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PANNE — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
PANNE
Chapitre 1
La Panne — Chapitre 1
Sabrina n’était pas du genre à se perdre. Chaque minute de sa vie était minutieusement orchestrée. Née dans le 7e arrondissement de Paris, diplômée de Dauphine, stagiaire dans un cabinet d’avocats d’élite, elle connaissait son emploi du temps à la minute près. Et pourtant, ce vendredi après-midi d’automne, en sortant d’un déjeuner avec son père dans un restaurant étoilé du Marais, elle s’était trompée de sortie de périphérique. Mauvaise direction. Mauvais quartier.
Le ciel s’était assombri, et son Audi A1 blanche, fraîchement reçue en cadeau de fin d’études, avait commencé à hoqueter avant de s’éteindre net. Elle jura doucement, le visage légèrement crispé, et tenta de redémarrer. Rien. Le silence était pesant.
Elle jeta un regard autour d’elle. Des tours grises s’élevaient de part et d’autre de la route, et des immeubles en béton s’enchaînaient, tagués de messages colorés. Elle n’était pas juste hors de sa zone de confort : elle était dans un autre monde.
Elle sortit de la voiture. Le bruit de ses talons aiguilles claqua sur le bitume comme des coups de fouet, attirant les regards. Sur un muret un peu plus loin, cinq mecs étaient regroupés autour d’une table basse de fortune. L’un d’eux roulait un joint. Un autre tapait sur son téléphone en rythme avec un beat lourd qui sortait d’une enceinte Bluetooth. Tous se turent en la voyant approcher.
Le premier à parler fut le plus imposant. Grand, musclé, torse nu sous une veste Adidas ouverte, tatouages courant sur son torse et ses bras comme une carte illisible. Son regard était direct, sans filtre.
— Eh, mademoiselle Louboutin ! Tu t’es perdue ou quoi ?
Sabrina redressa le menton, l’air hautain. Elle ne comptait pas montrer la moindre peur.
— Ma voiture est en panne. J’ai besoin d’aide.
Un silence. Puis un rire, grave, un peu rauque.
— T’as de la chance, on est des mecs serviables dans le coin. Tu peux venir te poser pendant qu’on check ça.
Elle hésita. Puis elle le suivit.
Ils l’emmenèrent dans une cave, en contrebas d’un immeuble. Pas une cave humide et sombre : c’était leur repaire. Un vieux canapé en cuir trônait au centre, des néons rouges jetaient une lumière sensuelle sur les murs recouverts de graffitis. Une odeur de tabac, de sueur, de parfum bon marché. Elle aurait dû fuir. Mais quelque chose en elle vibrait.
Ils se présentèrent tour à tour. Le grand tatoué, c’était **Yanis**, le leader évident. Le genre de mec qu’on respecte sans poser de questions.
Ensuite, il y avait **Samir**, le beau parleur, casquette sur le crâne et sourire en coin, toujours en train de mâcher un chewing-gum.
**Léo**, plus discret, mais avec un regard perçant, habillé de noir, maigre et nerveux.
**Tarek**, drôle, sarcastique, avec des dreadlocks et des bagues sur tous les doigts.
Et **Nico**, silencieux, assis en retrait, à moitié dans l’ombre, mais dont les yeux la suivaient comme un félin.
Sabrina s’assit prudemment sur le canapé. Yanis s’approcha, lentement, comme un prédateur curieux.
— C’est pas tous les jours qu’on a une princesse chez nous.
— Je ne suis pas une princesse, répondit-elle sèchement.
— T’es ce que tu veux, répondit-il avec un sourire. Mais ici, t’es avec nous. Et on va bien s’occuper de toi.
La tension monta. Samir lui tendit une canette de soda.
— Bois un coup. T’as l’air tendue.
Elle attrapa la boisson. Leurs doigts se frôlèrent. Elle sentit une décharge, un frisson qui n’avait rien à voir avec la peur.
Léo vint s’asseoir à côté d’elle. Il parlait peu, mais son regard était insistant.
— T’as pas froid avec ton petit chemisier ?
Elle croisa les bras. Elle n’avait jamais été entourée par autant de mecs, si bruts, si directs. Mais ce n’était pas une menace. C’était... une pression douce, presque une danse. Ils la testaient. Et elle jouait le jeu.
— Vous avez tous l’habitude d’aborder les femmes comme ça ?
— Seulement quand elles sont belles comme toi, répondit Tarek en allumant une cigarette.
Yanis, toujours debout, la fixait.
— T’aimes ça, hein ? Être dans un endroit où t’as aucun contrôle.
Elle ne répondit pas. Il s’approcha, s’agenouilla devant elle, son visage à quelques centimètres du sien.
— Regarde-moi et dis-moi que t’as pas envie de savoir ce que ça fait... de tout lâcher.
Elle le regarda. Longtemps. Puis sourit. Un sourire dangereux. Lentement, elle déboutonna le premier bouton de son chemisier.
— Et si je veux savoir ?
Un silence tomba dans la pièce. Chargé. Électrique. Les cinq mecs l’entouraient désormais. Mais aucun ne bougeait. Ils attendaient.
Elle était celle qui contrôlait, finalement.
Yanis tendit la main, effleura son cou du bout des doigts.
— Tu veux jouer, princesse ? On va jouer.
Et ce fut le début d’une nuit où les codes furent brisés, où les rôles s’inversèrent, où une jeune femme bourgeoise découvrit qu’elle pouvait désirer ce qu’elle n’avait jamais osé imaginer.
Mais ça, c’est une autre partie de l’histoire…
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