Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le voisin (1) — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le voisin (1)
Chapitre 1
Il avait toujours vécu seul, dans ce petit appartement du quatrième étage.
Thomas, quarante ans, divorcé depuis trois ans, vivait avec un silence qu’il avait fini par apprivoiser. Le soir, il rentrait du travail, s’asseyait sur le canapé, regardait la télévision sans vraiment la voir. Ce n’était pas le vide qui le rongeait, mais une étrange impression d’être passé à côté de quelque chose — sans savoir quoi.
Thomas, quarante ans, divorcé depuis trois ans, vivait avec un silence qu’il avait fini par apprivoiser. Le soir, il rentrait du travail, s’asseyait sur le canapé, regardait la télévision sans vraiment la voir. Ce n’était pas le vide qui le rongeait, mais une étrange impression d’être passé à côté de quelque chose — sans savoir quoi.
Depuis quelques mois, un nouveau voisin avait emménagé sur le même palier.
Adrien. Trente ans à peine. Grand, la barbe courte, un rire franc. Il disait bonjour chaque matin, parfois apportait un plat à partager. Peu à peu, une amitié s’était tissée. Une complicité simple, sans attente. Thomas se surprenait à l’attendre, à tendre l’oreille lorsqu’il entendait sa porte s’ouvrir.
Adrien. Trente ans à peine. Grand, la barbe courte, un rire franc. Il disait bonjour chaque matin, parfois apportait un plat à partager. Peu à peu, une amitié s’était tissée. Une complicité simple, sans attente. Thomas se surprenait à l’attendre, à tendre l’oreille lorsqu’il entendait sa porte s’ouvrir.
Un soir d’hiver, une panne d’électricité plongea tout l’immeuble dans le noir. Adrien frappa à sa porte, une lampe torche à la main.
— J’me suis dit que ce serait plus sympa à deux.
Thomas rit, un peu nerveux. Ils burent du vin à la lueur des bougies, parlèrent de tout, de rien, de leur solitude. Puis Adrien posa une question, doucement, comme s’il craignait la réponse :
— Tu t’es jamais demandé si... parfois, on pouvait se tromper sur soi-même ?
Le silence s’étira. Thomas sentit son cœur battre plus vite.
Il n’avait jamais pensé à ça. Ou plutôt, il n’avait jamais voulu y penser. Pourtant, depuis quelques semaines, il y avait ces regards, ces gestes anodins qui laissaient une trace.
Il n’avait jamais pensé à ça. Ou plutôt, il n’avait jamais voulu y penser. Pourtant, depuis quelques semaines, il y avait ces regards, ces gestes anodins qui laissaient une trace.
Adrien s’approcha. Pas un mot. Juste un regard, franc, sans promesse.
Thomas ne bougea pas.
Ce fut bref, confus, une main qui tremble, un souffle retenu, un moment suspendu entre le refus et l’abandon. Puis Thomas recula, les yeux embués.
Thomas ne bougea pas.
Ce fut bref, confus, une main qui tremble, un souffle retenu, un moment suspendu entre le refus et l’abandon. Puis Thomas recula, les yeux embués.
— Je... je crois pas que je suis prêt.
Adrien hocha la tête, compréhensif.
— T’as pas besoin de l’être.
Les jours suivants, rien ne fut dit. Le mur entre leurs appartements sembla plus épais que jamais. Et pourtant, la nuit, Thomas restait éveillé, le regard tourné vers ce mur, à écouter le silence de l’autre côté.
Il ne savait pas s’il regrettait.
Il savait seulement que, pour la première fois depuis longtemps, quelque chose en lui avait bougé. Une fissure. Un souffle. Peut-être la promesse d’une vérité qu’il n’avait jamais osé affronter.
Il savait seulement que, pour la première fois depuis longtemps, quelque chose en lui avait bougé. Une fissure. Un souffle. Peut-être la promesse d’une vérité qu’il n’avait jamais osé affronter.
Et ce silence, maintenant, n’était plus tout à fait vide.
Les jours passèrent, lents et opaques.
Thomas allait au travail comme d’habitude, croisait des visages qu’il ne voyait plus. Le soir, il retrouvait son appartement froid et ordonné. Mais quelque chose avait changé : il n’arrivait plus à ignorer la présence du voisin derrière la cloison.
Thomas allait au travail comme d’habitude, croisait des visages qu’il ne voyait plus. Le soir, il retrouvait son appartement froid et ordonné. Mais quelque chose avait changé : il n’arrivait plus à ignorer la présence du voisin derrière la cloison.
Chaque bruit — un pas, un robinet, une porte qui grince — semblait chargé d’une intensité nouvelle.
Il s’en voulait d’y penser autant. D’avoir laissé ce moment, cette presque-tendresse, envahir ses pensées. Pourtant, ce n’était pas de la honte qu’il ressentait. C’était plus confus que ça. Une sorte de nostalgie pour quelque chose qu’il n’avait pas vécu jusqu’au bout.
Il s’en voulait d’y penser autant. D’avoir laissé ce moment, cette presque-tendresse, envahir ses pensées. Pourtant, ce n’était pas de la honte qu’il ressentait. C’était plus confus que ça. Une sorte de nostalgie pour quelque chose qu’il n’avait pas vécu jusqu’au bout.
Un samedi matin, il croisa Adrien dans l’escalier.
Ils échangèrent un salut hésitant. Puis Adrien dit, sans détour :
Ils échangèrent un salut hésitant. Puis Adrien dit, sans détour :
— Tu veux venir boire un café ?
Thomas accepta.
Chez Adrien, tout semblait plus vivant : des plantes sur le rebord de la fenêtre, un chat qui dormait sur le canapé, des livres empilés n’importe comment.
Ils parlèrent du temps, des voisins, de la ville qui changeait. Puis le silence s’installa, plus doux cette fois.
Chez Adrien, tout semblait plus vivant : des plantes sur le rebord de la fenêtre, un chat qui dormait sur le canapé, des livres empilés n’importe comment.
Ils parlèrent du temps, des voisins, de la ville qui changeait. Puis le silence s’installa, plus doux cette fois.
— J’espère que je t’ai pas mis mal à l’aise l’autre soir, murmura Adrien.
Thomas baissa les yeux.
— Non. C’est juste... ça m’a fait réfléchir. À beaucoup de choses.
Adrien sourit doucement.
— Parfois, réfléchir, c’est déjà un pas.
Thomas hocha la tête, sans trouver les mots.
Il resta là un moment, à regarder le chat, le soleil sur les murs, le calme qui s’invitait entre eux.
Il resta là un moment, à regarder le chat, le soleil sur les murs, le calme qui s’invitait entre eux.
Les semaines suivantes, leur amitié reprit forme — différente, plus feutrée.
Ils se voyaient pour dîner, parler de musique, marcher le long du canal. Adrien ne tenta plus rien. Il respectait ce fragile équilibre, ce territoire du non-dit où chaque regard comptait plus qu’un geste.
Ils se voyaient pour dîner, parler de musique, marcher le long du canal. Adrien ne tenta plus rien. Il respectait ce fragile équilibre, ce territoire du non-dit où chaque regard comptait plus qu’un geste.
Mais Thomas, lui, sentait grandir un manque étrange.
Non pas le désir d’un corps, mais celui d’une présence. D’une douceur qu’il n’avait jamais connue ni cherchée.
Non pas le désir d’un corps, mais celui d’une présence. D’une douceur qu’il n’avait jamais connue ni cherchée.
Un soir de pluie, alors qu’il rentrait du travail, il aperçut la porte d’Adrien entrouverte. Il frappa, un peu nerveux.
— Tout va bien ?
Adrien était assis sur le sol, une boîte de souvenirs à ses pieds.
— J’essaie de faire du tri, dit-il avec un sourire triste.
Thomas entra, s’assit à côté. Dans la boîte, des photos, des lettres, un billet de train. Adrien raconta un ancien amour, une rupture douloureuse.
Thomas l’écoutait, silencieux, jusqu’à ce que sa propre voix tremble :
Thomas l’écoutait, silencieux, jusqu’à ce que sa propre voix tremble :
— Moi, j’ai passé ma vie à ne rien ressentir. À croire que tout était tracé.
Il marqua une pause.
— Et depuis toi, je sais plus trop qui je suis.
Adrien leva les yeux.
— Peut-être que t’es juste en train de devenir toi-même.
Thomas sourit, les larmes aux yeux.
Ce soir-là, ils restèrent assis côte à côte sans parler, la pluie battant contre les vitres, les cœurs suspendus dans un calme fragile.
Ce soir-là, ils restèrent assis côte à côte sans parler, la pluie battant contre les vitres, les cœurs suspendus dans un calme fragile.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()