Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’Appartement de Verre — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L’Appartement de Verre
Chapitre 1
L'Appartement de Verre
Le silence du confinement avait une texture particulière. Un mélange de coton et de verre.
Lea l'entendait presque craquer sous ses pas quand elle traversait le salon en chaussettes, une tasse de thé fumante entre les mains, l'échine tendue comme un fil.
Dans l'appartement, tout était à sa place. Les livres par couleur. Les coussins repassés. Le tapis centré.
Sauf Inès.
Lea l'entendait presque craquer sous ses pas quand elle traversait le salon en chaussettes, une tasse de thé fumante entre les mains, l'échine tendue comme un fil.
Dans l'appartement, tout était à sa place. Les livres par couleur. Les coussins repassés. Le tapis centré.
Sauf Inès.
Inès ne se plaçait jamais. Elle débordait. Elle laissait des traces : des cheveux dans la douche, un tee-shirt sur le dossier du canapé, son rire dans les murs.
Cela faisait 19 jours qu'elles n'étaient pas sorties. 19 jours que Léa notait l'heure exacte des repas sur un post-it, pendant qu'Inès, elle, oubliait de porter un pantalon.
Elles ne se touchaient jamais. Elles ne se parlaient presque pas.
Mais Léa la regardait.
Elle prétendait lire. Écouter les infos. Faire du yoga. Mais c'était Inès qu'elle regardait.
Le col baissé d'un vieux sweat sans soutien-gorge. Un mollet nu posé sur le bord du fauteuil. Les pieds vernis qui frottaient lentement le sol.
Elle prétendait lire. Écouter les infos. Faire du yoga. Mais c'était Inès qu'elle regardait.
Le col baissé d'un vieux sweat sans soutien-gorge. Un mollet nu posé sur le bord du fauteuil. Les pieds vernis qui frottaient lentement le sol.
Elle ne savait pas si Inès le savait. Elle n'osait pas croiser son regard.
Jusqu'au soir 21.
Jusqu'au soir 21.
Elle avait entendu l'eau couler, des voix sur l'enceinte Bluetooth, et puis le bruit de la porte de la salle de bain qui claque. Léa, elle, était assise dans le salon, un roman sur les genoux, la tête dans les lignes.
Et puis il y avait eu ce son : le frottement d'une serviette humide tombant au sol.
Elle n'avait pas levé les yeux tout de suite. Mais elle avait senti.
Lea avait levé la tête — Inès était nue. Nue, traversant lentement le salon, cheveux trempés, peau chaude, et sans un mot.
Aucun regard, aucun sourire.
Aucun regard, aucun sourire.
Léa n'avait pas respiré.
Elle avait regardé cette peau souple, cette démarche insolente, la fesse droite se contractant à chaque pas.
Et quand Inès avait atteint sa chambre, elle avait simplement refermé la porte... sans jamais se retourner.
Elle avait regardé cette peau souple, cette démarche insolente, la fesse droite se contractant à chaque pas.
Et quand Inès avait atteint sa chambre, elle avait simplement refermé la porte... sans jamais se retourner.
⸻
Le lendemain, Léa laissa sa porte entrouverte.
Juste assez pour que l'on voie son dos, allongé sur les draps blancs. Elle portait une chemise ample, à moitié ouverte, et rien d'autre.
Inès passa devant sans dire un mot. Puis recula.
Elle s'arrêta. S'appuya contre l'encadrement.
Léa sentit sa présence avant de l'entendre.
Elle s'arrêta. S'appuya contre l'encadrement.
Léa sentit sa présence avant de l'entendre.
— Tu veux que je vienne ou que je regarde ?
La voix d'Inès était lente. Moqueuse. Et calme.
Léa ne répondit pas. Elle ne bougea pas.
Elle savait que ce silence était une réponse.
Inès resta là un moment. Puis s'éloigna.
⸻
Jour 25.
Elles ne s'étaient pas touchées. Pas encore.
Mais tout le reste l'avait déjà été.
Inès se penchait plus souvent. Riait plus fort. Mangeait en débardeur, sans soutien-gorge, léchant lentement le bout de ses doigts après chaque bouchée de fruit.
Léa, elle, ne détournait plus les yeux.
Ce soir-là, elle la rejoignit dans le salon.
Inès était affalée sur le canapé, un genou replié, une bouteille de vin ouverte.
La télé jouait des images qu'aucune des deux ne regardait.
Inès tourna la tête. Sourit.
La télé jouait des images qu'aucune des deux ne regardait.
Inès tourna la tête. Sourit.
— T'as chaud ? demanda-t-elle.
— Oui.
— Oui.
Léa posa un genou sur le canapé. Inès la suivit du regard, sans bouger.
Lentement, Léa glissa une main derrière la nuque d'Inès.
Elle sentit la chaleur. La tension. L'attente.
Et l'odeur de la peau propre, encore salée.
Lentement, Léa glissa une main derrière la nuque d'Inès.
Elle sentit la chaleur. La tension. L'attente.
Et l'odeur de la peau propre, encore salée.
Le premier baiser fut silencieux. Lent. Maîtrisé.
Les lèvres se trouvèrent, comme si elles connaissaient déjà le chemin.
Les lèvres se trouvèrent, comme si elles connaissaient déjà le chemin.
Puis ce fut une explosion douce : les mains se mirent à chercher, les hanches à s'appuyer, les souffles à se désynchroniser.
Inès tira le tee-shirt de Léa, révélant sa poitrine nue. Elle la fixa, longtemps, sans sourire cette fois.
Ses doigts la frôlèrent, dessinant les contours avec soin. Elle embrassa d'abord l'épaule. Puis le creux de la clavicule. Puis descendit.
Ses doigts la frôlèrent, dessinant les contours avec soin. Elle embrassa d'abord l'épaule. Puis le creux de la clavicule. Puis descendit.
Léa bascula la tête en arrière.
Elles se découvrirent comme deux voleurs : rapides, précises, mais jamais brutales.
Les cuisses s'enlacèrent, les doigts se glissèrent sous les tissus.
Un soupir, un gémissement étouffé contre une peau.
Un soupir, un gémissement étouffé contre une peau.
Le canapé craqua.
Inès poussa Léa en arrière, s'assit sur elle, jambes écartées, bassin contre bassin.
Les cheveux d'Inès tombaient comme un rideau autour de leurs visages.
Les cheveux d'Inès tombaient comme un rideau autour de leurs visages.
Elles se regardèrent. Longtemps.
Et ce regard fut plus nu encore que tout le reste.
Et ce regard fut plus nu encore que tout le reste.
Quand Léa la fit basculer en arrière, quand elle la pénétra lentement avec ses doigts, Inès ferma les yeux, le souffle brisé, les jambes serrées autour de ses hanches.
Leur rythme s'accorda sans un mot. Une danse précise, muette, presque violente parfois — mais toujours contenue.
Les murs ne les entendaient pas. Le monde non plus.
Quand ce fut terminé, elles ne bougèrent pas.
Pas tout de suite.
Pas tout de suite.
Inès s'endormit là, la tête sur le ventre de Léa, une main posée sur sa hanche.
Et Léa resta éveillée, une main dans ses cheveux, à fixer la baie vitrée.
Le dehors était vide.
Le dehors était vide.
Mais dedans... tout était rempli.
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