Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Éclats de mâles — Chapitre 4 · À bout de bras
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Éclats de mâles
Chapitre 4 · À bout de bras
Ce recueil de nouvelles parle d'hommes.
D'hommes seuls, à deux ou à plusieurs, confrontés à leurs désirs, leurs limites, leurs silences.
D'hommes seuls, à deux ou à plusieurs, confrontés à leurs désirs, leurs limites, leurs silences.
Des instants parfois ténus, parfois intenses, souvent inattendus, où le corps prend la parole là où les mots coincent. Des scènes de branlettes, oui — mais pas que.
Parce qu'ici, il n'est pas seulement question de sexe. Il est aussi question de regards, de pudeurs contournées, de gestes partagés, de complicités neuves ou anciennes.
Ce sont des fragments de masculinité, ni caricaturaux ni héroïques. Juste vrais. Sensibles, un peu absurdes parfois. Érotiques, toujours.
Il n'y a ni morale, ni leçon de vie, ni programme. Juste des éclats : de peau, de sueur, de foutre, de vérité.
Des hommes qui ne savent pas toujours où ils vont, mais qui y vont quand même — à bout de bras, de souffle, ou de queue.
Peut-être que ça dérange. Peut-être que ça amuse. Peut-être que ça fait du bien.
En tout cas, c'est là. Et c'est à vous.
En tout cas, c'est là. Et c'est à vous.
Bienvenue dans Éclats de mâles.
***
Il est un peu plus de six heures. La lumière crue des néons se reflète sur le carrelage humide des douches, encore tiède du passage du nettoyage. La salle de sport est presque vide à cette heure-là — c'est pour ça que je viens. J'aime le silence. L'absence de musique, l'absence de frime. Juste quelques respirations, quelques mouvements amortis, le cliquetis distant d'un mousqueton.
Je m'étire lentement devant le miroir, les bras croisés dans le dos, torse encore trempé. Mes cheveux collent un peu. Mon tee-shirt, noir, commence à sécher. J'ai fini ma séance depuis un quart d'heure. Je traîne. Comme souvent.
Et Thomas est là.
Il traîne aussi. Ce n’est pas vraiment un ami. Un gars de la salle. On s'est croisés, on s'est parlé deux fois. Il m'a demandé un jour comment régler une barre, je lui ai filé un coup de main. Depuis, il me dit bonjour. C'est tout. Il est discret. Poli. Trop propre, presque. Un corps sec, pas très large, mais bien tenu. Vif.
Ce matin, il est resté près de moi. Pas collé, pas lourd. Mais là. Il a fait des abdos quand j'ai attaqué le rameur. Il s'est étiré en même temps que moi. À un moment, il m'a regardé. Vraiment regardé. Et j'ai soutenu son regard.
Je ne suis pas naïf. Je sais quand quelqu'un me mate. Ça m'arrive, parfois. D'habitude, ça s'arrête là.
Là, non.
Il s'est approché. Doucement. Il a dit :
— Tu restes encore un peu ?
J'ai dit oui. Sans réfléchir.
Il a hoché la tête. Puis il a contourné un banc, a ouvert un casier, a pris une serviette. Il n'a rien ajouté. Mais il ne s'est pas éloigné.
Moi non plus.
Je me suis assis. Dos au mur, jambes étendues. La salle était vide. Le silence total. Même les ballons ne roulaient plus.
Et il s'est accroupi devant moi.
Pas un mot.
Il a posé la serviette entre mes jambes, sans me toucher.
Puis il a levé les yeux.
Et j'ai compris.
Je n'ai pas dit non. Je n'ai pas dit oui. J'ai juste entrouvert mes jambes.
Il a souri. Un rien.
Et ses doigts ont trouvé le bord de mon short.
Il ne tire pas d'un coup.
Il frôle d'abord. Les doigts passent sous le tissu, lentement, remontent contre ma cuisse. Son contact est léger, mais précis. Pas hésitant. Pas maladroit non plus. Il sait ce qu'il fait.
Je regarde ailleurs, d'abord. Vers les tapis, vers la porte d'entrée. Personne. Rien. Juste les néons, le silence et sa main, là, sous mon short, qui explore doucement. Elle glisse jusqu'à mon boxer, s'arrête contre l'élastique.
Je suis déjà en train de bander.
Pas dur à bloc, mais ça monte. Lentement. Il le sent. Il s'arrête une seconde. Peut-être qu'il attend un signal. Je tourne la tête vers lui. Nos yeux se croisent. Il ne sourit plus. Il a ce sérieux des gens qui vont au bout de ce qu'ils décident.
Je hoche à peine la tête.
Alors il baisse mon short. Le boxer suit. Pas jusqu'aux chevilles. Juste assez pour libérer ma queue, encore à moitié molle. Elle repose contre ma cuisse, chaude, lourde, vivante.
Il la regarde une seconde. Pas comme un gosse curieux. Plutôt comme on regarde quelque chose qu'on a longtemps imaginé, et qu'on découvre enfin.
Il tend la main, l'entoure.
Et il commence. Doucement.
Deux doigts d'abord. Ils entourent la base, comme pour jauger la densité. Puis sa paume suit, enserre. C'est chaud. C'est humide. Il a craché dans sa main, je crois. Ou alors il transpire déjà.
Je sens tout. Chaque mouvement. Chaque pression.
Et je bande. Vraiment, cette fois.
Je ferme les yeux une seconde. Pas pour fuir. Pour essayer de comprendre ce que je ressens. C'est flou. Mon cerveau rame. Mon corps, lui, ne pose pas de question.
Je ne suis pas gay. Je ne le suis pas.
Et pourtant, y a sa main sur ma queue, et je me retiens à peine de gémir.
Je ne dis rien. Je laisse faire.
Il a calé un rythme lent. Régulier. Il appuie juste ce qu'il faut. Il serre un peu plus fort à chaque va-et-vient, comme s'il apprenait ma queue par cœur. Et je sens que ça me fait du bien. Beaucoup trop de bien.
Je me cale contre le mur, un bras posé derrière moi. Ma respiration s'accélère, mais je la bloque dans la gorge. Je veux pas qu'il entende à quel point ça me retourne.
— Tu peux me dire si ça te gêne.
Sa voix est basse, calme. Il ne s'est pas arrêté. Il continue, sans violence, sans attente.
Je ne réponds pas. Je ne peux pas. Je n’ai pas les mots. Je n’ai pas les repères.
Je me contente de bouger légèrement le bassin. En avant. Vers sa main.
Et c'est tout ce qu'il lui fallait.
Il serre un peu plus. Sa main devient plus ferme. Son pouce glisse sur le gland. Je frissonne.
Je ne suis pas gay.
Mais là, j'ai envie de jouir.
Il s'accroupit un peu plus. Sa main s'ajuste. Son autre paume vient se poser sur ma hanche, comme pour m'ancrer, me dire : t'es là, t'es réel, bouge pas.
Et moi, je me laisse faire.
J'ai plus envie de réfléchir. C'est trop. Trop de chaleur. Trop de nerfs tendus. Trop de plaisir pour que la question de “ce que ça veut dire” ait encore un sens.
Sa main va plus vite. Plus profonde. Il me tient à pleine paume, bien calé. Il monte, descend, étire la peau au bon endroit, comme s'il savait exactement comment je fonctionne.
Je grogne. Un son court. Brut. Je peux plus le retenir.
Ma tête tombe un peu en arrière, je sens mon dos se creuser. Mes jambes se tendent. Le ventre se contracte.
— Vas-y... putain...
Je le dis sans m'entendre.
Je sens la chaleur monter. Le gland brûle, gonflé à l'extrême. Ma main vient s'écraser contre le mur, pour tenir l'équilibre. Il continue. Juste ce qu'il faut. Sa main est plus rapide maintenant. Le poignet souple. Le geste sûr.
Et je craque.
Je sens la première salve remonter comme un éclair. Ma queue pulse dans sa main. Je gicle fort. Contre le mur. Sur son poignet. Sur mon t-shirt. Je grogne à nouveau. Plus fort. Mon souffle est coupé.
Je bande encore une seconde, juste assez pour une dernière contraction, un dernier jet plus épais, plus lourd.
Puis je m'effondre. Pas au sol, mais dedans. Ma nuque se relâche. Mes épaules retombent. Mes jambes tremblent un peu.
Il s'est arrêté pile. Pas une seconde de trop. Il relâche lentement. Essuie sa main sur son sweat.
Je reste là, haletant. Le sperme me colle au bas-ventre, au t-shirt. Je ne sais pas quoi dire.
Il ne dit rien non plus.
Et dans ce silence épais, presque doux, je réalise : je viens de me faire branler par un mec.
Et je n'ai pas détesté ça.
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