Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sucreries étudiantes — Chapitre 1 · Le menu ?
Auteur
Sucreries étudiantes
Chapitre 1 · Le menu ?
La terrasse du café donnait sur la place du Capitole, et c'est en payant l'addition que je l'avais vue passer. Elle marchait vite, un sac de cours contre la hanche, les cheveux relevés à la va-vite, et quelque chose dans sa façon de pencher la tête m'avait arrêté. Elle avait tourné les yeux vers les tables, sans raison, comme on balaie une foule, et nos regards s'étaient croisés une seconde de trop. Elle s'était arrêtée net au milieu du trottoir.
— Monsieur ?
Je l'ai reconnue instantanément. La salle de classe, toujours devant, une élève dynamique, dans la compétition et qui rendait des copies impeccables, toujours dans les trois meilleures de la classe et posait toujours beaucoup de questions. Eva. Elle avait changé, évidemment. Plus tout à fait la même, mais le sourire, lui, n'avait pas bougé, un peu en coin, comme si elle savait quelque chose que j'ignorais.
On avait parlé cinq minutes, debout, gênés par les passants. Elle étudiait à Toulouse, revenait pour quelques jours, et quand j'avais dit que je n'enseignais plus, elle avait hoché la tête lentement, sans surprise.
— On devrait se voir, avait-elle lancé. Prendre un verre. Enfin, si vous voulez.
Sa voix n'avait pas tremblé. C'est moi qui avais eu un temps de retard avant de répondre.
— Demain, dix-huit heures, ici ?
Elle avait souri plus franchement, et elle était repartie sans se retourner.
Le lendemain, j'arrivai en avance. La lumière de fin d'après-midi allongeait les ombres sur les pavés, et je la vis arriver de loin, d'un pas tranquille, une robe légère qui lui battait les mollets. Je ne l'avais jamais vue vêtue de manière si féminine, elle qui était plutôt jean pull au lycée. Elle s'assit en face de moi, commanda un spritz, et pendant quelques minutes on parla de tout sauf du lycée. Ses études, la ville, mes années loin de l'Éducation nationale. Elle me regardait droit dans les yeux, sans timidité, et je me surpris à soutenir ce regard plus longtemps que je ne l'aurais dû.
Au deuxième verre, elle posa son téléphone sur la table, se pencha un peu en avant.
— Je peux vous dire un truc ? demanda-t-elle.
— Bien sûr.
— Au lycée, je vous ai beaucoup regardé.
— Bien sûr.
— Au lycée, je vous ai beaucoup regardé.
Je ne répondis pas tout de suite. Elle ne baissait pas les yeux, et sa bouche restait entrouverte, comme si elle cherchait la suite.
— Pas comme un prof, reprit-elle. Enfin, si, mais pas seulement. Je pensais à vous. Souvent. La nuit, surtout.
Elle fit tourner son verre entre ses doigts, puis elle ajouta, plus bas :
— Et je n'ai jamais arrêté, en fait.
Je sentis la chaleur monter le long de ma nuque. Autour de nous, la terrasse s'était remplie, mais le bruit des conversations me paraissait lointain, assourdi. Elle continua, sans me laisser le temps de me reprendre.
— Je ne vous demande pas de me faire la cour. Je sais ce que je veux. J'ai envie de vous, et j'ai envie que vous preniez soin de moi. Comme un sugar daddy, si vous préférez les mots clairs.
Elle avait dit ça d'une traite, avec une assurance que je lui connaissais si bien durant toute l'année. Cependant, je discernais un léger rougissement qui montait sur ses pommettes. Je reposai mon verre, lentement.
— Tu sais ce que ça veut dire, Eva ?
— Je sais très bien. Je ne suis plus une gamine.
— C'est vrai.
— Je sais très bien. Je ne suis plus une gamine.
— C'est vrai.
Je la détaillai sans m'en cacher. La robe s'arrêtait au-dessus du genou, le tissu suivait la courbe de ses seins, et elle avait croisé les jambes d'une façon qui remontait le bord de l'ourlet. Elle me laissait regarder. Mieux : elle attendait que je le fasse.
— Et toi, dit-elle, tu en as envie ?
Le tutoiement tomba entre nous comme une porte qu'on pousse. Je laissai passer quelques secondes, puis je me penchai à mon tour au-dessus de la table.
— Oui.
Elle sourit, lentement, et ce sourire-là n'avait plus rien de l'ancienne élève. Elle décroisa les jambes, les recroisa dans l'autre sens, et je vis ses cuisses se serrer sous la table.
— Alors on va le faire, dit-elle.
On resta encore un moment, à parler de choses pratiques, de discrétion, de ce qu'elle attendait de cette relation. Elle répondait sans détour, comme si elle avait répété cette conversation cent fois dans sa tête. Quand elle se leva pour partir, elle contourna la table et se pencha vers moi. Sa main se posa sur mon épaule, ses lèvres effleurèrent ma joue, tout près de la bouche.
— Tu me plais toujours autant, murmura-t-elle.
Puis elle redressa la tête, et avant de s'éloigner, elle ajouta :
— Vendredi soir. Chez toi.
Je la regardai traverser la place, sa robe claire dans la lumière dorée, et je restai assis un long moment, le goût de son parfum encore sur la peau, le sang battant dans les tempes. Vendredi me semblait à la fois trop loin et terriblement proche.
Le vendredi arriva plus vite que je ne l'aurais cru. J'avais passé la semaine à corriger des copies, à répondre à des courriels, à faire comme si de rien n'était, mais le soir, seul dans l'appartement, je repensais à la façon dont elle avait dit chez toi, avec cette assurance tranquille qui ne ressemblait pas tellement à la jeune fille que j'avais eue en classe. Ce que j'avais accepté avait un nom, une forme précise, et quand j'essayais de le regarder en face, je ne trouvais que son visage — ce sourire en coin, cette façon de ne pas baisser les yeux.
Elle sonna à dix-neuf heures précises. J'ouvris, et elle se tenait dans l'embrasure, une bouteille de vin à la main, vêtue d'une robe noire qui s'arrêtait au-dessus du genou. Ses cheveux étaient relevés, coiffés en chignon, sa nuque dégagée, et elle me regarda avec un sourire où il y avait tout à la fois de l'impatience et une pointe d'amusement devant mon air surpris.
— Entre, dis-je en m'effaçant.
Elle passa devant moi, et son parfum m'enveloppa aussitôt, ce même parfum qui m'avait poursuivi depuis la terrasse du café. Je refermai la porte, et le déclic de la serrure résonna dans le silence de l'appartement.
— Tu as faim ? demandai-je.
— Un peu. Mais pas de ce que tu crois.
— Un peu. Mais pas de ce que tu crois.
Elle posa la bouteille sur la table basse et se tourna vers moi, adossée au dossier du canapé. La lumière du salon dessinait ses épaules, la courbe de ses hanches.
Elle ne bougea pas tout de suite. Elle resta là, adossée au canapé, les mains en appui sur le dossier, et elle me regarda comme on regarde une chose qu'on vient d'acheter et qu'on a hâte d'essayer. Moi, je restais debout près de la porte, les bras ballants, avec cette sensation idiote d'être redevenu celui qui attend qu'on l'interroge.
— Viens là, dit-elle.
Sa voix n'avait pas monté. C'était un ordre doux, presque une évidence. Je fis deux pas vers elle, et elle secoua lentement la tête.
— Plus près.
Je m'arrêtai à un mètre, juste assez pour sentir son parfum se mêler à l'odeur du vin encore tiède. Elle décolla les épaules du canapé et vint à ma rencontre. Sa main se posa sur ma poitrine, à plat, comme pour vérifier que mon cœur battait aussi fort qu'elle l'espérait. Elle la laissa là un instant, puis elle remonta le long de mon torse, jusqu'à mon col, et elle tira doucement.
— Tu es resté exactement comme dans mes souvenirs, murmura-t-elle. Sauf que maintenant, je peux faire ça.
Elle se hissa sur la pointe des pieds et posa sa bouche sur la mienne. Ce ne fut pas un baiser timide. Elle prit mes lèvres avec une lenteur appliquée, sa langue cherchant la mienne tout de suite, et sa main libre vint se glisser dans mes cheveux, à la nuque, pour me maintenir contre elle. Je la laissai faire. Je la laissai mener, goûter, explorer, et je ne fis que répondre, les mains encore le long du corps, comme si j'avais besoin de sa permission pour les poser sur elle. Mes paumes brûlaient à ne rien tenir. Je les sentais, inutiles, tendues, et je ne les levai pas.
Elle se détacha la première, les joues légèrement rouges, la respiration un peu plus courte.
— Tu vois, dit-elle. C'est moi qui décide ce soir.
Elle recula d'un pas, sans me quitter des yeux, et fit glisser les bretelles de sa robe. Le tissu noir tomba sur ses épaules, puis elle le laissa couler le long de son corps jusqu'au sol. Elle ne portait rien dessous. Ses seins étaient plus lourds que je ne l'avais imaginé, la peau mate, les pointes déjà dures dans la fraîcheur du salon. Elle resta ainsi, droite, les hanches légèrement déhanchées, et elle sourit en voyant mon regard descendre.
— Regarde, dit-elle. C'est pour toi. Mais tu ne touches pas encore.
Elle s'approcha de nouveau et entreprit de défaire les boutons de ma chemise, un par un, sans se presser. Ses doigts étaient sûrs, précis, et chaque bouton qui cédait laissait entrer un peu plus d'air sur ma peau. Quand elle eut fini, elle écarta les pans et posa ses paumes sur mon torse, puis elle se pencha et m'embrassa au creux du cou, là où le sang battait. Je fermai les yeux malgré moi.
— Tu sens bon, souffla-t-elle contre ma peau.
Elle descendit. Ses lèvres suivirent la ligne de mon sternum, sa langue traça un chemin jusqu'à mon ventre, et elle s'agenouilla sans cesser de me regarder. Ses mains trouvèrent ma ceinture, la débouclèrent avec un bruit sec, puis le bouton, puis la fermeture. Elle fit glisser mon pantalon sur mes cuisses et posa sa joue contre mon caleçon, là où je bandais déjà, la respiration chaude à travers le coton.
— J'y ai pensé si souvent, murmura-t-elle. À toi, dans cette position. À moi, à genoux devant toi.
Elle baissa le caleçon d'un geste net et prit ma queue dans sa main. Ses doigts se refermèrent autour, fermes, et elle commença à me branler lentement, en levant les yeux vers moi.
— Tu es dur pour moi, dit-elle. C'est bien.
Puis elle se pencha et passa sa langue sur le gland, d'abord en petits coups, puis plus largement, avant de le prendre dans sa bouche. Elle suça avec application, les joues creusées, la main qui suivait le mouvement, et je dus m'appuyer au mur derrière moi pour ne pas flancher. Elle me regardait toujours, les yeux brillants, et je voyais ses épaules bouger, sa nuque dégagée, ce chignon qui tenait encore par miracle. Mes mains restaient le long du corps, les doigts à demi refermés sur du vide. J'aurais voulu les poser sur elle — sur sa nuque, sur ses épaules — et je n'en fis rien.
Elle me lâcha d'un coup, la bouche luisante, et se releva. Elle alla chercher un préservatif dans son sac posé sur la table basse. Je la regardai s'éloigner, traverser le salon, et la réalité de ce qui allait se passer me tomba dessus avec une précision presque douloureuse. Elle revint vers moi d'un pas tranquille, le regard fixé sur le mien.
— Maintenant, dit-elle, tu vas t'asseoir sur le canapé.
J'obéis. Elle enjamba mes cuisses et s'installa à califourchon sur moi, sa robe restée en tas au milieu du salon. Elle guida ma queue contre son sexe, et je sentis qu'elle était déjà trempée, ouverte, prête. Elle se laissa descendre dessus sans un bruit, les yeux plantés dans les miens, et je la sentis se serrer autour de moi, chaude, étroite, exactement comme je l'avais redouté et espéré.
— C'est moi qui te prends, souffla-t-elle.
Elle commença à bouger, lentement d'abord, en roulant des hanches, puis plus vite, en s'appuyant sur mes épaules. Je la regardais se donner du plaisir, les seins qui tressautaient, la bouche entrouverte, et je la laissais faire, les mains posées sur ses cuisses sans oser les serrer trop fort — cette envie de l'empoigner, de la retenir, que je ravalais à chaque mouvement. Elle pencha la tête en arrière, la nuque offerte, et un gémissement lui échappa.
— Tu n'imagines pas, dit-elle dans un souffle. Toutes ces années… je me touchais en pensant à toi.
Elle accéléra encore, ses ongles s'enfonçant dans ma peau, et je sentis que je n'allais pas tenir longtemps. Elle dut le voir sur mon visage, car elle se pencha et mordit ma lèvre inférieure.
— Pas encore, ordonna-t-elle. Attends-moi.
Elle se cambra, cherchant l'angle, et je la sentis se contracter autour de moi par vagues, d'abord légères, puis violentes. Elle jouit en silence, la bouche ouverte sur un cri muet, les yeux fermés, et ce fut ce visage-là, celui de l'élève sage devenue femme, qui me fit basculer à mon tour. Je jouis en elle, profondément, les mains enfin refermées sur ses hanches, et elle resta sur moi un long moment, le front contre le mien, nos souffles mêlés dans le salon silencieux.
Elle ne dit rien. Elle resta là, les yeux fermés, et je l'entendis seulement respirer.
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