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✦ Etrenu Le féal et les ardents XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le féal et les ardents — Chapitre 3

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Etrenu
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Le féal et les ardents

Chapitre 3

Je sors des limbes en sursaut le lendemain vers neuf heures par un Ludo qui tonne que l'heure du réveil a sonné. Il tire des pieds, chatouille des cuisses, claque des fesses. Il avoue en inspirant à plein nez :
– Ah que j'aime cette odeur bien mâle de beaux gosses en manque et en sueur ! 
Comme d'autres je tente de prendre conscience du délicieux parfum qui nous enveloppe. Je suis en érection matinale, comme Manu dont le sexe est tendu vers moi. Je vérifie de l'autre côté : c'est un même beau phallus gorgé de sang qui apparait.
Je me lance :
– Y a-t-il un seul beau gosse dans cette pièce qui ne soit pas en érection ?
 Chacun observe les autres. Deux ou trois verges gonflées mais pas totalement dures sont signalées. Mais c'est Estebe qui déclenche le fou rire et nous fait nous lever en déclarant :
– Le seul qui ne bande pas c'est Ludo ! Sans doute est-il trop vieux pour cela !
Ludo se jette sur lui en écrasant le corps de ses voisins. Estebe tente de fuir en rampant sur d'autres corps nus. Mais il n'évite pas quelques sévères claques sur ses fesses pour cause d'impertinence inacceptable.
Nous nous retrouvons tous sous les douches à nous heurter les uns les autres pour passer sous l'eau. Nous éclatons de rire en voyant les traces rouges sur le fessier pourtant velu d'Estebe. Ludo n'y est pas allé avec le dos de la cuillère !
Pour preuve Estebe se cale face à une cloison, écarte les pieds, recule son bassin, se penche, et nous laisse admirer son beau petit cul rougi.
Ceux de service de petit déjeuner filent rapidement le préparer. Le rayon de soleil matinal sur nos peaux pas encore toutes hâlées est un délice. Les bavardages reprennent. Des groupes se forment. Aucun d'entre nous n'est laissé de côté. La mayonnaise commence à prendre.
Après un bon petit-déjeuner tranquille, quand Vincent propose à la cantonade de faire un petit footing de quarante-cinq minutes, nous sommes plusieurs à nous interroger à haute voix sur le sérieux de le faire dans le plus simple appareil.
– Pas de slip, les gars ! rappelle Vincent.
– Mais ça va balloter en tous sens ! Je ne voudrais pas me faire une torsion de testicules ! dis-je.
– Je te les remettrai en place ! dit un gars.
– Mets un string ou un jockstrap ! propose Manu.
– Inquiétude légitime pour une question stupide, mon gars, répond Vincent. As-tu déjà vu des mammifères affublés d'un mini slip, même peau de panthère ? Non ? Je te rappelle que nous autres, humains, sommes des mammifères. Comme tous les mammifères, nous autres les mâles nous avons couilles et verge qui pendent et qui balancent au gré de nos mouvements. Ce n'est pas parce que nous ne portons pas de suspensoir, comme disent justement nos amis québécois, que nous risquons de nous les tordre ! Comment faisaient les Grecs anciens ? 
– Humm, les Grecs anciens… dit une voix. Quelle jouissive période !
– Cela dépend de ton statut, mon beau. Esclave tu te faisais tout le temps enculer. Citoyen tu ne pouvais que te soulager dans des chattes ou des culs, jamais en prendre une bonne ! Pas drôle ! précise Vincent. Non, je vous rassure, ce n'est pas en faisant de l'activité physique nu qu'on se tord les testicules. Vous verrez, c'est très agréable de courir nu. Alors, qui vient ?
Je décide de le suivre comme une huitaine d'autres. Effectivement un vrai sentiment de liberté m'étreint en sentant mes génitoires heurter ma peau. Ce n'est pas douloureux. C'est juste bon. C'est juste beau de voir balancer ceux de mes voisins. C'est juste magnifique de voir les fesses se contracter et décontracter sous l'effort. Nos corps nus et en nage sont un régal pour les yeux.
Et sous l'effort, pas de risque qu'une émotion physique surgisse !
Après un footing très agréable nous plongeons directement dans le lac en rejoignant plusieurs autres comparses. Après cinq minutes à me détendre, je décide de suivre un petit groupe qui se lance dans une traversée complète du lac. L'effort physique est intense, mais quel bonheur !
Nous sommes trois à rentrer tranquillement après nous être égarés dans le parc. L'évidence de nos pulsions est telle que nous nous disons que si la règle n'avait pas été l'abstinence, nous nous serions jetés dans un corps à corps animal au milieu des bois.
Nous jetons un œil sur la grande cabane puis sur la tente. Nous comprenons que le groupe de vingt va se répartir entre elles et les bergeries pour vivre en petit groupe de cinq. 
Nous échangeons sans tabou aucun sur ce que nous imaginons être nos emballements sexuels sur celui qui sera désigné comme féal.
– Il faut vraiment être un vrai passif pour accepter ce rôle ! remarque-je. Le gars va se faire mettre par quatre d'entre nous, chaque jour ! Il va déguster !
– Pourquoi une seule fois par jour ? demande mon voisin, l'œil égrillard.
– Et si on n'accroche pas avec notre féal, tu crois qu'on pourra s'amuser avec un autre ? demande l'autre.
– Je ne crois pas. Si j'ai compris on reste obligatoirement à cinq, et seul le féal se fera enculer. Alors il vaudra mieux pour nous que son petit cul nous plaise !
 
Après un déjeuner léger nous nous dispersons dans le parc, la plupart d'entre nous se mettant à l'ombre dans une chaise longue pour piquer un petit roupillon bien mérité.
Comme je l'avais imaginé, l'intensité de mon effort physique matinal empêche toute excitation de mon sexe. Jusqu'au réveil où, comme presque tous, je suis en éclatante érection.
C'est la queue raide que je retourne dans le manoir. Je remarque Charles en train de dessiner l'un de nous, nu de dos. J'admire son trait précis. Le dessin est aussi beau que l'anatomie dessinée !
– Qu'est-ce qui te fait de l'effet ? me demande Charles, amusé, en observant mon phallus étincelant. Le modèle ou le dessin ?
– Il existe une troisième hypothèse : l'artiste !
– Ah. Mais ça ce n'est pas prévu au contrat. Le dessinateur vit sa vie de son côté avec ses amis, et vous la vôtre entre jeunots !
– D'accord. Mais je tiens vraiment à te remercier. Cela commence à être difficile, comme tu le vois, de ne pas… Enfin, tu me comprends… Mais je passe un moment enchanteur, ici, au milieu de vous tous ! Quel pied d'être tous rassemblés avec la queue à l'air !
– Moi aussi, dit le modèle.
– Et moi donc ! réplique Charles. C'est à moi de vous remercier. Être au milieu de vous, tous plus beaux et excitants les uns que les autres, est un paradis pour moi ! Un paradis mâle. Le seul qui m'intéresse ! Parce que j'espère que personne ne s'imagine que quand on sera au paradis, on sera habillé ! Non ! Le paradis c'est tous à poil ! 
– Pas faux… m'amuse-je.
– As-tu amené ton matériel de dessin ? me demande-t-il après un long silence qui ne résonne que du crayon sur le papier vélin.
– Oui. C'est encore dans la voiture. 
– Tu veux bien aller le chercher ? J'ai deux autres chevalets de dessin. Tu pourras en prendre un et dessiner les camarades de ton choix.
– C'est une idée !
– Il faut t'occuper l'esprit ! Tu es trop focalisé chair fraiche… Et il fait maintenant trop chaud pour faire du sport. A part la baignade, il n'y a pas trop d'activité physique possible, mais tu as déjà donné…
 
En allant à ma voiture je réalise que Charles a su ce que j'avais fait ce matin. Décidément, il nous surveille, l'air de rien.
Quand je pénètre à nouveau dans le salon, trois nouveaux gars sont là, à attendre, regardant, comme je l'avais fait un peu plus tôt, Charles en train de dessiner.
Charles s'interrompt pour me montrer ses deux autres chevalets rangés dans une petite pièce à proximité. Je choisis celui qu'il me conseille et je l'emmène pour installer mon matériel.
C'est Charles qui décide de la pose du premier modèle. Si l'aller-retour avait calmé mes ardeurs, voir mon modèle penché sur une table les réveille. Charles écarte ses pieds pour entrevoir ses bourses bien rondes entre les cuisses. Les fesses sont superbes. Notre hôte ne tarde pas à se moquer du beau morceau de viande qui gonfle entre mes jambes…
Un premier dessin est raté. Charles me donne des conseils. Le quatrième commence à ressembler à quelque chose. Mon modèle le valide et décide de l'afficher.
Guidés par Vincent qui nous a rejoint, trois gars s'empressent d'aller fixer une cordelette dans la salle à manger destinée à supporter nos œuvres à l'aide de pinces à linge. Pendant ce temps je dessine le beau corps effilé d'Yves, le camarade devant qui j'ai apprécié de danser hier soir.
A nouveau mes traits sont grossiers. Je m'y reprends plusieurs fois en râlant. Charles s'en amuse. Puis me prodigue un conseil :
– Tu ne vas pas y arriver comme cela. Il faudrait que tu t'entraines à dessiner des parties du corps. Tu commences par les épaules et le cou. Ce n'est pas le plus facile ! Tu enchaines une vingtaine de dessins comme cela, puis tu passes à une autre partie du corps.
Yves accepte que je ne me consacre qu'à ses épaules que j'observe attentivement. Elles sont d'une jolie musculature fine, assez bien dessinées. Après trois essais, je suis content de moi.
Je dessine les épaules de quatre autres gars en sentant que ma main est de plus en plus précise.
C'est Yves qui revient à la charge et me suggère de dessiner son fessier. Il est à l'image du reste de son corps, fin et bien marqué. Le premier essai est immédiatement satisfaisant. Il remarque que certaines parties de l'anatomie masculine m'inspirent plus que d'autres.
Manu prend sa place. Ses fesses sont plus rondes. Je remarque aussi que la raie entre elles est plus nette. Est-ce parce qu'il est plus poilu ? Et d'une pilosité brune ?
Le deuxième essai est le bon. Je demande alors à Yves de revenir se placer à côté de Manu pour qu'ils me présentent leurs superbes fesses. Il n'y a pas que mon sexe qui est dressé. La plupart de ceux qui nous entourent sont excités. Charles me demande de décrire à haute voix ce que je vois.
– Une plus grosse rondeur du petit cul de Manu. On voit pourtant bien le muscle dans les fesses plus plates d'Yves. Sans doute parce qu'il s'amuse à les contracter…
– C'est parce qu'elles se sentent orphelines, réplique-t-il, amusé.
– Patience mon ami ! On s'en occupera si tu es désigné comme féal ! Mais en fait je commence à comprendre : comme les fesses de Manu sont plus charnues, la fente est plus marquée…
– C'est aussi parce que sa peau est moins blanche que celle d'Yves remarque un camarade en érection, bouche ouverte à baver de désir.
– Ce n'est pas faux… Ne bougez plus les gars, je dessine !
Le double fessier côte à côte est plutôt réussi. C'est du moins l'avis général. Je demande aux deux modèles d'écarter un peu les cuisses jusqu'à ce que se dévoile leur anus. La posture n'est pas évidente. On entrevoit surtout les bourses qui pendent. Je m'amuse néanmoins à faire un dessin suggestif faisant apparaitre leur orifice.
A la suite de cela, tous me demandent de dessiner leur petit cul. Sous le regard amusé de Charles qui dessine des jeunes mâles de pied en cape, pénis sage, je me concentre sur les fessiers.
Après plus d'une heure de dessins totalement orientés cul sans avoir débandé, je fais une pause en allant me détendre les jambes à l'extérieur. Accompagné de mes deux modèles préférés, je décide d'arroser mon ventre avec le tuyau d'arrosage. 
Le contact de l'eau froide sur la peau nous fait crier joyeusement. Comme des gamins, nous nous courons après pour nous mouiller. L'effort physique autant que la fraicheur réussissent à faire ployer nos verges. Elles restent néanmoins bien gonflées.
 
C'est Manu qui me demande de dessiner son sexe. Je le dévore du regard, de près, en m'appliquant. Le premier dessin marque une jolie saucisse mi-décalottée qui me plait particulièrement.
La verge d'Yves est davantage déployée. C'est une jolie tige en forme de crayon décalotté que je couche sur le papier.
Les autres s'intéressent à mon travail. L'heure de l'apéritif a presque sonné quand je termine mon vingt-troisième dessin de verge, celui de Vincent qui a succédé à Régis, Ludo et Charles.
Pendant que je file avec d'autres au lac pour enfin débander, nos ainés tapissent un mur avec ces dessins très masculins, chaque verge étant identifiée.
C'est un comparse un peu timide mais plein d'entrain, Fred, qui, au bord du ponton, attrape ma fesse et m'attire brusquement avec lui pour chuter dans le lac. Le contact de l'eau froide sur ma peau me fait crier. Mais le Frédo se jette sur moi pour m'attraper en me faisant couler.
Puisque je suis agressé, il me faut me défendre ! Nous entamons un joyeux corps à corps qui nous réjouit autant l'un que l'autre, sentant d'abord nos sexes durs contre nos corps, puis nos verges amollies qui s'adaptent prudemment à la situation.
Un water-polo improvisé démarre. A ce jeu je me défends correctement même si, comme tous, le souffle me manque rapidement. Mais l'agréable de cette discipline est bien de grimper sur le corps des autres pour lui voler le ballon. De délicieux contacts physiques sans risque pulsionnel, car nous avons tous un pénis et des bourses en mode repli aux abris.
 
De retour sur la terrasse pour l'apéritif, je suis chaleureusement félicité par les uns et les autres. De nombreuses mains amicales se posent sur mes épaules, mes flancs, mes fesses. 
Charles nous interrompt en remarquant qu'il manque un dessin de sexe dans l'exposition. Tous me regardent. Effectivement, je n'ai pas dessiné ma propre verge.
– Si tu as un miroir je peux essayer de la dessiner, propose-je.
– Je propose plutôt de la dessiner moi-même, dans le style de Jonas. Qu'en pensez-vous, les gars ?
Une forte majorité s'exprime en faveur d'un dessin de Charles.
– A la manière de Jonas ! rappelle Manu, faisant rire les autres.
Charles déplace une table en bout de terrasse. Il me demande d'y poser une fesse, d'écarter les jambes pour laisser pendre mon sexe.
Il affine la pose en écartant légèrement mes genoux puis valide ma position. Vincent lui a apporté son chevalet. Il n'a plus qu'à se lancer.
Je réalise brusquement que tous les regards sont posés sur mon entrejambe. Tous se tiennent derrière Charles qui est concentré sur ma virilité. Je déglutis difficilement, peu à l'aise d'être le centre d'intérêt de tous. En plus la baignade m'a calmé. Ma verge est en mode minimaliste.
Ce n'est que quand je vois le beau dessin de Charles que je réalise que mon sexe est le seul à être au repos. Tous ceux que j'ai dessiné étaient soit de belles saucisses, soit d'épiques phallus.
Je me mets donc à protester. Bien mal m'en prend. Les moqueries fusent en tous sens sur mon tout petit organe qui est qualifié de tous les qualificatifs gausseurs possibles.
 
Le diner est à nouveau joyeux et débridé. Les sexes sont bien plus déployés que la veille. Le manque se fait sentir chez chacun, y compris chez nos hôtes quinquagénaires qui ne sont pas en reste de déploiement pénien.
Quelqu'un propose un strip-poker. L'éclat de rire généralisé permet toutes les audaces, toutes les propositions. En particulier qu'on remplace les vêtements par des positions du Kâma-Sûtra gay.
Charles doit intervenir pour nous faire rendre raison :
– Les jeunes ! Les jeunes, écoutez-moi… Nous entamons la soirée de tous les dangers ! Je vous rappelle la règle d'abstinence… Jusqu'à présent il nous semble que vous avez tous respecté votre engagement. Mais nous avons tous le corps en feu… C'est de plus en plus difficile pour chacun de nous… Je vous demande de faire cet immense effort de résister encore au besoin coïtal. Ce soir, à la tombée de la nuit quand tous les badinages sont possibles derrière les buissons… Cette nuit dans le dortoir. Mais si vous y arrivez, je m'engage à écourter légèrement cette période en y mettant un terme demain en fin d'après-midi. Une nuit de moins. Etes-vous prêts à relever ce défi ?
Une clameur généreuse s'élève. Oui nous tiendrons ! Nous nous le disons mutuellement, quand bien même nos sexes tendus se heurtent les uns aux autres.
Pour passer la soirée sans risquer trop de tentation, je me mets à discuter de manière plus approfondie et sincère avec les uns et les autres. En réalité il n'y a que trois ou quatre personnes avec qui je n'accroche pas. Les autres sont super sympas, voire super excitants. Manu, en particulier, m'aimante. Fred le timide et Yves le tout fin aussi. Thierry, dit Titi, vient me parler avec récurrence. Je lui plais. C'est sûr.
Jamais auparavant je n'avais parlé aussi librement de choses réellement intimes. Mes premiers émois, ma passion masturbatoire, mon premier mec, les suivants, mes goûts actuels… Et aussi mes rêves de mec, de couple, de trouple pourquoi pas, de partouzes défoulatoires.
Je réalise que ce que je ressens est largement partagé. Il existe bien de légères variantes dans le ressenti des uns et des autres, mais il apparait clairement que nous avons tous les mêmes pulsions, les mêmes désirs d'entremêlements virils et d'extases mâles.
Ludo doit calmer les ardeurs de certains qui commencent à se promettre des coïts et des postures particuliers.
– Vivez le temps présent, les gars ! Ce que vous ressentez ce soir est différent de ce que vous ressentirez demain soir ! Vos envies évoluent, d'abord en raison de la chimie du corps. Ensuite parce que vous vous connaissez de mieux en mieux au fil des heures. Alors, s'il vous plait, vivez le moment présent ! Essayez juste, à partir de demain soir, d'exprimer le plus complètement possible le désir que vous ressentirez pour l'un ou pour l'autre. Dans le respect du partenaire, bien sûr. Dans le respect des rôles qui vous seront attribués : féal ou ardent…
– Profitez de cette dernière journée, demain, pour faire vraiment plus ample connaissance avec ceux dont vous vous sentez proches, ajoute Charles. C'est important de faire connaissance. Ce n'est pas un hasard si, dans le langage littéral, « connaitre » quelqu'un c'est aussi avoir eu une relation sexuelle avec lui. Vous commencez à comprendre que cette période d'abstinence préalable a pour but de vous pousser les uns vers les autres en tissant des liens amicaux. Cela, je fais la vanne avant Estebe, avant de vous pousser les uns dans les autres…
Nous éclatons de rire. Mais curieusement, contrairement à notre habitude, les propos salaces et grivois sont rares. Je ne suis pas le seul à méditer sur ce que Charles vient de dire. S'obliger à ne pas se jeter sur ces mâles qui m'excitent au plus haut point me pousse effectivement à davantage échanger avec eux.
Je regarde autour de moi. Je les trouve beaux, ces jeunes ou ces vieux pédés. Beaux, excitants, intéressants… Je réalise une fois de plus la chance que j'ai d'être là, maintenant, nu au milieu de ces gays nus.
Nus et sages… Pour le moment !
 
Après une longue soirée amicale au cours de laquelle nous avons encore chanté et dansé, accompagnés par nos musiciens décidément très en verve, nous passons par la case douche avant de retourner au dortoir. Je me couche entre Manu et Fred. Nous retrouvons très vite une complète érection, comme tous les mâles qui nous entourent. Le besoin de copuler est terrible. Mes couilles sont douloureuses. Je dois impérativement juter !
Mais je me suis engagé…
De l'autre côté de Manu j'entrevois les belles fesses plates d'Yves qui lui tourne le dos. En me relevant je remarque qu'il est collé à Thierry et qu'ils s'embrassent suavement. 
Manu regarde aussi et sourit. Il caresse les fesses d'Yves avant de lui dire :
– On se calme les hommes ! Vous n'allez pas tenir !
– Comment veux-tu que je résiste à une bouche aussi gourmande, dit le visage enjoué de Thierry qui apparait au-dessus des épaules d'Yves.
Quelques remarques fusent un peu partout. Le combat entre le respect de son engagement et l'intensité de ses pulsions n'est pas qu'intérieur… 
Nous nous recouchons tous, sur le dos, queue droite et secouée de tensions spasmodiques. Manu me regarde. Il approche son visage pour susurrer à mes lèvres :
– J'ai très envie de toi, tu sais ?
– Envie partagée ! réponds-je doucement. Mais restons sages ! Je crains que la nuit ne soit difficile…
Après quelques minutes à méditer en silence malgré le bruit des corps impatients qui se tournent et se retournent, Manu se tourne encore vers moi et pose sa main sur mon ventre. Comment a-t-il deviné que je n'espérais que cela ?
Il me caresse délicatement la peau avant de descendre jouer avec les poils taillés de mon pubis. Je ne peux réprimer un léger gémissement qui fait se tourner Fred vers moi.
La main de Manu frôle la racine de mon sexe. Je gémis encore. Elle se décide enfin à remonter et à saisir fermement mon phallus en le serrant. Waouh ! Que c'est bon !
La main de Fred remplace celle de Manu pour caresser mon ventre. Ses lèvres se posent sur les miennes. Il murmure :
– Moi aussi tu m'excites…
– Tu m'excites aussi, Fred… Il faut encore tenir. Je te promets qu'on va baiser et jouir ensemble !
Sa main chasse celle de Manu qui le laisse saisir mon membre. Bientôt tous deux collent leurs lèvres aux miennes. Nos langues sortent pour se pourlécher tous trois avec douceur. C'est tellement bon !
Malheureusement je me sens prêt à jouir sans même que l'un ou l'autre ne m'astique. Je les repousse donc et écarte leur main. Je devine leur sourire tendre dans la pénombre. Ma queue est secouée de spasmes. Elle retombe lourdement sur mon ventre en un bruit sourd qui ne trompe personne. Elle s'élève, se tend, retombe.
Je crois à un moment que je vais jouir ainsi. Mais la pression sanguine s'éloigne lentement, douloureusement. Jamais mes couilles ne m'ont autant tourmenté. J'ai mal. Je suis merveilleusement bien entouré de tous ces mâles aussi en rut que moi. Je souffre. J'aime cette sensation, cette douleur, promesse de futur extases acharnés.
Je mets un temps fou à m'endormir. A plusieurs reprises mon corps heurte celui d'un de mes voisins. Nos sexes se touchent. Nos pulsions nous poussent à nous frotter les uns contre les autres. Je sens le sexe de Fred coulisser contre ma raie. Je le repousse. Cela sent l'homme. L'homme jeune, en sueur, en manque…
La nuit est agitée, entrecoupée de réveils douloureux. Je suis sans cesse en érection. C'est douloureux. Je ne pense qu'à copuler, à jouir. Je me retiens. Je résiste de toutes mes forces.
 
Au réveil nous sommes tous dans le même état d'excitation et d'épuisement. La plupart des glands sont sortis et luisent. Les fuites séminales sont généralisées. Le parfum mâle qui a envahi le dortoir est un régal qui nous excite encore plus.
– Eh les gars, dit Estebe d'une voix pâteuse mais toujours chaleureuse avec son accent chantant. Est-ce qu'on est d'accord pour se dire les choses franchement ? Sans jugement ?
– Ouais, dit l'un.
– On est tous d'accord ?
A tour de rôle chacun donne son accord dans une chaine parfaite démarrant à une extrémité et terminant à l'autre.
– Okay, reprend Estebe. Qui a éjaculé depuis qu'on est arrivé ? Notez que je ne demande pas comment… Nous savons ô combien c'est dur…
– Nos sexes ? dit une voix. Oui, super durs !
– Oui, nos sexes aussi ! Alors je ne sais pas vous, mais moi, si certains ont joui, je ne vois pas comment leur en vouloir ! On commence par le haut à droite ? Tu as éjaculé ?
L'un après l'autre, vingt « non » sont prononcés. Des sifflements admiratifs s'expriment. Nous nous félicitons les uns les autres. Puis nous nous applaudissons. Nous avons tenu le coup !
Fiers de nous, sur ma suggestion tout le monde se lève et se dirige vers le lac. Il n'y a que son eau fraiche qui nous fera débander.
En sortant du dortoir nous tombons sur Ludo et Régis qui bandent autant que nous. Je lis dans leurs yeux de la fierté. Ils nous ont entendu. Ils savent qu'on a résisté.
Arrivés au ponton, pas un de nous n'a débandé. Nous plongeons, nous nageons, nous débandons lentement, nous urinons, nous jouons, nous grimpons à nouveau les uns sur les autres.
 
Etant de service de petit-déjeuner je pars dans les premiers pour dresser la table et faire couler le café. Au cours du repas les érections sont moins intenses, mais les excitations sont partout évidentes.
Nous sommes tous vaseux, après une aussi mauvaise nuit. Le repas traine. Je fais la vaisselle, heureux d'enfiler un tablier qui exhibe mes petites fesses. Heureux de sentir des mains les peloter franchement…
A l'issue, alors que tout le monde traine, Régis nous propose de faire un réveil musculaire. Nous sommes presque tous là, sur la terrasse, autour de lui.
Il annonce un programme de renforcement musculaire fait de travail du haut du corps, du bas du corps, d'abdos. Il nous fait la démonstration de chaque exercice. 
Voir sa verge gonflée pendre ou poser lourdement sur son ventre, regarder ses fesses musclées, admirer sa musculature puissante me réjouis. Être tous nus lors des exercices est une sensation divine. Voir tous ces corps en pleine action me semble être une promesse d'orgies magnifiques.
Thierry remarque :
– Tu fais chier, Régis ! Jamais plus je ne pourrais être en salle habillé ! C'est tellement meilleur à poil !
– Cela existe, les séances naturistes à la salle, dit l'un.
– A Paris peut-être, mais dans nos provinces, non ! réplique Estebe.
– Prenez ce qu'il y a à prendre ! clame Ludo tout en enchainant des pompes.
– Qu'entends-tu par « prenez » lance inévitablement l'un de nous, déclenchant des rires gras.
 
Après une petite heure à sueur, Vincent nous invite pour un footing. Nous ne sommes que cinq à le suivre. La chaleur est déjà étouffante !
Je passe le reste de la journée à dessiner et à me baigner. En permanence excité, mon sexe et mes couilles vivent un supplice. Ce qui ne m'empêche pas, par masochisme, à guider de plus en plus fermement mes modèles dans les poses osées que je leur fais prendre.
Je n'arrête pas de leur parler tout en dessinant, les interrogeant notamment sur leurs préférences sexuelles que chacun livre sans aucun tabou. Le moment qui nous sépare de notre libération sexuelle approche, avec une horrible lenteur. Chacun s'affaire comme il peut de son côté, tout en discutant sincèrement avec les autres.
Nous nous reconnaissons comme en manque total, tous prêts à nous jeter les uns sur les autres pour enfin copuler bestialement. Les mains se font plus insistantes sur les corps, en particulier les fessiers. Même Charles est surpris à caresser le beau cul rebondi de Vincent. Nous nous moquons de lui. Il rappelle qu'il s'impose ce qu'il nous impose.
Si Manu et Fred sont ceux qui me caressent et m'embrassent le plus, Yves et Thierry ne sont pas en reste. Je suis surpris des promesses sincèrement tendres que me fait Thierry. Il reconnait ne pas être un grand expressif, mais être très attiré par moi.
Son beau cul me fait bander. Tout comme celui de Manu, de Fred ou d'Yves, tous différents mais tous appétissants. Lequel pourrai-je prendre à répétition ? Qui seront les féaux ?
 
En début d'après-midi les ainés distribuent un questionnaire pour évaluer notre relation avec chacun des dix-neuf autres. Nous donnons des notes sur une dizaine de critères. Aucun d'eux n'est sexuel.
Cela me surprend car je m'attendais à ce que Charles me demande qui je voudrais baiser, par qui je voudrais être baisé. Rien de cela. Les critères sont relationnels, voire affectifs.
Chacun de nous fait ses évaluations avec le plus grand sérieux, puis rend ses copies à Régis. Nous voyons Vincent entrer les données dans un programme informatique. Tout cela est soigneusement fait. Tant mieux, il nous reste douze jours à copuler en petit groupe de cinq, autant ne pas se tromper !
 
Vers dix-huit heures une cloche sonne. Nous retournons tous, impatients, sur la terrasse où les quatre quinquas nous attendent, souriants.
Une fois le dernier arrivé, Charles prend la parole :
– Vous m'impressionnez, les gars, vraiment ! Vous avez tenu ! Vous avez le corps en feu, mais aucun n'a craqué. Vos couilles pleines sont prêtes à déverser des litres de sperme sur vos copains. Nous y voilà ! La seconde partie du séjour va démarrer dans quelques minutes !
à suivre...
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