Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le jus des clémentines — Chapitre 1 · Rencontre au marché
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le jus des clémentines
Chapitre 1 · Rencontre au marché
Le jus des clémentines
Il y a quelques semaines, une nouvelle voisine a emménagé à deux maisons de la mienne. Jusqu'à présent, nos échanges se sont limités à des « bonjours », « bonsoirs », lancés en passant, accompagnés d'un sourire poli, rien de plus. Pourtant, j'aimerais bien que ça aille un peu plus loin car je dois bien l'avouer, cette femme me fait de l'effet. Chaque fois que je la vois, je sens poindre une érection.
Elle doit approcher la soixantaine, à peu près mon âge, encore pleine d'allure. Elle a une manière de se tenir, de marcher, qui attire l'œil sans pour autant chercher à le faire. Pas vraiment belle au sens strict, mais elle a du charme. Elle dégage une sensualité tranquille qui la rend très séduisante.
Toujours vêtue avec une audace parfaitement maîtrisée, elle sait choisir des tenues qui attirent l'œil sans jamais tomber dans la vulgarité. Une robe ajustée qui souligne la ligne de sa taille, fendue juste assez haut pour révéler la finesse de ses jambes quand elle marche. Ou bien encore, un chemisier avec un bouton de trop ouvert, laissant deviner le galbe de sa poitrine. Parfois un jean bien coupé qui épouse ses formes, associé à des talons qui allongent encore sa silhouette et donnent à sa démarche une souplesse féline.
Depuis son arrivée, j'espère la croiser. Un simple échange de quelques mots, un sourire un peu plus long que les autres, et peut-être « plus si affinité », comme le dit l'expression. Alors, je multiplie sans vraiment me l'avouer les petits détours et les prétextes. J'étale mes sorties de façon aléatoire, je vais chercher mon courrier à des heures inhabituelles, je sors les poubelles que j'ai volontairement oubliées de sortir la veille. Je sors même pour rien, l'air innocent, quand je l'aperçois depuis la fenêtre.
Elle ne semble pas dupe, ou peut-être que si, mais elle ne laisse rien paraître. Parfois, nos regards se croisent un peu plus longtemps, juste ce qu'il faut pour que mon esprit troublé entretienne le doute. Et dans son sourire poli, je vois quelque chose d'ouvert, de possible.
Alors je continue à inventer des raisons de sortir, de passer devant chez elle, en me disant que la prochaine fois, peut-être, ce ne sera pas juste un bonjour. Hélas sans succès jusqu' à ce samedi matin…
Je la croise par hasard au marché de la ville voisine, arrêtée devant l'étal d'un primeur. En ce mois d'aout, elle porte une simple liquette, légère au décolleté audacieux qui souligne la naissance de sa poitrine. Un short un peu transparent qui laisse deviner les contours de sa culotte et elle est chaussée d'espadrilles à talons compensées qui accentuent la cambrure de son bassin, donnant à sa silhouette une sensualité qui ne me laisse pas de marbre.
Elle me voit, son visage s'éclaire d'un sourire et elle m'interpelle :
— Monsieur mon voisin, vous tombez bien. J'ai les bras trop chargés et je ne sais comment porter, jusqu'à ma voiture, ce cageot de clémentines qui me fait de l'œil. Accepteriez-vous de m'aider ?
Sans hésiter, je propose mon aide. Je prends le cageot et, ravi de cette proximité, nous marchons côte à côte jusqu'à sa voiture. Elle dépose ses sacs dans son coffre, se saisit du cageot pour l'y mettre à son tour et nos mains se frôlent. Ce contact, minime mais électrique me met dans un total émoi.
— Vous passez toujours par le marché à cette heure ? me demande-t-elle avec un sourire malicieux accroché à ses lèvres.
Je sens mon cœur s'accélérer. C'est le début de quelque chose, et je ne veux surtout pas que ça s'arrête là. Je hoche la tête, un peu gêné par l'intensité de son regard. Elle s'approche légèrement, en se penchant ostensiblement faisant mine de vérifier que le coffre est bien fermé, me laissant tout loisir de plonger mon regard dans son décolleté et ajoute sur un ton léger :
— Ça vous embêterait de m'aider à décharger tout ça chez moi ?
Je sens mon cœur battre plus fort et tout un tas de frissons parcourent mon corps. Il y a dans son sourire quelque chose de volontairement ambigu. Du moins c'est ainsi que mon esprit troublé l'interprète. Néanmoins, je me laisse porter par ce qui n'est peut-être qu'une illusion.
— Eh bien… Pas de problème. J'allais de toutes façons rentrer. On se rejoint devant chez vous ?
— Avec plaisir, dit-elle en hochant la tête. Mais attention, je préviens, je suis très exigeante sur la manière de transporter les clémentines… si vous voyez ce que je veux dire…
— Avec plaisir, dit-elle en hochant la tête. Mais attention, je préviens, je suis très exigeante sur la manière de transporter les clémentines… si vous voyez ce que je veux dire…
Concluant cette phrase par un petit rire très clair qui me fait presque perdre mes mots, ne saisissant pas l'allusion, je me contente de bredouiller : « à tout de suite ».
En chemin, je ne cesse de ressasser sa dernière phrase. Que voulait-elle dire au juste ? L'obsédé que je suis s'imagine aussitôt qu'elle parle de testicules. Et je trouve mille raisons pour m'en convaincre : ce frôlement de main, loin d'être innocent, sa façon de se pencher, ce sourire équivoque… À quoi d'autre pouvait-elle bien faire allusion ? Peut-être qu'après tout, ses mots ne visaient rien de tel, qu'ils n'étaient qu'une banalité… Mais dans mon esprit enflammé, l'allusion ne pouvait mener qu'à cela.
C'est perdu dans mes pensées que je me gare dans mes allées avant de la rejoindre devant chez elle.
Elle m'attendait assise sur le bord du coffre de sa voiture, le haillon déjà levé. Ses jambes légèrement écartées, juste ce qu'il faut pour que mon regard s'y accroche.
C'est perdu dans mes pensées que je me gare dans mes allées avant de la rejoindre devant chez elle.
Elle m'attendait assise sur le bord du coffre de sa voiture, le haillon déjà levé. Ses jambes légèrement écartées, juste ce qu'il faut pour que mon regard s'y accroche.
— Vous en avez mis du temps… lança-t-elle, avec une voix douce traînant légèrement sur les mots.
Était-ce un reproche anodin ou bien la promesse voilée d'une impatience plus charnelle ? Je ne savais plus. Ce qui est certain, c'est qu'à mesure que j'approchais, il me semblait qu'elle écartait les jambes davantage. Mon cœur cognait comme un marteau et mon pantalon commençait à s'animer. Pourtant, peut-être n'y avait il là rien d'autre qu'une posture naturelle, une façon de s'asseoir sans y penser. Peut-être ! Mais mon esprit surchauffé recevait tout cela comme un signe. J'y percevais une provocation dissimulée.
— J'ai eu le temps de tout décharger mais je vous laisse le soin de porter ce cageot de clémentines… Suivez moi jusqu'à la cuisine….
Ami-es lecteurs et lectrices, avez-vous envie de suivre dans la cuisine ?
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