00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
Couverture de Emma, offerte à la montagne, par Galaxie rouge
Couverture de Emma, offerte à la montagne, par Galaxie rouge
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Emma, offerte à la montagne — Chapitre 6 · L’ÉVASION

16 minutes
7k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Galaxie rouge
Galaxie rouge
Histoires publiées
161
Abonnés
168
J'aime cumulés
26.2k

Emma, offerte à la montagne

Chapitre 6 · L’ÉVASION

Note de l'auteur

Rappel du chapitre précédent : Emma et Léa se réveillent ligotées dans une pièce glaciale, presque nues, sans aucun souvenir précis de ce qui les a conduites là. Frigorifiées, vulnérables, elles tentent de se rassurer l'une l'autre tandis que l'angoisse monte. L'arrivée de trois hommes fait basculer l'atmosphère dans une tension clinique, dominatrice et déshumanisante. Les deux jeunes femmes sont examinées comme du bétail, soumises à des gestes intrusifs et des remarques glaçantes. Humiliées, réduites à leur corps, elles découvrent qu'elles sont évaluées pour une vente imminente. Malgré la peur, une rage silencieuse gronde. Et lorsque la porte se referme derrière les trois hommes, un silence terrifiant s'installe, mais Emma n'a pas dit son dernier mot.
L'odeur d'humidité et de désinfectant rance plane comme une nappe invisible, épaisse, dans les couloirs de ce qui fut, autrefois, un hôpital. Dans cette pièce cloîtrée au fond d'un ancien bloc opératoire, deux corps tremblent, attachés au montant métallique d'un lit d'examen rouillé. Le sol, en lino craquelé, porte les stigmates d'anciens fluides, et les murs, constellés de moisissures, sont tagués de graffitis et de mots obscènes griffonnés à la hâte.
La lumière des néons, tremblante et intermittente, projette sur leurs corps nus des éclats blafards, rythmés par le bourdonnement sourd de l'installation électrique. Le silence n'est troublé que par leur souffle mesuré, prisonnier du froid, du métal et de la peur.
Emma garde les yeux fixés sur le plafond. Son regard vacille, cloué entre résignation et tension. À ses côtés, Léa tente un sourire qu'elle ne croit pas elle-même. Elles sont allongées côte à côte sur le lit étroit, les bras tendus, les corps glacés. Alors, lentement, presque instinctivement, elles cherchent à se coller davantage l'une contre l'autre, à s'imbriquer, hanche contre hanche, poitrine frôlant épaule, cuisses se touchant du bout des jambes.
Ce fin contact, peau nue contre peau nue, devient une ligne de chaleur ténue dans l'hiver de la pièce. Chacune sent le souffle de l'autre sur sa peau, cette tiédeur humaine qui contraste cruellement avec le froid humide qui les mord de toutes parts. Ce n'est pas de la pudeur qui les arrête, mais la peur, l'incertitude, et cette gêne sensuelle qui plane, fragile, même dans la douleur.
Le corps de Léa est cambré contre le métal, ses poignets liés ; elle ne porte qu'un minuscule string rouge, tordu par la position, et sa peau nue, exposée au vide glacé, est parcourue de frissons. La chair de poule monte jusqu'à ses cuisses, effleurant l'arrondi de ses hanches. Le froid ronge chaque zone découverte avec une cruauté méthodique.
Emma, elle, n'a qu'une culotte en satin noir, trop fin, presque diaphane sur le devant. À chaque courant d'air qui s'infiltre, sa peau se tend, sa poitrine se contracte, les pointes se dressant sous l'effet conjugué du froid et de la tension. L'humidité ambiante s'accroche à leur peau comme un voile collant, accentuant la moindre sensation, éveillant les nerfs à vif. Le froid n'est plus seulement un inconfort, c'est une morsure lente, intime, qui s'insinue dans chaque creux de leur corps emprisonné.
— Il n'a pas bien serré les nœuds, murmure Léa, ses lèvres à peine ouvertes. Il était trop occupé à me tripoter.
Emma tourne lentement la tête vers elle. Ses yeux sombres brillent d'un mélange d'espoir et de prudence.
— Tu crois que tu peux… ?
— Et en plus, ce blaireau a mal fermé la porte, ajoute-t-elle dans un souffle, le coin des lèvres tordu par un sourire amer ?
Léa hoche doucement la tête. Elle tire sur ses liens. Le fer crisse, grince comme pour protester. Elle tord son poignet avec force ; la corde râpe la peau, et des marques rouges apparaissent, enflant presque aussitôt sous la pression. Elle grimace, un gémissement étouffé perle à ses lèvres entrouvertes. Une brûlure sourde, profonde, coule le long de son bras, comme un feu qui s'enroule lentement autour de ses tendons.
Mais la douleur est secondaire face à l'urgence, face à cette peur animale de rester là, impuissante. Elle inspire fort, bloque son souffle, et pousse encore. Sa peau se coince, se tord, se dérobe. Elle sent l'effort dans tout son corps, jusque dans son ventre contracté, dans ses cuisses figées. Puis, lentement, elle sent que ça glisse. La douleur devient vive, presque érotique dans sa violence. Une minute encore, pense-t-elle, alors qu'une goutte de sueur chaude roule sur sa tempe glacée.
Un claquement lointain les fait sursauter.
— Vite, chuchote Emma.
Léa parvient enfin à se libérer. Elle se redresse en grognant à peine, se frotte vivement les poignets, presque à sang. La peau est marquée, gonflée, striée de rouge vif comme autant de baisers cruels laissés par la corde. Une douleur lancinante pulse dans ses bras, aiguë et constante, comme un feu qui irradie depuis l'intérieur. Chaque frottement semble réveiller ses nerfs à vif, et pourtant elle ne s'arrête pas. Elle serre les dents, s'impose le silence.
Cette brûlure sur sa peau nue est un rappel brutal, mais insignifiant face à ce qu'elles risquent ici. Sans attendre, elle se penche vers Emma. Ses doigts froids tremblent un peu, mais s'activent sur les nœuds avec précision, méthodiques malgré la fièvre de l'instant. Les cordes râpent la peau d'Emma, laissent de fines entailles rouges sur ses poignets qui s'ouvrent enfin à la liberté. Elles se regardent, les yeux grands ouverts, haletants, battements en tempête.
Elles savent que ce n'est qu'une première étape, mais c'était sans doute la plus difficile : se défaire des liens. Leur étreinte est brève, saturée d'émotions, de tremblements et de chaleur humaine arrachée au froid. Puis, sans un mot, elles sautent hors du lit, portées par une force fragile, mais vitale.
La porte de la pièce est entrebâillée. Mal fermée. Une erreur. Une chance.
Le contact du sol les saisit. Emma pose un doigt sur les lèvres de Léa. Le couloir est devant elles.
Emma écarte doucement la porte, jusqu'à dégager un mince angle de vue sur l'extérieur. Son regard se pose sur un couloir décrépi, désert, où les murs suintent l'abandon. Léa est collée à son dos, son souffle court effleure la nuque d'Emma. Les néons au plafond grésillent faiblement, projetant des reflets sur les murs couverts de taches brunâtres et de graffitis. Certaines lampes s'éteignent, d'autres vibrent comme des lucioles malades. L'air est vicié, épais, presque tangible. Emma observe, silencieuse, chaque détail, à l'affût du moindre mouvement.
Emma avance la première. Pieds nus, elle frôle le sol glacé, chaque pas arrachant un frisson. Derrière elle, Léa s'accroche à sa main. Elles progressent lentement, retenant leur souffle, les muscles tendus, l'esprit aux aguets. Par moments, leurs pieds nus rencontrent un objet au sol, un éclat de verre, un morceau de plastique, un rivet rouillé et la douleur jaillit. Elles étouffent des gémissements, posent la main sur leur bouche pour ne pas crier. Les murs suintent. Des gouttes tombent de la tuyauterie rouillée, rythmant leur lente avancée comme une horloge maudite.
Un craquement. Une porte claque dans leur dos. Elles se plaquent contre le mur. Un frisson remonte l'échine d'Emma. Un gémissement lointain perce le silence. Elles se figent. Puis elles avancent encore. Un pas. Puis un autre.
Un éclair de lumière s'échappe d'une pièce sans porte, à gauche du couloir. Elles s'approchent. Lentement. Emma se baisse, avance à quatre pattes, cherchant à ne faire aucun bruit. Léa la suit, collée juste derrière, la main posée sur l'épaule d'Emma. Arrivée au seuil, Emma s'arrête et se glisse lentement pour avoir un angle de vue dans la pièce. Ses yeux s'écarquillent.
À l'intérieur, une lampe suspendue balance doucement, projetant des ombres larges et mouvantes sur les murs salis. Une femme est penchée sur un meuble bas, les bras tendus, la tête inclinée dans une posture d'abandon. Son pantalon est roulé autour de ses chevilles, et son string, repoussé sur le côté, laisse sa chair offerte. Elle gémit à chaque poussée, cambrée dans une tension où douleur et plaisir semblent se confondre.
L'un des hommes, celui à la barbe rousse, est derrière elle, le pantalon aux chevilles également, les reins animés d'un rythme brutal. Il souffle fort, comme un animal en rut, agrippé à ses hanches avec une ardeur vorace. Son visage, crispé dans un rictus de jouissance, se penche parfois sur sa nuque, comme s'il voulait la mordre. L'air vibre de leurs souffles mêlés, d'une fièvre moite et animale, tandis que la lumière tremblante fait danser leurs ombres sur les murs comme un théâtre obscène.
— Tu la sens, hein ? T'aime ça, petite salope ?
— Oui... je la sens, souffle la femme, haletante, secouée par les coups de reins puissants de l'homme. Son corps vacille à chaque poussée. Il grogne, s'accroche plus fort à ses hanches.
— Dis-le. Dis ce que je fais, ordonne-t-il d'une voix rauque.
— Tu me démontes... halète-t-elle, la voix brisée par le souffle et la honte mêlés.
La voix grave résonne, presque bestiale. La femme halète, son corps secoué par les assauts rythmés, les reins claquants contre elle dans un bruit de chair heurtée. Emma sent son cœur se glacer. Une pensée fulgurante la transperce : elle aurait pu être à la place de cette femme, cambrée, offerte, secouée d'élans où se mêlent violence et jouissance. Même si cette dernière semble consentante, complice avec le groupe, il n'y a aucune garantie.
Une alarme froide monte en elle : si elle les voyait là, dans l'ombre du couloir, elle pourrait les trahir sans le moindre état d'âme. Emma reste figée, les muscles noués, la bouche entrouverts dans un souffle suspendu.
Puis un bruit sec déchire l'air, une gifle, brutal, nu, claquant comme une déclaration primitive. La femme pousse un cri aigu, un mélange d'extase et de soumission, son dos se tendant davantage sous l'impact. Sa voix, quand elle revient, est un souffle arraché à la gorge, un râle tremblant, éraillé, troublant, chargé d'un désir brut qui ne demande plus rien, sinon que cela continue, encore.
— J'adore quand tu es sauvage comme ça...
Elle bascule la tête en arrière et crie presque :
— Vas-y, prends-moi plus fort !
Léa, toujours collée dans son dos, sent le corps d'Emma se raidir davantage. Les deux femmes retiennent leur souffle, englouties par cette scène à la fois dérangeante et dangereuse.
Elles ne peuvent passer : le couple à vue direct sur le couloir. Elles doivent attendre, figées dans le noir, l'oreille aux aguets, les sens en éveil. Emma sent la chaleur du corps de Léa pressée contre le sien, cette tiédeur vive, presque brûlante, qui pulse à travers la fine barrière de leurs vêtements trop légers.
Les deux filles tremblent, non seulement de peur, mais de tension contenue, de cette énergie animale qui parcourt leur peau comme une décharge nerveuse. Leurs respirations se mêlent, lentes, saccadées, et forment entre leurs visages une buée dense et chaude, comme un souffle partagé au bord de l'abîme. Emma perçoit la montée et la chute du ventre de Léa contre son dos, la douceur inquiète d'un contact devenu vital.
Enfin, un râle plus rauque. L'homme halète, la voix hachée :
— Ça vient...
La femme se redresse légèrement, se retourne à demi, haletante :
— Laisse-moi le prendre en bouche.
Il se retire d'un coup sec, le sexe luisant d'humidité, avance d'un pas tremblant, presque vacillant. Elle s'agenouille avec une docilité brûlante, la bouche entrouverte dans une attente gourmande. Quand il s'enfonce profondément, d'un seul mouvement, ses mains s'agrippent à sa chevelure comme à une ancre, et il pousse un cri rauque, contenu, bestial, qui résonne contre les murs. Elle le reçoit tout entier, yeux clos, gorge offerte, sa bouche s'emplissant de sa jouissance dans un spasme lent et violent. Puis elle recule légèrement, souffle par le nez, la langue encore caressante, et éclate d'un rire rauque, gorge déployée, la bouche encore entrouverte, brillante et fière. Un rire de triomphe sale.
— T'es vraiment un animal...
L'homme remonte son pantalon en reniflant bruyamment, ses gestes encore imprégnés de l'élan brut de l'instant. La femme, elle, glisse lentement son string en place d'un geste précis, presque théâtral, puis remonte son pantalon sur ses hanches avec une sensualité nonchalante. Son regard brille d'un éclat trouble, son sourire est large, détendu, comme alourdi de plaisir. Elle laisse échapper un rire rauque, qui roule au fond de sa gorge, puis lance, narquoise :
— Je vais chercher à bouffer pour les deux pétasses. J'espère que t'en as pas profité pour t'en taper une, mon salaud.
— Tu plaisantes ? Le boss nous tuerait si on joue avec, répond l'homme.
Elle rit encore, mais leurs voix s'éloignent alors que la porte se referme dans un claquement sourd. Le reste de leur échange devient inaudible.
Sans attendre, Emma fait un pas. Léa suit. Silencieuses. Le plancher grince sous leurs pieds nus. Elles longent le mur, puis se faufilent dans une réserve entrouverte.
La pièce est sombre, encombrée de valises, de sacs éventrés, de vêtements éparpillés sur un sol détrempé. Certains sacs baignent dans une flaque d'eau croupie qui stagne au milieu de la pièce, mêlée de poussière et de déchets. L'odeur est différente ici : un mélange lourd de parfum éventé, de plastique humide et de moisi.
— C'est quoi tout ça ? murmure Léa, le regard fuyant d'un sac éventré à un autre.
— C'est sûrement à des filles qu'ils ont déjà enlevées... répond Emma à mi-voix, sans parvenir à masquer le doute dans sa voix.
Léa se jette sur un sac ouvert, tire un vieux survêtement gris, l'enfile à toute vitesse.
— Il pue la mort, mais tant pis, souffle-t-elle.
Emma fouille une valise. Elle en extirpe une petite robe d'été à fleurs, un tissu léger, froissé, presque transparent par endroits. Elle la déplie, la tend devant elle, l'évalue d'un regard. Ça devrait aller. Elle n'a pas le luxe de faire la difficile sur les motifs, les couleurs ou la matière.
Alors elle l'enfile, lentement cette fois, laissant le tissu glisser sur sa peau glacée. Le contact est presque sensuel, une caresse froide qui épouse les courbes de son corps avec la docilité d'un drap volé. La robe épouse ses hanches, dévoile ses jambes, s'accroche un instant à sa poitrine dressée par le froid. Elle trouve ensuite une veste grise, un peu trop ajustée, qu'elle ferme malgré les boutons qui tirent sur la courbe de ses seins. Elle soupire, un mélange de pudeur et d'ironie dans le regard.
— C'est ridicule, murmure-t-elle en serrant les pans.
— On ne gagnera pas un défilé, réplique Léa, un sourire en coin.
— Mais on vient peut-être de survivre au casting.
Elles rient à peine. Un rire sec, nerveux. Emma ouvre une autre valise, trouve des baskets. Trop petites. Elle grimace, les enfile une paire de ballerines. Léa, de son côté, découvre des bottines à sa taille.
Une porte au fond de la réserve. Métallique. Rouillée.
Emma pose sa main dessus. Inspire. Pousse doucement. Le grincement est atroce, strident, comme un cri métallique dans le silence. Elle se fige net, les muscles tendus, le souffle suspendu. Léa la regarde, immobile. Rien. Pas de pas. Pas de voix.
Elle recommence, lentement, par à-coups, ouvrant la porte juste assez pour créer un passage. À chaque bruit, Emma s'interrompt, les yeux agrandis par l'effroi. Dès qu'une ouverture suffisante se dessine, elles se glissent dehors, de profil, sans un mot, le cœur battant à tout rompre.
Elles sortent.
L'air est frais et humide dehors, chargé de senteurs, de mousse, de feuilles mouillées. Il les enveloppe comme un linge glacé, s'infiltrant sous leurs vêtements. Une forêt épaisse s'étend derrière le bâtiment, bordée d'herbes hautes qui frôlent leurs jambes. Les arbres sombres se dressent en silhouettes mouvantes sous la lumière blafarde de la lune, et une odeur lourde de pluie récente flotte dans l'air.
Après plusieurs minutes, elles trouvent un repli dans un creux boisé. Elles s'effondrent, haletantes, bras enroulés l'un autour de l'autre. Leurs corps battent à l'unisson. Tremblantes. Mais vivantes.
— On est sorties, souffle Léa.
— Pas encore. Ils vont nous chercher.
À travers les branchages, un vieux panneau indicateur apparaît. Une flèche pointe vers l'est : "Gare 7 km". Une autre vers le nord : "Sentier des Crêtes".
Emma se redresse. Son regard balaye la forêt.
— On doit se séparer.
Léa lève les yeux, le visage tendu par la peur. Elle ne veut pas rester seule, et ça se lit dans chaque trait crispé de son expression. Ses yeux brillent, larges, presque implorants. La perspective d'être séparée la fige une seconde. Elle ne dit rien, mais son silence hurle l'angoisse.
— T'es sûre ?
— Oui. On double nos chances.
— Fais attention, d'accord ? murmure Emma.
— Toi aussi, répond Léa, la voix tremblante.
Elle hésite, puis ajoute, les yeux levés vers son amie :
— T'es sûre que c'est la bonne décision ?
Emma hoche la tête, un peu trop vite.
— Oui. C'est mieux comme ça.
Mais au fond d'elle, elle n'en est pas certaine. Elle a peur. Une peur viscérale, sourde, mais elle refuse de la montrer. Si Léa la voit vaciller, elle hésitera. Et il est trop tard pour ça.
Emma serre Léa dans ses bras une dernière fois, fort, longtemps. Puis elle la relâche et la regarde s'éloigner vers la route, le pas pressé, les épaules encore tendues.
reste figée un instant, le cœur lourd. Puis elle se tourne vers la montagne.
Elle s'engage sur le sentier. Les ballerines glissent sur la mousse. Sa robe est remontée sur ses cuisses. Puis, prise d'un doute, elle revient sur ses pas, pas loin de l'entrée. Là, elle ramasse un bâton au sol, couche l'herbe au niveau du talus, creuse la terre de sa pointe pour laisser des traces visibles, comme un faux indice.
Sur plusieurs mètres, elle casse des branches basses, en laisse certaines pendre, en dépose d'autres à même le sol. Une fois satisfaite de ce leurre, elle reprend sa route, cette fois en prenant soin de ne laisser aucune trace. Elle disparaît enfin dans la forêt, silencieuse et tendue.
Un dernier regard vers l'établissement désaffecté. Une dernière pensée pour Léa.
La lune éclaire son visage. Et elle disparaît dans les ombres.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 7 · Le flair du chasseur
19 minutes
6.7k
197
7
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 6 commentaires
Photo de profil de patricio1492
patricio1492
1 décembre 2025 à 21:38
après le flash back très sympa pour tout re-contextualiser

vivement la suite dans la montagne de notre ex militaire et de celle qui tente de se sauver.. chapitres 7 et 8 on vous attend !!!
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de michel60
michel60
1 décembre 2025 à 10:48
Joli rebondissement plein de promesse pour la suite.
Merci
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de océane.25
océane.25
30 novembre 2025 à 12:49
J'espère qu'elles vont se faire reprendre.
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ jeremie43 Dévêtues par erreur : l’astérisque oublié XSTORY
Dévêtues par erreur : l’astérisque oublié
Chapitre 2
Par jeremie43
90
3
7.3k
Hétéro
✦ Anthynéa Léa et Camille XSTORY
Léa et Camille
Chapitre unique
Par Anthynéa
89
3
26.7k
Lesbiennes
✦ Chess Vengeance Torride XSTORY
Vengeance Torride
Chapitre 1
Par Chess
247
10
18.3k
Hétéro
✦ AndreTeller47 Les protectrices du dernier homme XSTORY
Les protectrices du dernier homme
Chapitre 17
Par AndreTeller47
12
2
1.6k
Hétéro
✦ Chess Hôtel Zéro XSTORY
Hôtel Zéro
Chapitre 2
Par Chess
105
2
4.1k
Hétéro
✦ Galaxie rouge Jusqu’à ce que mon corps dise “oui” XSTORY
Jusqu’à ce que mon corps dise “oui”
Chapitre 12
Par Galaxie rouge
95
0
2.3k
Hétéro
✦ Vanadis Une nuit entre colocataires : la première fois de Léa XSTORY
Une nuit entre colocataires : la première fois de Léa
Chapitre unique
Par Vanadis
0
0
15
Lesbiennes
✦ Doogy Woogy The fucking dead XSTORY
The fucking dead
Chapitre unique
Par Doogy Woogy
27
11
4k
Hétéro
✦ Haleros La Ligne blanche XSTORY
La Ligne blanche
Chapitre unique
Par Haleros
151
11
10k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio