00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Infinity_rose Colt & Désirs XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Colt & Désirs — Chapitre 3

13 minutes
2.9k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Infinity_rose
Infinity_rose
Histoires publiées
47
Abonnés
131
J'aime cumulés
4.2k

Colt & Désirs

Chapitre 3

Déjà deux semaines que j'ai atterri à Libertadas. Deux semaines que j'avais fui le fort. Ici, la vie me plaisait bien. Je m'étais pas mal rapproché de Ian et de son groupe, et puis un peu d'Estela, la sœur d'El Chief. Il y avait un truc entre nous. Des petits regards lors des repas communs, des discussions lors des activités de la journée.
Je repensais souvent à ses longs cheveux noirs, au teint hâlé de sa peau dansante, à ses yeux verts, pétillants devant le feu, et à ses lèvres rouges qui m'attirent tant. Sa poitrine cachée par un chemisier léger... Elle est si belle. Si attirante, physiquement comme psychiquement.
Le hennissement du cheval me sort un peu de mes pensées. Ma patrouille est presque finie. J'ai passé l'après-midi entre les hauts plateaux et les failles du canyon. Mais dans ces mesas, je n'avais pas vu le moindre homme. Je trotte entre les arbres au sommet du canyon. Rien à l'horizon. Le vent froid souffle entre les branches des séquoias. Je tiens mon chapeau pour éviter qu'il ne s'envole, puis je redescends dans le canyon.
Le cheval alezan avance rapidement, soulevant un nuage orange dans sa traîne. Les strates rouges, ocres et brunes s'étirent, symboles des âges passés. Le soleil déclinant, j'avais l'impression que le canyon brillait de l'intérieur. Les rayons tapent sur les parois jaunes, embrasant le paysage. La flore est bien moins fournie : seuls quelques agaves, cactus et petits buissons résistent à la température bien supérieure du fond de la faille. Le cheval cavale entre les roches, et en une petite demi-heure, je suis de retour à Libertadas.
Je salue Jo, le garde officiel de la ville. Je lui fais un rapport rapide de ce que j'ai vu. Pour le moment, pas de trace des soldats. Ils n'ont pas l'air de vouloir nous attaquer, ni même de nous avoir trouvés. Je continue mon chemin jusqu'à l'écurie commune. Je mets le cheval dans le box, enlève ses équipements, le brosse et lui donne de l'eau. Puis je sors de l'écurie. Je traverse les rues bordées de maisons aux planches de bois. Alors j'arrive à la nôtre, celle du groupe. J'entre. Ils ne sont pas encore rentrés. Je me pose dans le canapé — ma chambre, en soi. Rapidement, je m'endors pour une petite sieste avant le soir.
Ian me réveille. Dehors, le soleil est déjà couché : c'est l'heure du banquet qui célèbre la fin de la semaine. Alors on sort tous les cinq pour rejoindre la place principale. Pas mal de monde est déjà là. On rigole et discute de nos activités, des patrouilles, des récoltes. La place se remplit rapidement.
Je m'assois autour de la grande table, à côté d'Estela. Elle me sourit de ses grands yeux verts. Les tables sont disposées en U ; au centre, un feu et par-dessus, une marmite. On se lève tous deux pour aller se servir. On discute un peu. On verse le potage dans nos assiettes, puis on retourne à table. L'ambiance sur la place est sombre, alors il est difficile de voir les autres. Mais je discerne tout de même ses yeux verts et sa bouche sourire à mes blagues.
La fraîcheur de la nuit était apparue avec la lune naissante, et nos corps en quête de chaleur se rapprochèrent naturellement. Je sentais sa cuisse chaude contre la mienne et son souffle caressait ma nuque. Le temps file et pas mal de personnes quittent la table, allant se reposer dans leurs maisons. Nos assiettes sont depuis longtemps vides, mais je crois bien que ni elle ni moi ne voulons quitter la table. On continue de discuter, la lune étant notre dernier témoin. Et puis, elle me propose d'aller marcher un peu. J'accepte et on se lève.
On traverse la ville, mais rapidement, on rejoint la nature sauvage. Marchant sur la terre rouge, la discussion s'installe rapidement. Alors sa voix s'élève dans le calme de la nuit :
— J'aime bien la vie ici.
— Oui, moi aussi. Même si la pression du fort se fait sentir, ça reste calme.
— C'est sûr. Mon frère stresse toujours que l'on se fasse attaquer.
— Ça explique qu'il ait augmenté les patrouilles.
— Oui, mais je ne suis pas sûre qu'il ait raison.
— Pourquoi ?
— Si le fort savait où on était, il y aurait déjà des canons en haut du canyon.
— Tu penses qu'on est autant à l'abri ?
— Ça va bientôt faire un an qu'on est ici. On est tranquilles. On devrait plutôt se concentrer sur le commerce de tequila. On manque de monde dans les champs !
Je rigole un coup ; elle est belle quand elle s'énerve un peu.
— Ils viendraient vraiment avec des canons, tu crois ?
— Si, si, ils en ont dans leurs forts. Mais ils ne viendront jamais. On est trop bien cachés.
— C'est sûr. T'étais là quand vous avez créé cet endroit ?
— Oui, on a fait les premières casas avec mon frère.
— Ça a dû être bizarre.
— C'est sûr. Au début, il y avait à peine cinq personnes. Mais maintenant, on est une petite centaine.
— Oui, on est presque un petit village.
— Oui. Pero… ça permet de faire de belles rencontres.
— Tu penses à quelqu'un en particulier ?
Nos voix se taisent un instant. On se regarde droit dans les yeux. La tequila nous est peut-être un peu montée à la tête, mais j'ai l'impression que ses yeux brillent encore plus fort qu'avant. Elle rougit et détourne le regard.
— No. Personne. Enfin, peut-être.
— Pourtant, moi, j'ai fait de belles rencontres.
— Ah bon ? Qui ?
— Ian déjà, c'est vraiment un chic type. Et Jo aussi.
Elle avait l'air un peu déçue. C'était drôle de voir son air abattu. On dirait bien que sous l'effet de la tequila, elle ne contrôlait plus ses expressions.
— Dommage, j'aurais préféré que tu parles de quelqu'un d'autre.
— Ah bon ? De qui alors ?
J'avais envie de la taquiner un peu, de voir toutes les expressions que pouvaient m'offrir ses yeux.
— Je… je ne sais pas ! Personne !
Elle ne voulait pas me le dire, comme si elle refusait de se l'avouer.
— Pourtant, moi, il reste une belle rencontre dont je n'ai pas parlé.
— Ah ? Qui ?
Son visage en disait long. Elle voulait que ce soit elle.
— Toi, Estela.
Un grand sourire éclaire son visage. Elle sautille un peu, c'était mignon.
— Eh eh, toi aussi tu es une belle rencontre pour moi.
— Tant mieux alors.
On s'était un peu écartés du village, se perdant légèrement dans la flore environnante. Fatigués de marcher, on s'assoit côte à côte sur une souche de séquoia. Autour de nous, quelques rares arbres tentent de monter vers les cieux, mais la verdure reste basse, moins abîmée par les vents. Je sens sa chaleur contre mon corps.
— Dis-moi, des filles, t'en as rencontré beaucoup avant moi ?
Ses yeux étaient attachés à mes lèvres. Je ne voulais pas la décevoir, je voulais lui dire que j'étais aussi pur que le Christ. Mais je ne pouvais pas lui mentir.
— Oui. Des filles de saloon, des filles de cabaret, des amourettes d'une nuit. C'était rarement sérieux.
Elle avait l'air déçue. Puis elle sourit et dit :
— C'est pas grave. Moi, je serai celle que tu ne pourras pas oublier. Tu ne diras pas “una chica”, mais tu diras Estela.
En disant cela, son visage s'était approché du mien. Mon cœur battait à tout rompre ; l'entendait-elle ? Sa main glisse sur ma cuisse. Je sens ses doigts qui remontent jusqu'à mon entrejambe. Au contact de mon sexe, un sourir narquois illumine son visage.
— Eh bien, tu es bien dur pour un homme à femmes.
C'était à peine si j'avais les mots pour répondre. Dans ma tête, tout s'emballe. Jusqu'où irait-elle ?
— Tu as perdu tes mots ? C'est mignon quand tu es timide. Ça change de tes aventures.
— Il faut dire que je ne m'y attendais pas. Mais es-tu sûre de vouloir jouer à ça ?
— Allons, je sais ce que je fais. Je ne le ferais pas sans désir.
En disant cela, elle commence à caresser mon membre à travers le tissu de mon jean. Puis nos corps s'approchent de plus en plus. C'est à peine si quelques millimètres séparent nos peaux. J'en voulais plus. Sa main glissait le long de ma jambe, m'excitant de plus en plus. Elle jouait à me faire monter, et plus elle me caressait, plus je la désirais.
Alors je commence moi aussi à la caresser. Mes doigts frôlent ses bras, puis je deviens plus hardi. Ma main se glisse sous son haut en toile. Le coton râpe ma peau, mais je sens sa chaleur contre ma paume. Je remonte le long de son ventre, alors mes phalanges s'emparent de ses seins. Je sens sa peau douce du bout de mes doigts. Son souffle s'accélère. J'aime sentir sa peau, sa poitrine parfaite entrant tout juste au creux de ma main. Je la masse délicatement. Mais je sens sa main se crisper lorsque j'effleure ses tétons.
On se regarde. Ses yeux émeraude brillaient d'envie. Alors mes lèvres s'approchent de son cou. Le goût de sa peau m'envahit tandis que je la marque légèrement de ma bouche. On se sépare, l'excitation tient nos corps. J'ai envie d'aller plus loin, d'amener nos corps dans la chaleur de la passion. Mais c'était trop tôt. Je sens qu'il y a plus que juste le sexe sous nos caresses. On voulait plus. La tension sexuelle se sent dans l'air, mais on voulait aussi prendre le temps. De se connaître, s'apprécier, se découvrir.
Alors nos corps encore chauds se décollent légèrement. On se regarde ; ce n'est plus juste de la passion que je discerne en elle. Il y a plus que ça. Puis elle se lève de notre siège de fortune. Alors sa voix encore pleine de passion s'élève :
— J'ai bien aimé la soirée. Mais il va falloir que je rentre. Mon frère va poser trop de questions.
— Oui, c'est sûr. J'espère que ça va aller. Et moi aussi j'ai vraiment aimé ce moment.
Ses joues s'empourprent légèrement.
— Allez, il faut que j'y aille. Passe une bonne nuit !
Après avoir dit ces mots, elle se penche vers moi. Alors ses lèvres se collent aux miennes, dans un baiser rapide et passionné. Puis elle part, le visage rouge, le pas rapide. Un baiser légèrement teinté de tequila et d'amour.
Je reste un instant assis sur la souche. Qu'est-ce qu'il était en train de se passer ? Qu'est-ce que je faisais ? Je suis amoureux ? Je ne sais pas vraiment. Les filles que je connais sont celles pour un soir : les filles de rue, de cabaret, de saloon. Pas une révolutionnaire au sourire éclatant.
Je lève les yeux au ciel. Des milliers d'étoiles s'élèvent au-dessus du canyon. Spectatrices d'une histoire naissante ? Après tout, pourquoi pas. Devrais-je me laisser embarquer dans la fournaise de ses lèvres ? Ou y renoncer et prendre simplement la passion de son corps ? Comment j'allais faire ? Je ne sais pas faire avec les sentiments. Je n'étais même plus sûr d'en avoir. Mes yeux blasés s'étaient depuis longtemps lavés de l'amour à force de contrats. Jalousie, adultère ou fortune : j'avais abattu un grand nombre d'hommes ou de femmes au nom de “l'amour”. Et pourtant, ses yeux verts, sa voix, la chaleur éphémère de ses lèvres... Tout chez elle m'attirait. Cette sirène avait-elle capturé mon cœur ? Sûrement. Peut-être. Je ne savais plus. Je verrai bien où tout me mènera.
Je me lève et rentre en ville, la tête toujours pleine d'idées. Je traverse la ville, tout est si calme. J'arrive à la maison commune, j'ouvre la porte doucement. Tout le monde dort, je me glisse dans le canapé qui me sert de couche. Estela hante joyeusement mes pensées. Puis, quand Morphée me happe, elle revient dans mes rêves. Je nous vois chevauchant dans le canyon, ses cheveux noirs volant au vent. Nos cœurs et nos corps s'aiment dans la poussière rouge et ocre.
Les discussions matinales de Ian et des autres me réveillent. Je me lève pour manger un bout de pain avec eux. On plaisante un peu, les questions sur hier soir fusent. Leurs têtes affichent une légère déception quand je leur dis qu'il ne s'est presque rien passé. Je ne suis pas sûr de vouloir tout de suite leur dire que l'on s'est embrassés. Je sais bien qu'Estela est regardée par de nombreuses personnes ici. Je préfère éviter les conflits pour le moment, je ne suis encore qu'un petit nouveau.
On finit de se préparer, puis on se réunit sur la place. Tous les groupes sont rassemblés pour décider des tâches de la journée. Il y en a une vingtaine, plus ou moins grandes, chacune avec ses influences et ses meneurs. Un groupe se différencie vraiment, celui de Lodva. Tous habillés de la même veste militaire bleu foncé aux boutons dorés abîmés par le temps, un pantalon blanc teinté de l'ocre du canyon et de grosses bottes noires. Vestiges de leur temps dans l'armée du Tsar. Je me demande bien comment ils ont fini par atterrir en Arizona.
Lodva se détache un peu du groupe. On repère de loin sa casquette à visière bleu foncé qui dépasse des autres têtes. De plus, son large dos surplombé d'épaulettes vieillies reflète son passé dans l'armée. Après El Chief, c'est lui qui a le plus d'autorité à Libertadas.
Soudain, il se retourne vers moi. Ses grands yeux se fixent dans les miens. Je sens comme une envie de meurtre à mon égard, comme s'il ne voulait pas de ma présence ici. Qu'avais-je fait pour qu'il me déteste autant ? Était-ce à cause d'Estela ? Ou autre chose ? Ses yeux me fusillent une dernière fois, puis il se reconcentre sur ses hommes.
El Chief finit par tirer au sort les groupes, et le nôtre se retrouve à devoir aller chasser avec celui de Lodva. La poisse. Une fois le tirage terminé, on file seller les chevaux, et on part au boulot dans un léger nuage rouge.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 4 · Le roi de la forêt
14 minutes
2.3k
11
1
Chapitre suivant

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ Infinity_rose Une permission en province natale (fantasy) XSTORY
Une permission en province natale (fantasy)
Chapitre unique
Par Infinity_rose
101
0
3.6k
Hétéro
✦ caribonex Oregon trail, pionnières vers l'ouest. XSTORY
Oregon trail, pionnières vers l'ouest.
Chapitre 9
Par caribonex
188
4
2.5k
Hétéro
✦ caribonex Oregon trail, pionnières vers l'ouest. XSTORY
Oregon trail, pionnières vers l'ouest.
Chapitre 5
Par caribonex
203
0
3.3k
Hétéro
✦ Manu1982 Spin off La Malinche XSTORY
Spin off La Malinche
Chapitre unique
Par Manu1982
80
11
3.1k
Hétéro
✦ phoenix151 Qui vivra vera... Verra XSTORY
Qui vivra vera... Verra
Chapitre unique
Par phoenix151
16
2
7.6k
Hétéro
✦ Infinity_rose La fille de la féria XSTORY
La fille de la féria
Chapitre 1
Par Infinity_rose
192
6
22.4k
Hétéro
✦ Infinity_rose Les cigales XSTORY
Les cigales
Chapitre unique
Par Infinity_rose
90
1
4.5k
Hétéro
✦ caribonex Le début d'une saga familiale - Prélude à Liberta - XSTORY
Le début d'une saga familiale - Prélude à Liberta -
Chapitre 1
Par caribonex
206
5
6.4k
Hétéro
✦ Salutpolo Ma princesse mexicaine XSTORY
Ma princesse mexicaine
Chapitre unique
Par Salutpolo
79
3
5.6k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio