Réel
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une renaissance — Chapitre 4 · Miroirs et Pierres précieuses
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une renaissance
Chapitre 4 · Miroirs et Pierres précieuses
Le lundi suivant, Adrien se retrouva seul dans l'appartement. Élise était partie tôt pour une réunion. La maison semblait soudain vaste, presque intimidante dans son calme.
Il errait en peignoir, les ongles toujours impeccablement vernis. Il avait refusé de les effacer. C'était une décision qui l'avait surpris lui-même. Il aimait les voir. Ils étaient là, présents, brillants, rappelant chaque geste qu'il avait accompli pour s'en approcher.
Il errait en peignoir, les ongles toujours impeccablement vernis. Il avait refusé de les effacer. C'était une décision qui l'avait surpris lui-même. Il aimait les voir. Ils étaient là, présents, brillants, rappelant chaque geste qu'il avait accompli pour s'en approcher.
Et pourtant, un malaise s'insinuait.
Face au miroir de la salle de bain, il se contempla longuement. Sa peau était encore lisse. Sa bouche encore douce. Mais maintenant qu'il n'y avait plus Élise pour le guider, un doute montait doucement. Qui était-il exactement ? Un homme en robe ? Un homme à ongles roses ? Quel regard le monde poserait sur lui ?
Face au miroir de la salle de bain, il se contempla longuement. Sa peau était encore lisse. Sa bouche encore douce. Mais maintenant qu'il n'y avait plus Élise pour le guider, un doute montait doucement. Qui était-il exactement ? Un homme en robe ? Un homme à ongles roses ? Quel regard le monde poserait sur lui ?
Il s'habilla normalement pour sortir faire une course rapide. Jean noir, tee-shirt, baskets. Mais au moment d'enfiler ses chaussettes, il hésita. Il n'avait pas envie de cacher ses orteils peints. Il en prit une paire fine, presque transparente.
Il quitta l'appartement, croisant une voisine dans l'ascenseur. Elle baissa les yeux, s'attarda sur ses mains. Aucun commentaire. Mais Adrien sentit le feu monter à ses joues.
Sur le chemin du retour, il passa devant une vitrine et s'aperçut que ses ongles brillaient franchement au soleil. Il les mit dans ses poches. Puis les ressortit. Il oscillait.
Quand Élise rentra, elle le trouva assis dans le canapé, jambes repliées, regard lointain.
Sur le chemin du retour, il passa devant une vitrine et s'aperçut que ses ongles brillaient franchement au soleil. Il les mit dans ses poches. Puis les ressortit. Il oscillait.
Quand Élise rentra, elle le trouva assis dans le canapé, jambes repliées, regard lointain.
— Tu veux en parler ? demanda-t-elle en posant sa veste.
Il hocha la tête.
— Je ne sais pas si je suis encore en train de jouer... ou si quelque chose en moi a commencé a changé pour de bon.
Elle s'approcha, s'assit près de lui.
— Et s'il n'y avait pas de ligne nette ? Pas de réponse figée ?
— C'est effrayant.
— Bien sûr. Mais tu n'es pas seul.
— C'est effrayant.
— Bien sûr. Mais tu n'es pas seul.
Elle prit ses mains, observa ses ongles brillants.
— Tu veux que je les enlève ?
Il serra doucement ses doigts autour des siens.
— Non. Je veux les garder.
Elle l'embrassa.
— Alors on continue, doucement. Jusqu'à ce que tu n'aies plus besoin de masque. Qu'il n'y ait plus que ton reflet.
Le dimanche matin s'étirait lentement, comme un chat au soleil. Adrien, en robe de chambre satinée, les jambes croisées, appliquait une fine couche de vernis corail sur ses orteils fraîchement limés. Ses gestes étaient sûrs maintenant, précis. Il prenait son temps.
Élise observait, allongée sur le canapé, un léger sourire aux lèvres.
Élise observait, allongée sur le canapé, un léger sourire aux lèvres.
— Tu sais... tu es de plus en plus à l'aise avec tout ça, murmura-t-elle.
— Avec toi, c'est facile, répondit-il sans relever les yeux. Tu m'as appris à ralentir. À écouter ce que mon corps veut, pas ce qu'il "devrait".
— Avec toi, c'est facile, répondit-il sans relever les yeux. Tu m'as appris à ralentir. À écouter ce que mon corps veut, pas ce qu'il "devrait".
Elle se leva et s'approcha. Une mèche rebelle tomba sur son visage alors qu'elle s'accroupissait devant lui.
— Tu te souviens, quand je t'ai parlé des pierres ?
— Oui, tu disais qu'elles pouvaient porter une intention. Un peu comme un tatouage muet.
— J'ai toujours pensé que les bijoux aussi peuvent être des repères. Des ancres. Et je me disais...
— Oui, tu disais qu'elles pouvaient porter une intention. Un peu comme un tatouage muet.
— J'ai toujours pensé que les bijoux aussi peuvent être des repères. Des ancres. Et je me disais...
Elle sortit un petit coffret en bois sombre, qu'elle déposa entre eux.
— ... que tu pourrais choisir une paire de boucles d'oreilles. Une vraie paire. Pas fantaisie. Des pierres qui te ressemblent.
Adrien resta silencieux. Il ouvrit le coffret lentement, découvrant une collection de petits trésors. Chaque bijou était monté avec soin : argent, acier noir, parfois doré, mais toujours discret. Les pierres, elles, semblaient respirer une lumière propre.
Il les observa longuement. Puis pointa deux petites labradorites montées sur des tiges dorées.
Il les observa longuement. Puis pointa deux petites labradorites montées sur des tiges dorées.
— Celles-là. Elles m'attirent.
Élise hocha la tête, ravie.
— Très bon choix. La labradorite est la pierre de la transformation. Elle absorbe les projections des autres et t'aide à protéger ce que tu deviens.
— Parfait, alors. Mais il faut percer mes oreilles ?
— Ne t'inquiète pas, ce n'est pas douloureux et ce ne sera qu'un trou.
— Ça me suffira, j'appréhende un peu. Que vont penser les autres.
— Parfait, alors. Mais il faut percer mes oreilles ?
— Ne t'inquiète pas, ce n'est pas douloureux et ce ne sera qu'un trou.
— Ça me suffira, j'appréhende un peu. Que vont penser les autres.
Elle ne répondit pas, mais son regard brillait déjà d'une idée.
Le salon de piercing ne ressemblait pas à ce qu'Adrien avait imaginé. Pas de murs métalliques ni d'ambiance agressive. Plutôt des plantes suspendues, des couleurs douces, des fauteuils confortables. La perceuse, une femme au look rock tendre, les accueillit avec un sourire chaleureux.
— Bonjour. Vous venez pour les lobes, c'est ça ?
— Un trou à chaque lobe, dit Adrien d'un ton timide.
— Un trou à chaque lobe, dit Adrien d'un ton timide.
Élise ajouta, malicieuse :
— Et moi, un piercing au nombril.
La perceuse sourit, intriguée.
— Parfait. Suivez-moi.
Ils furent installés dans une pièce à la lumière douce, aux murs ornés de dessins symboliques. Adrien s'assit, un peu tendu. Élise lui prit la main.
— Ça va aller. Respire.
Le premier trou, l'oreille gauche, se fit dans un pincement sec. Adrien inspira longuement. Puis l'autre oreille.
Quand les deux labradorites furent en place, il se regarda dans le petit miroir. Le résultat était discret, mais les pierres vibraient d'un éclat lunaire.
Quand les deux labradorites furent en place, il se regarda dans le petit miroir. Le résultat était discret, mais les pierres vibraient d'un éclat lunaire.
— Tu veux voir ? demanda-t-il à Élise.
Elle s'approcha. Elle sourit doucement.
— C'est très beau. Mais... je te dis un truc ?
— Dis.
— Ça appelle une deuxième paire. Tu vois ce que je veux dire ? Il manque... un contrepoint. Une pierre plus chaude, peut-être ? Quelque chose de plus ancré. Plus sensuel.
— Je ne sais pas. C'est déjà beaucoup...
— Dis.
— Ça appelle une deuxième paire. Tu vois ce que je veux dire ? Il manque... un contrepoint. Une pierre plus chaude, peut-être ? Quelque chose de plus ancré. Plus sensuel.
— Je ne sais pas. C'est déjà beaucoup...
Elle prit doucement le coffret qu'elle avait amené et l'ouvrit à nouveau. Dedans, un grenat rouge profond, monté sur tige noire.
— Le grenat, c'est la passion, la vitalité. Ça ne fait pas de bruit. Mais ça bat sous la peau. C'est vivant. Et ça te va bien.
Adrien regarda les labradorites, puis le grenat. La perceuse proposa de présenter le bijou à côté, sur son lobe. Il hésita. Le silence s'installa, mais ce n'était pas un silence de pression. Juste un moment suspendu.
Puis il hocha lentement la tête.
Puis il hocha lentement la tête.
— D'accord. Fais-le.
Les deux nouveaux piercings furent rapides. Cette fois, Adrien serra un peu plus fort la main d'Élise. Mais il se laissa faire. Et lorsqu'il se vit avec les labradorites en haut, et les grenats en bas, il sourit d'un air surpris.
— Je crois que je me sens... plus aligné.
— C'est exactement ça, répondit Élise. Tu viens d'accorder ta musique.
— C'est exactement ça, répondit Élise. Tu viens d'accorder ta musique.
Vint ensuite son tour. Elle entra seule pour le piercing au nombril. Adrien l'attendit, caressant distraitement les bords de ses nouvelles boucles.
Quand elle revint, elle écarta légèrement sa chemise et dévoila une obsidienne ronde, noire et lisse, enchâssée dans une tige en titane.
Quand elle revint, elle écarta légèrement sa chemise et dévoila une obsidienne ronde, noire et lisse, enchâssée dans une tige en titane.
— Elle représente ce que je laisse derrière, dit-elle. Comme une pierre de deuil. Mais douce.
Ils sortirent main dans la main, chacun orné d'une nouvelle signature, d'un éclat personnel.
Ce soir-là, dans leur lit, Élise caressa lentement le long du cou d'Adrien, puis ses oreilles marquées. Elle effleura les grenats du bout des lèvres, puis la labradorite.
Ce soir-là, dans leur lit, Élise caressa lentement le long du cou d'Adrien, puis ses oreilles marquées. Elle effleura les grenats du bout des lèvres, puis la labradorite.
— Tu brilles, tu sais ?
— Parce que tu m'as montré comment.
— Parce que tu m'as montré comment.
Ils s'endormirent, chacun avec un bijou comme un mot secret dans la peau. Et dans la nuit, au creux du silence, on aurait pu entendre leur transformation continuer à respirer, pierre après pierre.
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Commentaires ()
Merci Clarisse
Il me tarde de lire la suite
bravo, et merci
je suis moi même en cours de transition je débute juste mon hormonothérapie, ce texte a forcement une résonance particulière a mes yeux ! hélas je n'ai pas d'elise sur qui m'appuyée !
continuez j'ai hâte de lire les prochains chapitres !