Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La psychologue — Chapitre 1 · La rencontre
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La psychologue
Chapitre 1 · La rencontre
Je regarde l'immeuble devant moi. Sobre, sans charme particulier. Juste une plaque discrète sur la porte : Docteure L. Moreau, psychologue clinicienne. J'hésite une demi-seconde, la main sur la poignée. Il y a quelque chose de ridicule dans ce moment, je trouve. À quarante ans, venir parler à une inconnue de choses que je n'ai jamais su dire à personne... C'est presque risible. Ou peut-être que non. Peut-être que c'est juste nécessaire.
Je pousse la porte.
Le hall est silencieux, presque trop. Mon pas résonne un peu sur le parquet. J'ai mis une chemise sombre, propre, mais froissée. Un jean, mes bottines. Classique. Neutre. Je ne voulais pas avoir l'air de quelqu'un qui fait des efforts. Ni de quelqu'un qui s'en fout.
J'arrive devant la porte du cabinet. Elle est entrouverte. J'attends quelques secondes, puis je frappe doucement.
Je pousse la porte.
Le hall est silencieux, presque trop. Mon pas résonne un peu sur le parquet. J'ai mis une chemise sombre, propre, mais froissée. Un jean, mes bottines. Classique. Neutre. Je ne voulais pas avoir l'air de quelqu'un qui fait des efforts. Ni de quelqu'un qui s'en fout.
J'arrive devant la porte du cabinet. Elle est entrouverte. J'attends quelques secondes, puis je frappe doucement.
— Entrez, me dit une voix calme. Chaleureuse, presque sensuelle.
Je pousse la porte. Et là, je la vois.
Elle est assise, jambes croisées, carnet sur les genoux. Une quarantaine d'années aussi, peut-être un peu plus. Lunettes noires, fines. Un chemisier clair, une jupe foncée. Élégante. Belle. Belle d'une manière qui met mal à l'aise. Pas parce qu'elle cherche à l'être. Juste... parce que ça émane d'elle.
Elle me sourit. Ce genre de sourire qui n'est ni faux ni trop gentil. Juste assez pour désarmer. Je sens mon dos se raidir un peu plus.
Elle est assise, jambes croisées, carnet sur les genoux. Une quarantaine d'années aussi, peut-être un peu plus. Lunettes noires, fines. Un chemisier clair, une jupe foncée. Élégante. Belle. Belle d'une manière qui met mal à l'aise. Pas parce qu'elle cherche à l'être. Juste... parce que ça émane d'elle.
Elle me sourit. Ce genre de sourire qui n'est ni faux ni trop gentil. Juste assez pour désarmer. Je sens mon dos se raidir un peu plus.
— Jean-François ? Bonjour. Installez-vous.
Je m'assois dans le fauteuil face à elle. Il est trop moelleux. Trop accueillant. J'ai envie de rester raide, de garder le contrôle, mais mon corps s'enfonce un peu malgré moi.
— Vous venez pour parler de votre enfance, il me semble ? commence-t-elle, en relevant brièvement les yeux de son carnet.
Je hoche la tête. Ma gorge est sèche. Je ne sais pas par quoi commencer. Comment on fait ça ? On balance tout d'un coup ? On parle du père qui n'a jamais été là ? De la mère fatiguée, absente même quand elle était dans la pièce ? Des nuits à attendre que quelque chose change ?
— J'ai pas trop l'habitude de... parler, je dis. Enfin... pas comme ça.
Elle ne dit rien. Elle attend. Juste ce silence, rempli de son regard attentif. Pas un regard de pitié. Un regard de... lecture. Comme si elle essayait de me deviner. Et ça, ça me fout un peu la trouille.
— Ce n'était pas simple, mon enfance. Voilà. Je ne sais pas comment dire ça autrement.
Je m'entends parler. C'est bizarre. Comme si c'était quelqu'un d'autre. Comme si les mots avaient été enfermés trop longtemps et sortaient d'eux-mêmes, un peu bruts, un peu maladroits.
— J'étais souvent seul, je continue. J'ai appris à me débrouiller tôt. Trop tôt, sûrement. Et à me taire. Surtout à me taire.
Elle ne m'interrompt pas. Elle hoche légèrement la tête. Je remarque ses mains, posées sur ses genoux. Fines, détendues. Tout en elle est calme. Moi, j'ai les mains crispées sur les accoudoirs du fauteuil.
— J'suis pas venu pour qu'on me plaigne, hein. Je veux juste... comprendre. Pourquoi y a des choses que je ne ressens pas. Ou trop fort. Pourquoi je dors mal. Pourquoi, parfois, j'ai l'impression de pas être vraiment là.
Ma voix tremble un peu sur la fin. Merde. Je me racle la gorge. Elle prend une note rapide, puis me regarde à nouveau.
— Merci, Jean-François. Ce que vous venez de dire, c'est déjà beaucoup.
Je détourne le regard, un peu gêné. Mais au fond, je sens un truc bouger. Un nœud qui se relâche. Minuscule, mais réel.
Peut-être que j'ai eu raison de venir.
Mon regard s'attarde sur sa beauté, presque troublante :
Elle est dans la quarantaine, mais le temps semble s'être arrêté sur elle. Une beauté mature, affirmée, avec cette assurance tranquille des femmes qui savent ce qu'elles veulent – et savent qu'on les regarde.
Peut-être que j'ai eu raison de venir.
Mon regard s'attarde sur sa beauté, presque troublante :
Elle est dans la quarantaine, mais le temps semble s'être arrêté sur elle. Une beauté mature, affirmée, avec cette assurance tranquille des femmes qui savent ce qu'elles veulent – et savent qu'on les regarde.
Ses cheveux, bruns profonds aux reflets acajou, tombent en cascade souple sur ses épaules. Elle les remonte parfois en un chignon savamment négligé, laissant échapper quelques mèches rebelles qui encadrent son visage. Ses lunettes, fines et noires, soulignent ses yeux de velours, perçants, presque hypnotiques. Lorsqu'elle vous fixe en silence, avec ce petit sourire en coin, on se demande si elle lit en vous... ou si elle joue.
Elle porte une blouse légèrement ouverte sur un décolleté discret, mais suggéré, une jupe crayon qui épouse ses hanches avec une précision troublante, et des talons qui rythment ses pas avec une lenteur mesurée. Sa voix est douce, posée, avec cette inflexion chaude qui effleure l'oreille plus qu'elle ne parle. Chaque mot semble caresser plutôt qu'expliquer.
Elle croise les jambes avec une élégance fluide, ses gestes sont lents, délibérés. Tout en elle respire le contrôle, mais laisse deviner une tension plus profonde, presque magnétique. Un parfum subtil flotte autour d'elle – mélange de bois ambrés et de fleurs blanches – une promesse discrète d'intimité et de mystère.
Elle est psychologue, oui. Mais elle vous donne l'impression que dans ce bureau, c'est vous qui êtes mis à nu.
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Séance 4
Je suis revenu. Encore. Et encore. Ce n'était plus seulement une question de thérapie. C'était elle. Sa présence. Cette manière d'être là, intensément, sans rien forcer. Une écoute qui devenait presque charnelle.
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Séance 4
Je suis revenu. Encore. Et encore. Ce n'était plus seulement une question de thérapie. C'était elle. Sa présence. Cette manière d'être là, intensément, sans rien forcer. Une écoute qui devenait presque charnelle.
Aujourd'hui, j'arrive dix minutes trop tôt. Je fais semblant d'attendre, d'être distrait. Mais je guette. Quand elle ouvre la porte, quelque chose se serre en moi. Un détail infime me trouble : ses cheveux relevés, la nuque nue. Je ne devrais pas y penser. Mais je pense à elle. Constamment.
Je m'installe. Elle me regarde, comme toujours, sans jugement. Mais aujourd'hui, son regard me semble plus profond. Ou c'est moi qui délire. Je bouge trop. Je croise les jambes, les décroise. Je sens la tension, partout.
— Vous semblez plus nerveux que d'habitude, dit-elle doucement.
Je la fixe. Je pourrais détourner la tête. Choisir la sécurité. Mais j'en suis incapable.
— J'ai rêvé de vous cette nuit.
Elle ne répond pas tout de suite. Un léger silence. Puis :
— Vous voulez m'en parler ?
Je hoche la tête. Je parle à mi-voix.
— Vous étiez là. Trop proche. Vous ne disiez rien. Mais je sentais votre respiration. Vos gestes. Comme si vous m'écoutiez autrement.
Elle croise lentement les jambes. Je déglutis. Mon corps réagit, malgré moi. Tout en elle devient langage.
— Ce genre de transfert arrive, dit-elle calmement. Ce que vous ressentez ici... fait partie de ce qui se travaille. Ce n'est pas honteux.
Je la regarde fixement.
— Et vous ? Est-ce que vous ressentez quelque chose, vous, quand je vous parle ?
Elle pose son stylo. Regarde droit devant elle, puis vers moi. Son regard est franc, presque trop clair.
— Ce que je ressens... n'a pas toujours sa place ici. Mais ça ne veut pas dire que je ne ressens rien.
Elle s'approche légèrement. Ses mots flottent entre nous. Et puis :
— Vous n'êtes pas invisible, Jean-François.
Le fait qu'elle prononce mon prénom. Doucement. C'est une faille. Une bascule. Un passage.
Je me lève sans savoir pourquoi. Elle aussi. Nous sommes face à face. Elle ne dit rien. Elle ne recule pas. Nos souffles se mêlent. Je pose une main sur sa joue. Elle ferme les yeux.
Quand nos lèvres se rencontrent, tout s'effondre. Tout se réinvente.
Elle m'attire contre elle, sans hâte. Je la sens vibrer sous mes doigts. Son corps s'ouvre, se tend, se donne. Nous tombons à genoux, au pied du divan. Nos vêtements s'éparpillent entre les respirations, les gestes hâtifs, tremblés.
Je me lève sans savoir pourquoi. Elle aussi. Nous sommes face à face. Elle ne dit rien. Elle ne recule pas. Nos souffles se mêlent. Je pose une main sur sa joue. Elle ferme les yeux.
Quand nos lèvres se rencontrent, tout s'effondre. Tout se réinvente.
Elle m'attire contre elle, sans hâte. Je la sens vibrer sous mes doigts. Son corps s'ouvre, se tend, se donne. Nous tombons à genoux, au pied du divan. Nos vêtements s'éparpillent entre les respirations, les gestes hâtifs, tremblés.
Je la pénètre avec une lenteur retenue. Elle me serre contre elle. Chaque mouvement est un cri silencieux. Une implosion maîtrisée.
Son orgasme est profond, intérieur, muet. Elle s'accroche à moi. Et moi, je me perds en elle. Encore. Fort. Totalement.
Nous restons un long moment sans bouger. Nus. Enlacés. Son front contre mon épaule. Son souffle lent.
Puis nous nous rhabillons. Sans parler. Mais avec une douceur nouvelle. Comme si nos gestes de tissu sur la peau voulaient retenir quelque chose de cet instant.
Je me dirige vers la porte. Me retourne.
Son orgasme est profond, intérieur, muet. Elle s'accroche à moi. Et moi, je me perds en elle. Encore. Fort. Totalement.
Nous restons un long moment sans bouger. Nus. Enlacés. Son front contre mon épaule. Son souffle lent.
Puis nous nous rhabillons. Sans parler. Mais avec une douceur nouvelle. Comme si nos gestes de tissu sur la peau voulaient retenir quelque chose de cet instant.
Je me dirige vers la porte. Me retourne.
— On se revoit ?
Elle sourit. Un vrai sourire. Contenu, mais présent.
— Oui. Je veux que tu reviennes.
Elle m'a dit "tu". Le vrai glissement, c'est celui-là.
Je sors. Le monde dehors est flou. Mais une chose est sûre : rien ne sera plus jamais comme avant.
Je sors. Le monde dehors est flou. Mais une chose est sûre : rien ne sera plus jamais comme avant.
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