— Ouais... l'année dernière, c'était n'importe quoi.
Elle secoue la tête.
— Je vivais entre 14h et 17h. Le reste du temps, j'étais décalée, crevée... j'avais plus de vie.
Il la regarde, avec une forme de douceur.
Elle sourit légèrement.
— Là, j'ai envie de... vivre un peu normalement. Voir des gens, sortir, avoir des soirées...
Elle s'arrête une seconde, puis ajoute, plus doucement :
— Profiter, quoi.
Le mot reste entre eux. Il résonne différemment maintenant.
La nuit est tombée sans qu'ils s'en rendent vraiment compte. La chaleur est restée, douce, enveloppante. Ils commencent à sentir la fatigue arriver.
— Bon... dit Anne-Sophie en s'étirant légèrement, je crois que je vais pas faire long feu.
— Ouais... pareil.
Ils échangent un sourire simple.
— Demain ? demanda Anne Sophie.
— Marché ? Vers 11h ?
— Parfait. Grasse mat, marché... ça me va très bien.
Un dernier regard, tranquille.
— Bonne nuit.
— Bonne nuit.
Ils se séparent naturellement. Dans sa chambre, Natanaël laisse la fenêtre entrouverte. L'air circule à peine, mais ça suffit. Il enlève ses vêtements sans réfléchir, les laisse tomber sur une chaise. La chaleur le pousse à ne rien garder. Il se glisse dans son lit, nu, sous le drap. Le tissu est frais au contact de sa peau. Il ferme les yeux un instant. Puis il entend l'eau. La douche d'Anne-Sophie, un peu étouffée par les murs, mais bien présente. Un bruit continu, régulier. Il reste immobile, à écouter. La soirée lui revient. Les rires, les regards, la facilité avec laquelle tout s'est remis en place entre eux. Il se sent bien. Simplement bien.
Il pense à son été, à cette rupture qui n'a pas fait de bruit. À elle aussi, à ce qu'elle a raconté. À cette dispute, à ce choc. Il est content qu'elle soit là. Content qu'ils soient là, tous les deux, dans cet appartement, à nouveau disponibles. Et puis... il y a autre chose.
Une sensation plus diffuse. Un léger trouble qu'il n'identifie pas vraiment. Quelque chose qui s'est déplacé pendant la soirée.
Son sexe durcit. Il ne cherche pas à comprendre. Il reste là, avec ça. La douche continue de couler.
De l'autre côté, Anne-Sophie laisse l'eau glisser sur elle, un peu plus longtemps que nécessaire. La chaleur de la journée, la fatigue, la soirée... tout se mélange. Elle repense à leurs retrouvailles. À la facilité, à leurs échanges, à cette sensation de retrouver quelque chose de familier... mais différent. Elle sourit toute seule en repensant à leur “charte”.
— Article 2... gestion responsable des nuits agitées...
Elle laisse échapper un petit rire. Puis son esprit revient à elle. À ce moment. À cette année qui commence autrement. À cette liberté nouvelle, encore un peu floue. Quand elle coupe l'eau, le silence lui paraît plus dense, elle sort, attrape une serviette, se sèche lentement. Et c'est là qu'elle le sent.
Un détail presque imperceptible, mais présent. Son corps réagit, légèrement.
Ses seins pointent.
Elle fronce un peu les sourcils, surprise.
— C'est bizarre... murmure-t-elle, presque pour elle-même.
La chaleur, sûrement. Ou pas. Elle ne s'attarde pas. Mais elle le remarque.
Quand elle rejoint sa chambre, l'air est encore chaud. Elle ne met presque rien. Se glisse sous le drap, comme lui, à la recherche d'un peu de fraîcheur. Elle s'allonge sur le dos, regarde le plafond quelques secondes. La soirée revient, elle aussi. Les regards. Les silences. Ce quelque chose, difficile à nommer. Elle ferme les yeux. Dans l'appartement, tout est calme maintenant.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 2
10 minutes
31.3k
152
2
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 4 commentaires
Photo de profil de PourquoiPas2025
PourquoiPas2025
7 juillet 2026 à 22:51
Excellent, j'aime beaucoup !!
C'est un peu romantique. C'est beau.

Vivement la suite !
Soyez respectueux
Répondre
Clemental
12 mai 2026 à 14:15
Chouette début! Hâte de lire la suite :)
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de plemagne
plemagne
11 mai 2026 à 21:47
Oui, c'est tout en nuances, en sensation, rien de vraiment dit, de la légèreté. On sent bien qu'on progresse vers un état plus dense, plus cru, mais là, ça n'a pas encore basculé.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de thildou
thildou
11 mai 2026 à 21:13
bien agréable début, meme si on ne voit pas trop ou tu veux en venir
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ StanJR23 Mona, ce qu’il reste du silence XSTORY
Mona, ce qu’il reste du silence
Chapitre 2
Par StanJR23
11
4
2.7k
Hétéro
✦ Anthynéa Les saisons d'une vie XSTORY
Les saisons d'une vie
Chapitre 4
Par Anthynéa
58
7
11.3k
Bi
✦ Utilisateur supprimé La rencontre XSTORY
La rencontre
Chapitre 5
Par
40
0
2.9k
Lesbiennes
✦ SVesambre Après la fermeture (suite de une nuit au club) XSTORY
Après la fermeture (suite de une nuit au club)
Chapitre unique
Par SVesambre
0
0
2
Hétéro
✦ nusab26 Saint-Valentin avec l'ami de mon fils XSTORY
Saint-Valentin avec l'ami de mon fils
Chapitre unique
Par nusab26
354
15
17.7k
Hétéro
✦ Chess Hôtel Zéro XSTORY
Hôtel Zéro
Chapitre 3
Par Chess
80
0
2.8k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio