Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La revanche du fils — Chapitre 1 · De froides retrouvailles
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La revanche du fils
Chapitre 1 · De froides retrouvailles
Benoit n'était pas serein, il redoutait ses retrouvailles avec son fils Axel. Ils ne s'étaient pas vus depuis trois ans, depuis ce jour de septembre où il envoya son fils dans un internat en Belgique. Il n'avait pas eu d'autre choix, le fils n'ayant jamais accepté le divorce de ses parents quand il avait 7 ans et le départ de sa mère pour les Etats-Unis, sans ne plus jamais donner de nouvelles. Il en voulait à son père d'avoir avoué son homosexualité, d'avoir brisé l'équilibre familiale. Axel aimait les hommes lui aussi, mais n'avait jamais fait son coming out auprès de son père, il attendait le bon moment.
Benoit faisait les cent pas dans le salon, les mains moites, la gorge nouée. Le soleil filtrait à travers les voilages crème, projetant des ombres tremblantes sur le parquet clair. Tout était en place, la chambre d'Axel était préparée. Mais rien n'y faisait. Il n'était pas prêt.
— Tu veux un verre d'eau ? proposa Antoine, sa voix douce tranchant avec l'atmosphère tendue.
Benoit leva les yeux vers son compagnon. L'homme qui partageait sa vie depuis deux ans et demi. L'homme qu'il aimait avec tendresse et qui lui avait redonné l'espoir d'une vie de famille heureuse. Antoine portait un tee-shirt blanc et un pantalon en lin. Il avait cette élégance discrète, ce calme rassurant. Mais aujourd'hui, même sa présence semblait incapable de chasser l'angoisse de Benoit.
— Non, merci. Il ne va plus tarder.
Benoit se tourna vers la fenêtre.
Un bruit de moteur. Le taxi. Il arriva dans l'allée. Une silhouette descendit. Longue, fine, un peu plus grande qu'il ne s'en souvenait : Axel.
Le garçon de quinze ans avait laissé place à un beau jeune homme de dix-huit ans. Ses cheveux châtains attachés négligemment, des lunettes de soleil dissimulant ses yeux, une chemise noire entrouverte sur un torse imberbe et légèrement musclé. Il avançait d'un pas lent, traînant un sac sur l'épaule.
Le cœur de Benoit se serra. Il ouvrit la porte.
— Axel…
— Salut, lâcha le jeune homme sans sourire.
— Salut, lâcha le jeune homme sans sourire.
Pas d'accolade. Pas même un regard. Derrière lui, Antoine s'avança, inquiet, gardant un sourire de façade.
— Bonjour, Axel. Je suis très heureux de te rencontrer enfin.
Axel se tourna lentement. Il ôta ses lunettes et planta son regard dans celui d'Antoine. Des yeux d'un vert émeraude. Un silence. Puis un sourire, léger, à peine perceptible, étira ses lèvres.
— Antoine, c'est ça ? Enchanté.
Sa poignée de main fut ferme. Trop. Prolongée. Le genre de contact qui n'était pas simplement poli. Antoine retira rapidement sa main, perturbé par l'assurance du jeune homme. Benoit ne remarqua rien.
Le déjeuner fut un théâtre silencieux.
Axel parlait peu. Il observait. Antoine tentait d'entretenir la conversation, avec cette gentillesse naturelle qui le rendait si attachant. Il évoqua les projets de vacances, proposa une balade en ville, une visite de l'exposition photo au musée. Il espérait plus que tout retisser le lien entre le père et son fils.
— Pourquoi pas, répondit nonchalamment Axel, les yeux fixés sur son père, en signe de défi.
Benoit fronça les sourcils, il se méfiait de son fils. Il ne pouvait croire qu'une balade en ville effacerait des années de ressentiments.
Antoine, naïvement, prenait cette réponse comme un signe de l'envie du fils de tourner la page. Mais ses mains trahissaient une nervosité. Il triturait sa serviette en tissu. Son sourire devenait mécanique. Il jetait des coups d'œil furtifs à Axel. Des regards qu'il pensait invisibles. Mais Axel les voyait tous. Il les cherchait. L'attitude du jeune homme décontenançait Antoine.
Après le repas, dans un silence un peu trop poli pour être naturel, Benoît se leva, jetant un rapide regard à Antoine. Un accord muet. Il était temps de montrer sa chambre à Axel. Le jeune homme suivit son père à l'étage, d'un pas lent, les mains dans les poches, le regard curieux. Il connaissait déjà la maison – il y avait grandi quelques années – mais elle avait changé, tout comme son père.
— Voilà ta chambre, dit Benoît en poussant la porte.
La pièce était baignée de lumière. Les murs, fraîchement repeints dans des tons neutres. Le lit double, contre le mur, était recouvert d'un couvre-lit gris perle. Un bureau moderne, des meubles vides, un meuble avec une télévision et une console de jeux nouvelle génération. Tout semblait neuf, prêt à accueillir un nouveau départ. Ou une illusion de renouveau.
— Elle donne juste à côté de la nôtre, précisa le père, en désignant la porte attenante. On a tout rénové l'étage l'année dernière.
Axel ne répondit pas. Il entra lentement, posant son sac sur le lit. Ses yeux parcoururent la pièce, méthodiques. Il toucha du bout des doigts le bois du bureau, puis les rideaux, comme pour s'imprégner du territoire.
— C'est parfait, dit-il finalement, la voix douce, presque absente.
Benoît fit un pas vers lui, hésitant.
— Si tu veux changer quelque chose… on peut repeindre, déplacer les meubles…
— Non. C'est très bien, merci, coupa Axel.
— Non. C'est très bien, merci, coupa Axel.
Ses yeux croisèrent brièvement ceux de Benoit, puis glissèrent ailleurs. Il avait l'air tranquille. Mais à l'intérieur, un feu couvait.
Quand il fut seul, il s'allongea sur le lit, bras en croix, et ferma les yeux. Il laissa le silence l'envahir, les souvenirs aussi. Cette maison, ces murs, ce père, le souvenir de sa mère absente. Et maintenant cet homme aux côtés de son père, Antoine.
Il ne s'agissait pas d'un simple retour à la maison. Il n'était pas venu chercher un pardon. Il n'était pas là pour tourner la page. Il avait un plan, une vengeance et devait s'y tenir.
Une demi-heure plus tard, Axel redescendit, sans bruit, dans le salon. Il allait demander s'il pouvait sortir prendre l'air, mais ce qu'il vit l'immobilisa. Dans la clarté du salon, Benoît et Antoine s'embrassaient.
Ce n'était pas un baiser furtif. C'était un baiser lent, tendre, chargé de ce lien qu'on tisse dans la durée, fait d'habitude et de désir discret. Les mains de Benoît étaient posées sur les hanches d'Antoine, et ce dernier avait ses doigts glissés dans la nuque de son compagnon. Une bulle intime. Un moment volé.
Quand Benoît aperçut son fils figé dans l'embrasure de la porte, il sursauta, se détacha brusquement.
— Axel…
Antoine se redressa, visiblement mal à l'aise. Il lissa son tee-shirt d'un geste nerveux.
— Désolé, murmura-t-il. On… ne t'avait pas entendu.
— Ce n'est rien, répondit Axel d'un ton indéchiffrable.
— Ce n'est rien, répondit Axel d'un ton indéchiffrable.
Mais ses yeux disaient autre chose. Ils fixaient Antoine avec intensité. Pas de colère. Pas de gêne. Une forme de curiosité dérangeante. Il s'était préparé à voir son père embrasser un autre homme, mais il fut tout de même pris de court. Des émotions contraires le parcouraient, son assurance était ébranlée.
— Je sors prendre l'air, ajouta-t-il simplement.
Il quitta la maison, les mains dans les poches. Benoît resta figé un moment, la gorge nouée.
— Il nous a vus, souffla-t-il.
— C'est normal, répondit Antoine doucement. Il faudra bien qu'il s'habitue.
— C'est normal, répondit Antoine doucement. Il faudra bien qu'il s'habitue.
Mais au fond de lui, Antoine sentait un malaise. Comme si ce regard posé sur eux n'était pas celui d'un simple adolescent en colère. Il y avait… autre chose.
Le reste de la journée s'écoula sans incident pour le couple. Un thé en terrasse, quelques mots échangés sur les voisins, le programme du week-end. Quand Axel revînt, il était calme, imperturbable. Trop calme. Comme un animal tapi dans l'ombre.
Le soir venu, chacun regagna sa chambre.
Dans la pénombre, Benoît se déshabillait lentement. Il était tracassé, mais la tension du jour refusait de se dissiper. Antoine entra à son tour, referma la porte derrière lui. Il partageait les angoisses de son compagnon mais se refusait à lui montrer. Il glissa une main sur la nuque de Benoît.
— Tu es tendu, murmura-t-il.
— C'est lui. Je n'arrive pas à le décrypter.
— C'est lui. Je n'arrive pas à le décrypter.
Antoine se plaça derrière lui, le prenant dans ses bras. Leurs deux corps se rejoignirent dans une étreinte douce. Le contact les apaisa. Benoît ferma les yeux.
— Il faut qu'on soit forts, toi et moi, souffla-t-il.
— On l'est déjà.
— On l'est déjà.
Ils glissèrent sous les draps, lents, silencieux. Les doigts d'Antoine trouvèrent la peau de Benoît, familière, rassurante. Un frisson les parcourut.
Leurs lèvres se retrouvèrent dans l'obscurité. Plus de gêne cette fois. Plus de regards à esquiver. Juste eux deux, seuls au monde, dans cette chambre mitoyenne où, de l'autre côté du mur, un fils écoutait peut-être.
Leurs lèvres se retrouvèrent dans l'obscurité. Plus de gêne cette fois. Plus de regards à esquiver. Juste eux deux, seuls au monde, dans cette chambre mitoyenne où, de l'autre côté du mur, un fils écoutait peut-être.
Antoine se pencha, ses lèvres frôlant la nuque de Benoit, s'attardant là où la peau était la plus fine. Benoît soupira. Ses mains glissèrent sous le tee-shirt d'Antoine, redécouvrant les courbes familières, les creux, les muscles.
— Je t'aime, murmura-t-il contre sa peau.
— Moi aussi.
— Moi aussi.
La chaleur monta, douce, fluide. Le couple se laissa porter par son désir. Antoine glissa sous les draps et Benoit sentit les lèvres de son compagnon entourer son sexe durci. Tendrement, il s'occupa de son amoureux jusqu'à son extase finale. Puis il remonta lentement le corps musclé de Benoit, le couvrant de baiser, avant de se blottir dans ses bras. Les amants s'endormirent enlacés, conscient de la chance de s'être trouvés.
Mais dans le silence de la maison, un autre regard veillait. Axel, dans son lit, savourait déjà la suite de son plan.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()