Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les douze travaux de Mathilde — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Les douze travaux de Mathilde
Chapitre 2
L'heure qui a suivi a été bizarre. Je n'arrêtais pas de réfléchir à cette situation ubuesque. Je me suis même demandé si je n'allais pas appeler la police. D'un autre côté, c'était peut-être un gros porc, mais il n'avait rien fait d'illégal. J'avais aussi envie de voir le collier. À quoi ressemblait un objet qui coûtait aussi cher ? J'ai cogité, cogité... Finalement, ma collègue est arrivée pour prendre son shift. Elle avait une dizaine de minutes d'avance. Elle a enlevé sa doudoune et m'a tapé une petite bise. Je crois qu'elle aimait bien venir au travail, et que ça ne la dérangeait pas de rester éveillée la nuit.
— Tout s'est bien passé, meuf ?
— Oui, rien à signaler.
— Oui, rien à signaler.
J'ai commencé à ramasser mes affaires pour lui laisser la place.
— Ça va pas ? elle a demandé.
— Un peu fatiguée, j'ai dit en haussant les épaules.
— Alors, rentre te coucher.
— Un peu fatiguée, j'ai dit en haussant les épaules.
— Alors, rentre te coucher.
J'ai hésité un peu avant de répondre :
— Je peux pas ce soir. J'ai une soirée.
— Ah ouaaaaiiis ? Moi qui te croyais hyper-casanière !
— Ah ouaaaaiiis ? Moi qui te croyais hyper-casanière !
C'était vrai que, jusqu'à maintenant, j'étais toujours rentrée me coucher directement après le travail, raison pour laquelle elle se moquait pas mal de moi comme quoi j'avais la vie d'une petite vieille à la retraite. Tout le contraire d'elle qui adorait la teuf, qui sortait régulièrement en boîte de nuit où elle rencontrait des garçons qu'elle ne revoyait plus ensuite.
— C'est l'anniversaire d'une copine, j'ai ajouté. J'ai la flemme, mais j'ai pas le choix d'y aller. C'est déguisé, en plus.
— Y a un thème ?
— Ouais. Festival de Cannes.
— Oh la la, meuf ! Ça va être chic, alors.
— Ouais. Mais j'ai peur que ma tenue soit un peu vulgaire. Qu'est-ce que t'en penses ?
— Y a un thème ?
— Ouais. Festival de Cannes.
— Oh la la, meuf ! Ça va être chic, alors.
— Ouais. Mais j'ai peur que ma tenue soit un peu vulgaire. Qu'est-ce que t'en penses ?
J'ai sorti la robe du sac et elle a poussé un petit sifflement.
— Oh la la, meuf. Tu vas être graaaave sexy !
— C'est pas too much ?
— Vas-y, essaie-la, faut que je vois ça !
— C'est pas too much ?
— Vas-y, essaie-la, faut que je vois ça !
Laissant Vanessa derrière le comptoir, je me suis levée pour aller dans le vestiaire des employés. Enfin, vestiaire, c'est un grand mot. C'est plutôt une sorte de débarras avec un miroir, une toilette et un évier, où on entasse nos affaires. Je me suis déshabillée et j'ai enfilé la robe, mais impossible de la fermer, parce que la fermeture éclair était dans le dos.
— Waow, meuf. T'es canon. Littéralement, a dit Vanessa en remontant le zip depuis la naissance de mes fesses jusqu'en haut de mon dos.
— Je me sens ridicule.
— Pas du tout. Tous les mecs vont te baver dessus.
— Je me sens ridicule.
— Pas du tout. Tous les mecs vont te baver dessus.
Je suis restée silencieuse. Je me voyais dans les vitres du hall de l'hôtel. J'avais l'air d'une fille que je n'étais pas. Une fille plus élégante bien sûr, mais aussi plus sûre d'elle-même. Une femme.
— Par contre, a repris Vanessa en rigolant, y a juste un détail qui va pas. Tu te vexes pas si je te le dis cash ?
— Vas-y.
— Tu peux pas porter une robe comme ça avec ta culotte en dessous, ça gâche tout. On voit le pli sur le tissu, c'est trop dommage. Meuf, il te faut un string. Absolument. Je te prête le mien si tu veux.
— Vas-y.
— Tu peux pas porter une robe comme ça avec ta culotte en dessous, ça gâche tout. On voit le pli sur le tissu, c'est trop dommage. Meuf, il te faut un string. Absolument. Je te prête le mien si tu veux.
Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire à la proposition.
— J'en ai un.
— Et bah qu'est-ce que t'attends ?
— Et bah qu'est-ce que t'attends ?
Je n'avais pas trop le choix, je suis retournée dans le débarras pour enfiler mon string. C'était vraiment le plus minuscule morceau de tissu que j'avais jamais vu. J'ai aussi enfilé le soutien-gorge. J'avais l'impression d'être un oiseau exotique – un toucan ou un flamand rose ou je ne sais pas quoi.
— Voilà. Meuf, t'es parfaite. Honnêtement, je suis un mec, j'ai qu'une envie, c'est de te sauter là.
— J'ai la flemme d'aller à cette soirée. J'ai peur de le regretter.
— Mais non, tu vas t'amuser, t'inquiète.
— J'ai la flemme d'aller à cette soirée. J'ai peur de le regretter.
— Mais non, tu vas t'amuser, t'inquiète.
On s'est fait un petit hug et je suis sortie dans la rue. Il faisait froid et, sans tergiverser, j'ai fait le tour du pâté de maisons, puis je me suis engagé dans une petite allée de pierre, j'ai contourné les poubelles et j'ai tapé le code qui m'a ouvert une porte métallique. Je l'ai refermée sans bruit. J'ai entrevu Vanesse à l'accueil – elle était déjà en train de se mater une série – et j'ai pris l'escalier de service jusqu'au troisième étage. La moquette de couleur était duveteuse. La porte 34 était entrouverte. Avant que j'ai eu le temps de taper, il a jailli.
— J'ai failli attendre. Allez, entre.
Je me suis exécutée. Il portait un peignoir Kenzo en satin. On voyait les poils sur son torse et ses jambes. En dessous, un slip blanc. Un jazz un peu atmosphérique et une bouteille de champagne dont il a fait sauter le bouchon avant de nous servir deux coupes.
— Tu excuseras ma tenue. J'ai besoin de me détendre après le boulot.
Je cherchais des yeux le fameux collier. Ce n'était pas difficile de le repérer. Il avait été nonchalamment jeté sur le lit. Ses yeux à lui, à monsieur Machin, erraient sur mon corps, mes formes. Je me sentais déjà nue.
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Commentaires ()
Je le languis d'impatience