Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Stage de Foot — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Stage de Foot
Chapitre 2
Le réveil a sonné trop tôt. Sept heures, les volets claquent déjà sous la chaleur d'août. Les corps endormis, éparpillés dans le dortoir, s'agitent lentement. L'odeur de transpiration et de linge humide collait aux draps.
À la cantine, ça parle peu, sauf quelques blagues étouffées. Yanis a déjà commencé, évidemment.
— Alors frérot, tu veux une banane pour le petit-déj ?
Éclats de rire à la table. Samir a ajouté :
— Grave, t'as pas fini hier, hein ?
Je souris, nerveux, sans répondre. Je baisses les yeux sur mon bol de café. Je n'ai pas envie de relancer, pas envie d'en rajouter.
Sur le terrain, la chaleur frappe déjà. Courses, ateliers techniques, passes rapides. Les entraîneurs hurlent, le coach Roussel gueule plus fort que les cigales. La sueur coule sur nos tempes, les maillots collent.
Dans les vestiaires, c'était encore pire. Les douches collectives, les corps ruisselants, la vapeur qui colle aux carreaux.
— Eh, regarde, il a pas de banane aujourd'hui ! balance Maxime, en m'éclaboussant d'un jet d'eau glacée.
Les autres rient, certains reprennent la blague.
Je tente de sourire, de jouer le jeu. Mais je sens mes joues brûler, encore plus que sous l'eau chaude.
Autour, ça crie, ça se pousse, ça se jette des serviettes roulées comme des fouets. Une ambiance de meute, virile, violente, mais rieuse. Moi, j'essaie de me fondre dans le bruit. Mais je sais que leurs yeux glissent vers moi plus souvent qu'avant.
La douche collective ressemble à une petite arène. Des carreaux blancs partout, l'eau qui claque en échos, la vapeur épaisse qui brouille la vue. Les mecs entrent les uns après les autres, encore chauds de l'entraînement.
Les rires explosent déjà. Yanis s'était accroupi pour déclencher un jet d'eau glacée pile sur les mollets de Samir. Un cri, un coup de serviette en retour. Très vite, ça devient un chaos : éclaboussures, insultes en riant, corps qui se bousculent.
Moi, j'essaie de me faufiler entre deux douches libres, la tête baissée. Mais évidemment, j'attire vite l'attention.
— Ohhh, les gars, il a ramené une banane pour se laver ou pas ? balance Yanis, hilare, en montrant mon gel douche jaune.
Éclats de rire. Maxime reprend, plus fort :
— Grave, fais gaffe qu'il la suce pas celle-là aussi !
Les mecs rient à gorge déployée. Je souris un peu, nerveux, en me rinçant rapidement.
Mais ça ne s'arrête pas là. Samir, qui passe derrière moi, tire d'un coup sur ma serviette accrochée au mur. Mon cul se retrouve exposé une seconde.
— Wesh, t'as vu son boule ! hurle-t-il, déclenchant une nouvelle vague de cris et de sifflets.
Je proteste, je tente de récupérer ma serviette, mais déjà Maxime me plaque contre le carrelage, torse contre mon dos, juste pour rire. Sa poigne est lourde, son souffle chaud dans mon cou.
— Vas-y frérot, tu veux qu'on t'aide à te savonner ?
Les autres hurlent, sifflent, filment même pour certains. Je me débats à moitié, en riant nerveusement, incapable de savoir si je dois protester ou juste jouer le jeu.
Lucas, lui, traverse la pièce tranquillement, serviette sur l'épaule. Il observe la scène sans intervenir, un petit sourire au coin des lèvres. Pas moqueur, pas cruel. Juste attentif.
Au bout de quelques secondes, Maxime me relâche et je récupère vite ma serviette, rouge jusqu'aux oreilles.
— Eh, relax frérot, c'était pour rire ! balance Yanis, toujours plié en deux.
— Ouais, t'inquiète, c'est pas gay, c'est la douche des champions ! ajoute Samir en m'envoyant un jet d'eau glacée dans les jambes.
Les rires résonnent encore longtemps, même une fois les corps sortis, encore ruisselants, et les serviettes nouées autour des hanches. Moi, je reste un peu en arrière, le cœur qui bat plus vite que d'habitude, sans vraiment comprendre pourquoi.
La journée a été longue : footing en pleine chaleur, ateliers tactiques interminables, puis muscu. Au repas du soir, tout le monde parle fort, comme si la fatigue ne servait qu'à alimenter encore plus le bruit.
Quand on est remontés au dortoir, il n'a pas fallu deux minutes pour que Yanis dégaine la bouteille vide de Coca.
— Allez, les gars, on remet ça. Hier c'était trop drôle.
Les protestations étaient faibles, presque rituelles. Tout le monde veux jouer, même ceux qui font semblant de râler. Le cercle s'est formé au milieu des lits, les rires ont repris avant même que le premier gage soit lancé.
La bouteille tourne, s'arrête sur Théo.
— Allez, enlève ton slip et fais le tour du dortoir.
Il proteste, puis cède, rougissant, sous les cris et les sifflets.
Un autre tour. Samir.
— Toi, tu dois te mettre à quatre pattes et aboyer comme un chien.
Tout le monde hurle, Samir joue le jeu à fond, tirant même la langue.
Puis la bouteille ralentit. Elle s'arrête devant moi. Tout le monde éclate de rire avant même qu'un gage soit choisi.
— OK... tu dois danser en slip sur le lit, annonce Yanis, sourire carnassier.
Un chahut d'approbation. Les mecs tapent des mains, sifflent. Je proteste faiblement :
— Mais wesh, c'est trop chelou ça.
— C'est pas chelou, c'est le jeu ! crie Maxime.
— Et puis t'inquiète, c'est pas gay de danser, hein ! ajoute Samir.
Les rires redoublent. Je me lève, je retire mon short, il ne me reste que le boxer moulant. Je grimpe maladroitement sur un lit, la tête en feu.
La musique sort de l'enceinte de Yanis, un son reggaeton moite. J'essaie de bouger, maladroitement d'abord, puis en exagérant mes gestes pour que ce soit drôle.
Les cris montent.
— Ohhh regardez-le, c'est Beyoncé !
— Balance les hanches, frérot !
— Allez, fais comme hier avec la banane !
Je ris nerveusement, mes joues brûlantes. Mes hanches bougent trop, mes gestes se tordent un peu. Les mecs sont écroulés de rire, certains filment en cachette.
Quand je saute enfin du lit, les cris résonnent encore. Et dans le brouhaha, quelqu'un lance :
— Franchement, c'est officiel, c'est notre mascotte !
Les rires explosent, certains répètent le mot en chœur : “Mascotte ! Mascotte !”
Je souris encore, mais mon ventre est serré.
La bouteille roule encore, le cercle hurle, l'énergie monte. Les mecs sont surexcités, fatigués de la journée, mais électriques, comme si chaque gage devait être plus fou que le précédent.
Elle s'arrête sur moi, encore. Des cris, des sifflets.
— Ohhh, c'est pour lui, parfait !
— Allez, on lui met quoi cette fois ?
Un silence, puis la voix de Yanis, tranchante :
— OK... tu dois monter sur Maxime et faire genre tu le baises.
Explosion générale. Les rires fusent, certains se roulent déjà par terre.
— T'es un taré, gros !
— Mais wesh, c'est trop !
— Non, non, c'est trop drôle, vas-y !
Maxime, déjà hilare, s'allonge sur le lit en écartant les bras.
— Viens, frérot, viens me chevaucher !
Je proteste, rouge, la voix tremblante.
— Mais c'est abusé, sérieux !
— C'est pas abusé, c'est le jeu, t'inquiète !
— Grave, c'est pas gay si c'est pour rigoler ! ajoute Samir, déclenchant une nouvelle vague de rires.
Tous les regards sont sur moi. Les cris, les mains qui tapent sur les lits en rythme : “Allez ! Allez ! Allez !”
Je finis par m'approcher. Mes jambes tremblent un peu. Je grimpe maladroitement sur Maxime, à califourchon. Les mecs hurlent.
— Ohhhh, mais il sait faire ça trop bien !
— Regardez-moi ses hanches, c'est suspect !
Je bouge un peu, pour la forme, en riant nerveusement. Maxime joue le jeu à fond, mains sur mes hanches, simulant des mouvements de bassin. Les cris atteignent un niveau assourdissant. Certains filment, d'autres sifflent comme dans un stade.
Au bout de quelques secondes, je saute du lit, rouge écarlate, le souffle court.
— Wesh, c'était trop ! protesté-je encore.
— Mais non, c'était énorme !
— Officiellement, t'es notre mascotte maintenant, y a pas débat !
Les rires résonnent encore longtemps, emplissant le dortoir jusqu'aux murs. Moi, je me rassois, les jambes un peu molles, incapable de savoir si je veux disparaître ou éclater de rire avec eux.
La bouteille tourne encore, dans un brouhaha de rires, de cris et de chahuts. Certains sont debout, d'autres filment, d'autres tapent sur les lits pour mettre la pression. Chaque tour est plus attendu que le précédent, comme si le groupe voulait battre son propre record d'audace.
Elle ralentit. Elle s'arrête devant moi. Bien sûr.
Des cris fusent aussitôt :
— OHHH ! C'est encore lui !
— C'est un signe du destin, frère !
— Non, c'est officiel, c'est sa soirée !
Yanis prend la parole, sourire carnassier.
— OK... tu dois lécher l'intérieur de la cuisse de Samir.
Explosion générale. Certains se lèvent, crient, sifflent. Samir éclate de rire, déjà en train de tirer sur son short pour dégager sa cuisse musclée.
— Allez, viens, c'est pas sorcier !
Je secoue la tête, les mains en l'air.
— Non, mais wesh, c'est abusé ça !
— Mais non, c'est qu'une cuisse, frère, détends-toi.
— C'est pas gay tant que c'est pas plus haut ! balance Maxime, déclenchant un hurlement de rires.
Le groupe scande en rythme : “Mascotte ! Mascotte ! Mascotte !”
Mes joues brûlent. Mon cœur tape dans ma poitrine. Mais sous leurs cris, je finis par m'approcher.
Samir est assis sur le bord du lit, la cuisse tendue. Je me baisse, mes lèvres frôlent sa peau chaude, couverte de duvet fin. Une seconde, juste un contact humide.
Le dortoir explose.
— OH PUTAIN IL L'A FAIT !
— Regardez-le, il a fermé les yeux !
— Grave, on dirait qu'il a kiffé !
Je me redresse aussitôt, rouge écarlate, incapable de répondre. Samir rit, se recoiffe, fier de son rôle.
Je retourne à ma place, fuyant les regards, les oreilles sifflantes sous la clameur.
Lucas, encore une fois, reste en retrait. Pas de blague, pas de cri. Seulement ce sourire discret, ce regard fixe qui me traverse.
La soirée s'est étirée encore un moment, la bouteille tournant entre cris et rires, jusqu'à ce que certains s'écroulent de fatigue sur leurs matelas. Peu à peu, l'électricité s'est dissipée, remplacée par une lourdeur de corps épuisés.
Je me suis allongé aussi, dos contre le matelas, encore brûlant des gages que j'avais dû assumer. Les rires résonnent toujours dans ma tête, comme si les murs du dortoir les avaient absorbés.
Un bruit léger a attiré mon attention. Lucas. Il n'est pas encore couché. Assis sur le rebord de son lit, il enfile lentement un t-shirt propre, les muscles de ses épaules se dessinant dans la lumière jaune du plafonnier.
Il a tourné la tête vers moi. Ses yeux ont accroché les miens.
— T'as géré ce soir.
Sa voix était calme, posée. Pas moqueuse, pas rieuse. Simple.
Je n'ai pas su quoi répondre. J'ai haussé les épaules, un sourire nerveux aux lèvres.
— Ouais... enfin... c'était chaud quand même.
Il a hoché la tête, lentement.
— C'est comme ça, ici. Faut savoir encaisser.
Un silence. Je me sens bizarrement plus gêné sous son regard que sous les cris des autres.
Il a ajouté, en se penchant légèrement :
— Mais t'inquiète. T'as bien fait de jouer le jeu. C'est ça qui fait tenir le groupe.
Puis il s'est levé, a éteint la lumière de son côté, et s'est glissé dans son lit.
Je suis resté immobile, le cœur battant plus vite que prévu. Pas à cause des gages. Pas à cause des rires. À cause de ses mots, de ce regard posé sur moi comme une main invisible.
Dans l'obscurité, j'ai entendu encore quelques rires étouffés, des chuchotements, des respirations lourdes. Mais moi, je n'ai pas trouvé le sommeil tout de suite.
Le lendemain soir, tout est reparti comme si c'était devenu une habitude. Le repas a été bruyant, les blagues toujours plus lourdes, et à peine remontés au dortoir, Yanis a déjà sorti la bouteille vide.
— Allez, c'est la tradition maintenant ! cria-t-il en frappant sur un lit.
Le cercle s'est reformé, presque naturellement. Certains étaient encore en short, d'autres en slip, la chaleur d'août collant aux peaux. Les rires avaient repris, comme si on n'attendait que ça toute la journée.
La bouteille a tourné. Des gages débiles pour les premiers : chanter l'hymne national debout sur un lit, faire vingt abdos avec un autre assis sur soi. L'ambiance chauffait doucement, comme toujours.
Puis elle a ralenti, s'est arrêtée devant moi. Cris immédiats.
— OHHH, encore lui !
— Le destin, gros !
— C'est notre mascotte, y a pas débat !
Yanis s'est frotté les mains, le sourire carnassier.
— OK... toi, tu dois sucer ton doigt comme si c'était une meuf.
Explosion générale. Certains se lèvent déjà, d'autres frappent sur les matelas.
— Vas-y, montre-nous tes skills !
— C'est pas gay, frère, c'est qu'un doigt !
Mon cœur tape. Mes joues brûlent. Mais sous leurs regards, je lève la main. J'approche lentement mon index de mes lèvres. Un silence tendu tombe une seconde.
Puis je l'humidifie d'un coup de langue. Je le glisse dans ma bouche. Je fais mine d'aspirer, maladroitement d'abord, puis un peu plus exagéré, pour faire rire.
Les cris éclatent aussitôt.
— OHHHHHHHHH !
— Mais regardez-moi ça, il sait faire !
— Wesh, c'est chelou, on dirait qu'il a l'habitude !
Je retire mon doigt d'un coup, rouge écarlate, en riant nerveusement. Mais les rires ne s'arrêtent pas. Yanis mime un orgasme, Samir se roule par terre.
— Franchement, t'assures trop, frère !
— Grave, tu pourrais donner des cours !
Je tente de protester, de rire avec eux, mais je sens mes oreilles brûler. Et dans le vacarme, j'ai aperçu Lucas, en retrait comme toujours, qui me regarde sans rien dire. Juste ce sourire en coin, à peine visible dans la lumière jaune du dortoir.
La bouteille a tourné encore quelques fois, mais c'était comme si le jeu avait déjà trouvé son point culminant. Tout le monde ne parlait plus que de moi, de mes gages, de la manière dont j'avais "joué le jeu".
Yanis, hilare, ne lâchait pas le morceau.
— Eh, les gars, c'est bon, on a trouvé. C'est plus un joueur, c'est notre mascotte.
Cris, sifflets, applaudissements. Samir reprit aussitôt, se levant pour scander :
— Mascotte ! Mascotte ! Mascotte !
Le mot résonnait, repris en chœur par tout le dortoir. Certains tapent du pied, d'autres frappent sur les matelas comme des tambours de stade.
Je ris aussi, les joues rouges, sans trop savoir quoi faire d'autre.
Maxime me donne une tape lourde dans le dos, presque fraternelle.
— Bien joué, frérot. T'assures grave.
Les cris continuent, la clameur remplit la pièce. On m'a mis un surnom, une place dans le groupe. Pas choisi, pas négocié. Et je ne peux que sourire, gêné, pour ne pas casser le délire.
Quand le vacarme finit par retomber, les corps se dispersent sur les lits, encore secoués de rires. La lumière s'éteint , les conversations se réduisent à des murmures.
Allongé dans l'obscurité, je sens encore le mot résonner dans mes oreilles.
Mascotte.
Et même si je me force à sourire, mon ventre reste serré.
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