Naissance d'une étrange chanson de Noël
Chapitre 1
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✦ Sensuelle Emilie Naissance d'une étrange chanson de Noël XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Naissance d'une étrange chanson de Noël — Chapitre 1

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Sensuelle Emilie
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Naissance d'une étrange chanson de Noël

Chapitre 1

Note de l'auteure :
ceci est une fiction droit sortie de notre imagination… Yanos et moi l'avions commencée pour un concours de Noël, mais personnellement, je n'ai jamais eu le temps de la finir. Il s'agit de notre interprétation de la naissance de deux tubes de la chanson française des années 60. Nous espérons que vous apprécierez notre version de l'histoire.
Bonne lecture à vous, Yanos & Emilie.
* * * * *
Introduction
Paris,
Janvier 1965,
Jacques referme les pans de son manteau en frissonnant. Il lève les yeux vers le ciel plombé de nuages. Il fait encore plus froid qu'hier.
Il va bientôt neiger.
Il relève le col de son vêtement et poursuit sa promenade. Il aime se promener dans les rues de Paris, sans but précis, observer les gens, les employés de bureau qui rentrent chez eux, les ouvriers de nuit qui se rendent dans les usines Il jette un œil à sa montre, 18 heures. Levant la tête, son regard tombe sur l'enseigne d'un café.
Tiens, pourquoi pas ?
Il pousse la porte du petit estaminet et salue les consommateurs déjà sur place. Il est accueilli par quelques grognements et le « Bonsoir » joyeux de la patronne.
— Qu'est-ce que vous prenez ? lui demande-t-elle tandis qu'il se glisse sur un tabouret de barre.
— Un crème, s'il vous plaît.
— Bien sûr !
Il aime l'ambiance des cafés le soir, quand les travailleurs se retrouvent autour d'un p'tit noir ou d'un p'tit blanc pour certains, pour terminer la journée. Il prend plaisir à écouter les petits bouts de vies échangés au-dessus d'une tasse fumante.
C'est la vraie vie !
C'est alors que son oreille capte les bribes d'une discussion.
— Oh oui, il est courageux ce petit ! Et sacrément bosseur ! lance une première voix grave.
— J'aurais pas cru ça d'un fils de juge ! répond une seconde.
Jacques se tourne discrètement vers sa droite et aperçoit deux hommes en train de discuter autour d'une table. S'il ne connaît pas l'homme brun de droite, il reconnaît bien le petit monsieur, la cinquantaine grisonnante, Claude P. directeur d'un petit journal parisien Le p'tit Parigot.
— Et pourtant, c'est mon meilleur reporter ! T'as lu son papier sur les bandes parisiennes ?
— Pour sûr ! C'était très bien écrit.
— Oui, il a du talent et semble bien renseigné, reprend Claude. On dit qu'il faisait lui-même partie d'une bande ?
— Une rumeur que je ne peux pas te confirmer. En tout cas, depuis qu'il est avec la p'tite Blandine, il est devenu bien plus sérieux.
— Quelle histoire ! Oh mais quelle histoire !
Jacques ne peut pas résister à la tentation. Lorsque la patronne lui apporte sa commande, il s'en saisit et se dirige vers les deux hommes.
— Oooh ! mon cher Jacques ! s'exclame Claude. Comment allez-vous ?
— Très bien, merci Claude. Et vous ? Toujours à la tête du P'tit Parigot ?
— Oui, répond ce dernier avec fierté. Le journal marche bien. Asseyez-vous !
Claude se décale un peu sur la banquette pour lui laisser une place avant de lui présenter son compagnon, le lieutenant de police Pierre T.
— Veuillez m'excuser, messieurs, mais je vous ai entendu parler d'un journaliste qui aurait fait partie d'une bande ?
— Parlez plus bas, Jacques, lui demande Pierre. C'est… comment dire…
— Une histoire sensible, poursuit Claude.
— Pourriez-vous m'en dire plus ?
Les deux hommes échangent un regard et Claude hoche la tête, faisant comprendre à son compagnon qu'il fait confiance au nouveau venu.
— Eh bien, attaque Pierre, tout a commencé à Paris, en soixante-trois…
* * * * *
Chapitre 1 : Jean-Baptiste
Paris,
24 décembre 1963, 19h00.
— Quelle idée bizarre ! murmure Jean-Baptiste à son reflet dans le miroir. Pourquoi organiser cette descente aux Filles du Calvaire le soir de Noël ?
Jean-Baptiste, JB pour les gars de la bande les Faucons de la Bastille, a reçu la confirmation de la descente de son groupe au Cirque d'hiver, boulevard des filles du Calvaire. Jusque-là, les Rats des Filcal s'étaient contentés de venir les narguer à la frontière de leur territoire. Mais là, ils avaient dépassé les bornes en rackettant les petits commerçants et les prostituées. Et les Faucons ne pouvaient pas laisser cette intrusion et ce geste impunis. Ils régnaient depuis 10 ans sur le quartier, protégeant les boutiques et leurs propriétaires de leurs rivaux.
— Ça va bien se passer, s'encourage-t-il.
Il ajuste son pull noir dans son jean avant de se donner un dernier coup de peigne. Quelle que soit la situation, toujours avoir de l'allure. Il jette un coup d'œil sur la pendule : 19h15. Ils ont rendez-vous dans leur repaire à 19h45. Il attrape son blouson, un faucon dessiné sur le dos, et sort de sa chambre.
S'il part maintenant, Jean-Baptiste arrivera en avance, mais au moins, il ne risque pas de croiser son père, qui ne rentre jamais avant 20h. Il est sur le point de sortir lorsque la voix de sa mère retentit dans le couloir.
— Où vas-tu comme ça ? lance-t-elle, inquiète.
— Rejoindre mes potes, répond-il en enfilant son cuir.
Sa mère, Charlotte, frissonne en voyant le faucon aux ailes déployées sur le dos de son fils. Elle sait qu'il va rejoindre la bande de voyous qu'il fréquente depuis deux ans. Elle joint ses mains tremblantes devant elle pour supplier son fils de rester.
— Ton père va rentrer. Il sera furieux que…
— Peu m'importe, lance Jean-Baptiste, la main sur la poignée de la porte. Il y a bien longtemps qu'il ne me traite plus comme un fils.
— Jean-Baptiste, le supplie à nouveau sa mère, les larmes aux yeux. S'il te plait.
— Ne t'inquiète pas maman, je serai rentré pour la Messe de minuit. Je vous y rejoindrai.
Faisant fi des angoisses de sa pauvre mère, Jean-Baptiste claque la porte de leur appartement cossu et dévale les escaliers. Une fois sur le trottoir, Jean-Baptiste Valentin, étudiant en droit, cède la place à JB, Troisième Lieutenant des Faucons de la Bastille. Il se prépare à remonter la rue, lorsque deux coups de klaxons y résonnent. Il se retourne et reconnaît la 404 de Louis, alias Loup, qui fait partie de la bande. Loup arrête sa voiture près de JB et lui ouvre la portière. JB s'y engouffre.
— Je savais bien que je te croiserai ! dit Loup en lui tendant une cigarette. Pas de souci avec tes vieux ?
— Non, lui répond JB refusant aussi la cigarette. Le paternel n'est pas rentré. C'est quoi cette caisse ?
— Celle de mon vieux.
— Depuis quand t'as le permis ?
— Qui te dit que je l'ai ? demande Louis en tirant une longue bouffée sur sa cigarette. T'en veux ?
— Non merci. Démarre.
* * * * *
Les relations entre JB et son père avaient toujours été conflictuelles, mais elles s'étaient dégradées aux 21 ans du jeune homme. Enfin majeur, il avait voulu prendre son indépendance, ce que son père avait aussitôt refusé. Jean-Baptiste devait terminer ses études et entrer au Barreau de Paris pour suivre les traces de son auguste père. Ce qui n'était absolument pas dans les projets de son fils. Jean-Baptiste voulait arrêter les études de droits et devenir journaliste. Il adore écrire. Mais si sa mère l'encourage, discrètement, dans cette voie, celle-ci n'est pas du goût de son père. Ce dernier l'a menacé de lui couper les vivres s'il ne lui obéit pas. Jean-Baptiste, quoique jeune, n'en est pas moins réaliste. Il sait bien qu'en l'état des choses, il ne peut pas s'en sortir seul. À contre-cœur, il a repris ses études, guettant la bonne occasion pour se libérer du joug paternel.
Cette occasion s'était présentée non loin de son université. Un soir, en sortant des cours, il avait vu une vieille dame se faire voler son sac. Sans réfléchir, il s'était lancé à la poursuite de son agresseur, l'avait rattrapé et passé à tabac. Cela avait été comme si toute la colère qu'il avait refoulée contre son père se déchaînait contre cet homme. Il avait été arrêté par Loup, tout juste entré aux Faucons. Les deux jeunes gens rapportèrent le sac à la vieille dame qui les avait chaleureusement remerciés.
— Tu es un sacré bagarreur ! lui avait lancé Loup.
— J'y suis allé un peu fort.
— Il l'a mérité. Une sale racaille des FilCal. Toujours à empiéter sur notre territoire.
— Hein ? Euh… de quoi tu parles ?
Loup lui avait expliqué qu'il faisait partie de la bande des Faucons de la Bastille.
— On est comme une famille, lui avait-il dit. On veille les uns sur les autres et on protège les gens du quartier. Ça te dit ?
Loup avait lancé cette proposition sans trop y réfléchir. Jean-Baptiste avait un instant hésité et avait accepté.
Depuis, presque tous les soirs mais surtout les vendredis et les samedis soir, il rejoint la bande pour traîner dans les rues et les cafés, corriger les voyous qui importunent les petits commerçants et les prostituées. Le Grand Dan, leur chef, met un point d'honneur à ce que les « honnêtes gens » du quartier puissent travailler en paix, rétribuant, à hauteur de leur moyen, leurs anges gardiens.
* * * * *
Et ce soir, les Faucons, anges gardiens de la Bastille, vont déployer leurs ailes pour fondre sur les Rats de Fil'cal, du boulevard des filles du Calvaire.
Loup gare sa 404 devant l'entrée discrète d'un vieil immeuble. Les deux jeunes hommes en descendent et observent avec attention les alentours. Personne en vue dans la rue. Loup pousse la vieille porte grinçante et ils s'engagent dans un couloir mal éclairé, dont les murs suintent d'humidité. Personne ne mettait jamais les pieds dans cet immeuble au bord de l'effondrement. Pourtant, c'était dans les caves de cette ruine que Le Grand Dan avait établi le quartier général des faucons. Ils descendent une vingtaine de marches, avant de parcourir un long couloir. JB ne peut retenir un frisson : il déteste cet endroit oppressant et humide. Loup s'arrête devant une porte sous laquelle filtre un peu de lumière.
Toctoctoc-Toc-Toc-Toctoctoc.
Une voix autoritaire leur ordonne d'entrer.
La porte s'ouvre sur une cave aménagée en bar clandestin. Les deux jeunes hommes sont accueillis par une épaisse volute de fumée. Plusieurs membres de la bande sont déjà arrivés.
— Salut, beau gosse, fait une voix mielleuse.
— Salut, Patricia, lui répond aussitôt Loup. Tu vas bien ?
— C'est pas à toi que j'parlais. Et m'appelle pas Patricia. C'est Paty.
La jeune femme tourne langoureusement autour de JB, laissant ses mains se promener sur son tee-shirt.
— Tu m'as manqué, JB.
— Lâche-moi, Paty, lui répond-il en lui retirant brutalement les mains. J't'ai d'jà dit qu'j'suis pas intéressé.
— Alleeeez, fais pas ton timide, poursuit Paty en glissant sa main sur l'entrejambe de JB. Tu en meurs d'envie.
Il ne peut pas nier qu'elle lui fait de l'effet. C'est une sacrée pépée. Mais il sait aussi qu'elle aime beaucoup s'amuser avec les gars de la bande. Mais cela pouvait aller loin : Riton et Mich' se sont battus une fois, à cause d'elle car elle les a fréquentés, ouvertement, en même temps.
Agacé par le comportement de la jeune femme, JB la repousse un peu brusquement. Bien sûr qu'elle est très sexy dans sa mini-jupe noire et sa chemise dont les boutons semblent au bord de l'explosion sous la pression de sa belle poitrine. Depuis son arrivée dans la bande, JB subit les assauts de la jolie rousse au brushing impeccable. Ses yeux de biche ne cessent de lancer des messages aguichants à sa cible qui y reste insensible, du moins en apparence. JB ne serait pas le premier à tomber dans ses filets, et il le sait. Mais même si jouer les mauvais garçons lui permet de se libérer du joug paternel, il respecte les femmes et n'apprécie pas les minauderies de Patricia.
— Paty ! tonne la voix du Grand Dan. Barre-toi.
— Mais… je veux…
— Paty ! Quand les hommes parlent, les femmes se taisent et les p'tites filles vont se coucher ! T'es encore qu'une gamine.
— Mais… proteste-t-elle.
— Dehors, j'ai dit !
A ces mots, même les hommes les plus aguerris de sa bande rentrent la tête dans les épaules. Aucun n'ose moufter. Paty comprend qu'elle doit filer pour ne pas provoquer la colère du Pacha. Voulant garder un minimum de dignité, Paty esquisse un sourire avant de tourner les talons, en ondulant sensuellement de la croupe sous les regards masculins. Au moment de sortir, elle envoie un baiser dans la direction de JB, qui se contente de renifler de mépris.
— Bien, maintenant, parlons sérieusement les gars.
Le Grand Dan commence alors son exposé par un rappel des fait, l'exposition du plan du quartier du Cirque d'Hiver et les différents préparatifs.
* * * * *
JB ne comprend pas comment la situation a tourné au vinaigre.
Pourtant l'opération a été organisée dans le plus grand secret et la descente réalisée dans la plus grande discrétion possible. Les Faucons se sont même rendus au Cirque d'Hiver à pied, pour ne pas ameuter le quartier.
Les deux chefs se sont rencontrés pour établir les règles de la rencontre : pas d'arme, pas de mort, pas d'acharnement sur les blessés qui quittent le combat. Puis a commencé la bagarre. Chaque combattant s'est mis à la recherche d'un adversaire de son gabarit.
JB est aux prises de deux adversaires lorsque des coups de sifflets stridents retentissent dans la nuit, semblant rebondir contre les murs du bâtiment. Tout le monde se fige. JB maîtrise son adversaire. Il le cloue contre le mur, empoignant le col de son tee-shirt de la main gauche et son poing droit prêt à frapper. Les deux jeunes hommes tournent le regard vers l'entrée de la rue et voient les ombres des agents de police se dessiner sur les murs.
— Merde ! lâchent-ils tous les deux. Les Condés !
— On se tire ! crient les deux chefs de bandes d'une même voix.
JB relâche son adversaire.
— Bonne chance, mec ! lui dit-il en lui donnant une tape contre l'épaule.
— Ouais, toi-aussi, gars. Mais on se retrouvera !
— J'y compte bien.
Ils échangent un sourire et se séparent presque bons amis. JB se met à courir en remontant la rue Amelot pour gagner la rue d'Oberkampf puis le boulevard des filles du Calvaire. Derrière lui, plusieurs membres des deux bandes se sont alliés pour faire face à la police. Ce doit être les plus anciens, les plus expérimentés, laissant aux jeunes la possibilité de fuir. Arrivé au coin de la rue, il guette l'arrivée de nouveaux agents, mais la voie semble libre. Il se hasarde sur le trottoir lorsqu'une main ferme s'abat sur son épaule, le figeant sur place.
— Halte-là, p'tit gars.
— Et merde…
Ses épaules s'affaissent brusquement. Il se retourne en mettant aussitôt ses mains dans le dos. Il plisse les yeux quand le faisceau d'une lumière lui tombe dessus.
— Jean-Baptiste ? Mais qu'est-ce que tu fous là ?
— Pie-Pierre ?
La lumière s'abaisse. JB reconnaît Pierre, un agent qui travaille dans l'hôtel de police de son quartier.
— Me dis pas que tu es mêlé à cette bagarre ?
Jean-Baptiste se contente de baisser les yeux.
— Mais qu'est-ce qui t'est passé par la tête ? T'as pensé à ta pauvre mère ?
Devant le mutisme du jeune homme, Pierre le secoue brutalement.
— Espèce de p'tit con ! File immédiatement !
— Mais ? proteste alors son collègue. On doit les boucler.
— Dégage !
Pierre décoche un violent coup de pied au cul de Jean-Baptiste, médusé. Il secoue la tête et obtempère sans discuter. Pierre retient alors son collègue.
— Laisse-le filer.
— Mais pourquoi ? On doit tous les coffrer !
— C'est le fils du juge Fauchard.
— Le juge Fauchard ? Connais pas.
— C'est vrai que tu viens d'arriver. Peut-être tu le connais mieux sous son surnom, le Juge Fouettard ?
— Oh putain !
— Comme tu dis. La tôle pour le gosse ne sera rien à côté de ce que lui réservera son père s'il apprend qu'il était ici. Alors, silence.
— D'accord.
Ignorant tout de l'échange entre les deux hommes, Jean-Baptiste atteint le début la rue Froissart. Il peut enfin s'arrêter de courir et reprendre son souffle. Il sent la sueur couler sous son tee-shirt. Son souffle chaud exhale de la buée à la sortie de ses lèvres. Il n'en revient pas de la chance qu'il a eue de tomber sur Pierre. Un autre policier n'aurait pas rechigné à lui passer les menottes et à l'embarquer. Ça aurait fait la une des journaux : le fils du Juge Fouettard derrière les barreaux. Il entend soudain un bruit de course dans la rue.
— Il est là ! On va le plumer le Faucon !
L'arrivée de la police aurait dû mettre un terme à la rixe entre les deux bandes, mais certains ne semblent pas prêts à abandonner. JB discerne bien quatre silhouettes courir dans sa direction. Seul contre quatre, il ne ferait pas le poids. Il reprend sa course. Il se sent lâche, mais il doit s'échapper. Il remarque alors un petit soupirail ouvert d'où provient une douce lumière. Sans réfléchir, il s'y précipite avant d'être repéré par ses poursuivants. Le soupirail est étroit, mais il parvient à s'y glisser.
Il n'a pas prévu la chute de 3 mètres qui s'ensuit et s'écrase lourdement sur le sol. Un cri aigu accompagne son atterrissage, mais il ne s'agit pas de sa voix. Dans un grognement de douleur, il se redresse et se fige devant le spectacle qui s'offre à ses yeux.
À quelques pas de lui, en petite tenue, une jeune femme, à peine plus âgée que lui, recroquevillée dans un angle de la cave, se cachant derrière un costume rouge bordé de fourrure blanche. Et un homme prêt à la violenter. Son sang ne fait qu'un tour.
— La touche pas, sale porc !
* * * * *
hapitre 2 : Blandine
24 décembre 1963, 19h00.
Au Secours Populaire, Rue Froissart
— Et là, y'm'dit : touche pas à la marchandise si t'as rien dans l'morlingue…
— Comme si qu't'avais pas d'grisby en poche ! Muah ! ha ! ha ! L'a dû être contente, l'hirondelle, hein ?
— Tu parles ! J'avais l'braquemard qui m'naçait de m'déchirer l'calebard !
— Elle a dû prendre, la Ninon…
— Oui, m'sieur ! La brouette javanaise et la turlutte paimpolaise !
Les deux hommes éclatent d'un rire gras en se tapant la cuisse.
— Et alors ? tonne une voix sévère. Vous n'avez pas fini de raconter des cochonneries ?
Les deux hommes se taisent aussitôt et se ratatinent sur leur banc.
— Vot'pardon, m'sieur Pierre.
— Vous devriez avoir honte de tenir de tels propos ! Ce soir en plus ! Vous mériteriez que je vous vire à coups de pieds aux fesses !
Quand monsieur Bontemps, Pierre de son prénom, parle, tout le monde l'écoute. Il faut dire qu'avec sa carrure de déménageur de 110 kilos, il est très impressionnant et en impose, comme on dit. Les poids coqs et les poids plumes ferment aussitôt leurs becs, écoutent et obéissent.
Pierre est bien connu dans le quartier : boucher – charcutier de formation, il s'est développé, sous l'influence de son épouse, comme traiteur qui a maintenant pignon sur rue. Mais Pierre n'a pas oublié d'où il vient ni du travail qu'il a fourni pour en arriver là. Jeune, il a souvent fréquenté la soupe populaire de la rue Froissart quand il n'arrivait pas à boucler son mois. Et il en a toujours été reconnaissant envers son directeur qui, non seulement l'a nourri comme tant d'autres, mais surtout qui lui a éviter de mal tourner quand il avait commencé à avoir de mauvaises fréquentations. Il lui avait trouvé une place d'apprenti-boucher chez un ami et l'avait mis au turbin à 16 ans.
— Papa, ne sois pas si dur avec eux.
Une voix cristalline apaise aussitôt l'atmosphère.
— Oh, la plus belle des hirondelles ! lance le plus jeune homme.
— Mais, non, C't'un ange venu du ciel !
— Voyons, voyons, messieurs, poursuit la jeune femme. Il est clair que ce n'est pas ce genre de discussion que l'on souhaite entendre un tel jour, non ?
Le visage de Pierre s'empourpre, offusqué.
— Et en plus tu as tout entendu ! maugréa Pierre avant de tancer les deux hommes. Non, mais vous devriez avoir honte.
— Allez ! On a besoin de mains pour décorer la salle.
— Oui, m'am'zelle Blandine ! lancent les deux hommes en se levant et en détalant sans demander leur reste.
Blandine les regarde disparaître dans la salle en riant, tandis que son père peine à se calmer. Pour l'apaiser, elle glisse ses bras autour de sa large taille pour lui offrir un gros câlin dont elle a le secret.
— Aaaah, mon p'tit cœur. Tu es trop gentille et trop indulgente.
— Mon petit papa, tu t'emportes toujours aussi vite. Tu sais ce qu'a dit le docteur.
— Oui, oui… Je sais, je sais…
— Alors pourquoi continues-tu à t'énerver pour si peu ?
— Mon cœur, dit-il en resserrant les bras autour de sa fille, ce ne sont pas des choses à raconter devant une jeune fille, tu sais ?
— Papa, répond-elle faussement agacée, je t'aide aux halles depuis l'âge de dix-sept ans… J'y entends parfois bien pire !
Pierre dépose un baiser appuyé sur la tête de sa fille avant de pousser un gros soupir.
— Je ne veux que le meilleur pour toi. Tu n'as pas à subir tout ça pour moi.
Blandine se tortille dans les bras de son père pour s'en libérer. À les voir face à face, il est difficile de croire que Blandine soit la fille de Pierre : elle est aussi blonde qu'il est brun, fine qu'il est large, petite qu'il est grand. Leur seul point commun est leur regard bleu et limpide, pétillant de joie. Pierre replace délicatement une mèche de cheveux derrière l'oreille de Blandine et lui sourit avec tendresse.
— C'est parce que je le veux bien, papa.
— Tu sais, je suis capable de me débrouiller tout seul, lui dit son père avec gravité légèrement teintée de tristesse. Tu devrais penser à toi, fonder une famille…
— Tutututut ! Arrête papa. Tu m'as promis de ne plus en parler. Remets-toi d'abord et on en reparlera, d'accord ?
Pierre secoue la tête, vaincu. Blandine n'a pas seulement hérité du physique délicat de sa mère, mais aussi de son caractère bien trempé qui avait séduit l'ours bourru qu'il avait été à 18 ans. Il avait dû attendre que Lucie fût majeure pour l'épouser et surtout convaincre son père qu'il était un homme capable de prendre soin de sa fille et de subvenir à ses besoins.
Il regarde sa fille rejoindre la grande salle avec beaucoup de tendresse. Elle est la prunelle de ses yeux. Si d'un côté il souhaite la voir faire un beau mariage, qui la mettrait à l'abri du besoin, il voudrait aussi la garder pour lui tout seul toute sa vie.
Ah là là, se dit-il, c'est dur d'être père !
* * * * *
Malgré sa petite taille et sa douceur, Blandine sait se montrer ferme avec les bénéficiaires de la soirée de Noël. Elle dirige les opérations de décoration par les hommes de main de maître, aide les femmes aux cuisines et surveille les bambins qui courent entre les tables au lieu de poser les couverts.
Sa fermeté enrobée de douceur est très appréciée de l'ensemble des sans-abris qui fréquentent la soupe populaire et des enfants dont elle a la charge à l'école maternelle. Quel que soit l'endroit où elle se trouve, c'est :
Mamz'elle Blandine par ci. M'amzelle Blandine par là.
D'ici la fin de l'année prochaine, elle obtiendra son diplôme pour enfin enseigner dans l'école du quartier, qu'elle a fréquentée toute petite.
Après avoir accroché l'étoile sur le sapin, elle observe la salle depuis le haut de son escabeau. La décoration est parfaite, toutes les tables sont dressées avec soin et parfaitement alignées. Les enfants ont réalisé des petits sujets de Noël – lutin, bonhommes de neige, Père Noël, rennes – avec des bouchons de lièges, du coton, des allumettes et des chutes de tissus. Elle sourit devant le spectacle qui s'offre à ses yeux.
— Hey, Blandine ! crie une voix masculine. Tu vas te préparer ?
Elle baisse la tête et son regard se pose sur Régis, le fils du boulanger, qui lui tient l'escabeau. Gentil, mais un peu trop collant à son goût. Faisant la moue, elle descend avec prudence.
Quelle bonne idée, ce pantalon !
Si elle avait porté une jupe, Régis aurait profité d'une jolie vue sur sa lingerie. Sa grimace s'accentue alors qu'elle pose le pied au sol. Les bras solides du jeune homme l'emprisonnent contre l'escabeau. Aussitôt les effluves d'une eau de toilette bon marché mêlée à l'odeur de transpiration assaillent son nez qui se fronce.
— Laisse-moi partir, dit-elle tout bas.
— Allons, ma jolie et douce Blandine. Ne veux-tu pas profiter de ce petit moment ?
— Non, merci, fait-elle avec un petit sourire.
— Tu sais, quand on sera mariés…
Cette fois, l'agacement prend le dessus. Elle passe sous le bras de Régis et s'éloigne de quelques pas.
— Cela suffit, Régis. Pour la trentième fois, je ne veux pas t'épouser.
— Pourtant, cela arrangerait bien les affaires de nos paternels, tu sais ?
Gérard Rosel, le père de Régis, avait proposé à celui de Blandine un mariage arrangé, dans le but d'unir les deux familles – ainsi que les deux commerces – pour les agrandir et les faire prospérer. Mais monsieur Bontemps, pensant d'abord au bonheur de sa fille, avait refusé… plusieurs fois. Mais cela n'empêche pas les Rosel de revenir à la charge dès que possible.
— Allez, Blandine, insiste lourdement Régis. Pense à ton vieux père ! Il serait soulagé d'avoir un fils comme moi pour reprendre son commerce !
— Quand je dis non, crie presque Blandine en se tournant vers lui les poings sur les hanches, c'est non !
Sans attendre de réponse, elle se précipite hors de la salle et descend à la cave où se trouve, entre autres, la réserve des costumes. Ce soir, comme tous les soirs de Noël, son père va revêtir son costume rouge et blanc et sa ceinture à grosse boucle argentée. Et elle va se transformer en la jolie fille du Père Noël : une robe bustier assortie d'une cape, toutes deux rouges et bordée de fausse fourrure blanche et de hautes bottes noires. Elle rougit à l'idée de porter cette tenue qu'elle trouve aussi belle que sexy.
Elle sort sa tenue de la malle et se déshabille pour l'enfiler. Elle n'a pas le temps de se glisser dans sa robe que la porte s'ouvre violemment sur un Régis passablement en colère.
— Régis ! crie-t-elle. Sors d'ici !
— Oh non, ma jolie. Ça fait trop longtemps que tu me fais poireauter.
— Régis ! Sors d'ici ! Répète-t-elle maintenant effrayée.
— Oh non ! Je veux mon cadeau de Noël tout de suite !
Il s'approche d'elle à grandes enjambées et lui attrape le poignet pour la tirer à lui. Elle se débat avec force pour échapper à son étreinte, ses mains baladeuses et sa bouche baveuse. Enervé par l'attitude rebelle de la jeune femme, Régis lui colle une gifle magistrale qui l'envoie valser dans un angle de la pièce. Tremblant de peur, Blandine se ratatine le plus possible, se couvrant le corps de sa cape rouge flamboyant.
Régis se rapproche en riant, prêt à tout pour prendre ce qu'il croit être son dû lorsqu'une masse sombre s'écrase avec fracas entre sa proie et lui.
— La touche pas, sale porc !
* * * * *
Chapitre 3 : La rencontre fracassante
Le temps se fige un instant. Régis ne comprend pas immédiatement ce qu'il se passe. Un homme déboulant d'on ne sait où fonce sur lui et lui assène un violent coup de poing. Mais il en faut plus pour assommer le gaillard. Bien qu'il recule d'un pas sous l'effet de la surprise et du coup, il se met aussitôt en garde.
— Dégage de là, sale voyou. C'est entre elle et moi.
— Elle a pas l'air d'accord l'hirondelle.
— Dégage, où je te fais un sandwichs deux pains !
— Ha ! Ha ! Ha ! j'aimerais voir ça.
Aussitôt, Régis s'élance sur le nouveau venu qui esquive les deux coups de poings du boulanger avec souplesse sous les cris de Blandine. Pétrifiée, la jeune femme regarde les deux hommes s'affronter. Deux styles tout à fait différents : Régis, en force brute et l'inconnu au blouson de cuir tout en souplesse et vitesse.
— Allez, morveux, lance Régis, fais pas ta fillette et bats-toi comme un homme !
— Ha ! Ha ! Pas comme toi, j'espère ! répond-il en se baissant pour éviter un nouveau coup de poing et asséner un dans le ventre de Régis qui se plie en deux sous le choc.
Le blouson noir recule de quelques pas pour se mettre devant Blandine.
— Vous inquiétez pas, mam'zelle. Y vous touchera pas un cheveu ! Parole de Faucon !
— Tu vas voir, Faucon, hurle Régis. J'vais t'faire un beau manteau de sapin !
Régis se précipite sur le Faucon, le ceinture à la taille comme un rugbyman en plein plaquage. Le jeune homme a juste le temps de pivoter pour éviter d'aller s'écraser sur Blandine. Les deux hommes finissent leur roulé-boulé en fracassant les étagères sous les hurlements de Blandine.
Un nuage de poussière les enveloppe alors que la porte de la réserve s'ouvre brusquement sur messieurs Bontemps et Rosel.
— Mais qu'est-ce que c'est ce bazar ? s'écrit Pierre.
Le premier des combattants à se relever est le jeune homme au blouson de cuir, encore sonné. Régis se redresse péniblement et tend un doigt vers lui.
— Il… il a essayé de violer Blandine !
— C'est faux, s'écrie le blouson noir. C'est tout l'contraire, m'sieur !
Alors que Rosel se précipite sur le jeune voyou, Pierre lui barre le chemin du bras. Il fronce les sourcils et renifle bruyamment.
— Qui es-tu ?
— JB, m'sieur. Des Faucons de la Bastille, m'sieur.
— Sale voyou, lâche Rosel. Tu devrais avoir honte de ce que tu as fait ! Heureusement que mon Régis était là !
— Non, s'énerve JB. Heureusement que moi, j'étais là. C'est lui qu'a voulu violer vot'fille, m'sieur, termine-t-il en se tournant vers Pierre. Elle voulait pas. Ça s'fait pas !
— Vous allez pas le croire ! se rebelle Régis.
— Je vais chercher la police ! hurle Rosel.
Monsieur Bontemps s'approche de JB et s'arrête à deux pas de lui. Il le fixe de ses yeux bleus. Mais JB ne cille pas ni baisse le regard. Au contraire, il le soutient sans faillir, sûr de son bon droit.
— Tu as un bon regard, p'tit gars. Que fais-tu là ?
— J'sais même pas où j'suis.
Pierre le détaille de la tête aux pieds et éclate de rire.
— Joue pas avec moi. Tu peux me parler normalement.
JB est surpris. Il secoue la tête.
— J'ai entendu crier par le soupirail, monsieur. J'ai pu voir votre fille se faire agresser par l'autre, là. Je n'ai pas pu laisser faire. J'ai sauté par le soupirail…
— Oui, papa, lance Blandine, qui s'est enveloppée de la cape. C'est arrivé comme il le dit. Régis m'a agressée et monsieur… JB est venu à mon secours.
Pierre lève les yeux vers l'ouverture.
— Tu as vu ça de là-haut ?
— Oui, monsieur, répond JB, droit dans ses bottes. C'est comme je vous le dis.
— Je vois, je vois, murmure-t-il avant de se tourner vers Régis qui se cache maintenant derrière son père. Si je peux mettre en doute les paroles de ce JB, jamais je ne mettrai en doute celles de ma fille. Mon cher Rosel, nous ne porterons pas plainte, mais ce soir se termine notre collaboration.
— Mais… mais…
— Quant à toi, Régis, hors de ma vue avant que je ne t'étripe !
Régis ne se le fait pas dire deux fois. Il prend ses jambes à son cou et disparait de la vue de Blandine. Pierre se tourne vers sa fille.
— Si tu ne te sens pas bien, je comprendrais mon cœur.
— Ça va aller, papa.
— Quant à toi, JB…
— Jean-Baptiste, monsieur.
— Eh bien, Jean-Baptiste, une place te sera réservée à notre table ce soir pour te remercier.
— Oh, monsieur, mais…
Blandine s'approche de Jean-Baptiste et pose une main frêle sur le cuir de la manche de son blouson.
— S'il vous plaît, insiste-t-elle timidement. Pour vous remercier.
Lorsque le regard noir de Jean-Baptiste croise le bleu profond de celui de Blandine, il a l'impression de plonger dans un océan. Si le regard de son père est sévère, celui de Blandine est doux et apaisant. Il sent le rouge lui monter aux joues. Mais il finit par accepter en suivant Pierre.
— Prends ton temps, mon cœur. Il faut aussi que je me prépare. Oh ! Oh ! Oh !
— D'accord papa.
Alors qu'ils quittent la réserve, précédés d'un Rosel abasourdi, Pierre balance une grosse tape dans le dos de Jean-Baptiste qui chancelle.
— Tu as tout vu par le soupirail, hein ? Tu m'en diras tant !
Jean-Baptiste comprend que Pierre n'est pas dupe, mais qu'il ne demandera pas plus de précisions, tout soulagé que sa fille soit sauvée.
Ouais, c'est ça le rôle des Faucons de la Bastille !
* * * * *
Epilogue
Les trois hommes contemplent leur café en silence alors que leurs voisins de table quittent le bistrot et sont bientôt remplacés par deux ouvriers.
— On peut dire que la p'tite Blandine a bien remis Jean-Baptiste dans le droit chemin, déclare Pierre.
— Aaaah… l'amour… que ne ferait-on pas par amour ? soupire Claude.
— Quelle belle histoire, acquiesce Jacques.
— Tiens, regarde, quand on parle des tourtereaux, dit Pierre en donnant un coup de coude à ami.
Les trois hommes tournent la tête vers la vitrine du café et voient un jeune couple passer devant, la jeune femme blonde poussant une poussette, au bras d'un jeune homme brun, à la coupe de cheveux gominée.
— On pourrait pas d'viner, hein ?
— En effet…
— Le fils du Juge Fouettard et la fille du père Noël, dit Claude en riant.
Jacques hoche la tête et salue ses amis avant de les quitter. Il n'a jamais apprécié les histoires d'amour, pourtant, celle-ci le touche beaucoup. Machinalement, il suit le jeune couple de loin. Le couple s'arrête devant un petit immeuble des années trente et s'y engouffre. Jacques regarde la porte se refermer, les imaginant grimper un escalier de bois en colimaçon.
La fille du Père Noël… le fils du Juge Fouettard…
Ces mots ne cessent de tourner en boucle dans son esprit jusqu'à son appartement. Claude accroche son pardessus au porte-manteau et s'installe derrière son bureau. Il sort son bloc de papier, puis s'empare de sa plus belle plume. Sous la lumière crue de sa lampe de bureau, il couche les mots qui lui viennent spontanément à l'esprit. Il raye des phrases, les réécrit, vérifie les rimes.
Il ne voit pas le temps passer. Il commence à être fatigué. Lorsqu'il lève les yeux, il fait nuit noire dehors. Il regarde son bloc : La fille du Père Noël vient de naître sous ses doigts. L'histoire n'a pas grand-chose à voir avec celle de Blandine et Jean-Baptiste, mais le choc de deux mondes différents y est bien représenté.
Que ne ferait-on pas par amour ?
Il s'étire longuement et va ouvrir un peu la fenêtre. Une bouffée d'air frais s'engouffre dans la pièce, en faisant chuter la température de plusieurs degrés d'un seul coup. Mais Jacques n'est pas frileux. Il s'accoude au garde-corps et observe la rue. Sur le trottoir, les travailleurs du petit matin croisent les travailleurs du soir. Les éboueurs commencent le ramassage des ordures. Des couples sortent de taxis pour rentrer. Jacques aime observer Paris au petit matin.
Derrière lui, la pendule sonne cinq coups.
Et Paris s'éveille…
Mais ça, c'est une autre histoire.
* * * * *
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Monplaisir71
14 mars 2025 à 06:16
Vraiment excellent. Un petit goût de West Side story pour les deux bandes et de bien belles paraboles sur l'intégration, la reconnaissance des bienfaits et puis L'AMOUR. J'ai adoré.
Modifié 14 mars 2025 à 06:19
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Sensuelle Emilie
17 janvier 2025 à 18:45
Merci @MonsieurPlume.
Nous avons souhaité garder le suspens jusqu'au bout. :lol:
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Monsieur Plume
17 janvier 2025 à 15:04
Excellent ! J'ai beaucoup aimé cette reconstitution des années 60 vue du côté des blousons noirs et j'avoue que je n'avais pas deviné de quelle chanson il s'agissait avant la fin de l'histoire (mais il faut dire que je ne suis pas très calé en chanson française...).
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Blais
16 janvier 2025 à 23:30
Je sais, je sais, disait Jean Gabin, du temps où j'était jeune, je sais je suis un vieux c..., de tout juste 81 ans, mais de mon temps on disait une AUTRICE, et non cet horrible AUTEURE qui m'écorche les oreilles. Pourquoi, dans le même ordre d'idées, ne pas dire instituteure, moi j'ai eu les deux, instituteurs & institutrices. Allez, il est encore temps de souhaiter une bonne année 2025
Blais
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Sensuelle Emilie
16 janvier 2025 à 21:13
Merci.
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Rémo
16 janvier 2025 à 18:45
La fille du père Noël belle chanson rock qui passe dans ma tête depuis le début de votre histoire, merci pour 7 belle histoire et à Jacques Dutronc pour 7 super chanson
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