Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Éclats de mâles — Chapitre 2 · La Cabane
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Éclats de mâles
Chapitre 2 · La Cabane
Ce recueil de nouvelles parle d'hommes.
D'hommes seuls, à deux ou à plusieurs, confrontés à leurs désirs, leurs limites, leurs silences.
D'hommes seuls, à deux ou à plusieurs, confrontés à leurs désirs, leurs limites, leurs silences.
Des instants parfois ténus, parfois intenses, souvent inattendus, où le corps prend la parole là où les mots coincent. Des scènes de branlettes, oui — mais pas que.
Parce qu'ici, il n'est pas seulement question de sexe. Il est aussi question de regards, de pudeurs contournées, de gestes partagés, de complicités neuves ou anciennes.
Ce sont des fragments de masculinité, ni caricaturaux ni héroïques. Juste vrais. Sensibles, un peu absurdes parfois. Érotiques, toujours.
Il n'y a ni morale, ni leçon de vie, ni programme. Juste des éclats : de peau, de sueur, de foutre, de vérité.
Des hommes qui ne savent pas toujours où ils vont, mais qui y vont quand même — à bout de bras, de souffle, ou de queue.
Peut-être que ça dérange. Peut-être que ça amuse. Peut-être que ça fait du bien.
En tout cas, c'est là. Et c'est à vous.
Bienvenue dans Éclats de mâles.
En tout cas, c'est là. Et c'est à vous.
Bienvenue dans Éclats de mâles.
***
La maison des grands-parents de Maxime n'avait pas changé. Toujours ce portail en fer forgé peint en vert, écaillé, grignoté par la rouille. Le gravier crissait sous les pas comme avant, et l'odeur des cyprès montait dès l'entrée, tenace, résineuse, presque acide dans l'air chaud. En poussant les volets, la veille, Maxime avait retrouvé intacte cette lumière pâle sur les rideaux en dentelle, les meubles cirés qui sentaient encore l'été 1998, et ce silence — dense, rural, presque enveloppant — percé seulement par le bourdonnement des insectes et le froissement des feuilles dans les peupliers.
Il était arrivé avec un sac de voyage, un pack de bières et pas beaucoup de projets. Augustin, lui, avait débarqué ce matin-là, vers onze heures, sur son vieux scooter Peugeot, qu'il refusait toujours de lâcher. Casque sous le bras, sourire en coin, il avait tendu la main, mais Maxime l'avait pris dans ses bras sans réfléchir. Une étreinte franche, un peu gauche, comme à vingt ans, quand ils se retrouvaient après les grandes vacances.
— T'as toujours pas réparé le klaxon, avait dit Maxime en désignant le scooter garé de travers.
— C'est pas un défaut, c'est une stratégie. J'préviens personne, j'surprends. Technique de ninja.
— Un ninja en tongs et short de bain...
— La version low-cost, ouais.
— C'est pas un défaut, c'est une stratégie. J'préviens personne, j'surprends. Technique de ninja.
— Un ninja en tongs et short de bain...
— La version low-cost, ouais.
Ils avaient ri, naturellement, sans le moindre effort. Comme si les années s'étaient juste intercalées entre deux étés.
La journée avait filé comme une parenthèse douce. Ils avaient repris la boucle du canal, refait les vieux chemins en parlant du lycée, de potes perdus de vue, de quelques histoires de cul mal conclues. Augustin avait grillé trois clopes, Maxime avait renversé une bière sur son short. À un moment, ils s'étaient assis sur le muret en pierre derrière la remise, face à l'immensité verte du jardin.
Le terrain descendait doucement, large comme un petit champ. Un fouillis organisé de buissons, d'arbres fruitiers, de fleurs en vrac et de hautes herbes. À droite, une serre en ruine. À gauche, un vieux poirier penché. Et tout au fond, dissimulée derrière un rideau de noisetiers, l'ombre d'un sentier presque effacé.
— Tu crois qu'elle est toujours là, la cabane ? avait demandé Augustin, en plissant les yeux.
— J'en sais rien. J'y suis pas allé depuis... pfff... dix ans ?
— Elle doit être morte, non ? Bouffée par les ronces, ou squattée par des belettes sous crack.
— C'est une cabane, pas un squat de centre-ville.
— Allez. On va voir. Pour la science.
— Là, maintenant ?
— Bah ouais. À moins que t'aies un apéro Zoom prévu avec ta conscience.
— J'en sais rien. J'y suis pas allé depuis... pfff... dix ans ?
— Elle doit être morte, non ? Bouffée par les ronces, ou squattée par des belettes sous crack.
— C'est une cabane, pas un squat de centre-ville.
— Allez. On va voir. Pour la science.
— Là, maintenant ?
— Bah ouais. À moins que t'aies un apéro Zoom prévu avec ta conscience.
Maxime avait haussé les épaules, vidé le fond de sa canette, puis s'était levé en tapotant machinalement ses fesses poussiéreuses.
— J'te préviens, si on croise un serpent, tu passes devant.
— Promis. Je me sacrifie pour ta virilité.
— Promis. Je me sacrifie pour ta virilité.
Ils s'étaient mis en marche, en descendant dans la partie sauvage du jardin. Celle qu'on appelait "le fond", gamins. Là où les herbes montaient jusqu'aux genoux, où les orties se mêlaient aux ronces, et où les insectes volaient en escadrille. À chaque pas, l'odeur de la terre chaude remontait. Les troncs semblaient plus larges, les arbres plus bas. Ou peut-être que c'étaient eux qui avaient grandi.
Le bruit de la maison s'était effacé derrière eux. Ne restait que le crissement de leurs semelles dans l'herbe, les branches qui fouettaient les mollets, et cette sensation étrange de traverser un territoire qui n'appartenait plus qu'à leurs souvenirs.
Ils avaient fini par la retrouver. Elle était encore là, à moitié masquée par un rideau d'orties hautes et d'arbustes mal taillés. La vieille planche qui servait de porte tenait par miracle, et le toit de tôle ondulée, couvert de mousse, semblait prêt à s'effondrer au moindre coup de vent. Pourtant, elle tenait. Debout, bancale, mais encore debout.
— Putain, elle existe encore, murmura Augustin, presque ému.
— Elle est plus solide que nous deux réunis, je crois.
— Elle est plus solide que nous deux réunis, je crois.
Maxime écarta les orties du revers du bras et donna un coup de pied dans la porte. Elle grinça, pivota lentement sur un gond rouillé. L'intérieur était sombre, poussiéreux, rempli de cette odeur douceâtre et sèche qu'ont les lieux oubliés : bois fatigué, feuilles mortes, humidité ancienne. Un rayon de lumière découpait une ligne dorée dans l'ombre.
Ils entrèrent en silence.
La cabane n'était guère plus grande qu'un placard. Deux mètres sur deux, peut-être. À l'époque, c'était leur quartier général, leur navire, leur forteresse. Une caisse en plastique renversée servait de table. Quelques vieux magazines étaient encore là, collés entre eux, décolorés.
Augustin s'installa contre la paroi du fond, jambes tendues, bras croisés derrière la tête.
— C'est plus petit que dans mes souvenirs.
— C'est toi qui t'es agrandi, répondit Maxime en s'asseyant à côté.
— C'est toi qui t'es agrandi, répondit Maxime en s'asseyant à côté.
Ils restèrent là, quelques secondes, sans parler. L'air était tiède, chargé de pollen et d'électricité tranquille. On entendait à peine les insectes dehors, comme si la cabane les isolait du monde. Une bulle. Fermée. Suspendue.
— Tu crois qu'on a laissé un truc ici ? demanda Augustin.
— Un couteau suisse. Un paquet de cartes. Et je crois que t'avais planqué des clopes. Enfin, une clope.
— Une demi-clope, ouais. J'étais stratège. Je la sniffais plus que je la fumais.
— Un couteau suisse. Un paquet de cartes. Et je crois que t'avais planqué des clopes. Enfin, une clope.
— Une demi-clope, ouais. J'étais stratège. Je la sniffais plus que je la fumais.
Ils rirent doucement. Leurs voix étaient plus basses, comme dans une église ou une tente. Maxime laissa glisser son regard sur les parois : les initiales gravées dans le bois, une vieille araignée dans un coin, un reste de ficelle tendue en travers du mur. Tout semblait intact, figé, comme une capsule scellée à l'âge de 14 ans.
— T'y es déjà revenu, toi ? demanda Augustin.
— Non. Jamais. Pas depuis qu'ils ont arrêté de venir, mes grands-parents.
— Et t'en as eu envie ?
— Pas vraiment. Pas envie de voir ce que c'était devenu.
— Et maintenant que t'y es ?
— Non. Jamais. Pas depuis qu'ils ont arrêté de venir, mes grands-parents.
— Et t'en as eu envie ?
— Pas vraiment. Pas envie de voir ce que c'était devenu.
— Et maintenant que t'y es ?
Maxime haussa les épaules, mais ne répondit pas tout de suite.
— J'sais pas. C'est bizarre. C'est comme... si tout était resté là, en attendant qu'on revienne.
Augustin se redressa légèrement, posa les coudes sur ses genoux.
— Tu te souviens des après-midi qu'on passait ici à rien foutre ? À juste écouter le vent, et faire des paris débiles ?
— Celui qui parle en premier est une fiotte. On a dû passer des heures à se mater en silence comme deux débiles.
— T'étais doué pour perdre, mec.
— T'étais doué pour tricher, ouais.
— Celui qui parle en premier est une fiotte. On a dû passer des heures à se mater en silence comme deux débiles.
— T'étais doué pour perdre, mec.
— T'étais doué pour tricher, ouais.
Un sourire. Un regard appuyé.
Il y avait dans l'air quelque chose de plus dense maintenant. Pas une tension nette, pas un désir formulé. Juste un flottement. Une bulle de mémoire où le temps ne sait plus trop où se poser.
La chaleur était montée sans qu'ils s'en rendent compte. L'air ne circulait plus dans la cabane. Le bois, le métal du toit, la poussière : tout absorbait le soleil sans le rendre. Maxime tira sur le col de son t-shirt, le fronça sous les aisselles.
— On crève, ici.
— Tu veux que je t'évente avec une araignée morte ?
— Garde-la pour toi, ta mascotte.
— Tu veux que je t'évente avec une araignée morte ?
— Garde-la pour toi, ta mascotte.
Augustin sourit, puis se redressa à moitié pour rouvrir la porte de la cabane. Une brise chaude entra, à peine perceptible. Il en profita pour s'étirer, dos cambré, bras levés, tee-shirt qui remonte jusqu'à découvrir une ligne de peau au-dessus du short.
Maxime détourna les yeux. Pas parce qu'il avait vu quelque chose de gênant. Mais parce qu'il ne savait pas trop ce qu'il regardait, ou pourquoi.
Augustin s'écroula à nouveau contre la paroi avec un soupir d'aise.
— J'crois que j'ai jamais été aussi bien dans un endroit aussi pourri.
— C'est parce qu'on a survécu à pire. Le gymnase du collège. Ta chambre au lycée.
— Eh, ma chambre était un sanctuaire. Les posters de bikini et les cendriers pleins, c'était un concept.
— C'était une attaque sensorielle.
— Tu faisais moins le malin quand tu venais te planquer chez moi pour fuir ta daronne.
— Ouais. Elle te préférait à moi, en plus.
— C'est parce qu'on a survécu à pire. Le gymnase du collège. Ta chambre au lycée.
— Eh, ma chambre était un sanctuaire. Les posters de bikini et les cendriers pleins, c'était un concept.
— C'était une attaque sensorielle.
— Tu faisais moins le malin quand tu venais te planquer chez moi pour fuir ta daronne.
— Ouais. Elle te préférait à moi, en plus.
Un silence. Plus long cette fois.
Maxime regardait ses mains. Augustin triturait un vieux bâton, posé là depuis des années. Il le tournait entre ses doigts, le grattait contre le sol, distraitement. Le temps s'était ralenti, étiré. La lumière découpait leur visage en angles et en ombres.
— Tu t'es déjà branlé ici ? demanda Augustin.
Maxime eut un rictus surpris, presque amusé.
— Quoi, ici, genre... vraiment ici ?
— Bah ouais. Dans cette cabane. Quand on avait seize balais, le monde entier nous tournait autour de la bite.
— Bah ouais. Dans cette cabane. Quand on avait seize balais, le monde entier nous tournait autour de la bite.
Maxime haussa les épaules, esquiva d'un sourire.
— Peut-être... une fois. Ou deux. J'en sais rien.
— Tu sais très bien.
— T'as raison. Je sais très bien.
— Tu sais très bien.
— T'as raison. Je sais très bien.
Un silence flottant, mais pas gêné. Complice. Augustin grattait toujours son bâton contre le sol, le regard vague, les jambes tendues devant lui. Maxime, lui, s'était adossé contre la planche du mur, genoux relevés, bras croisés. L'atmosphère était lourde, moite. Le genre d'air qui vous fait transpirer, même immobile.
— J'me rappelle surtout des trucs qu'on osait pas se dire, à l'époque, reprit Augustin.
— Genre ?
— Genre qu'on matait tous les deux ta voisine en maillot.
— Justine ?
— Ouais. La fameuse Justine. J'ai cru que j'allais mourir de chaleur cet été-là. Pas à cause de la température.
— Genre ?
— Genre qu'on matait tous les deux ta voisine en maillot.
— Justine ?
— Ouais. La fameuse Justine. J'ai cru que j'allais mourir de chaleur cet été-là. Pas à cause de la température.
Maxime rit.
— Tu faisais des allers-retours devant sa piscine avec une bouteille d'eau à la main juste pour te faire remarquer.
— Tu faisais pareil avec une raquette de badminton.
— C'était une stratégie.
— C'était pitoyable.
— Tu faisais pareil avec une raquette de badminton.
— C'était une stratégie.
— C'était pitoyable.
Ils se regardèrent. Rirent encore. Mais moins fort. L'intimité avait changé de densité.
— C'était pas que pour Justine, reprit Augustin. C'était... cette période. Les t-shirts mouillés, les siestes obligées, les doigts collants après les abricots, les magazines de cul volés au père d'un pote. On passait notre temps à avoir envie de se branler sans jamais oser dire qu'on le faisait.
Maxime acquiesça lentement.
— Tu te souviens quand on s'était lancé le défi de tenir une semaine sans le faire ?
— Trois jours. T'as tenu trois jours.
— Ouais, ben c'est toi qui m'as tenté.
— J'ai juste dit “t'as une sale tête”, t'as craqué tout seul.
— Trois jours. T'as tenu trois jours.
— Ouais, ben c'est toi qui m'as tenté.
— J'ai juste dit “t'as une sale tête”, t'as craqué tout seul.
Ils se mirent à rire de nouveau, mais cette fois, c'était plus contenu. Presque tendre.
Le silence revint, cette fois plus épais. Pas pesant. Juste... présent. Il flottait entre eux comme une couverture posée entre deux corps.
— T'sais, dit Maxime, c'est con, mais je crois que si j'avais eu les couilles, à l'époque, je t'aurais proposé qu'on le fasse à deux.
Augustin ne répondit pas tout de suite. Il jouait avec un fil de son short, l'enroulait autour de son doigt.
— Tu veux dire... se branler ensemble ?
— Ouais. Comme deux primates dans un zoo. À l'aise.
— Ouais. Comme deux primates dans un zoo. À l'aise.
Un sourire passa entre eux.
— J'y ai pensé aussi, dit Augustin. Mais on avait encore trop de pudeur. Et trop de foutue fierté mal placée.
— Maintenant, on a juste la flemme.
— Ou alors... c'est maintenant qu'il faut le faire. Pour les deux ados cons qu'on était.
— Maintenant, on a juste la flemme.
— Ou alors... c'est maintenant qu'il faut le faire. Pour les deux ados cons qu'on était.
Maxime le fixa. Pas d'incrédulité. Pas de gêne. Juste une sorte de calme tranquille.
— Un geste militant, tu veux dire ?
— Exactement. Une branlette commémorative.
— T'as prévu une plaque ? “Ici se sont branlés deux amis de longue date...”
— Avec un figuier gravé dessus.
— Exactement. Une branlette commémorative.
— T'as prévu une plaque ? “Ici se sont branlés deux amis de longue date...”
— Avec un figuier gravé dessus.
Maxime soupira, passa une main dans ses cheveux trempés de sueur. Puis il sourit. Lentement. Vraiment.
— T'es con, Gus.
— Toi aussi, Max.
— Toi aussi, Max.
Et dans la cabane, le silence reprit sa place. Plus dense. Plus grave. Plus vrai.
Ils ne bougèrent pas tout de suite.
Augustin s'était rallongé contre la paroi, bras derrière la tête, jambes écartées. Maxime était resté assis, dos au mur, les bras sur les genoux. Dehors, le vent faisait bruisser les branches, mais dans la cabane, il faisait toujours aussi chaud. Une chaleur épaisse, presque moite, comme dans une tente fermée au soleil.
— Tu crois qu'on est capables de faire ça sans se marrer comme deux ados débiles ? demanda Maxime.
— Absolument pas, répondit Augustin. Mais on a vingt-cinq balais, maintenant, on peut essayer.
— Absolument pas, répondit Augustin. Mais on a vingt-cinq balais, maintenant, on peut essayer.
Ils échangèrent un regard rapide, pas trop insistant. Une sorte de feu vert sans cérémonie.
Maxime se redressa un peu, décroisa les bras. Il regarda droit devant lui, comme s'il allait entamer une manœuvre de stationnement. Puis, doucement, il déboutonna son short. Pas un geste brusque. Pas de frime non plus. Juste un type qui fait ce qu'il a dit qu'il allait faire.
Augustin se redressa à son tour, sans rien dire, et écarta un peu les jambes. Il baissa son short jusqu'à mi-cuisses. Rien de spectaculaire. Du coton, un bout de cuisse, un sexe au repos. Son torse brillait de sueur.
— Je te préviens, je suis pas hyper-performant quand je suis observé, glissa-t-il.
— Qui t'observe ? Je regarde la cloison en bois depuis tout à l'heure. Fascinante.
— Elle te fout une gaule ?
— Pas encore. Mais j'ai bon espoir.
— Qui t'observe ? Je regarde la cloison en bois depuis tout à l'heure. Fascinante.
— Elle te fout une gaule ?
— Pas encore. Mais j'ai bon espoir.
Ils rirent, une seconde, puis revinrent au silence.
Maxime baissa son caleçon, doucement. Son sexe, encore mou, se posa contre sa cuisse. Il le prit dans sa main sans précaution, juste pour sentir le contact. Augustin avait déjà commencé. Une main posée sur sa queue, gestes lents, presque paresseux.
Ils n'étaient pas côte à côte, mais pas loin. Deux corps d'hommes dans un cube de bois. Les genoux presque alignés, les respirations pas tout à fait calées. Ils ne se regardaient pas vraiment, mais savaient exactement ce que faisait l'autre.
Maxime sentit son sexe réagir, se tendre progressivement sous sa paume. La chaleur, l'humidité, la tension contenue depuis tout à l'heure : tout remontait d'un coup.
— C'est dingue, dit-il à mi-voix. C'est comme si c'était familier... alors qu'on l'a jamais fait.
— C'est parce qu'on l'a déjà fait dans nos têtes, répondit Augustin.
— C'est parce qu'on l'a déjà fait dans nos têtes, répondit Augustin.
Maxime hocha la tête, sans savoir si c'était une blague ou pas. Peut-être les deux.
Ses doigts prirent un rythme lent. Sa peau collait un peu. Il tira doucement sur le prépuce, sentit le gland se dégager, le contact de l'air tiède. Il se cala sur son propre souffle. Ne pas aller trop vite. Prendre le temps. Ce n’était pas un concours. Ce n’était pas non plus une expérience. C'était... une parenthèse.
— Tu te rappelles la fois où on avait maté le film de cul en cachette chez Thibault ? lança Augustin, entre deux respirations.
— Ouais. Un DVD planqué dans un boîtier de “Mission Impossible 2”. Il nous avait bien eus, l'enfoiré.
— T'étais resté debout tout le film, tellement t'avais peur de te retrouver avec une trace sur le short.
— Et toi t'avais mis un coussin sur tes genoux, espèce d'hypocrite.
— Ouais. Un DVD planqué dans un boîtier de “Mission Impossible 2”. Il nous avait bien eus, l'enfoiré.
— T'étais resté debout tout le film, tellement t'avais peur de te retrouver avec une trace sur le short.
— Et toi t'avais mis un coussin sur tes genoux, espèce d'hypocrite.
Un nouveau rire, bref, étouffé.
Leurs mains allaient maintenant à un rythme soutenu. Régulier. Naturel.
Maxime ferma les yeux. La chaleur de sa paume, la tension dans le bas-ventre, les images qui remontaient sans être claires. Justine, peut-être. Une autre fille, croisée récemment. Peut-être Augustin, torse nu, il y a dix minutes. Ou pas. On s'en foutait.
Augustin avait le visage tourné vers le plafond, la bouche entrouverte. Il avait l'air ailleurs, concentré, ni dans l'effort ni dans la démonstration. Juste là.
Les rythmes des va-et-vient se répondirent de plus en plus. L'un un peu plus vite, l'autre plus lentement. Pas de concertation. Juste une synchro spontanée. Le bois craquait doucement sous leurs mouvements. La chaleur n'avait pas baissé. Ils étaient torse nu tous les deux maintenant, le t-shirt roulé en boule dans un coin.
Augustin tourna un peu la tête, en coin. Pas pour mater. Juste par curiosité. Par réflexe. Il laissa son regard glisser, une demi-seconde, sur la queue de Maxime, dressée dans sa main.
— T'as gardé la même gueule de bite qu'à seize ans.
— C'est rassurant. Toi par contre, t'as pris en largeur.
— J'appelle ça de l'assurance.
— C'est pas une assurance, c'est une matraque.
— T'es jaloux, admets.
— Pas du tout. La mienne est mieux proportionnée. Harmonieuse.
— T'as toujours su vendre les trucs moyens comme des qualités. C'est un don.
— C'est rassurant. Toi par contre, t'as pris en largeur.
— J'appelle ça de l'assurance.
— C'est pas une assurance, c'est une matraque.
— T'es jaloux, admets.
— Pas du tout. La mienne est mieux proportionnée. Harmonieuse.
— T'as toujours su vendre les trucs moyens comme des qualités. C'est un don.
Ils ricanèrent. Maxime s'arrêta une seconde pour essuyer sa paume moite sur son t-shirt. Puis il reprit. Augustin continuait tranquillement, la main bien calée, le prépuce qui glissait presque sans effort.
— Tu te branles souvent, toi ? demanda Maxime.
— Fréquence moyenne. Deux fois par semaine. Trois, si j'ai pas vu de monde.
— T'as pas de meuf en ce moment ?
— Non. J'ai eu un plan stable pendant un an. C'est retombé. Et toi ?
— Pareil. Du semi-rien avec une fille qui vit à Rennes.
— Rennes, putain. Ça, c'est une volonté de célibat déguisée.
— Elle est drôle et elle suce bien. J'assume mes choix.
— Fréquence moyenne. Deux fois par semaine. Trois, si j'ai pas vu de monde.
— T'as pas de meuf en ce moment ?
— Non. J'ai eu un plan stable pendant un an. C'est retombé. Et toi ?
— Pareil. Du semi-rien avec une fille qui vit à Rennes.
— Rennes, putain. Ça, c'est une volonté de célibat déguisée.
— Elle est drôle et elle suce bien. J'assume mes choix.
Pause.
— Ça t'arrive de le faire en pensant à des mecs ?
— Pas vraiment. Mais parfois, y a un corps, un torse, un regard. Pas une personne précise. Un ensemble.
— Pareil. C'est pas du fantasme ciblé. C'est de la texture. De l'ambiance.
— Pas vraiment. Mais parfois, y a un corps, un torse, un regard. Pas une personne précise. Un ensemble.
— Pareil. C'est pas du fantasme ciblé. C'est de la texture. De l'ambiance.
Le silence revint. Plus profond. Plus calme. Les mains reprirent leur mouvement. Pas frénétiques. Conscientes. À l'aise.
Maxime regarda sa queue, dressée, rouge au bout, les veines tendues. Elle palpitait dans sa paume, prête. Mais il ne voulait pas aller trop vite. Pas encore. Il jeta un œil à Augustin. Sa main allait doucement, presque mécaniquement. Son gland était luisant. Il avait les yeux à moitié fermés, le visage détendu.
— T'as déjà fait ça avec quelqu'un d'autre ? demanda Maxime.
— Me branler à côté d'un pote ?
— Ouais.
— Jamais. Enfin... j'ai maté du porno avec un pote au lycée, on s'est branlés chacun sous notre plaid. Mais c'était pathétique. On respirait comme des taupes sous anxiolytiques.
— Là, c'est mieux.
— Là, c'est parfait.
— Me branler à côté d'un pote ?
— Ouais.
— Jamais. Enfin... j'ai maté du porno avec un pote au lycée, on s'est branlés chacun sous notre plaid. Mais c'était pathétique. On respirait comme des taupes sous anxiolytiques.
— Là, c'est mieux.
— Là, c'est parfait.
Une goutte de sueur glissa sur le torse de Maxime. Il la suivit du regard jusqu'à son nombril. Puis il raffermit sa prise. Sa queue était raide, lourde. Trop pleine.
Il soupira, longuement, un râle plus sonore que les précédents. Sa main accéléra à peine. Puis il dit, d'une voix rauque, presque à lui-même :
— J'aime bien faire du bruit, moi.
Augustin ouvrit un œil.
— Quoi ? T'as dit quoi, là ?
— Quand je me branle. Ou quand je baise. J'aime bien gémir, dire des trucs. Que ça s'entende.
— Le mec est une sirène d'alarme.
— J'dis pas que je crie. Mais ouais. J'aime que ça sorte. Le souffle, les mots, les sons. Que ça vive, tu vois.
— Genre t'annonces quoi ? “Attention, j'arrive, écartez-vous” ?
— Quand je me branle. Ou quand je baise. J'aime bien gémir, dire des trucs. Que ça s'entende.
— Le mec est une sirène d'alarme.
— J'dis pas que je crie. Mais ouais. J'aime que ça sorte. Le souffle, les mots, les sons. Que ça vive, tu vois.
— Genre t'annonces quoi ? “Attention, j'arrive, écartez-vous” ?
Maxime rit.
— Parfois je parle. J'dis ce que je ressens. Ce que je veux. Ce que je vais faire.
— T'as fait allemand LV2, c'est ça ?
— Ta gueule.
— Vas-y, fais-toi plaisir, poète. Je m'adapte.
— T'as fait allemand LV2, c'est ça ?
— Ta gueule.
— Vas-y, fais-toi plaisir, poète. Je m'adapte.
Maxime ferma les yeux. Il se laissa aller un peu plus. Sa main se resserra. Un grognement sourd s'échappa de sa gorge. Un vrai. Grave, chaud, pas fabriqué.
— Ouais... putain... c'est bon...
Augustin ne dit rien, mais il sourit. Sa propre main reprenait son mouvement, plus fluide. Leurs gestes n'étaient pas synchrones, mais répondaient l'un à l'autre. Deux solitudes qui battaient ensemble.
— Franchement, dit Augustin en haletant légèrement, si y avait une fille avec nous là maintenant, ce serait la perfection.
— Ouais. Un plan à trois, posé. Pas de compétition. Pas de pression. Juste du plaisir bien réparti.
— Genre, elle serait entre nous, on la baiserait à tour de rôle. Ou chacun d'un côté. Pas de jaloux.
— Elle se ferait démonter avec tendresse par deux mecs qui se connaissent par cœur.
— Elle saurait même plus qui la fait jouir. Et ça l'exciterait encore plus.
— Putain...
— T'imagines ? Sa bouche sur toi pendant que moi je la prends par-derrière...
— Ou sa main sur ma queue pendant que toi tu la doigtes... et qu'elle jouit contre ton torse...
— Ouais. Un plan à trois, posé. Pas de compétition. Pas de pression. Juste du plaisir bien réparti.
— Genre, elle serait entre nous, on la baiserait à tour de rôle. Ou chacun d'un côté. Pas de jaloux.
— Elle se ferait démonter avec tendresse par deux mecs qui se connaissent par cœur.
— Elle saurait même plus qui la fait jouir. Et ça l'exciterait encore plus.
— Putain...
— T'imagines ? Sa bouche sur toi pendant que moi je la prends par-derrière...
— Ou sa main sur ma queue pendant que toi tu la doigtes... et qu'elle jouit contre ton torse...
Les images défilaient dans leurs voix. Pas besoin d'écran. Pas besoin d'effort. Tout était là, dans la chaleur, la moiteur, la confiance.
— J'vais cracher, souffla Augustin.
Maxime hocha la tête. Il n'était pas loin non plus.
Leurs mains s'emballaient. Le bois grinçait doucement. Le silence se chargeait. Le rythme s'était emballé.
Maxime avait la mâchoire serrée, les cuisses tendues, le souffle court. Sa main allait vite, serrée, sèche. Sa queue était violemment dressée, son gland rouge sombre, brillant sous les frottements.
— Oh putain... putain ouais... là... c'est là...
Il grognait, parlait, se retenait à moitié. Son dos s'arque légèrement. Les muscles de son ventre se contractent. Il penche la tête en arrière, les yeux clos.
— J'vais y aller... je peux plus... c'est trop bon...
Augustin le regarda du coin de l'œil. Pas gêné. Juste fasciné. Il ne l'avait jamais vu comme ça. Entier. Sans filtre. Il accélèra à son tour. Sa propre queue était raide, pulsante, posée sur son ventre nu. Sa main glissa, plus vite, plus fort.
Maxime se cambra.
— Vas-y, ouais... j'me la vide là... je vais en foutre partout, bordel...
Il serra la racine, poussa un râle plus fort. Il explose.
La première giclée partit haut, retomba sur son ventre avec un claquement mouillé. La seconde fusa en biais, s'écrasa contre sa cuisse. Une troisième, plus courte, éclaboussa le t-shirt roulé en boule à côté de lui.
Il resta un instant suspendu, poitrine haletante, les abdos saisis, la main toujours autour de son sexe qui palpitait encore.
— Putain... c'était violent... j'ai cru que j'allais me renverser.
Il ouvrit les yeux. Son front brillait. Son torse se souleva encore au rythme de son souffle saccadé. Il tourna la tête vers Augustin.
Celui-ci n'avait pas arrêté. Il était tout près. Son mouvement était rapide, nerveux. Ses jambes étaient tendues, ses orteils crispés.
— C'est ton tour, murmure Maxime, encore essoufflé. Lâche-toi, mec.
Augustin ferma les yeux, ouvre la bouche. Il ne dit rien. Mais il grogna. Un son rauque, tiré du fond de la gorge. Sa main devint floue. Puis il se redressa légèrement, sa colonne se tendit.
— Ah merde... je viens...
Et il vint.
Son sexe se contracta, tira de grandes giclées épaisses qui s'écrasèrent sur son bas-ventre, ses doigts, le sol. Une dernière secousse le traversa, presque douloureuse. Il s'effondra ensuite contre le mur, le souffle court, la main dégoulinante.
— Oh putain... j'en avais besoin. Sérieusement.
Maxime éclata d'un rire rauque.
— T'as vu ? T'as même gémi. On t'arrête plus.
— C'est ta faute. Tu cries comme un acteur de porno amateur. Ça déteint.
— J'suis généreux. Je mets l'ambiance.
— C'est ta faute. Tu cries comme un acteur de porno amateur. Ça déteint.
— J'suis généreux. Je mets l'ambiance.
Ils restèrent là, quelques secondes, dans cette chaleur saturée de sperme, de sueur, de silence. Leurs torses nus montaient et descendaient lentement. Leurs sexes reposaient mous et collants sur leurs cuisses. Rien n'avait bougé, mais tout était retombé.
Un soupir. Une main passa sur un front. Une autre ramassa un t-shirt pour s'essuyer à moitié.
— T'as ruiné ton short, dit Maxime.
— T'as ruiné ton tee-shirt.
— On est quittes.
— T'as ruiné ton tee-shirt.
— On est quittes.
Augustin tendit la main, paume ouverte.
Maxime la tapa du plat de la sienne.
— Bien joué, vieux con.
— À nous deux, on ferait un porno de niche. "Amis d'enfance et mains propres."
— À nous deux, on ferait un porno de niche. "Amis d'enfance et mains propres."
Ils rigolèrent. Pour de bon, cette fois.
Ils s'étaient rhabillés lentement, sans se presser, comme après une baignade ou une sieste trop lourde. Maxime avait passé un coup de t-shirt sec sur son ventre, grimaçant devant la viscosité séchée. Augustin s'était contenté d'enlever le plus gros du doigt avant de remettre son short, torse nu encore, les cheveux plaqués par la sueur.
Ils étaient sortis de la cabane sans un mot. L'air extérieur les avait saisis d'un coup — chaud, mais vivant, brassé, chargé d'odeurs d'herbe, de sève et de terre. Le soleil était encore haut. L'après-midi n'était pas fini.
Ils marchèrent quelques mètres, écrasant les hautes herbes du jardin, puis s'arrêtèrent au bord du vieux bac à sable, vestige d'une autre époque.
Augustin se passa une main sur la nuque.
— Tu te rends compte qu'on a fait un truc qu'on aurait jamais osé faire ado ?
— Ouais. Et qu'on l'a fait à vingt-six balais comme si c'était normal.
— Bah... c'était normal, non ? J'veux dire, c'était chelou — mais pas bizarre.
— Pas gênant, surtout. Juste... naturel.
— Ouais. Et qu'on l'a fait à vingt-six balais comme si c'était normal.
— Bah... c'était normal, non ? J'veux dire, c'était chelou — mais pas bizarre.
— Pas gênant, surtout. Juste... naturel.
Ils restèrent un instant sans rien dire, les yeux perdus dans la masse verte du jardin.
— J'crois que c'est la première fois que je me branle à côté d'un pote, et que je ressors de là avec zéro malaise, dit Maxime.
— Pareil. C'est même... un des trucs les plus détendus que j'ai faits cette année.
— On devrait faire ça tous les étés, ajouta Maxime avec un sourire.
— Faudrait un planning. Un créneau. Un t-shirt commémoratif.
— Pareil. C'est même... un des trucs les plus détendus que j'ai faits cette année.
— On devrait faire ça tous les étés, ajouta Maxime avec un sourire.
— Faudrait un planning. Un créneau. Un t-shirt commémoratif.
Ils rirent. Pas fort. Mais franchement.
Maxime leva les yeux vers la maison, là-haut, immobile derrière les massifs.
— On se refait une bière ? proposa-t-il.
— Ouais. Et une clope.
— Et une douche, mec.
— T'as raison. Faut se rincer la virilité avant le barbecue.
— Ouais. Et une clope.
— Et une douche, mec.
— T'as raison. Faut se rincer la virilité avant le barbecue.
Ils remontèrent vers la maison, en silence, comme deux types qui venaient de refermer une boucle. Leurs pas écrasaient les feuilles mortes.
La cabane, derrière eux, tenait toujours debout.
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Commentaires ()
Votre style sans emphase me plaît énormément de plus vous savez mettre dans votre recit des tournures originales pleines d’humour
Bravo