Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Juliana, ibère callipyge — Chapitre 1 · L'orage
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Juliana, ibère callipyge
Chapitre 1 · L'orage
Episode-1-Juliana, ibère callipyge – L'orage
Il n'était que trois heures de l'après-midi mais le ciel, d'un noir d'encre et zébré d'éclairs, annonçait un orage imminent. Je revenais d'une sortie cycliste en montagne avec des copains, mon vélo sur le porte-vélo de la voiture, il me restait une bonne heure de route. Au moment où les premières gouttes se sont écrasées sur le pare-brise, sur un arrêt de bus à la sortie d'un village deux jeunes filles agitaient désespérément leur bras tendu, pouce en l'air
Font chier ces gamines…Elles ne peuvent pas prendre le bus ? Depuis Me Too, je ne prends plus jamais personne en stop, ni homme ni femme, pas envie d'avoir des emmerdes même si jamais l'idée ne me viendrait de draguer des gamines. Mais là, avec la flotte qui commençait fort, les coups de tonnerre assourdissants, j'ai eu un sursaut d'humanité et me suis arrêté. De toute manière, à soixante balais et avec une bagnole de plus de dix ans je ne devais guère à leurs yeux entrer dans la catégorie des enragés de la bite.
— Merci monsieur, on va à….
— Après…Donnez-moi vos sacs et montez ! Vite ! Une devant et une derrière à cause des sièges enfant ! Dépêchez-vous, si vous ne voulez pas être noyées debout !
J'ai balancé leurs sacs à dos dans le coffre et me suis réfugié dans la voiture
La porte refermée l'orage a éclaté, des trombes d'eau se sont déversées, dans un bruit de tambour impressionnant, les rafales de vent secouaient mon carrosse de manière inquiétante. J'ai démarré lentement, on ne voyait pas grand-chose.
— Bon, alors Mesdemoiselles, vous allez où ? Désolé du peu de place, je n'ai pas enlevé les sièges enfants car demain je garde mes petits-enfants.
L'une des deux jeunes filles avait réussi à s'asseoir à l'arrière entre les deux sièges pour les gamins, l'autre s'était installée devant, à côté de moi.
— Ça fait rien monsieur, c'est gentil de vous être arrêté ! On va à R***. Vous connaissez ?
— Un peu, vu que j'y habite depuis trente ans !
— Non ? Mais…mais attendez, vous n'êtes pas Monsieur Ludovic T*** ?
Surpris, j'ai tourné la tête pour voir sur le siège passager qui me connaissait, dans la mesure où je n'avais guère eu le temps de prêter attention à leur minois.
— Si, c'est moi…mais comment vous me connaissez ? Je devrais moi aussi vous connaître alors, mais là, désolé, votre visage ne me dit rien. C'est l'âge !
— Mais non, c'est parce qu'il y a longtemps que vous ne nous avez pas vues ! J'ai vingt-trois ans et ma sœur vingt-cinq, et la dernière fois on devait en avoir…peut-être huit et dix, alors forcément…on a un peu changé !
La frangine assise derrière, qui apparemment me connaissait aussi, m'a mis sur la piste.
— Vous vous souvenez, un camp d'été dans les Grisons, et le chien qui m'avait mordue parce que je ne voulais pas lui donner mon sandwich ? C'est vous qui m'avez emmenée à l'hôpital !
— Oh oui…oui je me souviens…Oh la la, mais c'est vieux ça…Mais alors, vous êtes les filles de Juliana et Bernard ? C'est juste ?
— Absolument, moi c'est Sandrine et derrière c'est ma sœur, Hélène.
— Ravi de vous revoir, c'est vrai que je ne vous aurais pas reconnues, surtout que je ne participais pas directement au camp d'été, je n'étais venu que comme président de l'association pour voir comment se déroulait la semaine. L'épisode du clébard…quelle histoire ! La police voulait le faire abattre, tes parents voulaient venir te chercher illico, ta soeur hurlait, ta mère au téléphone encore plus, le paysan propriétaire du chien refusait de collaborer…quel cirque ! Heureusement les choses sont arrangées. Tu as toujours la marque de la morsure ?
— Oui oui, mais on la voit de moins en moins, et elle ne me gêne pas.
Bon, tant mieux. Et là, vous arrivez d'où, par un temps pareil ?
— On a été faire un tour en montagne avec des copains, mais on a été un peu optimistes question météo alors on rentre plus vite que prévu. Désolées si on pue un peu, mais on a dormi en cabane et il y avait peu d'eau pour se laver. Ça va, l'odeur ?
— Moi j'arrive d'une longue virée à vélo, j'ai aussi transpiré alors question parfum je vous fais largement concurrence, ne vous inquiétez pas. Vos parents vont bien ?
Il y a eu un silence embarrassé, Sandrine s'est retournée vers sa sœur, l'air interrogatif.
— Eh bien…disons que…ce n'est pas terrible en ce moment.
— Oh…Juliana ou Bernard sont malades ? L'entreprise ne va pas bien ?
— Eh ben…c'est que…Allez dis-lui toi, Hélène, moi je ne sais pas comment expliquer…
— Ils se sont séparés il y a un mois environ, pour une histoire avec papa. Mais je n'ai pas tellement envie de raconter ça…
— Je comprends, et je ne vous demande rien ! Je vous dépose où, alors ? A la maison de vos parents ou ailleurs ?
— A l'entrée de la commune, dans le petit immeuble que papa a aussi construit il y a quatre ou cinq ans. Vous voyez où il est ? Maman habite là, maintenant.
— Oui oui, je sais où c'est. Ok. Bon…Vous les saluerez bien tous les deux de ma part, il y a un moment que je ne les ai pas croisés.
A ce moment-là, le téléphone de Sandrine a sonné. J'ai reconnu la voix de Juliana et son côté autoritaire.
— T'inquiète pas Mam's, mais non on n'est pas sous l'orage, on rentre même en voiture à domicile !
Je n'entendais pas tout, mais de toute évidence elle était fâchée, la belle Juliana.
— Relax maman, cool…on est quand même plus des gamines, on sait se défendre ! Et puis tous les conducteurs ne sont pas des obsédés sexuels, en plus celui qui nous ramène tu le connais ! Non, je ne te dis pas, ce sera la surprise ! Non, je balance pas. Calme-toi, allez, à toute Mam's, on t'aime quand même !
Manifestement Sandrine était agacée de l'intrusion maternelle dans sa vie privée au point de presque raccrocher au nez de sa génitrice, ce que sa sœur a confirmé.
— Elle est un peu gonflante la daronne, ces temps, on peut pas faire un pas sans avoir droit à un discours de morale ou de mise en garde, c'est chiant. On a plus treize ans, on a une vie de femmes nous aussi…Pffff…
— Euh…mais ce n'est pas très sympa de ne pas lui avoir dit qui vous ramène, elle n'a pas dû aimer ! Je n'ai pas vraiment envie de subir les foudres de Juliana, je la connais un peu et ce n'est pas un caractère facile, votre mère ! Je vous dépose devant l'immeuble et je vous laisse vous arranger avec elle !
— Oh non, je suis sûre qu'elle sera contente de te…de vous…revoir !
— Vous pouvez me tutoyer, ta sœur et toi, même si je en vous avais pas reconnues !
— Ok, super Ludovic, mais alors tu viens dire bonjour à maman, d'accord Sandrine ?
— Oh oui Ludovic, viens un moment chez Juliana, ça lui changera les idées et elle nous harcèlera moins !
J'étais encore en tenue de cycliste, dégageant des fragrances peu agréables, et franchement ça me gênait un peu de me pointer comme ça chez Juliana.
Il n'était que trois heures de l'après-midi mais le ciel, d'un noir d'encre et zébré d'éclairs, annonçait un orage imminent. Je revenais d'une sortie cycliste en montagne avec des copains, mon vélo sur le porte-vélo de la voiture, il me restait une bonne heure de route. Au moment où les premières gouttes se sont écrasées sur le pare-brise, sur un arrêt de bus à la sortie d'un village deux jeunes filles agitaient désespérément leur bras tendu, pouce en l'air
Font chier ces gamines…Elles ne peuvent pas prendre le bus ? Depuis Me Too, je ne prends plus jamais personne en stop, ni homme ni femme, pas envie d'avoir des emmerdes même si jamais l'idée ne me viendrait de draguer des gamines. Mais là, avec la flotte qui commençait fort, les coups de tonnerre assourdissants, j'ai eu un sursaut d'humanité et me suis arrêté. De toute manière, à soixante balais et avec une bagnole de plus de dix ans je ne devais guère à leurs yeux entrer dans la catégorie des enragés de la bite.
— Merci monsieur, on va à….
— Après…Donnez-moi vos sacs et montez ! Vite ! Une devant et une derrière à cause des sièges enfant ! Dépêchez-vous, si vous ne voulez pas être noyées debout !
J'ai balancé leurs sacs à dos dans le coffre et me suis réfugié dans la voiture
La porte refermée l'orage a éclaté, des trombes d'eau se sont déversées, dans un bruit de tambour impressionnant, les rafales de vent secouaient mon carrosse de manière inquiétante. J'ai démarré lentement, on ne voyait pas grand-chose.
— Bon, alors Mesdemoiselles, vous allez où ? Désolé du peu de place, je n'ai pas enlevé les sièges enfants car demain je garde mes petits-enfants.
L'une des deux jeunes filles avait réussi à s'asseoir à l'arrière entre les deux sièges pour les gamins, l'autre s'était installée devant, à côté de moi.
— Ça fait rien monsieur, c'est gentil de vous être arrêté ! On va à R***. Vous connaissez ?
— Un peu, vu que j'y habite depuis trente ans !
— Non ? Mais…mais attendez, vous n'êtes pas Monsieur Ludovic T*** ?
Surpris, j'ai tourné la tête pour voir sur le siège passager qui me connaissait, dans la mesure où je n'avais guère eu le temps de prêter attention à leur minois.
— Si, c'est moi…mais comment vous me connaissez ? Je devrais moi aussi vous connaître alors, mais là, désolé, votre visage ne me dit rien. C'est l'âge !
— Mais non, c'est parce qu'il y a longtemps que vous ne nous avez pas vues ! J'ai vingt-trois ans et ma sœur vingt-cinq, et la dernière fois on devait en avoir…peut-être huit et dix, alors forcément…on a un peu changé !
La frangine assise derrière, qui apparemment me connaissait aussi, m'a mis sur la piste.
— Vous vous souvenez, un camp d'été dans les Grisons, et le chien qui m'avait mordue parce que je ne voulais pas lui donner mon sandwich ? C'est vous qui m'avez emmenée à l'hôpital !
— Oh oui…oui je me souviens…Oh la la, mais c'est vieux ça…Mais alors, vous êtes les filles de Juliana et Bernard ? C'est juste ?
— Absolument, moi c'est Sandrine et derrière c'est ma sœur, Hélène.
— Ravi de vous revoir, c'est vrai que je ne vous aurais pas reconnues, surtout que je ne participais pas directement au camp d'été, je n'étais venu que comme président de l'association pour voir comment se déroulait la semaine. L'épisode du clébard…quelle histoire ! La police voulait le faire abattre, tes parents voulaient venir te chercher illico, ta soeur hurlait, ta mère au téléphone encore plus, le paysan propriétaire du chien refusait de collaborer…quel cirque ! Heureusement les choses sont arrangées. Tu as toujours la marque de la morsure ?
— Oui oui, mais on la voit de moins en moins, et elle ne me gêne pas.
Bon, tant mieux. Et là, vous arrivez d'où, par un temps pareil ?
— On a été faire un tour en montagne avec des copains, mais on a été un peu optimistes question météo alors on rentre plus vite que prévu. Désolées si on pue un peu, mais on a dormi en cabane et il y avait peu d'eau pour se laver. Ça va, l'odeur ?
— Moi j'arrive d'une longue virée à vélo, j'ai aussi transpiré alors question parfum je vous fais largement concurrence, ne vous inquiétez pas. Vos parents vont bien ?
Il y a eu un silence embarrassé, Sandrine s'est retournée vers sa sœur, l'air interrogatif.
— Eh bien…disons que…ce n'est pas terrible en ce moment.
— Oh…Juliana ou Bernard sont malades ? L'entreprise ne va pas bien ?
— Eh ben…c'est que…Allez dis-lui toi, Hélène, moi je ne sais pas comment expliquer…
— Ils se sont séparés il y a un mois environ, pour une histoire avec papa. Mais je n'ai pas tellement envie de raconter ça…
— Je comprends, et je ne vous demande rien ! Je vous dépose où, alors ? A la maison de vos parents ou ailleurs ?
— A l'entrée de la commune, dans le petit immeuble que papa a aussi construit il y a quatre ou cinq ans. Vous voyez où il est ? Maman habite là, maintenant.
— Oui oui, je sais où c'est. Ok. Bon…Vous les saluerez bien tous les deux de ma part, il y a un moment que je ne les ai pas croisés.
A ce moment-là, le téléphone de Sandrine a sonné. J'ai reconnu la voix de Juliana et son côté autoritaire.
— T'inquiète pas Mam's, mais non on n'est pas sous l'orage, on rentre même en voiture à domicile !
Je n'entendais pas tout, mais de toute évidence elle était fâchée, la belle Juliana.
— Relax maman, cool…on est quand même plus des gamines, on sait se défendre ! Et puis tous les conducteurs ne sont pas des obsédés sexuels, en plus celui qui nous ramène tu le connais ! Non, je ne te dis pas, ce sera la surprise ! Non, je balance pas. Calme-toi, allez, à toute Mam's, on t'aime quand même !
Manifestement Sandrine était agacée de l'intrusion maternelle dans sa vie privée au point de presque raccrocher au nez de sa génitrice, ce que sa sœur a confirmé.
— Elle est un peu gonflante la daronne, ces temps, on peut pas faire un pas sans avoir droit à un discours de morale ou de mise en garde, c'est chiant. On a plus treize ans, on a une vie de femmes nous aussi…Pffff…
— Euh…mais ce n'est pas très sympa de ne pas lui avoir dit qui vous ramène, elle n'a pas dû aimer ! Je n'ai pas vraiment envie de subir les foudres de Juliana, je la connais un peu et ce n'est pas un caractère facile, votre mère ! Je vous dépose devant l'immeuble et je vous laisse vous arranger avec elle !
— Oh non, je suis sûre qu'elle sera contente de te…de vous…revoir !
— Vous pouvez me tutoyer, ta sœur et toi, même si je en vous avais pas reconnues !
— Ok, super Ludovic, mais alors tu viens dire bonjour à maman, d'accord Sandrine ?
— Oh oui Ludovic, viens un moment chez Juliana, ça lui changera les idées et elle nous harcèlera moins !
J'étais encore en tenue de cycliste, dégageant des fragrances peu agréables, et franchement ça me gênait un peu de me pointer comme ça chez Juliana.
Ah, Juliana…par où commencer ? Une belle brune, plantureuse typée ibère vu que ses parents venaient d'Andalousie, peau mate et regard sombre, une magnifique tignasse crêpue, une bouche sensuelle en diable et une chute de reins à damner un saint. Sa famille avait peu de moyens, mais se montrait très stricte et conservatrice en matière d'éducation et de religion, elle n'avait pas beaucoup de liberté, la ravissante Juliana, venant de la banlieue d'une grande ville que ses parents ne supportaient plus au vu des voyous que fréquentait leur fille unique. Dans notre petite bourgade, tous les garçons de notre génération avaient un jour ou l'autre fantasmé sur la belle Juliana, moi le premier, fasciné par son fessier exceptionnel et son regard de braise, son langage de charretier et son assurance en toutes circonstances. Certains l'avaient draguée (moi un tout petit peu mais j'étais trop timide face à un pareil volcan) mais elle avait le verbe haut et la beigne rapide la Belle Andalouse, des réflexes sans doute acquis dans sa banlieue mal famée et ceux qui se montraient peu délicats voire rustres se sont ramassé des mandales à assommer un bœuf et des bordés d'injures à faire rougir un palefrenier. De bal en bal et de fêtes en fêtes, quand elle avait l'autorisation parentale d'y participer, personne n'avait réussi à vraiment la séduire, la pulpeuse Andalouse, jusqu'à ce qu'elle rencontre Bernard.
Bernard, j'étais à l'école avec lui. Pas très grand, râblé, un peu rond, les autres mômes l'avaient surnommé Sergent Garcia en référence à la série Zorro. Pas sympa, aujourd'hui on parlerait de harcèlement mais à l'époque personne ne disait rien. Curieusement, lui et moi étions très copains, moi le grand maigre à lunettes, premier de la classe, que tout le monde avait surnommé Einstein. Ces sobriquets nous ont suivi jusqu'à la fin de l'école obligatoire, voire même après.
Je suis parti étudier « en ville » pour devenir prof au lycée, Bernard a fait un apprentissage de maçon dans une PME du coin, on se voyait un peu moins vu que ses journées étaient rudes pour un adolescent et que le soir il se couchait tôt, démarrant à six heures tous les matins. J'ai obtenu mon diplôme d'enseignant, lui son CAP de maçon, mais comme il avait envie de reprendre l'entreprise qui l'employait le jour où son patron arrêterait il s'est lancé dans un BTS maçonnerie et m'a demandé de l'aide.
— Dis-moi Einstein, si je me lance dans un BTS, tu peux m'aider à consolider un peu ce que j'ai appris à l'école, sur le tas, et à compléter ce qui me manque ? Combien tu veux de l'heure ?
— Garde ton pognon pour autre chose Sergent Garcia, ça me fait plaisir de t'aider. On commence quand ?
Pendant plusieurs mois, je lui ai donné des cours de mise à niveau en maths, en physique et aussi un peu en français, il avait de la peine mais bossait comme un fou, célibataire endurci - alors que j'avais une copine - si bien qu'il a obtenu son papier haut la main et a repris la boîte qui l'employait. Sacrément démerde le Bernard, en trois ans il a triplé les effectifs (passant de dix à trente ouvriers), acheté des machines et s'est fait connaître auprès des architectes grâce à la qualité de ses réalisations. Je lui ai confié celle de ma maison, et vingt-cinq ans plus tard il n'y a pas la moindre fissure, pas le moindre défaut. Un entrepreneur à l'ancienne pour qui la poignée de main valait contrat, l'arrivée de l'informatique l'a un peu bousculé.
J'étais marié depuis deux ou trois ans quand il a rencontré Juliana, que personne n'avait encore séduite. Coup de foudre, tout le monde en est resté sur le cul : Sergent Garcia avait « pécho » la splendide Juliana, après avoir engagé son père dans l'entreprise. Jalousies, commentaires fielleux, vacheries, il s'en foutait, c'est dans son lit à lui que dormait désormais la sublime Juliana. Ils ont eu deux filles, il bossait jour et nuit pour son entreprise et c'est Juliana qui assurait l'administration, lui ne profitait pas beaucoup de leur immense maison avec piscine, jacuzzi et court de tennis. Je les croisais parfois, mais les liens se sont espacés, chacun suivant son chemin. Une ou deux fois j'ai bu un verre avec lui, pour qui je gardais une grande estime et un profond respect.
Bernard, j'étais à l'école avec lui. Pas très grand, râblé, un peu rond, les autres mômes l'avaient surnommé Sergent Garcia en référence à la série Zorro. Pas sympa, aujourd'hui on parlerait de harcèlement mais à l'époque personne ne disait rien. Curieusement, lui et moi étions très copains, moi le grand maigre à lunettes, premier de la classe, que tout le monde avait surnommé Einstein. Ces sobriquets nous ont suivi jusqu'à la fin de l'école obligatoire, voire même après.
Je suis parti étudier « en ville » pour devenir prof au lycée, Bernard a fait un apprentissage de maçon dans une PME du coin, on se voyait un peu moins vu que ses journées étaient rudes pour un adolescent et que le soir il se couchait tôt, démarrant à six heures tous les matins. J'ai obtenu mon diplôme d'enseignant, lui son CAP de maçon, mais comme il avait envie de reprendre l'entreprise qui l'employait le jour où son patron arrêterait il s'est lancé dans un BTS maçonnerie et m'a demandé de l'aide.
— Dis-moi Einstein, si je me lance dans un BTS, tu peux m'aider à consolider un peu ce que j'ai appris à l'école, sur le tas, et à compléter ce qui me manque ? Combien tu veux de l'heure ?
— Garde ton pognon pour autre chose Sergent Garcia, ça me fait plaisir de t'aider. On commence quand ?
Pendant plusieurs mois, je lui ai donné des cours de mise à niveau en maths, en physique et aussi un peu en français, il avait de la peine mais bossait comme un fou, célibataire endurci - alors que j'avais une copine - si bien qu'il a obtenu son papier haut la main et a repris la boîte qui l'employait. Sacrément démerde le Bernard, en trois ans il a triplé les effectifs (passant de dix à trente ouvriers), acheté des machines et s'est fait connaître auprès des architectes grâce à la qualité de ses réalisations. Je lui ai confié celle de ma maison, et vingt-cinq ans plus tard il n'y a pas la moindre fissure, pas le moindre défaut. Un entrepreneur à l'ancienne pour qui la poignée de main valait contrat, l'arrivée de l'informatique l'a un peu bousculé.
J'étais marié depuis deux ou trois ans quand il a rencontré Juliana, que personne n'avait encore séduite. Coup de foudre, tout le monde en est resté sur le cul : Sergent Garcia avait « pécho » la splendide Juliana, après avoir engagé son père dans l'entreprise. Jalousies, commentaires fielleux, vacheries, il s'en foutait, c'est dans son lit à lui que dormait désormais la sublime Juliana. Ils ont eu deux filles, il bossait jour et nuit pour son entreprise et c'est Juliana qui assurait l'administration, lui ne profitait pas beaucoup de leur immense maison avec piscine, jacuzzi et court de tennis. Je les croisais parfois, mais les liens se sont espacés, chacun suivant son chemin. Une ou deux fois j'ai bu un verre avec lui, pour qui je gardais une grande estime et un profond respect.
Sandrine et Hélène ont ouvert la porte et sont entrées, j'attendais sur le palier.
— Mais viens, entre ! Tu ne vas quand même pas rester dehors, non ? Maman, regarde qui nous a sauvées de la noyade et de la foudre et qui ne nous a même pas peloté les cuisses dans la voiture !
Sales gamines ! Apparemment elles adoraient faire monter les tours à leur mère, moi je me sentais con et j'ai dû virer au rouge écrevisse.
— Oh ça alors…Einstein en personne qui me ramène mes filles ! Une sacrée paie que je ne t'ai pas revu dis-donc, tu vas bien ? On peut se faire la bise je crois !
Elle était, à mes yeux, toujours aussi belle Juliana, même si les années l'avaient un peu empâtée, son pouvoir de séduction restait intact. Vêtue d'une longue robe sans manche, cintrée à la taille, ses inoubliables fesses fantasmes de ma jeunesse tendaient le tissu à en perdre la boussole, et le joli décolleté carré sur sa peau cuivrée faisait de la naissance de ses seins un irrépressible attrape-regard.
— Les filles vous sentez le fauve, allez vous doucher et vous changer !
— Je suis désolé de débarquer moi aussi en tenue de sport Juliana, et je crois bien que mon odeur doit joliment se rapprocher de celle de Sandrine et Hélène…
— On s'en fout Ludo, tu m'as ramené mes gamines pour lesquelles je commençais à m'inquiéter alors tu es tout pardonné ! C'est toi qui les as reconnues ?
— Oh non, c'est Sandrine, et elles m'ont rappelé l'histoire du chien dans les Grisons pour me mettre sur la voie, là j'ai tout de suite trouvé !
— T'es un type bien en fait, tu m'en as sauvé une de se faire becqueter par un connard de clébard et aujourd'hui tu me les ramènes les deux à la maison quand c'est le déluge dehors, merci ! Elles t'ont un peu raconté pourquoi je crèche dans ce clapier ?
Elle avait gardé son franc-parler, la belle Juliana, les figures de style et les phrases alambiquées ce n'était pas pour elle !
— Euh…non, pas vraiment, mais tu n'es pas obligée de me le dire. Ça ne me regarde pas directement…
— Ouais…T'étais quand même grand pote avec Sergent Garcia étant môme, vous avez fait des conneries ensemble et puis tu l'as bien aidé quand il a repris sa formation, alors je vais te dire ce qui il est devenu, ce sale con, cette ordure…
— Juliana…
- …Quoi, Juliana ? Attends avant de jouer les effarouchés ! Tu sais sûrement pas tout ! Depuis une année, dans l'appartement du rez-de-chaussé de la maison on héberge une réfugiée avec sa gamine. La guerre, les bombes, c'est pas idéal pour élever des gosses, et comme on avait de la place on s'est inscrit à une association d'accueil. Quand je l'ai vue débarquer la greluche, je me suis dit qu'il allait falloir la cadrer serré. Une blonde incendiaire, sorte de Barbie siliconée moulée dans une robe au ras du fion, une bouche à sucer des bites, pas très bon genre la Yaroslava…mais elle s'est bien adaptée, se démerde bien en français et s'occupe de sa gamine de manière impressionnante. Rien à redire, elle ne demande jamais rien.
— Tu vois, les préjugés, des fois…
— Attends, tu vas voir que je ne suis pas si conne même si je suis pas prof, moi !
Figure-toi qu'il y a un mois, je devais assister à une de ces réunions à la con pour les entrepreneurs, du bla bla pour rien, rappel des règles de sécurité et tutti quanti, pleurnicheries sur les prix etc. Pas de bol, le dernier intervenant du jour était malade, on a pu se tirer deux heures plus tôt. Tu devines la suite…
— Un peu oui, mais…mais…
— Oh y a pas de mais ! Quand j'ai débarqué, cette morue était agenouillée sur le canapé, sa robe de pute remontée sur ses reins et Bernard, à quatre pattes sur le tapis, il lui léchait le cul ! Tu te rends compte ? Comme un klebs qu'il lui broutait le fion ! Elle avait même pas de culotte cette pouffe, je suis sûre qu'elle avait prémédité son coup ! Elle bramait des « oh oui…encore… » Quelle salope…
J'ai juste dit à Bernard : « Je remonte faire mes valises et je t'attends ». Il était blanc comme un suaire, il a pas dit un mot. Par contre, la Yaroslava, cette roulure, elle a rabaissé sa robe et s'est approchée de moi en roulant du cul, arrogante comme pas deux, me défiant du regard. Sans me quitter des yeux, en un éclair elle m'a mis une main au cul et de l'autre m'a chopé la nuque pour écraser ses lèvres de suceuse sur ma bouche et me donner un coup de langue baveuse en ajoutant avec son accent à la con : iJ'adore que ton mari il lèche mon cul. Tu devrais essayer ma chérie, c'est délicieux, tu es trop coincée toi, pourtant ton cul il est encore magnifique pour une vieille !/i.
— Je lui ai collé un pain de toutes mes forces, elle a valdingué et s'est retrouvée par terre, ramassant encore deux ou trois coups de latte de ma part. C'est Bernard qui m'a retenue, sinon je crois que je laurais tuée. Voilà. Tu sais tout. Ou presque.
— Quelle histoire…C'est…c'est très triste…Et maintenant, tu vas faire quoi ?
Fidèle à elle-même, Juliana s'est emportée, les yeux transformés en braises incandescentes.
— Comment ça, itrès triste/i? C'est tout ce que ça t'inspire ? Tu ne me dis pas que c'est un fumier, un salaud, une pourriture ton pote ? Me faire ça à moi, sa femme, qui me crève le cul depuis des années à commander des mètres cubes de ferraille et de béton, à m'occuper des mômes quand Monsieur est chez des clients ? Ce que je vais faire ? Divorcer au plus vite et le ruiner, lui faire cracher tout son pognon, je veux la maison, la bagnole, une pension et deux appartements pour les filles. Après il peut aller lécher tous les culs du monde, je m'en branle.
— Juliana…Juliana ! Tu ne crois pas que tu y vas un peu fort, là ?
Au moment où elle allait me répondre, survoltée, les deux filles sont revenues de la douche, ravissantes en petite robe d'été et là j'ai remarqué combien elles ressemblaient à leur mère, même cheveux, même regard intense et…bas du dos signé par le même sculpteur de génie. Elles ne devaient pas avoir de problème à ferrer les mâles, les deux frangines. Leur présence a semblé calmer Juliana, tant mieux.
— On a faim maman, tu veux qu'on prépare à manger ?
J'ai sauté sur l'occasion pour essayer de m'éclipser, ne souhaitant pas entendre le procès de mon pote Bernard qui, je le reconnais, avait merdé totalement. Quel con…Tromper Juliana… Autant aller se balader en slip sur l'Etna un jour d'éruption !
— Bon, Juliana, Hélène, Sandrine, je suis le seul ici qui pue encore et qui est fringué comme un clown, alors je vais vous laisser en famille. Je suis ravi de vous avoir revues, cela m'a rajeuni de quelques années, et je vous promets que si une autre fois vous faites du stop, les filles, je m'arrêterai !
— Attends Einstein (les filles ont regardé leur mère l'air interloqué, apparemment mon surnom n'avait jamais été évoqué), on s'est pas vu depuis quinze ans et tu veux te tirer comme un voleur ? Tu me vexes, là… (Très ironique) T'as peur que ta femme t'engueule ? T'as seulement la permission de dix-huit heures ? En plus si tu as pédalé tu dois crever de faim…Mettez quatre assiettes les filles, il reste. J'appelle Patricia (c'est ma femme) pour qu'elle te signe une prolongation. Ça te va, Ludo ?
Quelle chieuse…Bien que séduisante au possible, elle avait conservé sa grande gueule et son caractère de merde, dommage…Les employés de Bernard, ils ne devaient pas vraiment oser la ramener face à la femme du taulier !
C'est moi qui, pour sauver l'honneur, ai appelé ma femme et lui ai expliqué la situation, sans entrer dans les détails. Comme elle n'avait pas besoin de la voiture, j'ai dit que je restais un moment chez Juliana. Les filles ont préparé de quoi manger, une sorte de super goûter salé-sucré car il n'était que seize heures trente et que le déluge au dehors redoublait d'intensité.
Je me demandais si la Belle Andalouse allait continuer son réquisitoire en présence de ses filles, je n'ai pas eu à m'interroger longtemps.
— Merci pour le repas mes chéries, c'est délicieux. J'ai raconté à Ein…à Ludo ce que m'a fait votre pourriture de père, vous le savez peut-être pas mais étant jeunes ils étaient bons copains, c'est même votre chauffeur du jour qui a aidé votre connard de géniteur à réussir ses examens mais maintenant, il sait que je veux le plumer, le Bernard, lui faire payer au prix fort d'avoir léché le cul de cette demi-pute de Yaroslava sous notre toit.
— Maman, à chaque fois que tu en reparles tu deviens agressive, grossière, on a compris, oui il t'a trahie, oui il t'a trompée, humiliée, mais c'est encore notre père et on le voit régulièrement, nous on ne veut pas être instrumentalisées dans vos histoires de couple. Tu comprends ? Pour Ludovic, ce n'est peut-être pas un moment agréable que d'entendre ces horreurs, surtout que question détails tu es plutôt cash. Nous, Sandrine et moi, ça nous gêne un peu…alors mollo maman, cool…
— Mais putain, je rêve ou quoi ? D'abord toi, Ludo, qui me dit juste que ic'est très triste/i et maintenant vous, mes propres filles, qui semblez dire que après tout c'est pas si grave, on le voit encore…C'est quoi ces conneries ? Si en rentrant chez toi, Ludo, tu trouves Patricia en train de se faire brouter le cul par un de tes collègues tu dis juste que ic'est très triste/i ? Et vous les filles, pareil ?
— Oh maman, tu mélanges tout…D'abord il ne t'a pas trompée avec une de tes collègues, et tu oublies un peu vite que c'est grâce à lui que tu vivais dans une maison à laquelle tu n'aurais jamais osé rêver, que nous pouvons faire des études, que tes parents sont logés plutôt confortablement, que…
J'ai senti trembler le volcan Juliana et j'appréhendais l'éruption, mais les filles n'avaient pas l'air de craindre quoi que ce soit.
— Nom de Dieu Sandrine, tu retires ça tout de suite ! Tu me prends pour une pute moi aussi ? Tu crois qu'on peut m'acheter avec une piscine, un peu de marbres et un trois pièces pour mes parents ? Tu as fait le décompte ? Sa langue dans le trou du cul de Yaroslava c'est pour la piscine, et pour le court de tennis et l'appartement de tes grands-parents alors, c'est quoi ? Sa bite dans la bouche d'une autre radasse avant de baiser la comptable, mais Bobonne Juliana elle doit pas moufter pas parce qu'elle a une piscine ? Foutez-moi le camp, montez dans vos chambres ou tirez-vous chez lui !
Ni Sandrine ni Hélène n'ont bougé, regardant calmement leur mère et me faisant un petit signe me montrant qu'elles étaient désolées du spectacle. C'est Hélène qui a pris le relai.
— Non, on va rester, et toi tu vas te calmer. Tu gueules à tort et à travers, on a l'habitude, mais là tu oublies qu'il y a un invité. Un peu de courtoisie maman, s'il te plaît, Ludovic nous a ramenées saines et sauves alors ne lui fais pas regretter de nous avoir prises en stop.
Admirable la jeune frangine, ton parfait, geste apaisant envers la daronne éruptive, on sentait une longue habitude dans la gestion des poussées de lave maternelles.
— Ouais…bon…c'est vrai, excuse-moi Ludo, mais…mais…Je n'arrive pas à réaliser qu'il ait osé me faire ça.
— Moi non plus Juliana, parce que je te connais un peu, que je le connais lui aussi, et à sa place j'aurais eu peur de me faire découper en morceaux et d'être jeté aux chiens. Dans les bals, à l'époque, même les costauds du coin avaient les jetons quand tu montais les tours, faut être inconscient pour te faire un coup pareil. Le grand Fabien peut encore témoigner, s'il a survécu à ta remise au pas !
— Oh Ludo, c'est qui le Grand Fabien ? Raconte-nous ! Maman, tu ne nous as jamais parlé de lui ! C'est quoi cette histoire ?
— Pffff…Ludo…Tu fais chier…Pas besoin de raconter ça, c'est vieux…
— Vieux…vieux…oui, sans doute, mais en tout cas tu n'as pas beaucoup changé depuis on dirait ! Figurez-vous les filles, qu'à l'époque il y avait bien quelques garçons qui tournaient autour de Juliana, la beauté et le grand pouvoir de séduction de votre maman les rendait fous, moi compris je le reconnais…
- …Oh toi, t'étais plutôt du genre timide et discret, Einstein, l'intello du troupeau, tu m'as jamais mis la main au cul ni raconté ce que tu voulais me faire avec ta bite !
— C'est vrai…Bref, un soir de bal un peu arrosé, le Grand Fabien, une force de la nature que jamais personne n'aurait osé provoquer mais qui était aussi con qu'il était fort, il a parié que lui, il allait mettre sa main dans la culotte de Juliana et la ramener chez lui pour la nuit et qu'elle y resterait.
— Un mec tout en délicatesse…t'entends ça Sandrine ? Et…il a réussi ?
Là, le visage de Juliana s'est illuminé de son irrésistible sourire, ses yeux brillants de malice, son buste fièrement dressé, toujours aussi belle l'Andalouse explosive.
— Non les filles, non, il a essayé mais n'a pas réussi.
— Oh Ludo, raconte-nous la fin ! Elle a fait quoi maman ? Allez. Dis-nous ! S'il te plaît…
— Eh bien…de mémoire, car j'étais juste à côté, à peine sa main s'est-elle posée sur l'intimité de votre mère que celle-ci lui a chopé la pogne et l'a tordue de toutes ses forces, malgré la musique on a entendu le craquement des os. Le Grand Fabien s'est effondré au sol en hurlant de douleur, mais votre mère a l'amour du travail bien fait alors elle l'a dérouillé à coups de pieds si bien que son agresseur a roulé au bas des escaliers du pont de danse.
— Maman ! Mais tu étais une terreur ! Et le mec, il n'a pas cherché à se venger ?
— Il en aurait été incapable. Les pompiers sont venus le chercher en ambulance tellement il gueulait. On a su un peu plus tard qu'il avait les deux os de l'avant-bras et la mâchoire fracturés, deux côtes enfoncées et de multiples hématomes. Il y a eu enquête des flics, mais le Grand Fabien a toujours juré qu'il était tombé tout seul parce qu'il avait trop picolé, la prise de sang faite à l'hosto l'ayant amplement confirmé l'enquête s'est arrêtée. Il a perdu son boulot, et on ne l'a jamais revu par ici. En fait, à part votre mère bien sûr, votre père, deux autres copains et moi qui étions juste à côté personne n'a vraiment vu ce qui s'était passé parce qu'il y avait de la musique très fort, que tout le monde avait bu, mais beaucoup de rumeurs ont circulé sur Juliana puisque ce grand connard avait clamé haut et fort ce qu'il prétendait faire à votre maman.
— Ouais…c'est à peu près ça…C'est vrai qu'à l'époque il fallait pas m'emmerder, et lui il est allé trop loin. J'aimais plutôt bien que l'on me drague, mais en finesse, pas en m'empoignant par la chatte façon Trump !
C'est l'aînée des filles, Sandrine, qui a ramené la conversation au présent.
— Si je comprends bien, papa il a eu de la chance de ne pas se faire massacrer ! On peut peut-être penser que tu as changé, Mam's, et que de discuter avant de tout foutre en l'air est envisageable ?
— Discuter ? Mais discuter de quoi ? L'autre grand connard il m'avait juste pelotée mais votre père, lui, il…
- …Stop maman, stop, on sait ce qu'il a fait, tu nous l'as déjà dit. Mais vous pourriez peut-être vous voir une fois et discuter de la séparation en termes polis, non ?
— En termes polis ? Parce que c'est poli de lécher le trou du cul de sa locataire ? Tu veux peut-être que je lui demande quel goût ça a ?
— Pffff….Maman…Maman…enlève les piles une fois, arrête de démarrer au quart de tour…On ne lui cherche pas d'excuses à papa, et on te comprend, mais Hélène et moi aimerions que vous puissiez encore vous parler, vous voir sans vous injurier, ce n'est pas drôle pour nous de devoir planifier une semaine ici et une chez papa, on a des affaires partout, ce n'est pas pratique, et on veut pas jouer les intermédiaires encore dix ans.
Je me sentais pour le moins exclu de la négociation, alors j'ai fait une seconde tentative pour m'éclipser.
— Écoutez, là vous abordez des sujets plutôt intimes, alors je pense qu'il est temps pour moi d'aller retrouver ma routine. Merci mille fois de votre accueil, et…
— Non, attends. Toi, t'as toujours été la voix de la sagesse, je ne t'ai jamais entendu gueuler, tu étais même plutôt doué pour désamorcer nos embrouilles. Écoute-moi Ludo, et réponds-moi honnêtement. Si, maintenant, en rentrant chez toi, tu trouves Patricia le cul en l'air en train de se faire défoncer par un mec, tu fais quoi ? Tu l'empoignes par les cheveux et tu lui colles une beigne mémorable avant de la lourder ou tu lui fais une conférence sur l'adultère en lui disant que tu trouves son attitude itrès triste/i ?
— Maman ! Arrête tout de suite ! Tu vas trop loin là ! On a honte nous ! T'es pas obligé de répondre Ludo, et si tu veux partir on comprend tout à fait.
J'avoue que j'ai hésité, je ne m'attendais pas à autant de vulgarité chez Juliana, surtout pas en présence de ses filles. Mais je ne voulais pas passer pour un con ou un lâche, alors j'ai répondu.
— Tu as vraiment une grande gueule Juliana, et je suis certain que parmi ceux qui lorgnaient ton cul autrefois, pas mal ont préféré regarder ailleurs lorsqu'ils t'ont entendue ramener ta science à tort et à travers.
— Ludo Nom de Dieu !! je t'interdis de…
J'ai élevé la voix en frappant la table, déclenchant les regards ébahis d'Hélène et Sandrine, tandis qu'un lance-flammes s'allumait dans chacun des yeux de la Belle Andalouse.
— Ta gueule Juliana ! Ferme ta gueule maintenant ! Sache que tu n'es pas la personne qui peut m'interdire quoi que ce soit ! Tu m'as posé une question grossière et déplacée sur mon épouse, et c'est ta question qui mériterait une beigne, mais je vais te répondre quand même. Si ce que ton cerveau perturbé a imaginé devait se produire, je virerais sèchement l'intrus, mais je ne pense pas que je le frapperais, ni lui ni ma femme. J'ordonnerais à l'infidèle de se rhabiller et de me rejoindre sitôt en tenue décente. Et là, Juliana, là, au lieu de proférer des goujateries, de gueuler comme un putois ou de la rouer de coups je la regarderais les yeux dans les yeux et ne lui poserais qu'une seule question : Pourquoi ?
— Mais viens, entre ! Tu ne vas quand même pas rester dehors, non ? Maman, regarde qui nous a sauvées de la noyade et de la foudre et qui ne nous a même pas peloté les cuisses dans la voiture !
Sales gamines ! Apparemment elles adoraient faire monter les tours à leur mère, moi je me sentais con et j'ai dû virer au rouge écrevisse.
— Oh ça alors…Einstein en personne qui me ramène mes filles ! Une sacrée paie que je ne t'ai pas revu dis-donc, tu vas bien ? On peut se faire la bise je crois !
Elle était, à mes yeux, toujours aussi belle Juliana, même si les années l'avaient un peu empâtée, son pouvoir de séduction restait intact. Vêtue d'une longue robe sans manche, cintrée à la taille, ses inoubliables fesses fantasmes de ma jeunesse tendaient le tissu à en perdre la boussole, et le joli décolleté carré sur sa peau cuivrée faisait de la naissance de ses seins un irrépressible attrape-regard.
— Les filles vous sentez le fauve, allez vous doucher et vous changer !
— Je suis désolé de débarquer moi aussi en tenue de sport Juliana, et je crois bien que mon odeur doit joliment se rapprocher de celle de Sandrine et Hélène…
— On s'en fout Ludo, tu m'as ramené mes gamines pour lesquelles je commençais à m'inquiéter alors tu es tout pardonné ! C'est toi qui les as reconnues ?
— Oh non, c'est Sandrine, et elles m'ont rappelé l'histoire du chien dans les Grisons pour me mettre sur la voie, là j'ai tout de suite trouvé !
— T'es un type bien en fait, tu m'en as sauvé une de se faire becqueter par un connard de clébard et aujourd'hui tu me les ramènes les deux à la maison quand c'est le déluge dehors, merci ! Elles t'ont un peu raconté pourquoi je crèche dans ce clapier ?
Elle avait gardé son franc-parler, la belle Juliana, les figures de style et les phrases alambiquées ce n'était pas pour elle !
— Euh…non, pas vraiment, mais tu n'es pas obligée de me le dire. Ça ne me regarde pas directement…
— Ouais…T'étais quand même grand pote avec Sergent Garcia étant môme, vous avez fait des conneries ensemble et puis tu l'as bien aidé quand il a repris sa formation, alors je vais te dire ce qui il est devenu, ce sale con, cette ordure…
— Juliana…
- …Quoi, Juliana ? Attends avant de jouer les effarouchés ! Tu sais sûrement pas tout ! Depuis une année, dans l'appartement du rez-de-chaussé de la maison on héberge une réfugiée avec sa gamine. La guerre, les bombes, c'est pas idéal pour élever des gosses, et comme on avait de la place on s'est inscrit à une association d'accueil. Quand je l'ai vue débarquer la greluche, je me suis dit qu'il allait falloir la cadrer serré. Une blonde incendiaire, sorte de Barbie siliconée moulée dans une robe au ras du fion, une bouche à sucer des bites, pas très bon genre la Yaroslava…mais elle s'est bien adaptée, se démerde bien en français et s'occupe de sa gamine de manière impressionnante. Rien à redire, elle ne demande jamais rien.
— Tu vois, les préjugés, des fois…
— Attends, tu vas voir que je ne suis pas si conne même si je suis pas prof, moi !
Figure-toi qu'il y a un mois, je devais assister à une de ces réunions à la con pour les entrepreneurs, du bla bla pour rien, rappel des règles de sécurité et tutti quanti, pleurnicheries sur les prix etc. Pas de bol, le dernier intervenant du jour était malade, on a pu se tirer deux heures plus tôt. Tu devines la suite…
— Un peu oui, mais…mais…
— Oh y a pas de mais ! Quand j'ai débarqué, cette morue était agenouillée sur le canapé, sa robe de pute remontée sur ses reins et Bernard, à quatre pattes sur le tapis, il lui léchait le cul ! Tu te rends compte ? Comme un klebs qu'il lui broutait le fion ! Elle avait même pas de culotte cette pouffe, je suis sûre qu'elle avait prémédité son coup ! Elle bramait des « oh oui…encore… » Quelle salope…
J'ai juste dit à Bernard : « Je remonte faire mes valises et je t'attends ». Il était blanc comme un suaire, il a pas dit un mot. Par contre, la Yaroslava, cette roulure, elle a rabaissé sa robe et s'est approchée de moi en roulant du cul, arrogante comme pas deux, me défiant du regard. Sans me quitter des yeux, en un éclair elle m'a mis une main au cul et de l'autre m'a chopé la nuque pour écraser ses lèvres de suceuse sur ma bouche et me donner un coup de langue baveuse en ajoutant avec son accent à la con : iJ'adore que ton mari il lèche mon cul. Tu devrais essayer ma chérie, c'est délicieux, tu es trop coincée toi, pourtant ton cul il est encore magnifique pour une vieille !/i.
— Je lui ai collé un pain de toutes mes forces, elle a valdingué et s'est retrouvée par terre, ramassant encore deux ou trois coups de latte de ma part. C'est Bernard qui m'a retenue, sinon je crois que je laurais tuée. Voilà. Tu sais tout. Ou presque.
— Quelle histoire…C'est…c'est très triste…Et maintenant, tu vas faire quoi ?
Fidèle à elle-même, Juliana s'est emportée, les yeux transformés en braises incandescentes.
— Comment ça, itrès triste/i? C'est tout ce que ça t'inspire ? Tu ne me dis pas que c'est un fumier, un salaud, une pourriture ton pote ? Me faire ça à moi, sa femme, qui me crève le cul depuis des années à commander des mètres cubes de ferraille et de béton, à m'occuper des mômes quand Monsieur est chez des clients ? Ce que je vais faire ? Divorcer au plus vite et le ruiner, lui faire cracher tout son pognon, je veux la maison, la bagnole, une pension et deux appartements pour les filles. Après il peut aller lécher tous les culs du monde, je m'en branle.
— Juliana…Juliana ! Tu ne crois pas que tu y vas un peu fort, là ?
Au moment où elle allait me répondre, survoltée, les deux filles sont revenues de la douche, ravissantes en petite robe d'été et là j'ai remarqué combien elles ressemblaient à leur mère, même cheveux, même regard intense et…bas du dos signé par le même sculpteur de génie. Elles ne devaient pas avoir de problème à ferrer les mâles, les deux frangines. Leur présence a semblé calmer Juliana, tant mieux.
— On a faim maman, tu veux qu'on prépare à manger ?
J'ai sauté sur l'occasion pour essayer de m'éclipser, ne souhaitant pas entendre le procès de mon pote Bernard qui, je le reconnais, avait merdé totalement. Quel con…Tromper Juliana… Autant aller se balader en slip sur l'Etna un jour d'éruption !
— Bon, Juliana, Hélène, Sandrine, je suis le seul ici qui pue encore et qui est fringué comme un clown, alors je vais vous laisser en famille. Je suis ravi de vous avoir revues, cela m'a rajeuni de quelques années, et je vous promets que si une autre fois vous faites du stop, les filles, je m'arrêterai !
— Attends Einstein (les filles ont regardé leur mère l'air interloqué, apparemment mon surnom n'avait jamais été évoqué), on s'est pas vu depuis quinze ans et tu veux te tirer comme un voleur ? Tu me vexes, là… (Très ironique) T'as peur que ta femme t'engueule ? T'as seulement la permission de dix-huit heures ? En plus si tu as pédalé tu dois crever de faim…Mettez quatre assiettes les filles, il reste. J'appelle Patricia (c'est ma femme) pour qu'elle te signe une prolongation. Ça te va, Ludo ?
Quelle chieuse…Bien que séduisante au possible, elle avait conservé sa grande gueule et son caractère de merde, dommage…Les employés de Bernard, ils ne devaient pas vraiment oser la ramener face à la femme du taulier !
C'est moi qui, pour sauver l'honneur, ai appelé ma femme et lui ai expliqué la situation, sans entrer dans les détails. Comme elle n'avait pas besoin de la voiture, j'ai dit que je restais un moment chez Juliana. Les filles ont préparé de quoi manger, une sorte de super goûter salé-sucré car il n'était que seize heures trente et que le déluge au dehors redoublait d'intensité.
Je me demandais si la Belle Andalouse allait continuer son réquisitoire en présence de ses filles, je n'ai pas eu à m'interroger longtemps.
— Merci pour le repas mes chéries, c'est délicieux. J'ai raconté à Ein…à Ludo ce que m'a fait votre pourriture de père, vous le savez peut-être pas mais étant jeunes ils étaient bons copains, c'est même votre chauffeur du jour qui a aidé votre connard de géniteur à réussir ses examens mais maintenant, il sait que je veux le plumer, le Bernard, lui faire payer au prix fort d'avoir léché le cul de cette demi-pute de Yaroslava sous notre toit.
— Maman, à chaque fois que tu en reparles tu deviens agressive, grossière, on a compris, oui il t'a trahie, oui il t'a trompée, humiliée, mais c'est encore notre père et on le voit régulièrement, nous on ne veut pas être instrumentalisées dans vos histoires de couple. Tu comprends ? Pour Ludovic, ce n'est peut-être pas un moment agréable que d'entendre ces horreurs, surtout que question détails tu es plutôt cash. Nous, Sandrine et moi, ça nous gêne un peu…alors mollo maman, cool…
— Mais putain, je rêve ou quoi ? D'abord toi, Ludo, qui me dit juste que ic'est très triste/i et maintenant vous, mes propres filles, qui semblez dire que après tout c'est pas si grave, on le voit encore…C'est quoi ces conneries ? Si en rentrant chez toi, Ludo, tu trouves Patricia en train de se faire brouter le cul par un de tes collègues tu dis juste que ic'est très triste/i ? Et vous les filles, pareil ?
— Oh maman, tu mélanges tout…D'abord il ne t'a pas trompée avec une de tes collègues, et tu oublies un peu vite que c'est grâce à lui que tu vivais dans une maison à laquelle tu n'aurais jamais osé rêver, que nous pouvons faire des études, que tes parents sont logés plutôt confortablement, que…
J'ai senti trembler le volcan Juliana et j'appréhendais l'éruption, mais les filles n'avaient pas l'air de craindre quoi que ce soit.
— Nom de Dieu Sandrine, tu retires ça tout de suite ! Tu me prends pour une pute moi aussi ? Tu crois qu'on peut m'acheter avec une piscine, un peu de marbres et un trois pièces pour mes parents ? Tu as fait le décompte ? Sa langue dans le trou du cul de Yaroslava c'est pour la piscine, et pour le court de tennis et l'appartement de tes grands-parents alors, c'est quoi ? Sa bite dans la bouche d'une autre radasse avant de baiser la comptable, mais Bobonne Juliana elle doit pas moufter pas parce qu'elle a une piscine ? Foutez-moi le camp, montez dans vos chambres ou tirez-vous chez lui !
Ni Sandrine ni Hélène n'ont bougé, regardant calmement leur mère et me faisant un petit signe me montrant qu'elles étaient désolées du spectacle. C'est Hélène qui a pris le relai.
— Non, on va rester, et toi tu vas te calmer. Tu gueules à tort et à travers, on a l'habitude, mais là tu oublies qu'il y a un invité. Un peu de courtoisie maman, s'il te plaît, Ludovic nous a ramenées saines et sauves alors ne lui fais pas regretter de nous avoir prises en stop.
Admirable la jeune frangine, ton parfait, geste apaisant envers la daronne éruptive, on sentait une longue habitude dans la gestion des poussées de lave maternelles.
— Ouais…bon…c'est vrai, excuse-moi Ludo, mais…mais…Je n'arrive pas à réaliser qu'il ait osé me faire ça.
— Moi non plus Juliana, parce que je te connais un peu, que je le connais lui aussi, et à sa place j'aurais eu peur de me faire découper en morceaux et d'être jeté aux chiens. Dans les bals, à l'époque, même les costauds du coin avaient les jetons quand tu montais les tours, faut être inconscient pour te faire un coup pareil. Le grand Fabien peut encore témoigner, s'il a survécu à ta remise au pas !
— Oh Ludo, c'est qui le Grand Fabien ? Raconte-nous ! Maman, tu ne nous as jamais parlé de lui ! C'est quoi cette histoire ?
— Pffff…Ludo…Tu fais chier…Pas besoin de raconter ça, c'est vieux…
— Vieux…vieux…oui, sans doute, mais en tout cas tu n'as pas beaucoup changé depuis on dirait ! Figurez-vous les filles, qu'à l'époque il y avait bien quelques garçons qui tournaient autour de Juliana, la beauté et le grand pouvoir de séduction de votre maman les rendait fous, moi compris je le reconnais…
- …Oh toi, t'étais plutôt du genre timide et discret, Einstein, l'intello du troupeau, tu m'as jamais mis la main au cul ni raconté ce que tu voulais me faire avec ta bite !
— C'est vrai…Bref, un soir de bal un peu arrosé, le Grand Fabien, une force de la nature que jamais personne n'aurait osé provoquer mais qui était aussi con qu'il était fort, il a parié que lui, il allait mettre sa main dans la culotte de Juliana et la ramener chez lui pour la nuit et qu'elle y resterait.
— Un mec tout en délicatesse…t'entends ça Sandrine ? Et…il a réussi ?
Là, le visage de Juliana s'est illuminé de son irrésistible sourire, ses yeux brillants de malice, son buste fièrement dressé, toujours aussi belle l'Andalouse explosive.
— Non les filles, non, il a essayé mais n'a pas réussi.
— Oh Ludo, raconte-nous la fin ! Elle a fait quoi maman ? Allez. Dis-nous ! S'il te plaît…
— Eh bien…de mémoire, car j'étais juste à côté, à peine sa main s'est-elle posée sur l'intimité de votre mère que celle-ci lui a chopé la pogne et l'a tordue de toutes ses forces, malgré la musique on a entendu le craquement des os. Le Grand Fabien s'est effondré au sol en hurlant de douleur, mais votre mère a l'amour du travail bien fait alors elle l'a dérouillé à coups de pieds si bien que son agresseur a roulé au bas des escaliers du pont de danse.
— Maman ! Mais tu étais une terreur ! Et le mec, il n'a pas cherché à se venger ?
— Il en aurait été incapable. Les pompiers sont venus le chercher en ambulance tellement il gueulait. On a su un peu plus tard qu'il avait les deux os de l'avant-bras et la mâchoire fracturés, deux côtes enfoncées et de multiples hématomes. Il y a eu enquête des flics, mais le Grand Fabien a toujours juré qu'il était tombé tout seul parce qu'il avait trop picolé, la prise de sang faite à l'hosto l'ayant amplement confirmé l'enquête s'est arrêtée. Il a perdu son boulot, et on ne l'a jamais revu par ici. En fait, à part votre mère bien sûr, votre père, deux autres copains et moi qui étions juste à côté personne n'a vraiment vu ce qui s'était passé parce qu'il y avait de la musique très fort, que tout le monde avait bu, mais beaucoup de rumeurs ont circulé sur Juliana puisque ce grand connard avait clamé haut et fort ce qu'il prétendait faire à votre maman.
— Ouais…c'est à peu près ça…C'est vrai qu'à l'époque il fallait pas m'emmerder, et lui il est allé trop loin. J'aimais plutôt bien que l'on me drague, mais en finesse, pas en m'empoignant par la chatte façon Trump !
C'est l'aînée des filles, Sandrine, qui a ramené la conversation au présent.
— Si je comprends bien, papa il a eu de la chance de ne pas se faire massacrer ! On peut peut-être penser que tu as changé, Mam's, et que de discuter avant de tout foutre en l'air est envisageable ?
— Discuter ? Mais discuter de quoi ? L'autre grand connard il m'avait juste pelotée mais votre père, lui, il…
- …Stop maman, stop, on sait ce qu'il a fait, tu nous l'as déjà dit. Mais vous pourriez peut-être vous voir une fois et discuter de la séparation en termes polis, non ?
— En termes polis ? Parce que c'est poli de lécher le trou du cul de sa locataire ? Tu veux peut-être que je lui demande quel goût ça a ?
— Pffff….Maman…Maman…enlève les piles une fois, arrête de démarrer au quart de tour…On ne lui cherche pas d'excuses à papa, et on te comprend, mais Hélène et moi aimerions que vous puissiez encore vous parler, vous voir sans vous injurier, ce n'est pas drôle pour nous de devoir planifier une semaine ici et une chez papa, on a des affaires partout, ce n'est pas pratique, et on veut pas jouer les intermédiaires encore dix ans.
Je me sentais pour le moins exclu de la négociation, alors j'ai fait une seconde tentative pour m'éclipser.
— Écoutez, là vous abordez des sujets plutôt intimes, alors je pense qu'il est temps pour moi d'aller retrouver ma routine. Merci mille fois de votre accueil, et…
— Non, attends. Toi, t'as toujours été la voix de la sagesse, je ne t'ai jamais entendu gueuler, tu étais même plutôt doué pour désamorcer nos embrouilles. Écoute-moi Ludo, et réponds-moi honnêtement. Si, maintenant, en rentrant chez toi, tu trouves Patricia le cul en l'air en train de se faire défoncer par un mec, tu fais quoi ? Tu l'empoignes par les cheveux et tu lui colles une beigne mémorable avant de la lourder ou tu lui fais une conférence sur l'adultère en lui disant que tu trouves son attitude itrès triste/i ?
— Maman ! Arrête tout de suite ! Tu vas trop loin là ! On a honte nous ! T'es pas obligé de répondre Ludo, et si tu veux partir on comprend tout à fait.
J'avoue que j'ai hésité, je ne m'attendais pas à autant de vulgarité chez Juliana, surtout pas en présence de ses filles. Mais je ne voulais pas passer pour un con ou un lâche, alors j'ai répondu.
— Tu as vraiment une grande gueule Juliana, et je suis certain que parmi ceux qui lorgnaient ton cul autrefois, pas mal ont préféré regarder ailleurs lorsqu'ils t'ont entendue ramener ta science à tort et à travers.
— Ludo Nom de Dieu !! je t'interdis de…
J'ai élevé la voix en frappant la table, déclenchant les regards ébahis d'Hélène et Sandrine, tandis qu'un lance-flammes s'allumait dans chacun des yeux de la Belle Andalouse.
— Ta gueule Juliana ! Ferme ta gueule maintenant ! Sache que tu n'es pas la personne qui peut m'interdire quoi que ce soit ! Tu m'as posé une question grossière et déplacée sur mon épouse, et c'est ta question qui mériterait une beigne, mais je vais te répondre quand même. Si ce que ton cerveau perturbé a imaginé devait se produire, je virerais sèchement l'intrus, mais je ne pense pas que je le frapperais, ni lui ni ma femme. J'ordonnerais à l'infidèle de se rhabiller et de me rejoindre sitôt en tenue décente. Et là, Juliana, là, au lieu de proférer des goujateries, de gueuler comme un putois ou de la rouer de coups je la regarderais les yeux dans les yeux et ne lui poserais qu'une seule question : Pourquoi ?
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Commentaires ()
Vivement la suite
Bien ecrit et captivant
Tu as plein d'imagination et de vrais talents de conteur, doué pour rendre vivants tes personnages.
On a envie de connaître la suite...