Inspiré du réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jeux de garçons — Chapitre 2 · Le rencard
Auteur
Jeux de garçons
Chapitre 2 · Le rencard
L’événement devait avoir lieu un mois plus tard. Gaëtan, fébrile, avait choisi avec soin le lieu annoncé de la débauche.
Le soleil, d’un jaune éclatant, presque agressif, bombardait les volcans d’Auvergne. Gaëtan, les joues rougies par la nervosité, attendait Antoine devant le gîte, un petit bijou de pierre volcanique niché au cœur d’un champ de tournesols. Leur week-end en amoureux, ou plutôt leur tentative de week-end en amoureux, commençait mal. L’appel téléphonique du mois précédent, où un peu trop vite, un peu trop fort, il avait exprimé son désir, planait encore entre eux : un éléphant rose et maladroit dans une pièce minuscule.
Antoine arriva, une valise à roulettes traînant derrière lui comme un boulet et un sac de rando sur les épaules. Il avait l’air aussi rouge que Gaëtan, peut-être même plus. L’air montagnard, censé être vivifiant, avait l’effet inverse sur leurs nerfs déjà tendus.
— Salut, murmura Gaëtan, un peu trop bas.
— Salut, répondit Antoine, la voix légèrement rauque.
— Salut, répondit Antoine, la voix légèrement rauque.
Un silence inconfortable s’installa entre eux. La situation avait changé. Ils n’étaient plus simplement potes. C’était comme s’ils devaient à nouveau se découvrir. Ils se connaissaient, mais finalement, pas aussi bien qu’ils le pensaient.
Le gîte était charmant, une petite merveille de bois et de pierre, avec une cheminée imposante qui promettait des soirées douillettes. Mais l’atmosphère chaleureuse du lieu contrastait cruellement avec le froid glacial qui régnait entre eux. Ils s’étaient installés en évitant les regards, s’étaient affairés à des tâches insignifiantes avec une énergie démesurée, comme pour détourner leur attention de l’éléphant rose.
Gaëtan avait entrepris de cirer ses grolles, ce qui n’avait aucun sens puisqu’elles seraient couvertes de terre dès le lendemain. Antoine, lui, avait passé un temps incroyable à faire l’inventaire de son équipement. Bref, ils étaient tous deux faussement maniaques, cherchant soigneusement à éviter le sujet qui les intéressait, simplement parce qu’ils ne savaient pas comment l’aborder.
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Le soir venu, le dîner fut un festival de silences, seulement troublés par le cliquetis des couverts et quelques toux nerveuses.
Gaëtan tenta d’engager la conversation sur le paysage, la météo, le vin local, dont la qualité laissait à désirer, mais chaque tentative se noyait dans un océan de malaise.
Pourtant, de petits signes trahissaient leurs émotions : un regard furtif, une main qui effleurait l’autre, un sourire hésitant, une blague maladroite. Des murmures à peine audibles, des gestes brusques aussitôt corrigés. Autant de fragments d’un puzzle amoureux qu’ils n’osaient encore assembler.
Après le repas, ils s’assirent côte à côte sur le canapé, un verre à la main. La cheminée crépitait, projetant sur eux des ombres dansantes. Gaëtan, un whisky ambré entre les doigts, observait Antoine, une bière blonde à moitié vide posée devant lui. L’air était épais, saturé par l’odeur du bois brûlé et la tiédeur de l’alcool. Le silence, lourd de non-dits, fut enfin brisé par un hoquet d’Antoine.
— Alors… cette conversation téléphonique…, lança Gaëtan, un sourire narquois au coin des lèvres.
Il fit tournoyer le whisky dans son verre, le liquide doré reflétant la lumière vacillante. Antoine, les joues rougies, balbutia :
— Oui, ben… c’était… inattendu, murmura-t-il avant d’avaler une longue gorgée.
Le froid de la bière contrastait violemment avec la chaleur qui lui montait au ventre. Le sujet planait, suspendu entre eux comme un secret à moitié avoué : l’audace d’une proposition lancée à la volée, une promesse trouble, une menace douce.
— On ne va pas faire semblant que rien ne s’est passé, reprit Gaëtan, la voix grave, plus assurée qu’il ne l’aurait cru. T’as proposé de… baiser.
Antoine éclata d’un rire nerveux.
— Ouais… on dirait que je me suis un peu emballé.
— Ah ça, pour sûr, mon Toinou. Depuis quand es-tu aussi entreprenant ?
— Il fallait bien que j’essaie !
— Et tu as bien fait. Tu te souviens avec Léna comment j’avais dû te pousser pour que tu oses ? T’avais tes yeux de merlan frit, ce jour-là.
— Oh non, tu ne vas pas encore ressortir cette vieille histoire, râla Antoine.
— De toute évidence, tu n’as plus tes yeux de chaton apeuré. Ta proposition est clairement… attirante, copain. Mais…
— Mais t’es marié, mec. Moi, Mathilde s’en fiche, mais ta femme ?
— Tant pis pour cette fois, répondit Gaëtan, le regard fixe. Élodie ne satisfait plus mes besoins, c’est aussi simple que ça. Alors pourquoi ne pas essayer, juste une fois ? Ça ne me tuera pas. Et je préfère ne pas mourir idiot.
— Ah ça, pour sûr, mon Toinou. Depuis quand es-tu aussi entreprenant ?
— Il fallait bien que j’essaie !
— Et tu as bien fait. Tu te souviens avec Léna comment j’avais dû te pousser pour que tu oses ? T’avais tes yeux de merlan frit, ce jour-là.
— Oh non, tu ne vas pas encore ressortir cette vieille histoire, râla Antoine.
— De toute évidence, tu n’as plus tes yeux de chaton apeuré. Ta proposition est clairement… attirante, copain. Mais…
— Mais t’es marié, mec. Moi, Mathilde s’en fiche, mais ta femme ?
— Tant pis pour cette fois, répondit Gaëtan, le regard fixe. Élodie ne satisfait plus mes besoins, c’est aussi simple que ça. Alors pourquoi ne pas essayer, juste une fois ? Ça ne me tuera pas. Et je préfère ne pas mourir idiot.
Un silence tendu s’installa. Toute la journée, ils avaient contourné le sujet ; maintenant, l’alcool faisait sauter les verrous, déliait les langues et les frustrations.
— Tu y avais déjà pensé, avant que je te fasse mon coming out, Gagou ? demanda Antoine, plus doux. Toi et moi, je veux dire ?
— Oui. J’ai des fantasmes depuis longtemps, répondit Gaëtan sans détour. Fatalement, certaines de nos aventures y ont laissé des traces… nos randonnées, nos voyages…
— Ce sera purement physique, non ? ajouta Antoine, en fixant sa bière. Je veux dire… si jamais on le faisait, ce serait juste pour le plaisir ? Parce qu’on est amis, et que ce serait bizarre d’aller au-delà.
— Oui. J’ai des fantasmes depuis longtemps, répondit Gaëtan sans détour. Fatalement, certaines de nos aventures y ont laissé des traces… nos randonnées, nos voyages…
— Ce sera purement physique, non ? ajouta Antoine, en fixant sa bière. Je veux dire… si jamais on le faisait, ce serait juste pour le plaisir ? Parce qu’on est amis, et que ce serait bizarre d’aller au-delà.
Gaëtan hocha la tête, un sourire en coin.
— C’est vrai ! Ce ne sera que du cul. Pas de sentiments, pas d’attachement. Juste un besoin, un bon coup, et c’est tout. Je n’ai pas vraiment le choix, si je veux éviter de mettre en danger mon mariage. On fait ça comme un “one shot”.
L’aveu, brutal mais honnête, détendit à moitié l’atmosphère. Antoine, lui, sentit une pointe de déception. Ce qu’il cherchait, c’était un homme pour un plan régulier. Mais Gaëtan n’avait peut-être pas tort : jouer avec le feu mettrait leur amitié en péril. Les mots continuaient de couler, trempés d’alcool et de désir refoulé. Leurs regards se cherchaient, se redoutaient.
— Alors… que voudrais-tu faire ? demanda Gaëtan, un sourire espiègle glissant sur ses lèvres. Moi, j’ai toujours rêvé qu’on me bouffe le cul, ça doit être trop bon.
— J’ai appris à faire ça avec mon premier mec, répondit Antoine. C’est important, pour bien détendre et lubrifier l’anus.
— J’ai appris à faire ça avec mon premier mec, répondit Antoine. C’est important, pour bien détendre et lubrifier l’anus.
Gaëtan s’esclaffa doucement.
— Ah, je vois que tes réticences sur l’anal se sont envolées. Tu serais donc prêt à mettre ta bite là où…
— Si c’est avec toi, oui, murmura Antoine, toussant, gêné.
— Si c’est avec toi, oui, murmura Antoine, toussant, gêné.
Il avait déjà couché avec des hommes, mais là, c’était différent. C’était Gaëtan. Autant l’envie le dévorait, autant la peur d’altérer leur lien l’angoissait. Il savait trop bien l’effet qu’une langue pouvait avoir sur cette zone si sensible, et il s’imaginait déjà comment il allait faire miauler Gaëtan de plaisir. L’alcool avait dissous leurs barrières. Le fantasme, longtemps enseveli, surgissait enfin.
Et dans la chaleur tremblante du gîte auvergnat, il n’y avait plus de retenue et plus de mensonge : seule l’envie fusionnelle de cette union masculine et virile dominait.
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Commentaires ()
Juste un détail, l'expression anglo-saxonne est 'white elephant', le machin encombrant dans la pièce, pas rose 😉