Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Colocation sous tension — Chapitre 1 · Entrée en matière
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Colocation sous tension
Chapitre 1 · Entrée en matière
Je savais que j'étais en train de faire une connerie en prenant cette coloc. Mais je n'avais plus envie de réfléchir. Plus envie de rester dans mon ancien appart à partager un lit trop petit avec un mec trop tiède. J'avais besoin d'air. De murs neufs. D'une page blanche.
L'immeuble sentait l'humidité et le vieux parquet ciré. J'ai grimpé les quatre étages en pestant contre ma valise trop lourde, les bras engourdis. Il était presque 20h, j'étais en sueur, crevée, et vaguement nerveuse.
Marc m'a ouvert la porte avec l'allure de quelqu'un qui s'en fout de faire bonne impression. Un simple regard, un hochement de tête. Grand, carré, tee-shirt noir, barbe de trois jours. Pas vraiment mon genre, mais il y avait un truc. Une manière d'être. Présent sans effort. Pas un mot de trop.
— Lucie ?
— C'est moi.
— C'est moi.
Il s'est écarté pour me laisser entrer. L'appart était lumineux, parquet ancien, murs blancs, quelques vinyles au mur, un canapé qui avait vécu. Pas trop de déco, mais une odeur de café, de clope froide, et un silence habité. J'ai tout de suite su que j'allais rester.
— Ta chambre, c'est là.
Il a montré du menton. J'ai tiré ma valise, ouvert la porte. Grand lit, grande fenêtre, placard vide. Parfait. J'ai posé mon sac, me suis retournée.
— T'as des règles, ici ?
Il a haussé les épaules.
— Tu fais ta vie. Je fais la mienne. On prévient si on ramène du monde. Et on laisse la cuisine propre.
— Carré.
— Carré.
Premier soir, silence. Il était sur son canapé, casque sur les oreilles. Je me suis installée dans ma chambre, en pyjama, un verre de rouge à la main. J'ai repensé à lui, à sa manière de m'observer sans insister. Pas du flirt, non. De l'attention brute. Ce genre de regard qui semble te scanner, pas pour juger, mais pour savoir exactement où appuyer.
Les jours ont passé vite. On se croisait dans la cuisine, dans le couloir, en sortie de douche. Il se baladait souvent torse nu, une serviette autour de la taille. Moi, j'essayais de ne pas trop fixer. Mais putain. Ce mec était sec, tatoué, pas dans le genre bodybuilder. Non. Plutôt dans celui qui sait se servir de ses bras. Le genre qui sait où poser les mains.
Un matin, il m'a tendu un café sans un mot, alors que j'étais encore en chemise de nuit. J'ai murmuré "merci" en osant le regarder dans les yeux. Il a eu un petit sourire, presque imperceptible, avant de se rasseoir pour bosser. Rien n'était dit, mais tout vibrait.
Un autre soir, j'étais en train de préparer des pâtes vite fait, il est entré dans la cuisine et a sorti deux assiettes.
— Je peux ? m'a-t-il demandé.
J'ai haussé les épaules.
— Si t'es pas difficile.
Il a sorti deux bières, s'est assis en face de moi. On a mangé sans chichis, les jambes légèrement enchevêtrées sous la petite table. Chaque contact me filait une décharge. Il le savait. Je le sentais.
— T'étais avec quelqu'un avant ?
La question m'a surprise. Je l'ai regardé, il fixait son assiette.
— Ouais. Trois ans. Fini depuis peu. Et toi ?
— Pareil. Deux ans. Elle est partie avec son patron.
— Pareil. Deux ans. Elle est partie avec son patron.
J'ai grimacé.
— Classe.
— Mieux pour moi. J'aime ma paix.
— Mieux pour moi. J'aime ma paix.
Il a relevé les yeux, et ce regard-là, j'ai dû le retenir pour ne pas le boire.
Il me disait salut. Je disais salut. Et on continuait nos vies. Mais à chaque fois qu'on se frôlait, je sentais mon ventre se contracter un peu. Rien d'évident. Juste... un feu très lent.
Un soir, j'ai craqué. J'étais crevée, j'avais passé une journée de merde. Je suis rentrée tard, j'ai balancé mes fringues, pris une douche, enfilé un vieux t-shirt. Puis je suis allée me poser dans le salon, verre de vin en main. Il était là, lui aussi. En short, bouquin à la main, jambes écartées sur le canapé.
— T'as l'air rincée.
Sa voix grave, un peu fatiguée.
— C'est pas qu'une impression.
Il a hoché la tête, puis s'est levé pour prendre une bière. M'en a tendu une sans rien dire. J'ai pris. Gorgée froide. Soulagement.
On a bu sans parler. Puis il m'a regardée. Vraiment regardé. Lentement.
— Tu dors bien ici ?
— Ouais. J'aime le calme.
— Moi aussi.
— Ouais. J'aime le calme.
— Moi aussi.
Un silence. Pas tendu. Pas confortable non plus. Quelque chose flottait. Quelque chose qu'on évitait tous les deux.
Il a ajouté, presque à voix basse :
— J'aime bien quand t'es là. C'est pas bruyant. Pas faux.
Je ne savais pas quoi répondre. Alors j'ai juste bu une gorgée de plus. Le vin était bon. Ou alors c'était l'ambiance.
J'ai fini mon verre, posé la bouteille. Me suis levée.
— Bonne nuit.
— Bonne nuit, Lucie.
— Bonne nuit, Lucie.
Je suis allée me coucher, le cœur un peu plus vite que d'habitude. J'ai gardé mon t-shirt, me suis glissée sous la couette. Et j'ai pensé à sa voix. À son regard. À ses mains.
Et je savais.
C'était pas juste une coloc. C'était une alchimie qui tournait au ralenti.
Et ça allait péter, un jour ou l'autre.
C'était pas juste une coloc. C'était une alchimie qui tournait au ralenti.
Et ça allait péter, un jour ou l'autre.
Je suis restée allongée longtemps, le regard perdu dans le plafond, les jambes légèrement croisées, le souffle bloqué dans ma gorge. Je sentais encore son regard sur moi, comme une trace invisible. Mes doigts ont glissé sous la couette, presque sans que j'y pense. Lentement. Juste pour apaiser la tension. Mais ça n'avait rien de doux.
Mon t-shirt remonté, ma main entre mes cuisses, je l'ai fait en pensant à lui. À ses mains. À sa bouche. J'ai fermé les yeux, laissé mon bassin suivre le rythme. C'était rapide, animal, presque brutal. J'avais besoin d'exploser. De relâcher. D'imaginer que c'était lui, là, au-dessus de moi.
J'ai passé mes doigts sur mes lèvres, lentement, les sentant glisser, humides. Mon autre main s'accrochait aux draps, mes hanches bougeaient seules. Les images dans ma tête allaient vite : sa bouche sur mes seins, ses doigts qui me tiennent, sa voix grave qui me murmure des choses crues. J'avais chaud. Je transpirais un peu. Chaque va-et-vient de mes doigts m'arrachait un soupir.
J'ai joui en silence, mordu dans l'oreiller. Pas de douceur. Juste ce vide soudain, ce calme brutal après la tempête. J'étais secouée, le corps lourd, la respiration lente.
Et j'ai su. J'étais foutue.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
J'adore l'ambiance, j'adore cette tension.
Je file lire la suite.
Mumu
Parce que le style est direct, sans fioritures, sincère. Et que tu décris tes sensations, t'es émotions. Ça rend le texte très intéressant, tellement vivant.