Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'âge des premières fois — Chapitre 9 · Un moment d'égarement
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'âge des premières fois
Chapitre 9 · Un moment d'égarement
▷ Fluorescent Adolescent – Arctic Monkeys
Louis
Lundi. Je m'avance avec mon plateau-repas parmi les tables et me pose à côté de Tom.
— T'aurais pu choisir une table moins centrale, soufflé-je.
— Oh ça va, tu vas pas commencer à faire chier.
— Ouais mais y'a tout le monde qui passe à côté de nous.
— ‘Tain, j'pensais qu'après ta première pipe t'aurais plus confiance en toi mais visiblement ça n'a rien changé.
— Oh ça va, tu vas pas commencer à faire chier.
— Ouais mais y'a tout le monde qui passe à côté de nous.
— ‘Tain, j'pensais qu'après ta première pipe t'aurais plus confiance en toi mais visiblement ça n'a rien changé.
Je m'arrête et le regarde.
— Mais mec, c'est incroyable comme tu reviens toujours à ça depuis. C'est bon on peut arrêter d'en parler ?
Damien et Théo arrivent et s'installent en face de nous.
— Arrêter de parler de quoi ? demande ce dernier.
— De sa pipe.
— Ah oui, j'en ai entendu parler. Tu nous as pas raconté les détails du coup.
— Demandez à Tom si vous voulez savoir. Moi j'aimerais qu'on arrête d'en parler, ça devient gênant.
— En tout cas, t'as eu de la chance de pas t'être fait choper par Hugo, son mec, souligne Damien en déballant son babybel. Putain c'est de la merde ce fromage…
— Hm, c'est vrai ça, ajoute Tom la bouche pleine. Heureusement qu'on l'a retenu quand il a voulu vous rejoindre au bar. T'aurais été dans la merde, mon pote. Crochet droit, aller simple aux urgences.
— J'ai un peu envie de dire : heureusement que ça a pas duré longtemps, dit Théo pour rigoler.
— C'est super drôle ça, ironisé-je.
— De sa pipe.
— Ah oui, j'en ai entendu parler. Tu nous as pas raconté les détails du coup.
— Demandez à Tom si vous voulez savoir. Moi j'aimerais qu'on arrête d'en parler, ça devient gênant.
— En tout cas, t'as eu de la chance de pas t'être fait choper par Hugo, son mec, souligne Damien en déballant son babybel. Putain c'est de la merde ce fromage…
— Hm, c'est vrai ça, ajoute Tom la bouche pleine. Heureusement qu'on l'a retenu quand il a voulu vous rejoindre au bar. T'aurais été dans la merde, mon pote. Crochet droit, aller simple aux urgences.
— J'ai un peu envie de dire : heureusement que ça a pas duré longtemps, dit Théo pour rigoler.
— C'est super drôle ça, ironisé-je.
J'attaque mon plat principal quand Damien me demande :
— Par contre, y'a un truc dont on a pas parlé à propos de jeudi dernier. C'était qui cette rousse ?
Je plisse les yeux ne comprenant pas de quoi il parlait, puis soudain ça me revient. Après notre moment dans les toilettes, Jade et moi sommes vraiment allés boire ce verre au bar. Sans doute le verre de trop car j'avais oublié ce qu'il s'était passé après. Je ne me rappelle pas comment je me suis retrouvé seul, Jade a dû sans doute se faire aborder par un mec et m'a laissé. Le mec qui avait passé toute la soirée avec Pauline, cette fille à la chevelure rousse, avait disparu lui aussi et je me suis retrouvé à lui parler. Ce que je n'aurais jamais fait sans alcool. J'ai dû bafouiller un truc du genre :
— Pas commun de sortir en boîte pour faire la gueule.
Phrase à laquelle elle n'a pas répondu.
— Je suis une connaissance de tes potes et--
— Pfff, t'es complètement bourré, m'a-t-elle dit.
— Et ? J'aurais jamais osé te parler si je ne l'étais pas… Jade m'a raconté ton histoire.
— Avant ou après que tu l'aies baisé ?
— Pfff, t'es complètement bourré, m'a-t-elle dit.
— Et ? J'aurais jamais osé te parler si je ne l'étais pas… Jade m'a raconté ton histoire.
— Avant ou après que tu l'aies baisé ?
J'ai fait un temps de pause avant de répondre.
— Quoi ?
— Quoi, vous avez pas baisé ? Elle a juste dû te sucer alors ?
— Euh…
— Voilà. T'as kiffé ? De te faire sucer par une pute ?
— Euh… Je crois pas que « pute » soit appropriée… Je l'ai pas payé et--
— Oui mais elle baise avec tout le monde. Moi j'appelle ça une pute.
— Je… Elle fait ce qu'elle veut avec son corps… Pourquoi on dit pas la même chose d'un mec qui baise avec plein de meuf ?
— Quoi, vous avez pas baisé ? Elle a juste dû te sucer alors ?
— Euh…
— Voilà. T'as kiffé ? De te faire sucer par une pute ?
— Euh… Je crois pas que « pute » soit appropriée… Je l'ai pas payé et--
— Oui mais elle baise avec tout le monde. Moi j'appelle ça une pute.
— Je… Elle fait ce qu'elle veut avec son corps… Pourquoi on dit pas la même chose d'un mec qui baise avec plein de meuf ?
Elle n'a pas répondu.
— Voilà. Tout ça pour te dire que… Faut que t'arrêtes de bouder. Si tes potes te forcent à sortir c'est pour que tu t'amuses… que tu passes à autre chose… Alors danse, y'a que ça de vrai…
Elle m'a alors regardé, j'ai fini mon verre et elle a dit :
— T'es torché mais t'as encore quelques présences d'esprit.
Je lui ai souri, j'ai posé mon verre sur le bar et j'ai reculé vers la piste en lui tendant la main. Elle l'a regardé longuement, hésitante, mais s'est finalement décidé à accepter l'invitation. Je l'ai guidé au milieu de la piste et j'ai commencé à danser. Elle m'a regardé, toujours avec sa mine triste, mais a dû se rendre compte qu'elle était la seule à ne pas profiter, alors elle m'a suivi. Elle a tenté quelques pas approximatifs, n'étant pas très sûre d'elle, mais son corps s'est progressivement laissé emporter dans la masse. Ses potes, voyant Pauline danser pour la première fois depuis un moment et n'en revenant pas, nous ont rejoint. J'ai fermé les yeux, entouré de tout ce monde, le temps s'est ralenti… et j'ai exulté. Ça a duré quelques secondes, quelques heures. J'en sais rien. Mais ce que je sais, c'est que quand j'ai réouvert les yeux, Pauline me regardait avec ce regard mystérieux, le même que m'avait lancé Emma, la copine de Damien.
Comme si… Comme si elle essayait de lire en moi. En temps normal ça m'aurait mis mal à l'aise, mais là, j'ai juste refermé les yeux et continué à danser.
Alors, de retour au restaurant universitaire, je relève le regard vers Damien et lui répond simplement :
Alors, de retour au restaurant universitaire, je relève le regard vers Damien et lui répond simplement :
— Cette rousse ? Bonne question. J'ai pas su qui elle était vraiment non plus.
— C'est une pote aux autres je crois, dit Tom.
— C'est une pote aux autres je crois, dit Tom.
Je porte ma main à mon front, essayant de me rappeler de choses que j'aurais peut-être loupé. Je ne sais même plus comment j'étais rentré chez moi.
— Et ça s'est fini comment ? demandé-je.
— Tu t'en souviens pas ?
— Tu t'en souviens pas ?
Je hoche la tête.
— Emma était fatiguée donc on est rentré, et je t'ai ramené chez toi, répond Tom. La suite tu la connais.
— En tout cas, la rouquine en question, elle arrêtait pas de te regarder quand vous dansiez, me dit Théo. T'as peut-être moyen avec elle.
— Non. Elle est amoureuse de quelqu'un d'autre. Je crois.
— En tout cas, la rouquine en question, elle arrêtait pas de te regarder quand vous dansiez, me dit Théo. T'as peut-être moyen avec elle.
— Non. Elle est amoureuse de quelqu'un d'autre. Je crois.
* * * * *
Julie
— Et tu veux du popcorn ? me demande Nathan.
— Euh… Non ça ira. Je suis pas trop popcorn. Ça déconcentre du film.
— Euh… Non ça ira. Je suis pas trop popcorn. Ça déconcentre du film.
Je crois que mon dernier baiser avec Nathan lors de notre premier date était ce qu'il lui manquait pour prendre confiance en lui. Hier soir, de lui-même il m'a de nouveau invité. Mais au cinéma cette fois, pour voir une comédie romantique. Ce genre de film à l'eau de rose n'est pas vraiment mon truc mais j'ai trouvé ça mignon de sa part. Alors j'ai dit oui. J'ai mis une jolie jupe noire pour l'occasion, et des collants, n'oublions pas que nous sommes en novembre.
Après être entrés dans la salle et s'être installés, je sens Nathan changer de comportement. Il perd de son assurance et commence à se tendre, comme s'il redoute ce qui va se passer.
Le film commence et je retiens ma respiration. C'est une romance d'ado, beaucoup trop grand public pour moi. Mais je viens quand même à apprécier l'histoire. Les personnages s'embrassent au bout de vingt minutes et c'est à ce moment-là que je sens le coude de Nathan légèrement effleurer le mien. Moi aussi je commence à me tendre. Je positionne bien mon avant-bras sur l'accoudoir qu'on partage pour continuer le contact, mais il le rompt. Déçue.
Le film commence et je retiens ma respiration. C'est une romance d'ado, beaucoup trop grand public pour moi. Mais je viens quand même à apprécier l'histoire. Les personnages s'embrassent au bout de vingt minutes et c'est à ce moment-là que je sens le coude de Nathan légèrement effleurer le mien. Moi aussi je commence à me tendre. Je positionne bien mon avant-bras sur l'accoudoir qu'on partage pour continuer le contact, mais il le rompt. Déçue.
Plus tard dans le film, Nathan revient à l'attaque avec son avant-bras. Nos coudes se touchent. Ma main près de la sienne, je la rapproche, il la rapproche, plus que quelques millimètres et ça y est. Je le regarde, il regarde nos mains puis mes yeux avant de revenir sur le film, gêné. Je laisse ma main près de la sienne, pour l'inciter à me la tenir. Au bout de quelques minutes il vient la recouvrir par la sienne. Je souris. Enfin. Je bouge encore un peu et nos mains viennent se joindre.
On reste comme ça cinq minutes, dix minutes. Trop concentré sur nos mains j'ai perdu le fil de l'histoire. Ça m'est égal, les personnages commençaient à me saouler avec leur corps parfait. Je préfère regarder Nathan, il a l'air concentré sur le film, lui. Ou peut-être fait-il genre pour réfléchir à la situation parce que c'est la tempête au fond de lui. Je comprends qu'il ne sait juste pas faire. Je suis sûrement sa première expérience féminine, et pour un garçon qui a si peu confiance en lui, ça ne doit pas être facile de séduire quand la société induit qu'il doit toujours faire le premier pas. Mon ex, Bastien, était allé me chercher dans les tréfonds de ma timidité, je n'avais rien eu à faire, juste à me laisser guider. Parce que c'est comme ça, les filles ne font pas le premier pas.
J'essaye de me reconcentrer sur le film. Ils s'embrassent encore une fois. Sur le côté, je vois Nathan s'agiter. Je me tourne vers lui et sans que je puisse réagir, il s'avance rapidement vers moi et m'embrasse. Nos lèvres se joignent et… Waouh. Ça fait longtemps. Ça fait longtemps que j'attendais ce baiser, que j'attendais qu'on m'embrasse tout court. Ce contact continue pendant de longues secondes qui deviennent des heures. Trop courte ma foi. Je finis par reculer et ouvrir les yeux. Je suis au fond de mon fauteuil, lui est penché sur moi. Je lui souris.
— J'avais jamais fait ça, murmure-t-il.
— Bondir sur une pauvre fille recroquevillée au fond de son fauteuil ?
— Bondir sur une pauvre fille recroquevillée au fond de son fauteuil ?
Son sourire s'efface, il s'écarte subitement.
— Excuse-moi si--
— Mais non je rigolais…
— Mais non je rigolais…
Il se retourne vers l'écran un peu mal à l'aise. Je me rapproche de lui.
— C'était une blague, le rassuré-je. Nathan, regarde-moi.
Il tourne sa tête et je le réembrasse. Cette fois-ci c'est lui qui est surpris. Mes mains se posent sur ses joues et je me penche encore plus. Position très peu confortable, mais le baiser compense. On s'écarte, se rassoit et nous finissons le film sans se parler. La fin n'était pas géniale. Je n'étais pas venu pour ça de toute façon. Nous sortons ensemble du cinéma et marchons sur l'avenue.
— Alors t'en as pensé quoi ? me demande-t-il au bout d'un moment.
— C'était sympa, mais sans plus.
— Moi non plus, c'est pas trop mon genre de film.
— Pourquoi tu m'as emmené le voir, alors ?
— C'était sympa, mais sans plus.
— Moi non plus, c'est pas trop mon genre de film.
— Pourquoi tu m'as emmené le voir, alors ?
Il met du temps à répondre.
— Je me disais qu'une comédie romantique nous ferait du bien.
— Ah donc ton but c'était de m'embrasser ? demandé-je en rigolant.
— Peut-être.
— Ah donc ton but c'était de m'embrasser ? demandé-je en rigolant.
— Peut-être.
Je le regarde, gêné il regarde droit devant lui.
— J'ai vraiment apprécié, dis-je sincèrement.
Il me jette un regard et sourit. Je sens que quelque chose le tracasse.
— Ça te dirait… commence-t-il hésitant.
— Oui ?
— Ça te dirait de venir chez moi la prochaine fois ?
— Oui ?
— Ça te dirait de venir chez moi la prochaine fois ?
C'était très direct comme question. Je prends quelques secondes de réflexion, mais devant mon silence il essaye de se justifier :
— On pourra regarder un film ou jouer à des jeux. J'ai la PS4.
— Oui pourquoi pas. Un après-midi ?
— Ouais, je te redirai quand.
— Oui pourquoi pas. Un après-midi ?
— Ouais, je te redirai quand.
Après tout, l'idée de me retrouver seul avec lui en privé ne me déplaisait pas tant que ça. Je suis même curieuse de ce qui pourrait se passer. Nous arrivons à ma station, je lui dis au revoir et descends l'escalier. Pas de bisou cette fois, je me dis que deux c'est peut-être suffisant pour aujourd'hui. En bas des marches, je regarde en haut, il est toujours là à me regarder. Il est mignon.
* * * * *
Louis
Sortie de fac, je monte les escaliers et arrive sur mon palier. J'ouvre ma porte quand j'entends un bruit de verre brisé. Je m'arrête. Cela venait de l'appartement de Mathilde, ma voisine. Je vais toquer à sa porte, curieux.
Au bout de quelques secondes, cette dernière apparaît à la porte et je constate directement qu'il y a un souci. Elle a les yeux rouges et gonflés de larmes. Elle essaye de sourire mais n'y arrive pas vraiment.
Au bout de quelques secondes, cette dernière apparaît à la porte et je constate directement qu'il y a un souci. Elle a les yeux rouges et gonflés de larmes. Elle essaye de sourire mais n'y arrive pas vraiment.
— Mathilde, ça va ?
— Oui, oui, tout va bien…
— J'ai entendu du verre casser.
— Oui, oui, tout va bien…
— J'ai entendu du verre casser.
Elle regarde le sol derrière elle.
— Euh… Oui… J'ai juste fait tomber un verre en faisant la vaisselle.
Elle a beau se justifier, quelque chose visiblement ne va pas.
— T'es sûre que tout va bien ?
— Désolé Louis, j'ai… j'ai juste besoin d'être seule.
— Désolé Louis, j'ai… j'ai juste besoin d'être seule.
J'hésite à abandonner, la laisser et retourner chez moi, mais la voir dans cet état me fait de la peine. Alors je rassemble mon courage, prends une grande inspiration et insiste une dernière fois :
— Peut-être que je peux t'aider. Qu'est-ce qui s‘est passé ?
Elle baisse la tête, je la sens hésitante, mais se résout et me laisse entrer. J'aperçois les débris de verre dans sa cuisine, elle les ramasse et je l'observe.
— Je sais qu'on se connaît pas bien, mais tu peux tout me dire, tu sais.
Je l'entends renifler. Elle pose sa balayette et s'appuie contre le plan de travail.
— J'ai rompu avec Cédric, m'avoue-t-elle après un moment de silence. Enfin c'est plutôt lui qui a rompu.
— Oh, je suis vraiment désolé. Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Je sais pas. Il m'a pas vraiment donné de raison.
— Oh, je suis vraiment désolé. Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Je sais pas. Il m'a pas vraiment donné de raison.
Des larmes coulent le long de ses joues.
— Tu devrais aller t'asseoir sur le canapé.
Elle acquiesce et se dirige vers le salon. Je vois une boîte de mouchoirs et en prends deux avant de la rejoindre. Je m'assis à ses côtés.
— Tiens, dis-je en lui tendant les mouchoirs.
Elle les attrape et sèche ses joues.
— Je suis désolé, murmuré-je une nouvelle fois.
— C'est la vie… Qu'est-ce que tu veux.
— C'est la vie… Qu'est-ce que tu veux.
Je me sens triste pour Mathilde. Mais en même temps, le fait de la savoir à nouveau célibataire ne me déplaît pas. En fait, sentir sa présence à quelques centimètres de moi, les yeux rougis, les cheveux en pagaille, me donne envie de la protéger. De prendre soin d'elle, comme elle l'a fait pour moi l'autre jour lorsque je suis rentré bourré.
— S'il ne se justifie même pas c'est qu'il n'en vaut clairement pas la peine. Tu mérites mieux.
À mes oreilles, mes mots sonnent tellement faux, mais même si ce genre de phrase est cliché, je me dis que c'est probablement ce qu'elle a besoin d'entendre. J'ai envie de la prendre dans mes bras, mais j'ai peur de la gêner, de faire un geste qu'elle juge déplacé étant donné que nous ne sommes pas si proches. Je réalise alors que ce n'est pas mon rôle d'être ici et de la consoler, ses amies seraient beaucoup plus appropriées pour ça. Mais un léger sanglot de sa part me motive et doucement je viens passer mon bras autour d'elle, tout en restant silencieux. Elle se laisse faire et s'incline même dans mon sens pour se rapprocher de moi.
— Merci Louis, murmure-t-elle en levant les yeux vers moi.
Je lui souris, ses yeux plongent dans les miens et mon sourire s'efface. Nos visages sont à une dizaine de centimètres seulement et je peux sentir sa lourde respiration sur ma peau. Une étrange tension flotte dans l'air, le temps est comme figé mais mon cœur bat la chamade. Son regard s'abaisse sur mes lèvres et sans m'en rendre compte mon visage s'approche du sien. Nos yeux se recroisent et ça me fait réaliser ce qui est en train de se passer. De peur, je recule, la bulle éclate et Mathilde se réveille également, confuse par ce qui a failli se produire. Je retire mon bras qui l'encerclait et nous baissons tous les deux le regard, gênés par la situation.
— Je ferais mieux d'y aller.
Je me lève mais Mathilde m'interpelle.
— Louis ?
— Quoi ?
— Merci d'avoir été là.
— Quoi ?
— Merci d'avoir été là.
Je lui souris une dernière fois, mais toujours gêné je quitte son appartement précipitamment pour me réfugier dans le mien. Une fois la porte fermée, je lâche une grande expiration comme si je me retenais de respirer depuis les cinq dernières minutes. J'ai failli embrasser Mathilde. Bien qu'elle soit l'objet de mon désir depuis la première fois où je l'ai aperçue sur le palier, récemment, une autre personne hantait mon esprit. Cette fille, à la chevelure rousse. Après tout, j'ai peut-être un attrait pour les filles aux cœurs brisés.
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Commentaires ()
Et Cedric pourquoi a t’il quitté Mathilde ? J'espère que Louis sera la pour elle ! Ça a l'air de bien avancer pour Julie et son nouveau copain j'espère qu'il ne l'a trompera pas ?!
Bon reretour vivement la suite !