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✦ D3lta Éclats de mâles XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Éclats de mâles — Chapitre 1 · Les 12 minutes de Midi

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Éclats de mâles

Chapitre 1 · Les 12 minutes de Midi

Ce recueil de nouvelles parle d'hommes.
D'hommes seuls, à deux ou à plusieurs, confrontés à leurs désirs, leurs limites, leurs silences.
Des instants parfois ténus, parfois intenses, souvent inattendus, où le corps prend la parole là où les mots coincent. Des scènes de branlettes, oui — mais pas que.
Parce qu'ici, il n'est pas seulement question de sexe. Il est aussi question de regards, de pudeurs contournées, de gestes partagés, de complicités neuves ou anciennes.
Ce sont des fragments de masculinité, ni caricaturaux ni héroïques. Juste vrais. Sensibles, un peu absurdes parfois. Érotiques, toujours.
Il n'y a ni morale, ni leçon de vie, ni programme. Juste des éclats : de peau, de sueur, de foutre, de vérité.
Des hommes qui ne savent pas toujours où ils vont, mais qui y vont quand même — à bout de bras, de souffle, ou de queue.
Peut-être que ça dérange. Peut-être que ça amuse. Peut-être que ça fait du bien.
En tout cas, c'est là. Et c'est à vous.
Bienvenue dans Éclats de mâles.
***
C'est toujours autour de 12h07 que ça commence à tourner.
Pas une faim franche, pas vraiment du désir non plus, juste un truc qui me prend au creux du ventre, une crispation sourde qui vient me chercher de l'intérieur.
J'ai encore une dizaine d'e-mails non lus, des relances à traiter, mais mes yeux se posent sur l'horloge en haut de l'écran, et je sais déjà que je ne vais pas tenir plus longtemps. Pas aujourd'hui.
Dans l'open space, les discussions prennent du volume. Ça parle de plats à réchauffer, de livraison de sushi, de séries Netflix. Des rires qui fusent sans raison, un potage tiède d'humanité passive. Ça m'agace. J'ai l'impression de flotter au-dessus de mon bureau.
Je regarde mes mains sur le clavier, comme si c'était celles de quelqu'un d'autre. Le moindre son me vrille les nerfs : les touches trop fortes de Marianne, le bruit du Tupperware qu'un stagiaire claque contre la table, les rires bêtes. J'ai la tête lourde et la queue qui bat en sourdine, comme un moteur en veille.
Je me lève.
Pas brusquement, mais d'un geste net, contenu. Je débranche mon casque, range mon portable, vérifie que j'ai mes écouteurs.
Je glisse mon badge dans ma poche, avec un automatisme de militaire. Puis je prends le couloir à gauche, celui qui traverse la zone commerciale et mène à l'aile C, là où personne ne va à cette heure-ci.
Je connais l'endroit. La fréquence. Même le moment exact où je suis sûr de ne croiser personne. Tout est chronométré. J'ai même une cabine préférée.
Je passe devant Jérôme, qui lève à peine les yeux de son écran. J'évite son regard. Il a toujours cet air de mec qui sent les choses, les petites failles, les pulsions sous le vernis. Je baisse la tête.
J'accélère un peu. Mes pas résonnent sur le carrelage, et je sens déjà le sang qui descend dans mon bas-ventre. Ce n'est plus tout à fait de la nervosité. C'est une mécanique.
Je pousse la porte du couloir des archives. C'est toujours un peu plus frais, ici. L'air y est différent, plus dense, comme si personne ne respirait jamais dans cette zone-là.
Au fond, derrière une porte sans enseigne, les toilettes les plus oubliées du bâtiment. Trois cabines, éclairées par des néons fatigués, carrelage gris taché par le temps. Une fuite goûte au fond de la pièce, régulier, presque apaisant.
J'entre dans celle du milieu. La mieux isolée, la plus fiable. Le verrou coulisse sans un bruit.
Je retire ma veste, la suspends au crochet branlant, puis je m'assois, pantalon sur les genoux, jambes écartées. Le contact de la lunette est froid. Mes paumes sur mes genoux sont moites, déjà.
Je ferme les yeux. Je respire lentement. Mon corps sait ce que je suis venu chercher. Ça monte depuis ce matin, en vrai. L'irritation, l'ennui, la tension coincée dans le ventre, tout s'est condensé ici. Dans cette pause volée, ce créneau privé dans le grand théâtre de l'entreprise.
J'ouvre les yeux. Sors mon téléphone. Pas pour scroller ou chercher une vidéo. Juste au cas où. Mais je sais déjà que je n'en aurai pas besoin.
Les images sont là, en stock, bien rangées dans ma tête. Une fille croisée hier soir, silhouette moulée dans un legging. Une scène furtive dans une série de merde. Une nana qui me regardait à la salle de sport, ou peut-être que j'ai fantasmé le regard. Peu importe. Le cerveau recrée ce dont il a besoin.
Je glisse la main sous l'élastique, je serre doucement ma queue. Elle est tiède, déjà mi-dure. Réactive. Comme un animal de compagnie qui comprend à l'avance ce qu'on va lui demander. Le reste peut disparaître maintenant.
Je commence lentement. Quelques va-et-vient paresseux, presque exploratoires.
Je veux sentir la peau bouger sous ma main, tester la tension. Ma prise est ferme, mais pas brutale. Je cale le rythme, comme un musicien qui cherche le bon tempo.
Mon gland veut sortir à l'air libre, je l'aide en tirant doucement sur la peau. Elle glisse à reculons, dévoile le sommet violacé, brillant d'humidité. Il frémit au contact. Trop sensible. Trop exposé. Parfait.
J'aime ce moment. Le point de bascule entre la tension et l'abandon.
Mon autre main serre le rebord de la cuvette. Mon souffle se fait plus court. Les images dans ma tête défilent à toute vitesse, comme un diaporama un peu sale.
Une fille dans le bus, les jambes croisées trop haut sous une jupe d'été. Sa cuisse nue, la trace rouge de l'élastique. Une autre, dans un vestiaire, seins lourds, balancés dans ses mains comme deux promesses. Une queue dans une bouche, yeux fermés, lèvres tendues, langue qui tourne. Une vidéo, lointaine, mal cadrée : un mec se branle dans une voiture, ses cuisses tremblent, il se mord les lèvres. Parfois, c'est moi que je vois. Moi qui regarde. Moi qui suis regardé. Ça ne dure qu'une seconde. Mais ça frappe au ventre.
Je serre plus fort.
Ma main accélère, se cale sur la cadence du sang. Je sens mes abdos se contracter malgré moi. Les cuisses tendues. Le dos légèrement voûté. Toute mon énergie concentrée dans ce geste unique, ce frottement de chair contre chair.
Ça chauffe. Ça picote au niveau du frein, comme une brûlure délicieuse. Mon gland est gonflé, prêt à exploser. La peau tirée au maximum, la tête nue qui cogne dans ma paume. Je suis à la limite.
Je ralentis un instant, pour retarder l'inévitable. Puis je reprends, plus vite, plus nerveux. Je retiens un grognement. Je bloque mon souffle. Et d'un coup, ça monte en flèche. Plus rien n'existe. Juste cette onde qui part du bas du dos, remonte dans la colonne, et éclate tout.
Je ne retiens plus rien. Mon bassin s'arc-boute, ma main se referme plus fort, je serre les dents, le souffle coupé. Et ça part.
Une première giclée jaillit, chaude, tendue, haute, vient frapper le rebord intérieur de la cuvette. Une autre suit, plus lourde, plus pâteuse, retombe dans un bruit mat. Mon corps se contracte en vagues saccadées, petites secousses incontrôlables. Mes doigts restent crispés, jusqu'à ce que ça redescende. Lentement.
Le sperme dégouline sur mon frein, le long du doigt, un peu sur ma paume. C'est chaud, épais, presque collant déjà. Je reste figé quelques secondes, jambes écartées, poitrine haletante, la tête vide. Il n'y a plus rien que le bruit de la fuite au fond des toilettes, et mon propre souffle qui se calme.
Je prends du papier. D'abord une boule compacte pour le gland, puis une autre pour la base, puis encore une pour les doigts. J'essuie sans précaution, comme on nettoie un plan de travail sale. Mon sexe est encore dur, mais flasque, plein de sang, mais vidé de tension. Je le réajuste dans le caleçon, il se remet en place sans grâce. Il pèse. Il colle un peu.
Je tire la chasse. Je remonte mon pantalon, je referme la ceinture, le bouton, la fermeture. L'ordre revient. J'ai du sperme séché au coin de l'ongle. J'ouvre la porte, me lave les mains à l'eau tiède sans savon. Pas le temps, pas l'envie. L'odeur est là. Discrète, mais familière. Elle me suivra peut-être encore un peu.
Je me regarde vite fait dans le miroir au-dessus du lavabo. Rien d'anormal. Juste un type qui s'est branlé entre deux mails, comme un ouvrier graisse ses roulements avant la reprise. Je rouvre la porte du couloir. Le froid de l'air extérieur me cueille. Je reviens dans le monde.
Quand je repasse la badgeuse, il est 12h19. Douze minutes pile. Mon corps connaît le timing mieux que moi.
L'open space est à moitié vide. Certains sont sortis chercher à manger, d'autres s'installent avec leur salade dans des barquettes translucides. Une odeur de curry flotte dans l'air, agressive. Je traverse la pièce sans croiser de regard. Mon écran s'est mis en veille.
Je m'installe, bouge un peu sur ma chaise, ajuste mon caleçon discrètement. C'est toujours un peu sensible, après. La matière frotte, rappelle ce qui vient d'avoir lieu. Une collègue passe derrière moi et dit : « T'es bien rouge, toi, t'as couru ? » Elle rit en allant chercher un Perrier dans le frigo collectif.
Je souris vaguement. Je rouvre ma boîte mail. Vingt-deux nouveaux messages. Une notification RH pour une formation Excel. Un rappel de réunion. Le reste, des relances.
Je réponds machinalement à l'une d'elles. Mon clavier colle un peu sous mes doigts. Le plastique conserve tout. Je clique sur “envoyer”, je bois une gorgée d'eau tiède. Puis je regarde l'heure. Plus que cinq heures avant la fin de journée.
Et déjà, je sens que ça recommencera demain.
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