Fiction
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Robe de Mathieu — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Robe de Mathieu
Chapitre 1
Mathieu n'a jamais craint d'être différent. Seul garçon de sa promotion en école de couture, il a appris à jouer des regards, des jugements, des sous-entendus. Mais lorsqu'il découvre que Julie, la fille la plus populaire de l'école, organise une soirée strictement réservée aux filles dans le manoir de ses parents, il refuse d'être mis à l'écart.
Son plan ? S'infiltrer en se travestissant…
La nuit avance… Et Mathieu comprend trop tard qu'il n'aurait jamais dû franchir cette porte…
Son plan ? S'infiltrer en se travestissant…
La nuit avance… Et Mathieu comprend trop tard qu'il n'aurait jamais dû franchir cette porte…
***
Les paroles de Mme Lesforet résonnaient dans la salle, mais elles glissaient sur moi comme la pluie sur une vitre. Son cours du jour portait sur l'histoire de la mode du Moyen Âge, en particulier le XVe siècle : l'apparition du corset, des poulaines exagérément pointues, et l'opulence des étoffes précieuses comme le velours et le brocart. Je trouvais cela fascinant, en théorie. Mais mon esprit, lui, vagabondait ailleurs.
Mon crayon effleurait le papier, traçant des courbes délicates. J'essayais d'imaginer une robe inspirée de l'époque, mais modernisée, avec un corsage ajusté et une jupe fluide. Peut-être un jeu de transparences, un mélange de matières... Mon esquisse prenait forme sous mes doigts.
— …une exagération du luxe, typique des nobles du XVe siècle. Les broderies à fils d'or étaient un symbole de richesse. Quant aux poulaines, elles pouvaient atteindre des tailles absurdes…
Je jetai un coup d'œil rapide vers Mme Lesforet. Elle se tenait droite devant le tableau, un livre ancien à la main, son regard perçant scrutant la classe. Une mèche de cheveux gris s'était échappée de son chignon strict.
— Les filles, pouvez-vous me dire pourquoi l'Église condamnait les poulaines ?
Son regard balaya la salle. Instinctivement, je baissai la tête vers mon croquis. Je savais qu'elle ne m'interrogerait pas. Elle ne m'interrogeait jamais. Comme si j'étais une ombre. Un intrus dans cette salle remplie de filles.
— Léa ?
La voix de Mme Lesforet ramena mon attention vers la classe. Léa bafouilla une réponse. Je n'écoutais plus. Mon esquisse évoluait, je peaufinai les détails du décolleté, hésitant entre une coupe droite et un effet drapé. Le silence s'installa un instant dans la classe, puis la voix de la prof reprit, inflexible, méthodique. Je laissai mon esprit flotter, mon crayon dansant sur la feuille.
À la fin du cours, Mme Lesforet referma son livre avec un claquement sec.
— Bon, les filles, je vous souhaite un joyeux week-end. Et n'oubliez pas le contrôle mardi prochain.
Je me figeai. Une énième fois. Elle m'avait encore oublié. C'était comme ça à chaque fin de cours. Comme si je n'existais pas. J'inspirai, prêt à ignorer, prêt à ranger mes affaires en silence, mais Amandine se leva brusquement.
— Vous oubliez encore Mathieu, dites plutôt « tout le monde ».
Sa voix avait claqué dans l'air comme un coup de fouet. Je relevai la tête. Tous les regards convergèrent vers Mme Lesforet. Elle se raidit légèrement, ajusta les manches de son chemisier, et se tourna vers moi avec un sourire contrit, mécanique.
— Je suis désolée, Mathieu. Cela ne se reproduira plus.
Mensonge. Je connaissais la chanson. Elle disait ça à chaque fois. Et à chaque fois, elle recommençait. Mais je n'avais plus l'énergie de me battre pour si peu. J'acquiesçai, enfournai mon carnet dans mon sac et me levai.
Amandine m'attendait près de la porte, bras croisés, son regard braqué sur Mme Lesforet avec une lueur de défi. Je lui lançai un sourire discret.
— Merci tant même, soufflai-je.
Elle haussa les épaules.
— Je déteste l'injustice.
Je jetai un dernier coup d'œil vers la prof. Elle était déjà passée à autre chose, rangeant ses notes sans plus se soucier de moi. Comme toujours. Invisible.
Mais Amandine m'avait vu. Et parfois, ça suffisait.
Mon crayon effleurait le papier, traçant des courbes délicates. J'essayais d'imaginer une robe inspirée de l'époque, mais modernisée, avec un corsage ajusté et une jupe fluide. Peut-être un jeu de transparences, un mélange de matières... Mon esquisse prenait forme sous mes doigts.
— …une exagération du luxe, typique des nobles du XVe siècle. Les broderies à fils d'or étaient un symbole de richesse. Quant aux poulaines, elles pouvaient atteindre des tailles absurdes…
Je jetai un coup d'œil rapide vers Mme Lesforet. Elle se tenait droite devant le tableau, un livre ancien à la main, son regard perçant scrutant la classe. Une mèche de cheveux gris s'était échappée de son chignon strict.
— Les filles, pouvez-vous me dire pourquoi l'Église condamnait les poulaines ?
Son regard balaya la salle. Instinctivement, je baissai la tête vers mon croquis. Je savais qu'elle ne m'interrogerait pas. Elle ne m'interrogeait jamais. Comme si j'étais une ombre. Un intrus dans cette salle remplie de filles.
— Léa ?
La voix de Mme Lesforet ramena mon attention vers la classe. Léa bafouilla une réponse. Je n'écoutais plus. Mon esquisse évoluait, je peaufinai les détails du décolleté, hésitant entre une coupe droite et un effet drapé. Le silence s'installa un instant dans la classe, puis la voix de la prof reprit, inflexible, méthodique. Je laissai mon esprit flotter, mon crayon dansant sur la feuille.
À la fin du cours, Mme Lesforet referma son livre avec un claquement sec.
— Bon, les filles, je vous souhaite un joyeux week-end. Et n'oubliez pas le contrôle mardi prochain.
Je me figeai. Une énième fois. Elle m'avait encore oublié. C'était comme ça à chaque fin de cours. Comme si je n'existais pas. J'inspirai, prêt à ignorer, prêt à ranger mes affaires en silence, mais Amandine se leva brusquement.
— Vous oubliez encore Mathieu, dites plutôt « tout le monde ».
Sa voix avait claqué dans l'air comme un coup de fouet. Je relevai la tête. Tous les regards convergèrent vers Mme Lesforet. Elle se raidit légèrement, ajusta les manches de son chemisier, et se tourna vers moi avec un sourire contrit, mécanique.
— Je suis désolée, Mathieu. Cela ne se reproduira plus.
Mensonge. Je connaissais la chanson. Elle disait ça à chaque fois. Et à chaque fois, elle recommençait. Mais je n'avais plus l'énergie de me battre pour si peu. J'acquiesçai, enfournai mon carnet dans mon sac et me levai.
Amandine m'attendait près de la porte, bras croisés, son regard braqué sur Mme Lesforet avec une lueur de défi. Je lui lançai un sourire discret.
— Merci tant même, soufflai-je.
Elle haussa les épaules.
— Je déteste l'injustice.
Je jetai un dernier coup d'œil vers la prof. Elle était déjà passée à autre chose, rangeant ses notes sans plus se soucier de moi. Comme toujours. Invisible.
Mais Amandine m'avait vu. Et parfois, ça suffisait.
***
La cour de récréation bourdonnait d'excitation. Un groupe de filles s'était formé autour de Julie, la plus populaire de la classe, qui parlait avec une énergie débordante, les yeux pétillants d'enthousiasme.
— Ce sera une soirée incroyable ! Mes parents seront absents tout le week-end, alors on aura le manoir rien que pour nous ! Imaginez un immense salon décoré avec des guirlandes lumineuses, des bougies un peu partout, et une playlist parfaite pour danser jusqu'au bout de la nuit ! On aura un buffet de folie avec des cupcakes, des bonbons à volonté, et même un bar à smoothies !
Elle marqua une pause, savourant l'impact de ses paroles sur son auditoire captivé.
— Et ce n'est pas tout ! Il y aura des jeux, un photobooth avec plein d'accessoires, et… une énorme surprise que je ne peux pas encore vous dévoiler, mais croyez-moi, ça va être inoubliable !
Des exclamations ravies fusèrent de toutes parts. Les filles se regardaient avec des étoiles dans les yeux, échangeant des regards complices et déjà imaginant la soirée parfaite. L'événement s'annonçait incontournable. Je m'approchai du groupe, hésitant un instant avant de poser la question qui me brûlait les lèvres.
— Et moi, je suis invité ?
Julie se tourna vers moi, et aussitôt, son sourire s'effaça légèrement. Elle paraissait sincèrement gênée.
— Je suis vraiment désolée, Mat, mais les mecs en soirée, c'est mort. J'ai eu trop de mauvaises expériences. Je suis désolée, vraiment.
Elle baissa les yeux, comme si elle n'aimait pas me dire ça. Pourtant, sa voix ne laissait place à aucun doute. Je sentis mon estomac se nouer, mais avant que je ne puisse répondre, Amandine surgit derrière moi.
— Tu pourrais faire une exception, quand même !
Son ton était brutal, presque agressif. Elle me connaissait trop bien. L'injustice lui était insupportable, et je savais qu'elle réagissait toujours avec passion lorsqu'elle estimait que j'étais traité injustement. Je levai la main dans un geste d'apaisement.
— Calme-toi, Amandine. Je comprends.
— Mais c'est injuste pour toi, Mat !
Julie soupira et croisa les bras.
— Si mes parents découvrent que j'ai invité un mec, ils vont me tuer. Je ne veux pas prendre le risque.
Elle se détourna et reprit sa discussion avec les autres filles, évoquant la playlist, la décoration, et le menu du buffet. Amandine me fixa, bras croisés, la mâchoire serrée.
— Comment tu peux rester aussi calme ? Julie organise une fête dans un manoir, et toi, tu la laisses t'exclure comme si c'était normal !
Je haussai les épaules.
— Julie est mon amie. Je comprends son choix. Et c'est en tant qu'ami que je respecte sa décision.
Amandine secoua la tête, exaspérée.
— Mat, je ne veux pas te faire d'illusions, mais Julie est ton amie uniquement quand ça l'arrange. Tu l'aides souvent. Et Julie, qu'est-ce qu'elle a fait pour toi ?
— Tu dis n'importe quoi. L'an dernier, elle m'a intégré à son groupe pour le projet de fin d'année. C'était un projet ambitieux, et elle m'a fait confiance.
Amandine éclata d'un rire sans joie.
— Elle t'a pris dans son groupe parce que tu es le meilleur de la promo, tout simplement.
Je soupirai, fatigué par cette discussion. Amandine voyait toujours les choses sous l'angle du rapport de force. Mais elle avait tort. Julie m'appréciait, j'en étais certain.
— Ama, tu vois le mal partout. De toute façon, je n'ai pas dit mon dernier mot.
Amandine me regarda avec surprise.
— Qu'est-ce que tu vas faire ?
Je lui lançai un sourire malicieux.
— Je viens chez toi samedi dans l'après-midi. On se prépare et on y va. Tu as des bandes de cire ?
Elle écarquilla les yeux, abasourdie.
— Mat… Tu es sûr que ça va fonctionner ?
— Julie a dit que c'est réservé aux filles. Alors je ne vois pas où est le problème. Et Julie est mon amie.
Amandine m'observa quelques secondes, puis soupira avant d'esquisser un sourire amusé.
— D'accord. Je vais acheter des bandes de cire pour demain.
La cloche sonna, annonçant la reprise des cours. Amandine et moi échangeâmes un dernier regard complice avant de nous diriger ensemble vers notre prochaine classe. L'aventure ne faisait que commencer.
— Ce sera une soirée incroyable ! Mes parents seront absents tout le week-end, alors on aura le manoir rien que pour nous ! Imaginez un immense salon décoré avec des guirlandes lumineuses, des bougies un peu partout, et une playlist parfaite pour danser jusqu'au bout de la nuit ! On aura un buffet de folie avec des cupcakes, des bonbons à volonté, et même un bar à smoothies !
Elle marqua une pause, savourant l'impact de ses paroles sur son auditoire captivé.
— Et ce n'est pas tout ! Il y aura des jeux, un photobooth avec plein d'accessoires, et… une énorme surprise que je ne peux pas encore vous dévoiler, mais croyez-moi, ça va être inoubliable !
Des exclamations ravies fusèrent de toutes parts. Les filles se regardaient avec des étoiles dans les yeux, échangeant des regards complices et déjà imaginant la soirée parfaite. L'événement s'annonçait incontournable. Je m'approchai du groupe, hésitant un instant avant de poser la question qui me brûlait les lèvres.
— Et moi, je suis invité ?
Julie se tourna vers moi, et aussitôt, son sourire s'effaça légèrement. Elle paraissait sincèrement gênée.
— Je suis vraiment désolée, Mat, mais les mecs en soirée, c'est mort. J'ai eu trop de mauvaises expériences. Je suis désolée, vraiment.
Elle baissa les yeux, comme si elle n'aimait pas me dire ça. Pourtant, sa voix ne laissait place à aucun doute. Je sentis mon estomac se nouer, mais avant que je ne puisse répondre, Amandine surgit derrière moi.
— Tu pourrais faire une exception, quand même !
Son ton était brutal, presque agressif. Elle me connaissait trop bien. L'injustice lui était insupportable, et je savais qu'elle réagissait toujours avec passion lorsqu'elle estimait que j'étais traité injustement. Je levai la main dans un geste d'apaisement.
— Calme-toi, Amandine. Je comprends.
— Mais c'est injuste pour toi, Mat !
Julie soupira et croisa les bras.
— Si mes parents découvrent que j'ai invité un mec, ils vont me tuer. Je ne veux pas prendre le risque.
Elle se détourna et reprit sa discussion avec les autres filles, évoquant la playlist, la décoration, et le menu du buffet. Amandine me fixa, bras croisés, la mâchoire serrée.
— Comment tu peux rester aussi calme ? Julie organise une fête dans un manoir, et toi, tu la laisses t'exclure comme si c'était normal !
Je haussai les épaules.
— Julie est mon amie. Je comprends son choix. Et c'est en tant qu'ami que je respecte sa décision.
Amandine secoua la tête, exaspérée.
— Mat, je ne veux pas te faire d'illusions, mais Julie est ton amie uniquement quand ça l'arrange. Tu l'aides souvent. Et Julie, qu'est-ce qu'elle a fait pour toi ?
— Tu dis n'importe quoi. L'an dernier, elle m'a intégré à son groupe pour le projet de fin d'année. C'était un projet ambitieux, et elle m'a fait confiance.
Amandine éclata d'un rire sans joie.
— Elle t'a pris dans son groupe parce que tu es le meilleur de la promo, tout simplement.
Je soupirai, fatigué par cette discussion. Amandine voyait toujours les choses sous l'angle du rapport de force. Mais elle avait tort. Julie m'appréciait, j'en étais certain.
— Ama, tu vois le mal partout. De toute façon, je n'ai pas dit mon dernier mot.
Amandine me regarda avec surprise.
— Qu'est-ce que tu vas faire ?
Je lui lançai un sourire malicieux.
— Je viens chez toi samedi dans l'après-midi. On se prépare et on y va. Tu as des bandes de cire ?
Elle écarquilla les yeux, abasourdie.
— Mat… Tu es sûr que ça va fonctionner ?
— Julie a dit que c'est réservé aux filles. Alors je ne vois pas où est le problème. Et Julie est mon amie.
Amandine m'observa quelques secondes, puis soupira avant d'esquisser un sourire amusé.
— D'accord. Je vais acheter des bandes de cire pour demain.
La cloche sonna, annonçant la reprise des cours. Amandine et moi échangeâmes un dernier regard complice avant de nous diriger ensemble vers notre prochaine classe. L'aventure ne faisait que commencer.
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