Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Confinement Électrique — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Confinement Électrique
Chapitre 1
Léa et Chloé se détestaient avec une constance qui frôlait le professionnalisme.
Étudiantes du même dortoir, elles étaient aussi différentes que le feu et la glace, et leurs échanges étaient des joutes verbales cinglantes. Ce soir-là, après une longue journée de cours, elles se retrouvèrent au pied de la résidence universitaire, se dirigeant toutes les deux vers l'ascenseur pour monter à leur étage.
« Tu ne devrais pas prendre autant de place, Chloé. On dirait que tu es déjà en train de stocker tes affaires pour le déménagement de fin d'année », lança Léa, ses cheveux roux flamboyants rebondissant tandis qu'elle appuyait, impatiente.
Chloé, plus discrète et timide, répliqua sans la regarder : « Et toi, tu devrais peut-être enlever tes lunettes de soleil quand il fait nuit, ça te donnerait une chance de voir où tu mets les pieds. »
La porte de la cage métallique s'ouvrit sur un grincement familier. Elles se jetèrent à l'intérieur en même temps, pressèrent le bouton de leur étage – le sixième.
L'ascenseur démarra... pour s'arrêter brutalement entre le rez-de-chaussée et le premier, la lumière clignotant avant de s'éteindre dans un clac sec. Noir absolu. Silence total.
« Non ! Sérieusement ! » souffla Léa, frappant la paroi métallique.
Chloé, adossée au mur, commença à respirer par saccades. L'air, déjà confiné, devint lourd.
« Respire, Chloé. C'est juste le vieux machin qui a encore faim de foudre. On est à un étage d'écart, ça va aller », tenta Léa, sa voix perdant tout son mordant habituel.
Mais Chloé ne répondait plus par des piques. Sa respiration s'accélérait, chaque inspiration devenant un petit halètement aigu. Léa réalisa que Chloé n'était pas agacée ; elle était terrifiée.
« Hey, regarde-moi », ordonna Léa, allumant son téléphone pour éclairer le petit espace. Chloé était plaquée contre le mur, son visage pâle, les yeux embués. « C'est bon. Tu n'es pas seule. Concentre-toi sur ma voix. Dis-moi quelque chose, n'importe quoi. Ça va te calmer. »
La main de Léa trouva celle de Chloé dans le noir, la serrant fermement. Le contact, surprenant et chaud, ancra Chloé à la réalité. Elle ferma les yeux, essayant de retrouver le contrôle.
La main de Léa trouva celle de Chloé dans le noir, la serrant fermement. Le contact, surprenant et chaud, ancra Chloé à la réalité. Elle ferma les yeux, essayant de retrouver le contrôle.
« C'est ça... c'est ce qui m'arrive toujours. Je me retrouve bloquée, toujours bloquée », murmura Chloé, ses mots s'échappant avec la panique, révélant une vulnérabilité profonde. « C'est ridicule. Je suis ridicule. »
Léa rangea le téléphone, ne voulant pas l'exposer davantage. « Tu n'es pas ridicule. Tu es juste paniquée. Parle-moi de ce qui te bloque. »
Et là, dans le noir, dans l'intimité forcée de cet espace exigu et bruyant seulement du son de leur respiration, la vérité sortit, brûlante et inattendue.
« Je... je suis lesbienne, Léa », souffla Chloé, sa voix brisée par l'émotion. « J'en crève d'envie d'être avec quelqu'un, d'embrasser une fille, d'être désirée par une fille. Mais je n'ai jamais rien fait. Je suis terrifiée, et je me dis toujours que je suis trop... inintéressante. Trop timide. Que personne ne voudra de moi, alors je reste bloquée, comme dans cette boîte en fer. »
Le cœur de Léa se mit à battre la chamade. Elle réalisa que toute leur hostilité n'était peut-être qu'une mauvaise lecture de la tension. Elle se rapprocha de Chloé. Elle posa ses deux mains sur les joues de Chloé, son pouce caressant la peau douce.
« Tu m'entends, Chloé ? » Léa baissa la voix, qui devint rauque et sensuelle. « Tu es tout sauf inintéressante. Tu as un feu sous la glace, et tes yeux, même quand tu es en colère, me coupent le souffle. »
Léa se pencha pour effleurer l'oreille de Chloé, son souffle chaud.
« Écoute-moi bien. Quand cette porte va s'ouvrir, tu vas venir dans mon appartement. Je veux t'embrasser toute la nuit. Je veux t'enlever chaque once de doute. Je veux que tu saches que tu es la personne la plus désirable qui soit. Je veux te manger la chatte jusqu'à ce que tu sois trempée de plaisir, pour te prouver le contraire. Est-ce que ça te semble intéressant ? »
Le corps de Chloé trembla. Elle hocha la tête, sans voix, le désir pur remplaçant la panique dans ses yeux.
Un faible clic se fit entendre. La lumière revint, puis la cabine se remit en marche pour s'ouvrir sur le palier du sixième étage.
Les deux jeunes femmes sortirent, les yeux brillants, la tension sexuelle rendant l'air presque électrique.
« Tu vas où, Chloé ? Mon appartement est là », dit Léa, pointant sa porte.
« Je te suis », répondit Chloé simplement, sa timidité habituelle éclipsée par une audace nouvelle et résolue.
Léa sourit, ce sourire arrogant qu'elle arborait souvent, mais qui, cette fois, était une pure promesse. Elle ouvrit sa porte. Chloé entra, et la porte claqua derrière elles, isolant le monde. Léa poussa immédiatement Chloé contre le mur, son sac à dos tombant.
Le baiser fut une explosion. C'était la violence du confinement, la libération de la peur, et la passion de la confession qui se transformaient en une nécessité ardente.
Leurs bouches s'accrochèrent, les langues se cherchèrent avec avidité. Chloé agrippa la taille de Léa, répondant à sa faim avec une force inattendue.
Les mains de Léa glissèrent sous le pull de Chloé, qui répondait en tirant sur le t-shirt de Léa. Les vêtements tombèrent en désordre, inutiles. Léa guida Chloé jusqu'au lit, les corps se frottant l'un contre l'autre.
Léa s'allongea au-dessus de Chloé, embrassant son cou, sa poitrine, traçant un chemin humide vers le ventre. Les mains de Chloé s'enfonçaient dans les cheveux roux de Léa, guidant sa bouche, l'encourageant par des gémissements.
« Tu es magnifique. Regarde-toi », murmura Léa, ses doigts caressant la peau délicate.
Puis, Léa sépara doucement les jambes de Chloé. Elle s'agenouilla entre elles, son regard sombre croisant celui de Chloé. « La preuve. »
Et le contact fut là. La langue de Léa, chaude, précise, expert, se posa là où Chloé n'avait jamais été touchée. Un choc électrique secoua le corps de Chloé. Le plaisir était si neuf, si puissant, qu'elle se cambra. Léa l'assura, la tenant fermement, et explorant avec une patience et une ferveur qui démolissaient des années de doute.
Chloé ne put retenir un long cri rauque, le prénom de Léa devenant le seul mot qu'elle connaissait. Elle n'était plus inintéressante. Elle était désirée, elle était voulue. Elle était un feu.
Léa remonta, son visage humide, son sourire triomphant. Elle embrassa la bouche de Chloé.
« Maintenant... », souffla Chloé, le sourire radieux et libéré, attirant Léa à nouveau vers elle, « à mon tour de te montrer ce que j'ai appris. »
La nuit ne faisait que commencer, et dans le dortoir, le vieux ascenseur avait enfin accompli son destin.
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Commentaires ()
Merci !
Votre écriture est touchante.
C'est délicat.
Le cadre se pose. Les choses ne sont pas évidentes du tout et vos personnages ne se jettent pas dessus à la première occasion.
Vous êtes l'une de mes auteures préférées sur ce site.
Continuez