Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Séduction et frustration — Chapitre 1 · Les débuts
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Séduction et frustration
Chapitre 1 · Les débuts
Je m'appelle Florent, j'ai 20 ans. J'ai toujours été un bon élève, brillant même, d'après certains profs, mais complètement à la ramasse avec les filles. Trop timide, trop maladroit, je finissais presque toujours dans la case "ami". Je n'osais jamais tenter quoi que ce soit : séduire me semblait être un art aussi mystérieux qu'inaccessible.
Quand ma deuxième année de lettres modernes commence, je me lie d'amitié avec Alexandre, un gars de ma promo. Le genre de mec que j'admire autant qu'il m'intimide : à l'aise, charmeur, un brin baratineur. Il a toujours une répartie en poche, un sourire aux lèvres, et surtout, toujours quelques filles qui gravitent autour de lui. Quatre ou cinq, facile. Et lui, il adore ça. Il joue, il charme, il s'amuse.
Au bout de quelques semaines, il m'invite à une soirée.
Je n'ai pas envie d'y aller. Je ne connais personne. Mais il insiste :
— Flo, je te connais... Tu vas rester chez toi à mater une série en mangeant des pâtes. Si je dois venir te chercher moi-même, je le ferai. Y aura plein de meufs, c'est l'occasion de parler un peu. Allez, viens !
Je finis par céder. Son enthousiasme est contagieux, et quelque part, je me dis que ça pourrait me faire du bien.
Je débarque seul au bar dont il m'a envoyé l'adresse. Il y a du monde, de la musique, des rires, mais aucun visage familier. Je m'installe à une table, commande un verre, et m'efforce de calmer cette angoisse sociale qui serre mon ventre.
Trente minutes passent. Je commence à regretter d'être venu quand une fille s'assoit à côté de moi. Ou plutôt, elle s'effondre presque sur le seul siège libre. Je comprends vite qu'elle a un peu trop forcé sur l'alcool.
Elle se tourne vers moi avec un sourire maladroit :
— Bah alors ? T'as pas dit un mot depuis que t'es là !
Je prends une grande inspiration. C'est maintenant ou jamais. Soit je continue à faire pot de fleurs, soit je tente. Après tout, Alex m'a ouvert une porte, mais c'est à moi de franchir le seuil.
Elle s'appelle Lisa. Grande, brune, mince, un sourire charmeur. Elle porte un simple haut blanc et un short en jean déchiré. Comme moi, elle ne connaît presque personne ici. Elle m'explique qu'en temps normal, elle n'aime pas trop les gens. Trop bruyants, trop faux, trop tout. Mais l'alcool, chez elle, agit comme un interrupteur : tout s'inverse. Elle devient sociable, expansive, presque euphorique. Ce soir-là, elle rit fort, parle à tout le monde, et m'offre ce qui semble être sa confiance sans réserve.
Et, contre toute attente, on se met à parler. Vraiment parler.
Pas de ces échanges superficiels qu'on aligne en soirée pour combler le vide. Non. On parle de nos études, de nos complexes, de nos rêves étranges. On rigole de tout, surtout de nous-mêmes. Je découvre une fille brillante sous le vernis de l'ivresse, une fille au sarcasme vif, au regard franc, et au rire communicatif.
Je ne sais pas comment l'expliquer, mais une alchimie naît, spontanée. Une connexion immédiate. Le genre de rencontre rare, imprévisible, où tu sens qu'il se passe quelque chose — pas forcément de l'amour, mais un lien. Un truc vrai.
Quand la soirée se termine, elle me demande que nous échangions nos numéros puis me prend dans ses bras comme si on se connaissait depuis des années. Puis elle me glisse, un peu pompette :
— Toi, t'es mon nouveau meilleur pote. Et j'ai pas envie que tu me dises non.
Et moi, je souris bêtement. Parce que je sais déjà que j'ai dit oui.
Dès le lendemain, on commence à s'écrire. Un message, puis deux, puis cinquante. On s'envoie des blagues nulles, des pensées du jour, des trucs sans intérêt, mais qu'on est sûr que l'autre va comprendre. On devient inséparables sans vraiment s'en rendre compte. Chaque pause déjeuner, chaque trou dans l'emploi du temps devient une excuse pour se retrouver.
Elle me pousse à sortir de ma coquille. M'inscrit à des soirées que je n'aurais jamais osé envisager. Me fait rire quand je doute. Et moi, je l'écoute quand elle craque. Je la calme quand elle s'emporte. On s'équilibre. Comme si nos failles s'emboîtaient parfaitement.
Rapidement, les autres commencent à nous voir comme un duo indissociable. « Flo et Lisa », comme un seul prénom. Certains pensent qu'on est ensemble. D'autres se demandent pourquoi on ne l'est pas. Mais nous, on s'en fout. On vit un truc rare : une amitié vraie, brute, lumineuse. Quelque chose de plus solide que la plupart des histoires d'amour.
Et au fond de moi, je sens que ma vie vient de basculer. Qu'elle ne sera plus jamais la même. Parce que Lisa est entrée dedans comme un ouragan. Et que pour une fois, je n'ai pas cherché à fuir.
Au fil des semaines, quelque chose change.
Pas dans notre amitié qui, elle, reste fidèle à elle-même : solaire, imprévisible, profondément libre. Non, c'est en moi que ça bascule. Doucement, puis violemment. Un soir, alors qu'on regarde un film, affalés sur son canapé, en pyjama, je la vois rire à une blague nulle, la bouche pleine de pop-corn. Et je me dis que je pourrais l'embrasser là, maintenant. Que j'en ai envie comme jamais je n'ai désiré quelqu'un.
Et c'est là que je comprends : je suis amoureux.
Pas le petit crush passager. Pas l'envie floue qu'on projette sur une inconnue. Non, un truc viscéral. L'envie d'être à elle, pour de vrai. L'envie de l'embrasser, de la faire rire, de l'emmener au lit et de lui faire l'amour avec toute la tendresse du monde, puis sauvagement. L'envie de me réveiller à côté d'elle, de lui dire que je suis là, pour toujours si elle veut bien. Comme dans une comédie romantique des années 90.
Et pourtant, je me tais.
Parce que j'ai trop souvent été ce mec-là : le confident, le « tu mérites tellement mieux », le gars sympa qu'on adore... mais auquel on ne pense jamais comme ça. J'ai l'habitude de la friendzone comme d'un vieux manteau qu'on remet chaque hiver, un peu râpé, mais familier.
Et puis, j'ai peur.
Peur que ce soit trop tard. Peur que si je lui avoue tout ça, elle recule. Qu'elle me regarde avec cet air gêné, désolé, celui que je connais trop bien. Que je la perde, elle.
Alors je fais ce que je sais faire de mieux : je fais semblant.
Je souris nerveusement quand elle me parle d'un mec qui lui a envoyé un message. Elle n'hésite pas à rentrer dans les détails en plus. Est-ce pour me rendre jaloux ? Je rentre chez moi le cœur plein de manque et l'imagination débordante. Et certains soirs, quand je pense à elle seul dans mon lit, je fantasme. Je tente d'imaginer ce qui se cache sous ce pyjama. Comme si la frustration de ne pas l'avoir accentuait mon désir. Peut-être fais-je exprès de m'approcher au plus près de ce que je veux, de me créer cette frustration extrême pour pouvoir me donner la meilleure branlette de ma vie, en pensant à ce que pourrait être notre première nuit ensemble...
(A suivre...)
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