Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un été de rêve — Chapitre 3 · I've come to talk with you again
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un été de rêve
Chapitre 3 · I've come to talk with you again
Il éjacule vite et je me laisse surprendre. J'arrête ma fellation, toussote et crache sa semence sur lui.
– Désolé… me déclare-t-il, penaud.
Un peu énervée, je réponds :
– Tu aurais pu prévenir, quand même.
Il ne dit rien, apparemment gêné. Merde, il ne va pas me faire un complexe quand même ? Bon, tu proposes quelque chose ? Tu vas t'occuper de moi ? Non… Il reste là sans bouger et sans rien dire alors je suis obligée d'intervenir.
– J'ai très envie que tu viennes avec ta bouche entre mes jambes…
– Ah non, désolé mais j'aime pas les cunnis.
– Ah non, désolé mais j'aime pas les cunnis.
Bon. D'accord…
– Tu peux me faire plaisir autrement alors…
Je viens vers lui, l'invitant à me toucher les seins.
– Non mais j'aime pas ça non plus. Je préfère qu'on en reste à la pénétration. Mais t'inquiète, je peux redevenir dur assez vite…
Non mais je rêve ?! C'est quoi ce gars ?
– T'es sérieux ?
– Oui, pourquoi ? Il est où le problème ?
– Et moi ?
– Quoi, et moi ?
– Euh… Tu comptes me donner du plaisir comment ?
– Ton point G. Ça te va pas ?
– Mmh… mon point G… Ah bah oui, parfait. Pardon, je suis conne. J'aurais dû y penser. Alors vas-y, tu as plus qu'à bander à nouveau et c'est parti. Les portes sont ouvertes. Fais-moi jouir.
– Oui, pourquoi ? Il est où le problème ?
– Et moi ?
– Quoi, et moi ?
– Euh… Tu comptes me donner du plaisir comment ?
– Ton point G. Ça te va pas ?
– Mmh… mon point G… Ah bah oui, parfait. Pardon, je suis conne. J'aurais dû y penser. Alors vas-y, tu as plus qu'à bander à nouveau et c'est parti. Les portes sont ouvertes. Fais-moi jouir.
Je m'allonge sur le canapé à côté de lui, soulève mon bassin pour enlever ma culotte, retrousse ma robe puis ensuite, écarte les jambes pour montrer mes parties intimes de façon bien provocatrice.
– Ah, tu me fais déjà rebander… T'es trop forte !
– Putain, t'es sérieux ?!
– Quoi, encore ?
– Tu comprends l'ironie ?
– Attends… Tu écartes les jambes comme la pire des salopes et après, tu me dis que tu veux pas baiser ?
– Hein ?! Mais… c'était de la provoc ! Et tu viens de dire quoi, là ?! Je rêve… Non mais, dégage en fait. Va-t'en. Sors de chez moi !
– Il n'en est pas question.
– Putain, t'es sérieux ?!
– Quoi, encore ?
– Tu comprends l'ironie ?
– Attends… Tu écartes les jambes comme la pire des salopes et après, tu me dis que tu veux pas baiser ?
– Hein ?! Mais… c'était de la provoc ! Et tu viens de dire quoi, là ?! Je rêve… Non mais, dégage en fait. Va-t'en. Sors de chez moi !
– Il n'en est pas question.
Mais, quoi ?! Je suis sidérée. La conversation se passait si bien au café. On avait un si bon feeling avant de se retrouver chez moi. Comment cela a pu dégénérer à ce point ? Qui est ce mec, en fait ?
– Tu t'es comportée comme une sale pute avec moi, alors, je vais te baiser comme la chienne que tu es.
Son regard devient carrément flippant. Il se lève, portant toujours sa chemise, avec une érection d'enfer et les mains levées comme pour se préparer à me sauter dessus et m'empoigner.
– Tu… Dégage !
Je fais le tour du canapé, pieds nus et sans culotte, ma robe remise en ordre. Il court pour m'attraper.
– Pu… putain ! Barre-toi !
Miraculeusement, je réussis à m'enfuir jusqu'à la cuisine. Il est toujours à ma poursuite alors je prends un couteau de cuisine posé en plan. Il est juste derrière. Je n'ai pas le temps de le menacer. Alors, sans réfléchir, je donne un coup de couteau dans les airs, là où il se trouve, espérant qu'il recule.
– Ah !
Il… Je… je l'ai touché. Il est blessé. Il… Il se tient le cou. Putain ! Je l'ai eu au cou.
Il perd du sang. Oh non ! Je ne supporte pas la vue du sang ! Je… je fais une syncope.
Je m'évanouis, quoi, deux minutes au maximum ? J'ai déjà eu un malaise syncopal. Cela ne dure jamais bien longtemps. Pourtant, quand je reviens à moi, c'est déjà trop tard… En me relevant, j'ai les pieds, les jambes et les mains qui glissent et qui collent. Je porte une main à ma tête par réflexe. Je… Oh mon… J'ai du sang partout. J'ai… Sous-moi, il y a une mare de sang. Je dois lutter de toutes mes forces pour ne pas perdre connaissance à nouveau mais, je n'y arrive pas.
À peine plus tard, je reviens une deuxième fois à moi et le sang est toujours là. Évidemment. Beurk… Je ne vais pas retomber dans les vapes quand même… Quel enfer… Je lutte puis me relève, hagarde, et trébuche sur le corps, oui, le corps inerte de Marius.
Je trottine plutôt que de courir (pour ne pas tomber) vers la salle de bain. Là, je me déshabille, prends une douche chaude rapide, m'essuie puis me pose, recroquevillée au sol, pour enfin réfléchir à la situation. Merde… Il… Est-ce qu'il est mort ? Est-ce que j'ai tué le mec qui a essayé de me…
Mon cœur bat à cent à l'heure. Je dois appeler les secours. Il n'y a pas d'autre solution. Mais, qu'est-ce que je vais leur dire ? Je… Déconne pas, Bianca. Tu n'es pas dans un film. Il n'y a qu'une seule possibilité. Tu vas leur dire la vérité, à la virgule près.
#
Successivement, j'appelle les secours et enfile des habits propres en attendant leur arrivée. Je m'explique brièvement et suis finalement hospitalisée tandis que Marius est déclaré mort et que je ne sais pas ce qu'il advient de lui ni de mon appartement.
Ce qui est terrible, c'est que dès lors que commence ma prise en charge par le personnel des secours, je me sens extrêmement bien. Je répète auprès des médecins, avec un calme et une quiétude incontrôlables, les événements tels qu'ils se sont produits précisément. Mon examen physique et psychiatrique sont réalisés dans la foulée et tout est en ordre. Tout va trop bien chez moi pour mon propre intérêt.
Dès lors, je suis parfaitement consciente que l'état de bien-être dans lequel je me trouve sera utilisé contre moi, mais, je suis soit trop intègre soit trop conne pour faire comme si j'allais autrement, comme si j'allais mal. M'être défendue contre cet homme et l'avoir empêché de me nuire a soulagé quelque chose en moi avec une grande puissance. Et, alors que la situation est extrêmement grave, qu'il y a eu homicide, je me sens beaucoup mieux, maintenant, que juste après le bisou donné de force par cet inconnu dans une ruelle étroite. Cet évènement est même balayé de mon esprit en même temps que toute sensation d'insécurité et tout reliquat de traumatisme. Je me sens forte. Je me sens capable, pas coupable. C'est horrible mais ce qu'il vient de se passer m'a fait un bien fou.
Je n'arrive pas à prouver mes syncopes. Je ne suis pas blessée et apparemment cela ne doit pas, dans mon cas, laisser de trace observable dans un examen médical. Aussi, j'aurais sûrement dû m'éclater volontairement le nez contre n'importe quoi, un mur, le sol ou un meuble. Au moins, j'aurais pu prétexter que Marius m'avait préalablement frappée. Il n'y a rien qui puisse prouver sa violence verbale et le fait qu'il m'ait poursuivie en me menaçant, sinon ma bonne foi.
Je devrais au moins être abîmée mentalement par les évènements : c'est ce qui est attendu de moi pour me croire. Mes amies, Denise, Livia et Marina, témoignent en ma faveur. Elles racontent l'agression que j'ai subie tout récemment dans la rue et le choc que cela a été. Cela ne suffit pas. Pire, mes copines en font trop, nourrissant même des soupçons sur la véracité de cette histoire. Par dessus le marché, Marius se révèle, à chaque témoignage de ses proches, un homme un peu plus doux, gentil, pacifique et sympathique avec tout le monde, un de ceux qui “n'auraient jamais fait ça”. Pas de petite amie dans le passé. Pas de témoignage de quelqu'un qui aurait eu une vie intime avec lui.
Tout va si vite. On est encore loin du procès pour meurtre, chose que je réalise à peine devoir être une réalité prochaine inévitable. J'en suis seulement à la garde à vue, première étape d'une longue succession de choses que je vais fatidiquement devoir subir par la force de la loi. Le coup de couteau joue contre moi. Apparemment, c'est déjà presque un crime de posséder une lame en acier japonais haut de gamme et de garder l'outil bien aiguisé chez soi. Aussi, la localisation du coup, la veine jugulaire, et l'entaille, qui serait trop “chirurgicale”, vont contre ma “thèse” d'une réaction impulsive. C'est pourtant la vérité ! Rien d'autre ! On m'accorde, au moins, de ne pas réaliser l'ampleur de ce qui est en train de se passer. Cela ne pèse cependant pas lourd au stade où j'en suis. Je n'échapperai pas à la détention provisoire. Je… Je vais aller en prison. Merde.
Ma garde à vue prend fin. Je suis “transférée”. Mon enfermement dans un centre pénitentiaire, au quartier des femmes, va commencer. Ma réalité s'écroule. Elle a trahi ma confiance. Si celle-ci n'a pas réussi à me faire justice, si j'ai été condamnée injustement, alors elle n'est plus mon amie, la “justice”. La réalité n'est plus cet appui inébranlable que je croyais qu'elle était. En cet été brisé, totalement hors de contrôle, je fais mieux de fermer les yeux et de me réfugier dans ma tête, dans mes rêves.
– Eh, salope ! Tu te réveilles ?
– Hein ?! Quoi ?! Je… OH OUI ! C'ÉTAIT QU'UN RÊVE, PUTAIN, OUI !
– Ouh… Ok. T'avais l'air si douce en arrivant, je me demandais bien pour quoi ils t'avaient coincée. Mais maintenant, tout s'explique. T'es complètement dégénérée, ma salope.
– Qu'est-ce que…
– Hein ?! Quoi ?! Je… OH OUI ! C'ÉTAIT QU'UN RÊVE, PUTAIN, OUI !
– Ouh… Ok. T'avais l'air si douce en arrivant, je me demandais bien pour quoi ils t'avaient coincée. Mais maintenant, tout s'explique. T'es complètement dégénérée, ma salope.
– Qu'est-ce que…
Non ! Non ! Quelle horreur ! Quelle tragédie ! Rien de tout cela n'est un rêve. Je suis en prison et j'ai une codétenue. Je n'ai même pas eu de faveur de par mon statut de détenue provisoire. On m'a enfermée avec tout le monde, avec toutes ces femmes qui ont…
– Alors, pourquoi tu es là, toi ? Raconte, salope !
Pourquoi elle me traite de salope, celle-là ? Je suis tombée avec qui… J'ai peur… Je… Je veux sortir d'ici ! Je veux quitter cet endroit ! Au plus vite !
– Allez, ma salope, t'as pas l'air nette… T'es flippante, en fait. Je ne te dérange pas plus longtemps. Quand tu en auras marre d'être seule avec ta psycho de dégénérée, tu me sonneras.
– Psyché.
– Oh ?! T'as une langue, salope ?
– C'est pas psycho, c'est psyché qu'on dit.
– Hahaha ! Très bien, salope ! Faisons comme tu dis. Ça me fait plaisir que tu ouvres ta gueule assez vite, finalement. J'ai cru que tu serais une taiseuse. Je suis soulagée.
– Pas moi. Je n'ai rien fait ! Je ne devrais pas être ici. Et toi, pourquoi est-ce que tu es là ?
– Ah, d'accord… Je vois… Oh, tu vas être chiante, toi, je le sens bien, bien fort…
– Psyché.
– Oh ?! T'as une langue, salope ?
– C'est pas psycho, c'est psyché qu'on dit.
– Hahaha ! Très bien, salope ! Faisons comme tu dis. Ça me fait plaisir que tu ouvres ta gueule assez vite, finalement. J'ai cru que tu serais une taiseuse. Je suis soulagée.
– Pas moi. Je n'ai rien fait ! Je ne devrais pas être ici. Et toi, pourquoi est-ce que tu es là ?
– Ah, d'accord… Je vois… Oh, tu vas être chiante, toi, je le sens bien, bien fort…
Je ne peux pas être en prison. Non. Je le refuse. Je serai ailleurs. D'ailleurs, cela va commencer tout de suite. Je suis… dans un chalet, oui, c'est bien, ça, un chalet. Je suis dans un chalet en haute montagne. Il y a un feu de bois allumé. Je suis confortablement vêtue dans un peignoir épais et soyeux, accroupie juste à côté du foyer. Je mets mes mains devant les flammes. Je ressens toute la chaleur réconfortante de ces flammes. Je…
– À quoi tu penses, la tarée ? Merde, tu t'es figée sur place. Salope !
Elle ne va jamais arrêter de m'emmerder, celle-là.
– Putain, mais tu me fais chier ! Je pense à être ailleurs que dans cette cellule de merde ! Je veux partir d'ici ! Je ne devrais pas être là ! J'en ai marre !
Après mon coup de colère, je regrette. Je ne sais pas à qui j'ai affaire. Quel enfer. Quel enfer…
– Salope ! Salope ! Salope ! Tu ne vas pas parler comme ça longtemps, OK ?! Je vais te crever, moi…
Cette furie qui m'insulte depuis tout à l'heure me saute dessus. Encore installée sur mon lit, je tombe dessus à la renverse et elle m'écrase de tout son poids. Ensuite, elle m'étrangle à pleines mains. Je me débats mais rien n'y fait. Je perds le contrôle. Je… Alors que ses mains enserrent mon cou et que je suis terrorisée, je sens mon entrejambe devenir humide et des picotements agréables se propager dans mon ventre et tout mon corps. Une douce chaleur m'enivre et… c'est trop bon… mais… je vais mourir… Oh… et puis… ce n'est pas si grave… c'est peut-être même la meilleure façon pour que tout cela prenne fin…
– RAAAAAH !!! PUTAIN DE SALOPE DE MERDE !!!
Elle s'interrompt, relâche la pression puis s'éloigne de moi avec précipitation avant de se mettre sur son lit recroquevillée sur elle-même, puis enchaîner des mouvements d'avant en arrière. Je suffoque mais reprends le contrôle. Je ne serais pas sidérée. Ni cette fois, ni plus jamais. Si elle croit qu'elle va s'en tirer comme ça… Rien à foutre de son apparente maladie mentale. Moi, aussi, je crie. Puis, je lui fonce dessus et je la gifle. Fort. Je lui gifle la gueule plusieurs fois d'affilée et… elle pleure. Elle fond en larmes.
– Arrête ! S'il-te-plaît ! Arrête ! Laisse-moi vivre !
Et merde.
– Tu viens de me sauter dessus, de me serrer le cou jusqu'à couper ma respiration. Tu aurais pu potentiellement me couper la circulation sanguine et me causer des dommages cérébraux irréversibles. Et, tu perds tout tes moyens car je te fous des baffes ?! Ben, merde alors !
– Je… Pardon. S'il-te-plaît. Je ne te ferais plus de mal. Je… Je veux dormir. Je suis fatiguée.
– Je… Pardon. S'il-te-plaît. Je ne te ferais plus de mal. Je… Je veux dormir. Je suis fatiguée.
La voilà qui s'enroule dans sa couverture, s'allonge et ferme les yeux. J'ai peur qu'elle soit imprévisible. Je dois, moi, dormir avec ça à côté de moi. Impossible. J'en peux plus… Non… Je ne vais pas tenir. Pas comme ça. Pourtant, je suis fatiguée, moi aussi. Et puis, merde. Qu'elle vienne seulement. Qu'elle me crève. Au moins, tout prendra fin. Je m'écroule moi-même sur ma couchette et, je crois bien que nous dormons toutes les deux.
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J'attends la suite avec impatience.