Stage de Foot
Chapitre 1 · Début de Stage
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✦ Hectelion Stage de Foot XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Stage de Foot — Chapitre 1 · Début de Stage

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Hectelion
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Stage de Foot

Chapitre 1 · Début de Stage

Août. La chaleur collait déjà à la peau quand j'ai descendu du car avec mon sac de sport. Une odeur de goudron fondu, de sueur rance, de désodorisant bon marché flottait au-dessus du parking du centre de formation.
Dix-huit gars, tous entre dix-neuf et vingt-et-un ans. Des épaules larges, des cuisses déjà marquées par des années de ballon, et cette attitude de meute. Rires trop forts, tapes dans le dos, vannes qui fusent.
Moi, je ne suis pas le plus petit, pas le plus faible. Mais je ne suis pas non plus Lucas, le capitaine, qui d'un seul regard fait taire les autres. Ni Yanis, grande gueule de cité, qui balance déjà des blagues sur "qui va finir puceau à la fin du stage".
On nous file les clés des dortoirs. Deux grandes chambres collectives, neuf lits superposés chacune. L'odeur de lessive et de poussière. Déjà ça hurle pour savoir qui prendra le lit du haut, qui veut dormir à côté de qui. Je me laisse glisser dans le mouvement, je prends une place au hasard, pas envie de me battre.
— Eh les gars, checkez-moi ça ! crie Yanis en ouvrant son sac.
Il sort une enceinte portable, balance un son rap qui fait vibrer les murs. Tout le monde rigole. Un autre balance une serviette roulée comme un fouet sur les fesses d'un coéquipier en short. Déjà des insultes fusent, mais toujours avec ce ton de blague : "Ta gueule pédale !" suivi d'un éclat de rire général.
Première douche collective après le footing de reprise. L'eau glacée tombe en trombe, les carreaux blancs résonnent de rires et d'éclaboussures. J'essaie de faire comme si de rien n'était, mais difficile de ne pas remarquer les corps autour, la proximité. Ça parle fort de meufs, de soirées, de cul.
— Hé, sérieux, ici, y a que des bonhommes, lance Maxime, le bourrin, en me jetant une poignée d'eau glacée sur les épaules.
— Grave. C'est pas une colonie de danse classique, hein ! ajoute Samir, moqueur, les yeux qui brillent déjà à l'idée de trouver une cible.
— T'inquiète frérot, Yanis reprend avec son ton goguenard, tant que personne suce personne, c'est bon, c'est pas gay.
Un éclat de rire général. Le genre de vanne qui reste suspendue dans l'air un peu plus longtemps que les autres. Moi, j'ai ri aussi, nerveusement, comme pour dire : ouais ouais, tranquille, ça ne m'atteint pas.
Mais déjà, j'ai senti quelque chose. Pas une peur. Plutôt une tension, comme un courant électrique qui circule sous la peau. Un truc qui me disait que dans ce mois d'août étouffant, les règles habituelles allaient se plier, ou s'effondrer.
Le soir même, après le repas fade de la cantine, ça traînait dans le dortoir. Certains jouaient à la console, d'autres scrollaient sur leur tel, musique trop forte en fond. Rapidement, l'ennui s'est transformé en agitation.
— Vas-y, on fait un jeu, sinon on va crever, propose Yanis, déjà surexcité.
— Un action ou vérité ? lance un autre.
— T'es sérieux ? Ça c'est pour les gonzesses ! rétorque Lucas, en s'allumant une clope à la fenêtre.
Mais l'idée avait pris. Pas un "action ou vérité" classique. Ça a muté. Un mélange de défis débiles, de gages humiliants, mais toujours sous couvert de "blague entre potes".
Premier gage : courir dans le couloir en slip, hurler "Allez l'OM". Tout le monde a explosé de rire quand Maxime, le bourrin, a foncé en gueulant comme un taré, son boxer déjà trop petit collant à ses cuisses massives.
Deuxième gage : se verser une bouteille d'eau glacée sur la tête en plein dortoir. Facile.
Troisième : Yanis qui doit embrasser la joue de Samir. Énorme huée collective.
— Oh le fragile, il a rougi !
— Tranquille, c'est pas gay, c'est sur la joue, wesh.
Je regardais, j'avais ri aussi. C'était con, ça criait, ça puait la sueur et le déo Axe, mais ça soudait le groupe.
Puis est venu mon tour. Pas choisi, désigné par la meute.
— Allez, à toi. Vérité ou gage ?
J'ai voulu la jouer malin.
— Vérité.
— Trop facile ça, t'assumes pas, gros.
— Vas-y, gage alors.
Un silence d'une demi-seconde, puis Yanis a souri.
— OK, t'as qu'à danser comme une meuf, là, devant nous. Avec la musique et tout.
Éclat de rire collectif. Un haut-parleur crachait déjà un vieux son reggaeton. J'ai haussé les épaules, j'ai joué le jeu. J'ai bougé maladroitement, un peu caricatural. Mais plus je faisais semblant, plus ça gueulait.
— Balance les hanches !
— Oh putain, il kiffe, regarde !
Je riais aussi, un peu rouge, un peu gêné. Et quelque part, j'ai senti un truc bizarre : l'excitation du regard collectif, les yeux braqués sur moi, comme si j'étais déjà désigné pour autre chose.
Lucas, adossé à la fenêtre, observait sans sourire. Pas comme les autres. Il me regardait avec une sorte de calme amusé. Comme s'il avait déjà compris avant tout le monde ce qui allait se passer ce mois-là.
Le lendemain, après la première vraie journée d'entraînement, on est tous revenus lessivés au dortoir. Les jambes lourdes, la peau collante de sueur séchée. Douche glacée, repas, puis encore cette ambiance d'ennui collectif.
— Vas-y, on remet ça ce soir, mais plus hard, a balancé Yanis.
— Grave, sinon on va dormir comme des darons, a ajouté Samir.
Et ça a recommencé. Une bouteille au milieu, chacun son tour. Le gage devait être validé par le groupe.
Maxime a dû faire vingt pompes tout nu dans le couloir. Éclats de rire quand un surveillant est passé sans rien dire, juste un regard blasé.
Un autre a dû se laisser mettre du dentifrice sur les couilles, en direct dans la salle de bain. Hurlement, crise de fou rire général.
Puis ça a commencé à dériver.
— OK, ton gage : tu lèches le téton de Théo.
Silence, rires nerveux, protestation.
— Mais wesh, c'est chelou !
— T'inquiète, c'est pas gay, c'est un gage.
Et Théo, gêné, torse nu, s'est laissé faire. Un coup de langue rapide, un cri, puis tout le monde s'est écroulé de rire.
Je me marrais, moi aussi. J'essayais de rester dans la masse, pas me faire remarquer. Mais déjà, j'ai senti qu'à chaque nouveau tour, les regards glissaient plus souvent vers moi. Comme si j'étais... facile.
Et puis, c'est tombé.
— À toi, frérot.
La bouteille pointait sur moi.
— OK... vas-y, c'est quoi ?
Un silence, un sourire carnassier de Yanis.
— Toi, tu dois faire un câlin à Maxime... mais comme une meuf.
Explosion de rires. J'ai soufflé, haussé les épaules, et j'ai joué le jeu. J'ai enroulé mes bras autour de son cou, collé mon torse au sien, bougeant exagérément les hanches.
— OHHH ! Il fait ça trop bien, regardez !
— Mais frère, t'es trop à l'aise, c'est suspect ça !
Je riais encore, gêné, rouge.
Et à ce moment-là, Maxime, le bourrin, m'a serré plus fort que prévu. Son torse massif collé au mien, sa main lourde s'est posée dans mon dos, un peu trop bas.
Tout le dortoir a hurlé.
— Ohhhh, le couple parfait !
Moi, je me suis dégagé, toujours avec le sourire, comme si c'était rien. Mais mon cœur battait fort. Je ne savais pas si c'était de la honte, du malaise... ou autre chose.
Et Lucas, toujours silencieux, observait depuis son lit. Sans un mot. Un léger sourire en coin.
Troisième soir. Même rituel. Entraînement, douche glacée, repas insipide, et retour dans le dortoir où l'air sentait déjà la sueur et les chaussettes trempées. L'ennui pèse, l'électricité du groupe remonte, et sans même qu'on en discute, la bouteille s'est retrouvée sur le sol.
Les premiers tours sont restés classiques : pompes torse nu, un shot de ketchup, embrasser le crâne rasé d'un coéquipier. Toujours dans les rires, les protestations théâtrales.
Puis, de nouveau, la bouteille s'est arrêtée sur moi.
Un silence, puis un sourire carnassier.
— Bon, toi... tu dois faire un bisou... mais pas sur la joue. Sur le ventre de Samir.
Éclat de rire général. J'ai protesté, un peu pour la forme.
— Mais wesh, c'est trop chelou ça !
— Tkt, c'est pas gay, c'est sur le bide, frère.
— Ouais, et puis regarde, il s'est lavé aujourd'hui exceptionnellement !
Tout le monde gueulait. Samir s'est levé, a relevé son t-shirt, son torse encore humide de la douche, les abdos dessinés. Il me fixait avec ce sourire de défi.
Je me suis approché, à moitié plié de rire nerveux. J'ai posé mes lèvres rapidement sur sa peau chaude, en bas des côtes.
Hurlement collectif.
— OH, MAIS IL L'A FAIT !
— Mais gros, t'es trop à l'aise, toi...
— Attention, lui, il va finir notre mascotte !
Je riais aussi, un peu rouge, mais je sentais déjà que ce n'était pas pareil. Leurs regards avaient changé. Ils n'étaient plus juste amusés. Ils étaient... attentifs. Comme s'ils avaient flairé quelque chose.
La bouteille a tourné encore. Et encore une fois, elle s'est arrêtée sur moi. Trop souvent pour que ce soit un hasard. Yanis a levé les mains.
— OK, OK, moi je propose un truc simple. Tu dois masser les épaules de Lucas. Mais bien, hein. Comme si c'était ta meuf.
Un brouhaha de rires gras a rempli la pièce. Lucas, toujours calme, a haussé les épaules.
— Vas-y, pourquoi pas.
Je me suis retrouvé derrière lui, mes mains hésitantes sur ses trapèzes. Son dos large, chaud, contracté.
— Plus fort, frère. Mets-y du cœur.
Les autres hurlaient, certains tapaient des mains.
— Regardez-moi ça ! On dirait un petit kiné privé !
Lucas, lui, ne riait pas. Il a juste tourné la tête, croisé mon regard un instant. Un sourire à peine perceptible. Et je me suis senti rougir d'un coup, incapable d'expliquer pourquoi.
C'était encore un jeu. Mais déjà, je n'étais plus tout à fait comme les autres.
La chaleur du dortoir était étouffante ce soir-là. Les fenêtres ouvertes n'apportaient qu'un souffle tiède, chargé d'odeurs de gazon coupé et de transpiration séchée. Certains jouaient encore à la console, d'autres étendus sur leur lit, mais dès que Yanis a sorti la bouteille en plastique, tout le monde s'est redressé.
— Allez, on lance !
Rires, huées, coups de pieds sur les matelas. Le cercle s'est reformé, comme chaque soir.
La bouteille tourne, s'arrête sur Théo.
— Vas-y, t'as qu'à faire dix squats en slip.
Tout le monde gueule, Théo obtempère, rouge, sous les acclamations.
Tour suivant. Maxime.
— OK, tu dois bouffer une cuillère de moutarde.
Il grimace, avale, manque de recracher. Fous rires.
Puis la bouteille me désigne. Les regards se tournent.
— Bon, toi... tu dois faire un câlin à Samir, mais genre bien collé.
Rires gras. Samir écarte les bras.
— Vas-y frérot, viens, fais pas le timide.
Je ris nerveusement, je me lève, je m'approche. Nos torses se collent un instant, ses bras lourds se referment sur moi. Tout le monde gueule, certains tapent dans leurs mains.
Je me dégage vite, un peu rouge. Je souris, mais je sens mes oreilles brûler.
La bouteille repart. Yanis, hilare, s'en prend plein aussi : il doit se mettre un short sur la tête et faire le tour du dortoir comme un boxeur. Rires à en pleurer.
Encore un tour. La bouteille ralentit, s'arrête devant moi.
— OK, toi, tu dois masser les jambes de Maxime. Mais sérieux, pas juste toucher, hein. Bien masser.
Éclats de rire. Maxime se laisse tomber sur le lit, tend ses cuisses épaisses.
— Vas-y, j'suis prêt, kiné !
Je m'approche, hésitant. Mes mains se posent sur sa peau chaude, encore tendue par l'entraînement. Les autres sifflent, crient des blagues, se marrent.
Je fais semblant de rire aussi, en malaxant maladroitement ses quadriceps.
— Regardez-moi ça, le mec il a des talents cachés !
— Ohhh, kiné perso !
Je retire mes mains trop vite, un peu honteux. Maxime rit à gorge déployée, les veines de ses bras gonflées par le sport. Moi, je retourne à ma place, les yeux fuyants.
La bouteille continue de tourner. Mais j'ai l'impression qu'elle retombe trop souvent sur moi. Comme si le hasard avait un goût particulier ce soir-là.
La bouteille avait tourné au moins dix fois. Les rires résonnaient dans le dortoir comme dans un gymnase vide. Les corps à moitié nus, les serviettes jetées sur les lits, la chaleur poisseuse.
Samir a dû faire des pompes avec Yanis assis sur son dos. Tout le monde criait en rythme, “Un ! Deux ! Trois !” jusqu'à ce qu'il s'écroule, trempé.
Théo a dû se coiffer avec de la mousse à raser. Son crâne collait, les mecs pleuraient de rire.
Puis la bouteille a ralenti, encore une fois devant moi. Un silence, puis un éclat de voix.
— OK... tu dois faire un bisou sur la joue de Lucas.
Rires, sifflets. Lucas, appuyé contre son lit, a haussé les épaules.
— Vas-y, si c'est le jeu...
Je me suis levé, un peu rouge, j'ai approché mon visage. Mes lèvres ont touché rapidement sa joue râpeuse. Les autres ont explosé.
— Ohhh, mais regardez-le !
— Trop naturel, gros, fais gaffe !
Je me suis rassis vite, les oreilles brûlantes, mais en souriant encore.
Un autre tour. La bouteille s'arrête sur moi. Yanis tape des mains.
— Parfait ! Toi, tu dois embrasser son cou... allez, Maxime, relève ton t-shirt.
Nouvelles huées. Maxime rit, torse nu déjà.
— Viens, frère, c'est pas gay, t'inquiète.
Je souffle, nerveux, mais j'avance. Mes lèvres se posent un instant sur sa peau chaude, au creux du cou. Un goût de sel. Tout le monde crie, se marre, certains frappent sur les matelas comme des supporters.
— Ohhhh ! Mais il fait ça trop bien !
— Eh, fais gaffe, tu vas lui donner des idées !
Je recule, rouge, incapable de répondre. J'essaie de rire avec eux, mais ma gorge est sèche.
La bouteille continue. Et quand elle revient encore sur moi, je proteste un peu.
— Wesh, c'est chelou, elle tombe toujours sur moi...
— Bah ouais, c'est le destin, frérot ! rigole Yanis.
— Le destin, ouais ! renchérit Samir, hilare.
Et moi, je me tais, je hausse les épaules. Parce qu'ici, personne ne dit non.
Le cercle s'était resserré. Les rires devenaient plus gras, plus complices. On ne jouait plus pour tuer le temps. On jouait pour voir jusqu'où on pouvait aller.
La bouteille s'arrête sur Yanis.
— Toi, tu dois embrasser le pied de Théo.
Cris, huées. Yanis grimace, mais il s'exécute. Un bisou rapide sur le dessus du pied. Les mecs explosent de rire, certains filment discrètement.
Tour suivant. Samir.
— Allez, suce ton doigt comme si c'était une meuf.
Samir fait le show, doigts humides, gestes exagérés. Tout le monde pleure de rire.
Puis la bouteille s'arrête devant moi. Encore.
Un silence, puis une voix qui tombe.
— OK... toi, tu dois embrasser le ventre de Lucas. Mais pas juste toucher. Reste un peu.
Rires gras. Lucas se penche en arrière, soulève son t-shirt sans un mot.
Je me rapproche, nerveux, mes lèvres posées juste sous son nombril. Sa peau est chaude, l'odeur de savon et de sueur mêlés. Je reste une seconde de trop. Tout le dortoir hurle.
— Ohhhh ! Mais il kiffe trop !
— Regardez-le, il s'applique en plus !
Je me recule, rouge jusqu'aux oreilles. Je ris, mais mon cœur cogne.
Un tour plus tard, encore moi.
— Parfait. Tu dois masser les cuisses de Yanis, mais de l'intérieur.
Explosion générale. Yanis s'allonge sur le lit, les jambes écartées de façon obscène.
— Allez, kiné perso, au boulot !
Mes mains hésitent, puis se posent. Sa peau est chaude, moite. Les autres sifflent, tapent des mains, encouragent.
— Plus haut ! Plus haut !
Je monte un peu, trop gêné pour regarder.
— Arrête, arrête, sinon il va bander ! crie Samir.
Les rires fusent. Yanis éclate de rire aussi, mais ne me repousse pas.
Je retire mes mains d'un coup, comme brûlé, et je retourne à ma place. Les autres hurlent, certains se plient de rire. Moi, je souris encore, comme si de rien n'était, mais mes joues me brûlent.
Et dans le silence qui suit, Lucas reprend la bouteille. Calme, posé.
— Allez. On continue.
La bouteille avait encore ralenti, hésité, et s'était arrêtée pile devant moi. Les rires avaient fusé, excités comme si tout le monde attendait ce moment.
— OK, toi... tu dois sucer une banane.
Un éclat de voix :
— Attends, j'en ai une dans mon sac !
Un joueur bondit, sort un fruit déjà un peu noirci de sa poche de sport. Explosion de rires gras.
— Allez, montre-nous ton talent, frérot !
— Tkt, c'est pas gay, c'est une banane !
Je proteste à moitié, rouge, mais déjà on me pousse en avant, on scande, on tape sur les lits comme des tambours.
Je prends la banane, la main tremblante. Les autres hurlent, sifflent.
— Vas-y, mets-la dans ta bouche !
— Ohhh, mais regardez-le, il est trop chaud !
Je ris nerveusement. Puis je porte le fruit à mes lèvres. Un premier contact. Je l'enfonce doucement, maladroitement, sous une déferlante de cris.
— OHHHHH !
— Il gère ! Il gère !
Certains filment déjà, d'autres se roulent par terre de rire. J'avale un peu plus profond, trop gêné pour lever les yeux. La peau collante du fruit contre ma langue, le goût sucré écoeurant.
— Eh gros, t'as fait ça combien de fois, sérieux ?
— Mais non, c'est pas gay, c'est une banane ! Juste un pote qui sait sucer, c'est tout !
Je retire le fruit d'un coup, le visage brûlant. Les autres gueulent, tapent des mains comme après un but. Moi, je souris encore, incapable de faire autrement, mais mes joues sont en feu.
Et au milieu de ce vacarme, j'ai croisé le regard de Lucas. Assis en retrait, calme, un léger sourire aux lèvres. Comme si, lui, ne riait pas pour les mêmes raisons que les autres.
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Davidorab
8 novembre 2025 à 18:40
Cette approche progressive est intéressante. on se demande quand et comment ça va basculer...
Soyez respectueux
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