Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mathis, mon modèle vivant — Chapitre 1 · Où je rencontre la bête
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mathis, mon modèle vivant
Chapitre 1 · Où je rencontre la bête
— Alors... c'est par où l'amphi Munch ?
J'étais encore en avance. C'était une habitude que je renforçais les premiers jours de cours que j'ai dû prendre il y a un bon moment maintenant. J'avais tellement peur d'être en retard que j'arrivais souvent sur place une bonne heure trop tôt. Avec le temps, l'attente s'était transformée en une agréable flânerie où je me plaisais à explorer les environs pour y flairer les nouveautés, des détails insolites ou même de petits secrets. Parfois je me posais pour dessiner quelques croquis des lieux ou des gens.
Etant discret, je peux sans problème passer inaperçu dans ce genre de moments et me fondre dans le décor. Avec mon mètre soixante à peine, mes bras épais comme des brindilles et ce corps imberbe bien peu exposé au soleil, j'étais pas des plus imposants. Au collège, certains m'appelaient même “Casper”. Ça m'est resté.
Ce matin-là, après le discours d'accueil à l'entrée de l'université, je me suis perdu. A vrai dire, je ne regardais pas très bien les plans et j'avais envie de me perdre un peu dans la fac, sachant bien que j'avais tout mon temps avant le prochain amphi. La partie du campus où j'étais alors était très agréable, parsemée de haies et de pelouses où les étudiants venaient se prélasser sous le soleil de septembre.
Un peu aveuglé par le soleil, je me suis réfugié dans un coin de la cour et ai remarqué les marches d'un grand escalier sombre sur le côté. Ni une ni deux, je m'y suis engagé.
Un peu aveuglé par le soleil, je me suis réfugié dans un coin de la cour et ai remarqué les marches d'un grand escalier sombre sur le côté. Ni une ni deux, je m'y suis engagé.
J'ai bien vite compris où j'avais atterri : dans les sous-sols du bâtiment STAPS. Il y faisait chaud, ça sentait la résine de salle de sport et les désodorisants bon marché.
Et puis j'ai senti quelque chose. Une présence. Des pas lourds se rapprochaient. C'était derrière moi et c'était gros.
— Eh ! Je peux t'aider ?
Une voix grave a résonné dans le sous-sol. Je n'ai pu m'empêcher de sursauter, alors même que je sentais qu'un homme approchait dans mon dos. Me retournant, j'ai été assailli par une odeur puissante. Chaude, épaisse. Une sueur musquée, pas désagréable. Intime. Mon cœur a raté un battement.
Il sortait d'un vestiaire, un sac de sport en travers du dos, un débardeur gris collé à la peau. Il avait des épaules larges, des bras pleins, le genre qui vous rappelle que vous ne serez jamais taillé comme ça. Son short noir était un peu lâche et des chaussettes de sport blanches s'échappaient de ses baskets toutes neuves. Il avait une mâchoire solide et des cheveux bruns taillés très courts, un peu comme une coupe militaire.
Il s'est arrêté. Il m'a regardé. Puis il a plissé les yeux avec un air d'hésitation.
Puis il a éclaté d'un rire bien franc. J'ai eu tout le temps de constater son éclat.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demandais-je, circonspect.
Il sembla hésiter à me répondre un instant, finassant de passer son regard mi-intrigué mi-amusé sur ma stature, comme s'il me jaugeait.
— C'est con, en fait je t'ai pris pour une meuf !
Aïe.
Je suis resté figé une seconde, avant de lui répondre, la voix un peu trop sèche :
— T'es sérieux ?
Ses sourcils se sont levés. Il a eu un petit rire, ni moqueur ni gêné. Juste... surpris.
— J'te jure. De dos, j'me suis fait avoir. C'est pas grave hein.
Il s'est approché, me dominant d'une bonne tête et demie. L'odeur m'est revenue, plus forte encore. C'était... presque envahissant. Mais pas désagréable. J'ai détourné les yeux, rougissant.
— Mais du coup t'as besoin d'aide ? Tu t'es perdu ?
— Je crois ouais, c'est mal indiqué quand on débarque ici.
— Ah ils ont pas fait leur travail les gars de l'entrée. Que bande de cons j'te jure.
— Je crois ouais, c'est mal indiqué quand on débarque ici.
— Ah ils ont pas fait leur travail les gars de l'entrée. Que bande de cons j'te jure.
Il tripotait la lanière de son sac de sport machinalement.
Un peu gêné par notre proximité, je n'ai pas renchéri sur ses remarques et me suis contenté de regarder un peu à côté, en évitant son regard plus qu'insistant sur moi.
— Mathis du coup, enchanté. T'es chez les STAPS là.
Il m'a tendu la main, avec une confiance et une générosité que je n'avais pas prévues. Je l'ai prise, par réflexe. Sa paume était chaude.
— Eliott. Arts plastiques. Je cherche l'amphi Munch.
Il hocha la tête, puis me fit un signe du menton :
— Viens, j'te montre. J'traîne souvent par là-bas, y a une bonne boulangerie à côté.
On a marché ensemble, dans les couloirs silencieux. Il m'a parlé de ses entraînements, de ses potes, de la salle où il passait ses journées après les cours. Il disait des choses simples, directes. Parfois un peu crues, sans vraiment me poser de questions, mais en laissant toujours le temps pour que je puisse réagir. Il m'a demandé si en art on dessinait des meufs à poil “tu sais, un comme dans les vieux films”. J'ai ri, un peu nerveusement, en lui disant que ça arrivait, ce qui n'a pas manqué de l'interpeller.
Il était un peu tout mon opposé, ça en était cliché, mais bizarrement, il m'a mis à l'aise. Peut-être parce qu'il ne jouait pas un rôle. Ou peut-être parce qu'il me regardait vraiment, comme si j'étais là, présent, sans jugement.
Il m'a laissé devant l'entrée de l'amphithéâtre.
— Voilà, on y est. T'as plus qu'à dessiner maintenant. Bonne rentrée mec.
Il m'a lancé un clin d'œil, puis est reparti, son sac ballottant sur son dos large.
Et moi, je suis resté là, le cœur qui battait trop vite. Le regard encore accroché à lui. Et cette odeur sur ma peau, comme une trace invisible que je n'étais pas prêt d'oublier.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Hopopop, favoris!