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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Négociation$ — Chapitre 1 · Approches

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Azimuteur
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Négociation$

Chapitre 1 · Approches

— Un problème Carole ?
Carole Demouttère est PDG de Thermoplast, boîte dont je suis directrice commerciale. Carole et moi sommes associées à parts égales dans l’entreprise. Deux ans plus tôt, tout juste sortie de mes études de commerce, j’avais été approchée par cette blonde pulpeuse dans des conditions que l’on peut qualifier de particulières : nous nous étions en effet rencontrées... dans un club libertin !
Moi, j’étais venue là, entraînée par trois copines de promo. Plutôt réservée, je n’avais compris où j’avais mis les pieds qu’une fois à l’intérieur de l’établissement. Dans le vestiaire ! Abasourdie, j’avais vu mes amies se changer pour adopter des tenues largement plus qu’affriolantes. Safiane notamment, qui avait revêtu une longue robe qui aurait pu passer pour sage si elle n’avait été fendue sur le côté, sur toute la hauteur, s’arrêtant juste sous son aisselle gauche. Ample, vague, elle ne moulait pas ses formes généreuses mais le satin rouge reproduisait avec précision ses tétons dressés. Au moindre mouvement, la fente s’ouvrait, dévoilant que Safiane ne portait strictement rien dessous.
Furieusement sexy à côté de moi, avais-je pensé, moi, somme toute très sage avec ma jupe noire mi-cuisses et mon chemisier bariolé.
Si je l’avais pu, je me serais immédiatement échappée du club mais celui-ci se situait très exactement au milieu de nulle part. « Middle of nowhere » ! Sans voiture puisque venue avec mes copines, j’étais coincée. Qu’allais-je bien pouvoir faire dans cette galère ? Comment allais-je me dépêtrer de cette situation ?
À bientôt vingt et un ans, j’étais la plus jeune du groupe. La plus sage surtout. Bon, pas oie blanche, dépucelée depuis pas mal de temps certes, mais j’avais mis entre parenthèses mes pulsions et besoins charnels le temps de mes études. Aucun petit ami régulier pendant mon cursus, juste quelques aventures pendant les vacances. Là, en me retrouvant dans un club libertin, j’étais perdue ! Pour tout dire, affolée !
Safiane, en bonne organisatrice de la soirée, avait tout prévu !
— Change-toi, vire tes fringues et enfile ça.
Ça ? Ça, c’était un chemisier diaphane, sans bouton, un crop top à nouer sur le ventre et une mini-jupe écossaise lilliputienne, simple pan de tissu très étroit juste fermé par une broche. Étourdie par les évènements, j’avais obéi. Alors que je me déshabillais, me retrouvant en sous-vêtements, Safiane profita de ce que j’étais penchée en avant à défaire les boucles de mes escarpins pour dégrafer mon soutien-gorge. Je protestais mais ne put l’empêcher de tomber car déjà ses mains attrapaient l’élastique de mon slip, déterminée à le faire disparaître lui aussi. J’avais rué et refusé catégoriquement de l’enlever. La ténébreuse libanaise avait haussé les épaules et s’était plantée devant moi, elle m’avait observée d’un œil critique.
— T’as des nichons extrêmement tentants ! Trop mignons tes petits seins tout pointus !
Lorsque sa main s’était avancée vers eux, j’avais reculé vivement, protégeant ma poitrine avec mon bras gauche, tendant l’autre pour lui interdire de m’approcher. À nouveau, l’orientale avait haussé les épaules et s’était détournée.
En entrant dans la salle principale, mes quatre accompagnatrices m’avaient entraînée sur la piste de danse. Elles s’y déhanchèrent de suite de manière équivoque, ou plutôt sans équivoque ni pudeur, l’une troussant sa jupe au ras de sa figoulette nue, une autre évasant son chemisier jusqu’à frôler ses tétons... Safiane, elle, faisait voleter sa robe, dévoilant clairement sa chatte nue. Des clients, hommes et femmes, ne tardèrent pas à nous rejoindre. Profitant de ce que les trois fofolles étaient occupées par des mains baladeuses, j’en profitais pour m’éclipser et me repliais vers le bar.
Une femme y était installée. Seule. Elle portait une robe du même genre que celle de Safiane mais fendue au milieu et moulante. Longue, très près du corps, si près qu’il est évidemment clair qu’elle ne portait strictement rien dessous. De plus, dans ce fourreau étroit, ses seins pigeonnent secs !
— Ouais, la version blonde de Safiane. Le même genre de pouf...
Ooo000ooO
Je l’observe du coin de l’œil et remarque sa mine fermée, ses sourcils froncés alors qu’elle regarde la salle d’un œil critique, mes trois sauvageonnes excitées particulièrement. Sur la piste, Safiane a été entreprise par un couple qui la caresse. Lorsque sa robe glisse au sol, qu’elle se retrouve nue sur la piste et que la femme tombe à genoux entre ses cuisses, ma voisine hausse brièvement les yeux, dodeline du chef d’un air exaspéré et pince ses lèvres. Lorsqu’elle se tourne vers moi, son visage est fermé, son regard dur.
— Tu ne danses plus ? Déjà fatiguée ? me demande-t-elle sur un ton moqueur et quasi agressif.
— Non moi... m’exposer ainsi...
L’expression de la blonde s’adoucit, un petit sourire se dessine même.
— Pas très à l’aise, je me trompe ?
J’explique à la trentenaire (?) les circonstances qui m’ont amenée ici.
— Ok, je comprends. Ce genre de soirées de rencontres anonymes ne te tente pas ? Je vais te dire, c’est pareil pour moi ! J’ai suivi un groupe d’amis. Au vestiaire, une de mes chères amies m’a tendu cette robe, explique-t-elle en désignant son fourreau. Moins de chance que toi, j’ai dû virer mes sous-vêtements : sous une pareille tenue, ils auraient été trop visibles. Dans la salle, on a rejoint un autre groupe en fait. Là, j’ai immédiatement capté : l’un des mecs du groupe avait des visées sur moi. Or, je le connais ce type, il n’est pas du tout mon genre. Je suis bien contente d’être venue avec ma propre voiture, ce qui me permettra de m’éclipser à tout moment. Ce qui ne devrait pas tarder...
— Ah ? Et vous rentrerez... à Toulouse ?
— Euh oui, juste à côté... Tu voudrais que je t’emmène ?
— Oh oui ! Oui, volontiers… si ça ne vous dérange pas ?
— Ce qui me dérange, me dit-elle avec un franc sourire, c’est que tu me vouvoies ! J’ai vingt-sept ans et je me prénomme Carole.
— Moi, presque vingt et un. Audrey, lui dis-je en lui tendant la main.
— Donc, on se tutoie ! Dis, tu veux décoller... maintenant ?
— Comme tu veux...
— Ok ! Mais d’abord tu vas m’aider. Ne t’affole pas mais je vais venir t’embrasser, histoire de scotcher le relou qui me mates sans arrêt. Le type en veste bordeaux, tu le vois ?
Je n’ai pas le temps de réagir qu’elle est déjà debout devant moi, m’écarte les cuisses, se presse contre mon tabouret et vient m’embrasser.
Ouf ! Sidérée ! Cela dit, elle m’embrasse bouche close, lèvres serrées. Et sa main sur mon nichon m’est à peine perceptible, placée en coque qui englobe mon sein sans frôler mon téton. Long baiser... de cinéma. Lorsqu’elle se recule, elle me demande :
— Il a capté le con ?
— Oui, et il fait la gueule ! Dégoûté ! Douché ! Il se détourne vers ses amis !
Re-baiser de cinoche pour faire bonne mesure, puis elle se détache de moi, prend ma main et m’entraîne. On file aux vestiaires pour récupérer nos affaires.
— On se changera plus tard, on décampe avant que nos accompagnants respectifs ne s’aperçoivent de notre départ.
Ooo000ooO
Dans son petit coupé, je suis un peu embarrassée : mon kilt riquiqui est remonté bien haut et malgré mes efforts, mon slip noir fishnet est assez visible. Je tire sur ma jupe, sans grand succès. Petit sourire de la conductrice :
— T’inquiète, on est entre nous. Au passage, permets-moi de te dire que tu as des jambes superbes, tu sais...
Mon regard file vers elle. Un pan de sa robe fendue s’est effondré et laisse voir une cuisse fuselée.
— Je peux en dire de même des tiennes. Cuisses nerveuses !
— Oh, ça c’est à force d’arpenter les couloirs de l’usine. Je dirige une petite boîte de plasturgie. Et bon, je marche aussi quasiment tous les matins avant le bureau. Marche, pas jogging.
— Ah oui, moi aussi, je marche avec juste quelques intermèdes de sprint.
La voiture file sur la petite route. Carole m’interroge sur ma situation.
— Je viens de finir mes études de commerce-marketing. J’ai quelques pistes pour la suite...
— Ah oui, répond-elle soudain songeuse. Des pistes intéressantes ?
— M’oui, plus ou moins... Arrivée sur le podium, je suis, c’est vrai, plutôt convoitée par quelques grosses boîtes. Mais justement, grosses boîtes, cela m’effraie un peu. Sans compter que je devrais quitter la région. Je ne suis pas certaine d’y être prête !
Carole ne répond rien. Par contre elle m’explique sa situation.
— Je suis en instance de divorce. Je m’en sors bien : je conserve la maison que je tiens de mes parents. Mon futur ex n’a aucun droit sur ces biens. Mais il était aussi mon associé dans l’entreprise. Je peux racheter ses parts mais ça va me mettre en délicatesse... Bon, et je pourrais vendre notre appart du Grau du Roi, également héritage de mes parents. Mais ça me fend le cœur, dit-elle en imitant l’accent de Raimu dans « Marius ». Mais au fait, t’habites où exactement ?
— Castagnet-Tolosan.
— Holà, c’est exactement à l’opposé de Lespinasse où j’habite !
Elle me montre sa jauge de carburant.
— Faudra qu’on trouve une station ouverte de nuit. Bon, dans Toulouse, c’est possible...
— Je suis désolée, ça te fera faire un aller-retour, là, en pleine nuit ! Je suis...
Elle me regarde attentivement.
— Autre solution, tu dors chez moi, je te ramène demain.
— Euh... oui mais bon... Je ne veux pas...
— T’inquiète, comme je t’ai dit, je vis seule. Mon ex est parti s’installer en Italie.
À force d’embrayer-débrayer sur cette route très sinueuse, le second pan de sa robe a fini par glisser, la laissant nue très haut dans l’entrejambe. Je rougis comme une pivoine en apercevant une partie de son berlingot. Elle s’en aperçoit et ramène les pans de sa robe sur ses cuisses. Manœuvre inutile, les deux retombent presque aussitôt.
— Oh baste, on est entre filles... Tu ne vas pas me sauter dessus ?
— Euh... non, je réponds d’une petite voix étranglée.
Étranglée, parce qu’apercevoir ses babines rosées ne me laisse pas totalement indifférente. J’ai eu quelques semaines plus tôt une aventure avec une rousse volcanique. Une première pour moi ! Une nana rencontrée lors d’un after et qui s’était présentée à moi direct comme lesbienne. Histoire brève, juste une nuit. Mais quelle nuit ! Et là, d’apercevoir le petit W dessiné par les babines dodues de ma conductrice ramène quelques images précises à ma mémoire, des senteurs délicates me remontent au nez. Je serre mes cuisses, détourne mon regard. Je rougis !
Carole a senti ma gêne, fronce les sourcils.
— Tu es... lesbienne ?
— Non, je me récrie vivement. Nooon !
Ce deuxième « non » est-il de trop ? Carole me sourit.
— Bi, demande-t-elle ?
— Nooon...
Une dénégation prononcée presque à voix tombante, carrément pas convaincante. Et pour cause ! Carole ébouriffe sa chevelure.
— Pour ma part, je n’ai jamais goûté aux plaisirs saphiques. Mais peut-être est-ce un tort...
Paralysée, je ne réponds rien sur le coup. Puis timidement, je propose :
— Si tu préfères ne pas m’accueillir cette nuit, je comprendrai. Dépose-moi au premier arrêt de bus de l’agglo. Je me débrouillerai...
— Pep-pep, ne va pas t’imaginer que j’ai peur d’une donzelle de vingt piges ! Tu viens chez moi. Point !
Silence dans l’habitacle. Au bout d’un moment, je vois un sourire éclairer le visage de ma conductrice.
— Alors comme ça, une vieille bique comme moi te tenterait ?
M’aurait-elle percée ? Je m’en sors par une entourloupe :
— Non mais, vieille bique ? Où t’as vu ça ? Tu es juste sublime Carole. Carrément canon !
Je ne mens pas : ses yeux en amandes, son nez mutin, sa bouche si joliment dessinée, cette mèche qu’elle repousse régulièrement avec un geste doux, oui, elle est canon. Et ses jambes, ses longues jambes nerveuses... Sans parler de ses seins qui pigeonnent dans son décolleté. Et ses tétons qui pointent désormais, oui, c’est sûr, j’en ferais bien mon quatre heures... du mat’ !
Je réalise, sans comprendre, ce qui se passe dans ma tête ! Je suis fondamentalement hétéro, très vaguement bi si on compte ma petite folie rousse ! Et là, p’tite mère, t’en es à rêver d’aller plonger ton nez dans les petites affaires de l’amazone ? Non mais oh !
— Tu sais que t’es jolie toi aussi, avec ton petit air mutin et tes petits seins que je vois pointer grave sous ton chemisier. Vraiment craquante !
J’ai la bouche sèche, je crois bien que même si j’essayais, aucun son ne franchirait mes lèvres.
Perdue dans mes pensées, l’esprit embrouillé, je n’ai pas compris qu’on était arrivées à destination : Waouh, sacrée bicoque ! Une bastide élégante dont les spots automatiques me révèlent les charmes. Carole quitte la voiture, je la suis avec mes petites affaires.
Elle ouvre la porte en grand, fait un pas à l’intérieur et se tourne vers moi. Elle m’observe d’un drôle d’air. Puis, brusquement, elle m’attrape aux épaules, s’avance, tout proche de moi.
— Tu m’embrasses tout de suite ? Avant que je n’aie trop peur de prendre tes lèvres ?
Merde ! Je suis scotchée mais il ne me faut pas longtemps pour réagir : j’ai si furieusement envie d’elle ! Je laisse tomber mon sac, me rapproche de son visage, doucement. Nous respirons fort l’une et l’autre. Nous tremblons pareillement. Carole penche la tête, ferme ses yeux bleus. Je dépose un très léger baiser sur le coquelicot de sa bouche, me recule, revient plus assurée. Mes lèvres se pressent sur les siennes, qu’elle finit par entrouvrir légèrement.
Le bout de ma langue dessine l’ovale de sa bouche. Cette douce caresse patiente décontracte ma jolie compagne, brise ses réticences. Elle attrape ma nuque et m’embrasse soudain avec passion. Lèvres soudées, nos souffles se mêlent, nous respirons l’une de l’autre, nos langues se caressent, s’affrontent. Nous sommes prises dans un tourbillon affolant, nous perdons pied, l’une comme l’autre.
La porte claque derrière nous.
— Viens, Audrey !
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Chapitre 2 · Colombes sur drap de lin
Au réveil, Audrey se retrouve aux côtés de Carole, la femme qui l'a entraînée bien loin de ses certitudes. Hétéro, elle se croyait à l'abri des troubles de la séduction. Mais au petit matin, le doute s'installe : que représente cette nuit pour Carole ? Un simple écart, une parenthèse sans lendemain, ou autre chose ? Audrey attend, le cœur battant, sans même savoir ce qu'elle espère elle-même.
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M et W
29 octobre 2026 à 00:23
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