Mme Fagioli
Chapitre 1
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✦ Malamore Mme Fagioli XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Mme Fagioli — Chapitre 1

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Malamore
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Mme Fagioli

Chapitre 1

Ce matin-là, je descends comme d’habitude vers la boîte aux lettres, encore un peu vaseux, la tête pleine de rien. Le couloir sent le café réchauffé et les courriers en retard. J’ouvre la boîte sans vraiment regarder. Comme toujours, un tas de pubs inutiles, des catalogues que je ne lirai jamais.
Je m’apprête à tout jeter d’un geste automatique quand une enveloppe attire mon regard. Papier ivoire, un peu plus épais que les autres. En haut à gauche, un logo que je reconnais immédiatement : celui de mon ancien lycée.
Mon cœur ralentit, puis cogne un peu plus fort. Ça fait longtemps... Depuis le bac, en 2012, je n’ai jamais eu de nouvelles. Ni de l’établissement ni de mes anciens profs, encore moins des camarades. Tout ça appartient à une autre époque, un autre moi.
Je garde l’enveloppe en main, un peu surpris par cette étrange sensation qui monte. Un mélange de curiosité, de nostalgie... et d’autre chose, de moins net. Une tension légère au creux du ventre, comme si mon corps se souvenait avant même que ma mémoire ne suive.
Je remonte chez moi, la lettre toujours dans la main. Et sans vraiment savoir pourquoi, je sens que ce qu’elle contient ne relève pas du banal.
Je remonte chez moi sans me presser, l’enveloppe toujours en main. Je m’installe à la table de la cuisine, la lumière du matin tombant en biais sur le bois clair. Je prends un couteau pour l’ouvrir proprement, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être par respect inconscient pour ce passé qui ressurgit sans prévenir.
À l’intérieur, une feuille cartonnée, élégante, légèrement parfumée. Une invitation.
— Le Lycée Jean-Rostand a le plaisir de convier ses anciens élèves à un bal exceptionnel pour fêter les vingt ans de l’établissement.
Je relis la phrase une seconde fois, plus lentement.
Un bal. Des retrouvailles. Une soirée à l’ancienne, avec buffet, champagne tiède, musiques douteuses... et visages oubliés.
Je souris. Il y a plus de dix ans, jamais je n’aurais imaginé y retourner. Ni même en avoir envie.
Mais aujourd’hui, c’est différent.
Je ne suis plus le gamin discret qu’on appelait le surfeur à cause de mes cheveux longs et de mon t-shirt Quiksilver trop grand. À l’époque, j’avais le charme fragile de ceux qu’on regarde sans vraiment les voir. Plutôt mignon, m’a-t-on dit plus tard, mais trop fin, trop sage, un peu effacé.
Aujourd’hui, mon reflet raconte une autre histoire.
Des épaules pleines, un torse solide, un dos qui parle pour moi. Dix ans de boxe et de rugby, de sac de frappe, de sueur, de nuits à reconstruire quelque chose en moi. Ce n’était pas pour les autres, au départ. Mais je ne vais pas mentir : j’ai appris à aimer le regard que ça provoque.
Alors oui, j’irai à ce bal.
Par curiosité, d’abord. Pour revoir les visages du passé, voir ce qu’ils sont devenus.
Mais aussi, peut-être, pour montrer ce que moi, je suis devenu.
Et au fond... il y a ce pressentiment.
Quelque chose me dit que cette soirée ne sera pas comme les autres.
Le soir du bal.
Le parking du lycée a un drôle d’air. Comme s’il essayait de se donner un genre, avec ses guirlandes lumineuses et ses musiques nostalgiques qui s’échappent du gymnase. Ça sent la soirée trop bien organisée, un peu maladroite, mais ça a son charme.
Je coupe le moteur de ma Harley. Le grondement s’éteint, laissant un silence curieux derrière moi. Je sens les regards avant même de retirer mon casque.
Quand je l’enlève, quelques têtes se tournent. Des expressions surprises, des sourcils froncés qui cherchent dans leurs souvenirs. Je reconnais vaguement des visages. D’anciens camarades, plus épais, plus fatigués, plus adultes. Moi aussi, j’ai changé.
Je descends de la moto. Mon jean me colle aux cuisses, mon t-shirt blanc laisse deviner les années de sport et mon blouson de cuir — usé juste ce qu’il faut — termine le tableau. J’avance tranquillement, sans chercher à faire mon intéressant. Mais je sais que je ne passe pas inaperçu.
J’entends un chuchotement, derrière moi :
— C’est Arthur Delmas ? Sérieux ?
Je souris intérieurement. Dix ans plus tôt, je traversais les couloirs de ce lycée comme un courant d’air. Un petit surfeur brun, fin, sympa, mais transparent.
Aujourd’hui, on me voit.
Je pousse la porte du gymnase.
L’air chaud me frappe, saturé de parfums, de rires trop forts et de conversations déjà bien arrosées. Des ballons argentés flottent au plafond, une boule à facettes tourne mollement au centre. Tout ça a un goût sucré, un peu faux... mais je dois l’avouer, ça me fait quelque chose.
Je m’avance lentement. Mes bottes claquent sur le parquet. Les regards se posent sur moi, certains discrets, d’autres bien plus appuyés. Je les ignore. Enfin, j’essaie.
Et puis, je la sens.
Un regard. Plus intense que les autres. Long. Sûr de lui.
Je tourne la tête.
Et là, au fond de la salle... quelqu’un me regarde. Pas avec étonnement. Pas avec nostalgie. Non.
Avec un calme dangereux. Un intérêt silencieux.
Je ne bouge pas.
Pas encore.
Mais je sais une chose : la soirée vient à peine de commencer.
Je fais semblant d’écouter. Je souris quand il faut, je serre quelques mains, je hoche la tête à des anecdotes sans intérêt. Un ancien de la terminale S me raconte sa boîte de conseil à Toulouse. Une autre se vante de son gamin. Tout le monde essaie de montrer qu’il a réussi.
Mais moi, je ne suis pas là pour ça. Mon regard n’a pas quitté le fond de la salle.
Elle est toujours là.
Mme Chiara Fagioli.
Prof d’italien.
La cinquantaine bien entamée, sans aucun doute, mais plus désirable que jamais. Élancée, un port de tête impeccable, une robe noire simple, fendue juste ce qu’il faut pour suggérer sans jamais offrir. Elle n’a pas changé de style, mais elle l’a affûté.
Un corps de sportive et une élégance presque italienne dans chaque mouvement.
Je la regarde discrètement. Du moins, j’essaie. Je sens que c’est réciproque. Elle sait que je la vois. Et elle ne détourne pas les yeux.
Je termine mon verre et m’excuse doucement de la conversation. Je me fraie un chemin à travers la salle, décidé. Mon cœur cogne, pas de stress, non — de l’envie. D’un genre que je n’avais jamais ressenti à cet endroit.
Mais juste avant d’arriver à elle, une main se pose sur mon bras.
— Arthur ? C’est bien toi ?
Je me retourne. Et je la reconnais immédiatement.
Estelle.
La fille qui me faisait bégayer à l’époque. Une rousse flamboyante, au sourire qui désarmait tout le monde. Aujourd’hui, son visage est un peu plus rond, ses traits un peu plus doux. Deux enfants, m’annonce-t-elle fièrement, comme si c’était sa carte de visite. Mais le feu est toujours là, dans ses yeux. Elle me regarde comme si elle me redécouvrait.
— Tu as... waouh... franchement, tu es devenu...
Elle laisse sa phrase en suspens, me regarde de haut en bas, pas très subtilement.
— Tu fais quoi maintenant ?
— Oh, je suis coach sportif, je donne des cours de boxe. Et toi ?
Elle ne répond pas et enchaîne.
— Tu sais, j’ai souvent pensé à toi. À l’époque, j’étais un peu conne... On devrait se revoir. Juste toi et moi. Pas au lycée cette fois. Laisse-moi prendre ton numéro.
— Passe-moi ton téléphone. Ecris-moi quand tu es disponible. Désolé, je dois te laisser, on se voit plus tard.
Je souris poliment. Son parfum est doux, sucré, familier d’une certaine manière.
Mais je sens que mon regard glisse, encore.
Elle est toujours là, Mme Fagioli. Et cette fois, c’est elle qui me fixe. Lentement, elle lève son verre à ses lèvres, sans me quitter des yeux.
Et tout à coup, Estelle, avec ses souvenirs et ses promesses en retard, ne me touche plus.
Je m’excuse.
Un sourire, un mot. Je dis que je dois saluer quelqu’un. C’est vrai.
Je quitte Estelle. Et je me dirige vers Elle.
Je me fraye un chemin jusqu’à elle. Chaque pas est lent, mais sûr. Mon cœur cogne un peu plus fort, pas de peur, non — c’est cette montée d’adrénaline qu’on ressent juste avant un combat. Sauf que ce soir, le ring est beaucoup plus subtil.
Mme Fagioli est adossée près du bar, un verre de vin à la main, silhouette parfaite dans sa robe noire. Son regard est posé ailleurs, mais je sais qu’elle m’a vu venir. Elle attend.
Je m’arrête devant elle, juste à la bonne distance. Ni trop près ni trop loin.
Et je lâche, avec un léger sourire, la voix basse :
— Buongiorno, Principessa.
Chiara tourne la tête vers moi, lentement. Et là, son sourire se dessine, comme une vague douce, silencieuse, qui vient effleurer la plage. C’est ce sourire-là, celui que je n’ai jamais oublié. Celui qui disait toujours plus que les mots.
— Arthur Delmas, souffle-t-elle, amusée. Quel culot... Tu n’as pas changé.
— Oh, je vous assure que j’ai changé, je réponds, en la regardant droit dans les yeux.
Chiara me détaille, sans se cacher. Son regard descend sur mon torse, mes bras, puis remonte jusqu’à mon visage. Je vois dans ses yeux qu’elle se souvient. De l’élève que j’étais. Du garçon discret au fond de la classe, qui rougissait quand elle le fixait trop longtemps.
— Vous souvenez-vous du film ? je demande, un peu joueur.
— Comment oublier ? dit-elle, en souriant de plus belle. “La vita è bella”. J’ai dû le montrer à vingt classes... Mais tu étais le seul à lever les yeux de la traduction. Et puis tu peux me tutoyer maintenant.
Je ris doucement.
— Je regardais autre chose, en effet.
Elle arque un sourcil, faussement surprise. Son regard s’ancre au mien, profond, stable. Je sens la tension, fine comme un fil tendu entre nous. Pas un mot de trop. Pas un geste inutile. Le jeu vient de commencer.
— Et toi, tu fais quoi, maintenant ? me demande-t-elle, sa voix plus douce, plus chaude.
Je pourrais lui répondre “boxeur”, ou “coach sportif”, ou je pourrais dire que j’enseigne la discipline. Mais je me contente de la regarder, et de dire :
— J’apprends encore.
Mme Fagioli sourit. Lentement. Elle aime cette réponse.
Autour de nous, la fête continue. Les verres tintent, les rires éclatent, les souvenirs flottent dans l’air. Mais pour moi, il n’y a plus que nous deux. Elle et moi. Ce passé jamais vraiment effacé.
Et peut-être... ce que nous allons en faire ce soir.
Le temps file sans que je m’en rende compte. Les minutes deviennent des heures, ou l’inverse. Tout ce que je sais, c’est qu’elle est là, devant moi, et que plus rien d’autre n’existe autour.
On parle. Beaucoup. De tout et de rien. Du lycée, de ce qu’on est devenus, de Rome, de boxe, de musique, de films italiens bien sûr. Mais surtout, on rit. Comme si on se connaissait depuis toujours et qu’on se retrouvait enfin. Il y a des silences aussi. Mais ce sont de bons silences, chargés. Le genre de silence qui dit je te vois.
Ses yeux, sombres et brillants, me tiennent sans relâche. Chiara ne détourne jamais le regard. Et moi non plus. Il y a quelque chose qui circule entre nous, comme un fil électrique tendu d’un point à l’autre.
Je me rapproche un peu. À chaque fois. Jamais brusquement. C’est naturel, fluide. À un moment, sa main frôle la mienne. Juste un instant. Volontaire ? Peut-être. Mais Chiara ne s’excuse pas.
Alors je me lance, doucement :
— Et si on continuait cette conversation ailleurs ?
Ma voix est calme, mais mon cœur cogne plus fort que jamais. Pas de peur. De désir contenu.
Elle me fixe. Un silence. Puis elle sourit, ce sourire que j’ai déjà appris à reconnaître ce soir.
— J’espérais que tu poserais la question.
Elle se penche légèrement vers moi, et ajoute, plus bas, presque confidentiel :
— Rejoins-moi au “Miraggio”, le bar du centre. Dans trente minutes. J’ai encore envie de parler... mais avec moins de regards autour.
Chiara me laisse là, debout, le souffle légèrement coupé, et s’éloigne avec une grâce tranquille. Je la regarde traverser la salle, la nuque droite, les hanches dessinées par sa robe, chaque pas parfaitement mesuré.
Quand elle disparaît dans la nuit, je réalise que je n’ai pas bougé.
Trente minutes. C’est tout ce qu’il me reste à attendre.
Je n’ai jamais eu aussi hâte qu’un quart d’heure dure une éternité.
Le bar est tamisé, élégant, un peu chic sans être prétentieux. Je suis arrivé en avance — évidemment. Pas le temps de me changer. Je porte toujours le même jean, le même t-shirt blanc, le cuir posé sur mes épaules. Un peu trop brut pour l’endroit peut-être, mais je sens que ça colle. Et ce soir, je n’ai rien envie de changer.
Je commande un verre et je m’installe à une table légèrement en retrait, assez pour observer la porte d’entrée. La musique est douce, jazzy. Le genre qui donne envie de parler à voix basse.
Et puis, la voilà.
Mon souffle s’arrête un instant.
Elle a changé de robe.
Plus moulante, plus courte, noir profond. Un tissu satiné qui épouse ses hanches, souligne sa poitrine, laisse ses épaules nues. Pas vulgaire. Jamais. Juste... dangereusement belle.
Ses cheveux sont relevés, sa nuque offerte, et ses talons claquent doucement sur le parquet. Chiara me voit, me sourit. Lentement, elle s’approche.
— Tu es en avance !
— J’avais peur que tu changes d’avis.
— Je ne change pas d’avis quand j’ai envie de quelque chose, souffle-t-elle en plongeant ses yeux dans les miens.
La conversation reprend. Mais cette fois, elle est différente. Plus basse. Plus tendue. On se cherche. On se frôle, presque sans y penser. Ses doigts se posent parfois près des miens sur la table. Nos genoux s’approchent. Les regards durent une seconde de trop.
Et soudain, je sens quelque chose.
Un effleurement, léger, délicat, le long de mon mollet.
Je baisse à peine les yeux, et je comprends.
Chiara a discrètement retiré un escarpin, et son pied glisse lentement contre ma jambe.
Je la regarde. Elle continue de parler, naturellement, comme si de rien n’était. Mais ses yeux brillent. Elle sait exactement ce qu’elle est en train de faire. Son pied remonte, doucement, jusqu’à mon genou. Redescend. Puis recommence.
Je sens mon sexe réagir presque immédiatement. Mon jean devient un peu plus serré. Je croise les jambes, par réflexe, mais je n’essaie même pas de cacher ce que je ressens.
Elle le sent. Elle le sait.
Et Chiara continue.
Son pied explore avec lenteur, en rythme avec la conversation, comme une danse souterraine, clandestine. Sa voix ne flanche pas. La mienne commence à s’enrouer un peu. Elle sourit. Elle savoure le trouble qu’elle provoque.
Je me penche légèrement vers Chiara.
— Tu joues ? je murmure.
Elle approche son visage du mien, ses lèvres à quelques centimètres seulement.
— Je n’ai même pas encore commencé.
Le monde autour s’efface. Il n’y a plus que cette table, cette lumière chaude, son regard posé sur moi. Et son pied, toujours là, en mouvement lent, calculé, presque cruel.
Il glisse, puis s’arrête.
Et appuie.
Je retiens un souffle.
Sa plante écrase doucement l’érection prisonnière dans mon jean, avec une assurance tranquille, presque innocente. Mais je sais — je sens — qu’il n’y a rien d’innocent dans ce geste. Elle me teste. Elle me goûte à distance.
Mes doigts se crispent sur le bord de la table. Chiara le remarque, bien sûr. Elle penche légèrement la tête, comme si elle observait une réaction chimique dans un laboratoire.
— Tu es tendu ?
— Tu es la seule responsable.
Elle sourit. Ce sourire-là est nouveau. Un peu fier. Un peu dangereux.
Puis, sans prévenir, Chiara se penche vers moi. Pas un mot. Juste ce mouvement, direct, décidé.
Ses lèvres se posent sur les miennes.
Douces. Ferme. Parfumées d’un mélange subtil — vin rouge, menthe, désir. Chiara m’embrasse avec cette maîtrise lente, assurée. Ce n’est pas un baiser volé. C’est un acte, un début.
Je réponds aussitôt. Ma main vient frôler sa hanche, juste assez pour sentir la chaleur de sa peau sous le tissu. Elle gémit à peine contre ma bouche. Puis elle se recule. Lentement.
Juste assez pour murmurer, les yeux plongés dans les miens :
— Eh bien, dis donc...
Son pied appuie un peu plus fort entre mes jambes.
— Tu n’étais pas aussi bien... proportionné à l’époque.
Je ris, un peu haletant.
— Tu ne regardais pas vraiment non plus...
Elle lève un sourcil, amusée, puis se penche à mon oreille :
— Tu serais surpris de ce qu’une prof remarque quand ses élèves croient qu’elle ne voit rien.
Un frisson me traverse tout le dos. J’ai chaud. Mon cœur bat à tout rompre. Mon sexe est tendu, douloureusement enfermé. Et pourtant, je ne veux pas que ça s’arrête. Pas tout de suite.
Je glisse ma main sur sa cuisse, lentement. Chiara ne bouge pas. Au contraire. Elle entrouvre à peine les jambes, juste ce qu’il faut pour m’encourager.
— Tu veux qu’on reste ici ? Je souffle, ma voix rauque.
Elle pose son front contre le mien.
— Encore un peu. Je veux savourer ce moment. Te voir brûler sans rien faire. Pour l’instant.
Elle appuie une dernière fois de son pied sur ma verge tendue. Puis elle le retire, calmement, et remet son escarpin comme si de rien n’était.
Et elle boit une gorgée de vin.
Tranquillement.
Il se fait tard. Le bar s’est peu à peu vidé, les rires se sont éteints, les verres ne tintent plus que par moments. La musique est toujours là, douce et discrète, mais elle semble lointaine. Chiara regarde sa montre, puis moi.
— Je crois qu’il est temps.
Je me lève, elle aussi. Mon érection s’est un peu calmée, mais mon corps entier reste éveillé, comme en attente. Prêt. Elle remet son manteau — un long trench beige qui cache tout ce que je viens de deviner sous la table — et me lance ce regard que je connais déjà : celui d’une femme qui a parfaitement conscience de ce qu’elle déclenche.
Dehors, l’air est plus frais. On marche sans se presser. Nos épaules se frôlent parfois, nos mains aussi. Mais on ne se touche pas encore vraiment. L’excitation a laissé place à quelque chose d’encore plus fort : une tension faite de silence, de respiration, de gestes retenus. On ne parle presque plus.
On arrive devant chez elle. Un immeuble ancien, un peu en retrait. Chiara se tourne vers moi, les clés à la main.
Et sans me regarder tout de suite, elle dit simplement :
— Tu montes ?
Pas un sourire. Pas un mot de trop. Elle sait que je vais dire oui.
— Évidemment.
Je la suis dans l’escalier. Elle marche devant moi, lente, ses talons résonnant doucement à chaque marche. Mon regard glisse sur sa nuque, son dos, la courbe discrète de ses hanches. J’ai dix-huit ans à nouveau. Mais cette fois, je monte avec elle.
L’ascenseur est trop vieux. Tant mieux.
Arrivés à sa porte, elle ouvre sans se presser. L’appartement est sobre, rangé, élégant, à son image. Elle pose son sac, enlève son manteau, et se retourne vers moi.
Chiara me regarde longtemps. Je lis dans ses yeux cette étincelle, ce trouble qu’elle a voulu contenir toute la soirée. Et moi, debout dans son entrée, je réalise que ce soir, le fantasme d’un gamin de terminale va devenir réalité.
Elle s’approche.
Lentement.
Sûrement.
Et murmure, presque contre mes lèvres :
— Tu es prêt à assumer ce que tu as toujours voulu ?
Je ne réponds pas.
Je la prends dans mes bras.
Nos lèvres se cherchent à peine une seconde. Puis elles se trouvent. Et là, plus de barrière. Plus d’hésitation. C’est un baiser chaud, profond, sans brutalité, mais chargé de tout ce qu’on a contenu jusqu’ici.
Ses mains glissent sur mon torse, passent sous mon cuir, sur le tissu de mon t-shirt, qu’elle agrippe légèrement avant de le faire remonter. Je l’enlève moi-même, d’un seul geste, sans la quitter des yeux.
Elle laisse ses doigts parcourir mes abdos, mon torse, avec une lenteur exaspérante.
— Tu as vraiment changé, Arthur, murmure-t-elle, le souffle court.
Ses paumes glissent sur mes flancs, reviennent au centre, descendent vers ma ceinture. Son regard s’arrête sur la bosse évidente qui a repris forme.
Je souris.
— Tu veux vérifier ça aussi ?
Elle me pousse doucement jusqu’au canapé sans répondre, mais son regard est une invitation brûlante. Elle s’assoit sur mes cuisses, à califourchon, ses mains posées de chaque côté de mon visage. Nos bouches se retrouvent dans une autre danse — plus lente, plus profonde. Sa langue cherche la mienne. Je la sens se presser contre moi, et mon sexe dur, enfermé dans mon jean, glisse contre la chaleur entre ses jambes.
Je passe mes mains sous sa robe, découvre peu à peu ses cuisses fermes, toniques. Sa peau est chaude. Elle ne porte presque rien en dessous.
Je remonte, frôle ses hanches, puis sa taille. Chiara gémit doucement contre mes lèvres, puis me mord le bas de la mâchoire.
— J’ai tellement imaginé ce moment.
— Moi aussi, avoue-t-elle, sa voix rauque. Bien plus souvent que je ne l’aurais dû.
Je déboutonne lentement mon jean. Elle descend sa main, l’aide, et libère mon sexe dur, gonflé, prêt. Elle l’attrape, le caresse, le regarde, presque fascinée.
— Mon Dieu...
Je n’ai pas le temps de répondre. Elle s’abaisse, le fait glisser entre ses cuisses encore recouvertes d’un fin tissu, et commence à onduler lentement contre moi. Un ballet de frottements chauds, glissants, insoutenables.
Je la tiens par la taille, je la guide. Sa respiration s’accélère. La mienne aussi.
Sa robe remonte, dévoile un corps tendu, vivant, magnifique.
Elle s’arrête un instant, m’embrasse à nouveau, puis chuchote à mon oreille :
— Fais-moi l’amour, Arthur.
Je n’ai plus le temps de répondre.
Je me lève en la portant, ses jambes autour de ma taille, sa bouche dévorant la mienne. Mon sexe dur glisse contre elle à travers ce tissu trop fin, trop inutile. Elle gémit quand mon bassin la plaque contre le mur du salon.
Je la veux. Là. Maintenant.
D’un geste brutal, je remonte sa robe jusqu’à la taille. Elle ne porte qu’un minuscule string noir, trempé. J’en glisse un doigt dessous, je sens l’humidité chaude, battante.
— Tu es prête ?
Elle halète, son front contre le mien.
— Je n’ai jamais été aussi prête de ma vie.
Je baisse légèrement la tête, mes dents mordent doucement sa clavicule, pendant que mes doigts la débarrassent de ce dernier morceau de tissu. Elle s’écarte juste assez pour me regarder faire. Une tension pure, animale, traverse son regard.
Je libère mon sexe, l’aligne sans attendre, et je m’enfonce en elle d’un coup, entier, jusqu’à la garde.
Elle crie. Étouffée contre ma bouche.
Ses ongles s’enfoncent dans mes épaules. Ses hanches roulent aussitôt, affamées. Et je recommence.
Un coup. Puis un autre. Sauvage. Profond.
Elle ondule contre moi, me monte dessus avec une rage maîtrisée, les jambes bien accrochées autour de ma taille. Nos corps claquent l’un contre l’autre. Elle m’incite à aller plus fort, plus vite. Ce qu’elle veut, c’est être prise. Et c’est exactement ce que je fais.
— Oui... comme ça... ne t’arrête pas...
Ses mots sont rauques, presque déformés par le plaisir. Mes coups de reins sont violents, ancrés, précis. Son dos heurte doucement le mur à chaque poussée, mais elle en redemande. Chiara me regarde comme si elle voulait me dévorer. Moi, je suis en feu.
Ma main passe dans son dos, attrape une fesse ferme, la serre. Elle arque le dos, son corps tendu comme une corde prête à rompre. Je sens sa chaleur m’envelopper, ses muscles se contracter autour de moi.
Je suis au bord. Elle aussi.
— Viens avec moi, murmure-t-elle, ses lèvres presque collées aux miennes.
— Je suis là. Accroche-toi.
Et elle explose.
Son corps se crispe, ses gémissements s’étranglent, elle se cambre violemment.
Ce spasme me prend avec elle. Je lâche dans un râle profond, animal, ancré dans ses profondeurs. Je me vide en elle en plusieurs secousses brûlantes, le cœur battant contre sa poitrine.
Nous restons ainsi, collés, haletants, tremblants. Mon front contre sa tempe. Son souffle sur mon cou.
Ni un mot. Juste le silence, chargé, vibrant, vivant.
Puis elle murmure, dans un souffle rieur, presque complice :
— Et dire que je t’appelais “ragazzo”...
Allongés côte à côte, nos corps nus enfin libérés, la lumière tamisée danse sur sa peau satinée. Elle m’observe, avec cette curiosité brûlante qui m’a tant troublé toute la soirée. Son regard descend lentement, s’attarde un instant sur ce que j’étais, ce que je suis devenu.
Sans un mot, elle glisse une main sur moi, douce, exploratrice, fascinée. Son toucher est à la fois tendre et chargé de promesses. Puis, comme un murmure de désir, ses lèvres effleurent ma peau, s’en approchent avec cette délicatesse qui fait frissonner tout mon être.
Je sens sa chaleur, son souffle qui se mêle au mien, ce frisson qui remonte lentement de ses caresses. Elle m’accueille avec la douceur d’un secret partagé, d’un plaisir à la fois offert et reçu.
Le temps s’arrête, suspendu entre nos corps enlacés, entre cette intimité retrouvée, entre cette passion qui n’attend que de s’écrire.
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Photo de profil de kikimi
kikimi
15 août 2025 à 16:05
Heureusement que tu as acheté une Harley avant de la revoir
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Photo de profil de Arnaud9
Arnaud9
13 août 2025 à 06:56
Très belle histoire !!
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Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
12 août 2025 à 21:50
Superbe récit à l"érotisme subtil. Cette Mme Fagioli est un personnage des plus intéressant et plutôt atypique, ce que j'ai beaucoup apprécié tout au long de ma lecture.
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
12 août 2025 à 21:25
Magnifique histoire, très bien écrite ! De l'érotisme pur.
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Photo de profil de Frederyc
Frederyc
12 août 2025 à 19:38
Magnifique récit et si bien rédigé.
Félicitations.
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Photo de profil de dad55
dad55
12 août 2025 à 17:54
tres bien ecrit sensuel pas de vulgarité meme si je suis adepte du hard trash, bravo
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Photo de profil de Perikli
Perikli
12 août 2025 à 17:21
Très belle histoire, bien écrite, sans vulgarité ! bravo et merci !
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Photo de profil de aime28
aime28
12 août 2025 à 16:59
Très jolie histoire très bien écrite qui a bien excité
Merci pour cette belle histoire
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Photo de profil de Malamore
Malamore
12 août 2025 à 16:21
Merci pour les retours ! J'essaierai d'écrire plus régulièrement :)
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Photo de profil de stricker92
stricker92
12 août 2025 à 16:14
Excellemment écrit
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Hétéro

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