Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Colt & Désirs — Chapitre 4 · Le roi de la forêt
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Colt & Désirs
Chapitre 4 · Le roi de la forêt
Les chevaux galopent dans la terre rouge, soulevant la poussière ocre sous leurs sabots. Le groupe de Lodva était en formation bien serrée et prenait la tête. Nous, on suivait. Le plateau apparaît enfin, lieu de chasse parfait. En bas, on remarque un troupeau de bisons à l'orée d'un petit bois. Lodva fait signe de s'arrêter, et tout le monde obéit. Il donne les consignes d'une voix autoritaire :
— Avec mon groupe, on va chasser les bisons. Ian, vous surveillez les alentours pour éviter les soldats. Et toi, le pistolero, je voudrais vérifier une chose…
— Oui ?
— Oui ?
J'étais surpris, mais je voulais le montrer le moins possible.
— On dit que tu tires bien, et je ne doute pas de ton adresse contre de petits mineurs. Mais la faune sauvage, c'est autre chose. Va dans la forêt et ramène une proie. Je jugerai ton utilité à celle-ci, sinon…
Il pointe son pistolet. Il doute donc de mon utilité au sein de la ville. Je regarde Ian : il a l'air mal à l'aise mais ne peut pas contredire Lodva.
— Très bien, mais si ma proie te plaît, ne remets plus en question mes capacités.
— On verra.
— On verra.
Alors je m'élance vers les sapins et autres arbres verts et touffus. Je ralentis une fois devant. Les bisons ne sont pas loin, mais ce n'est pas eux qui m'intéressent. Je me dirige entre les arbres titanesques. Les racines géantes parcourent la terre orangée. Le vent est avec moi : de face, il emporte mon odeur en arrière. Les branches s'entremêlent autour de ma tête. J'ai l'impression qu'il y fait plus froid. Le soleil se perd entre les feuillages touffus. Les ombres sont nombreuses autour de moi.
Je respire doucement et le cheval avance au trot. Je sens qu'il y a une bête. Une chose énorme. Une proie. Une belle proie. Si belle qu'avec ça, je n'aurai aucun problème à me faire accepter par Lodva. Les racines terreuses serpentent sous les ombres. Je guette tous les recoins. Je cherche les traces de griffes, les empreintes dans le sol. Mais pour l'instant, rien. Juste cette présence, lourde, imposante. Comme si le roi de la forêt avait porté son regard sur ma chasse.
Je frissonne par moments. J'ai l'impression que quelque chose n'allait pas. Lodva m'avait envoyé dans un piège ? Je garde ma Winchester à la main, le doigt déjà sur la détente. Je ne le sens pas. Le cheval non plus, d'ailleurs. Il avance lentement, presque comme s'il voulait repartir. Il n'y avait ni oiseau, ni écureuil, ni petit animal. La forêt semblait morte. Comme si elle avait été dévorée par ses propres arbres.
Soudain, j'entends un craquement. Je tourne la tête : devant moi se dresse un ours. Il me regarde fixement, ses grands yeux sombres semblent me sonder. Qui est la proie maintenant ? Il est immense devant moi, sûrement un bon deux mètres. Son pelage noir semble être le reflet de la mort elle-même. J'arme ma carabine, prêt à me défendre, mais je sais bien que de face, je n'ai aucune chance. Mon cœur et mon souffle s'emballent. Je vais mourir. Je le sais, tout mon corps le sait.
Mais j'essaie de rester calme. Digne. J'en ai vu, des hommes mourir, agoniser dans le sable chaud. Mais je ne voulais pas leur ressembler. Je voulais mourir droit. Quand la nature a décidé de nous prendre, c'est la fin. Je suis juste désolé pour Estela ; j'aurais aimé lui dire mon amour pour elle. J'aurais voulu qu'on partage un instant plus long. Ma main commence à trembler. Je tire ? Je prie pour une balle miraculeuse ? J'hésite.
L'ours reste immobile. Soudain, il tourne la tête. Il a senti quelque chose ? Entendu quelque chose ? J'en sais rien. Peut-être qu'un esprit a fini par vouloir me garder en vie. Je baisse mon arme tandis que le roi de la forêt disparaît entre les arbres et les feuilles vertes. Je n'ai plus qu'à rentrer.
J'emprunte le chemin du retour. Les feuillages sont tout aussi denses et les racines sinueuses, mais j'ai l'impression d'être plus léger. L'esprit m'avait peut-être accepté ? Alors que je m'approche de la sortie du bois, la chance me sourit. Devant moi, un chevreuil isolé semble ne pas encore m'avoir vu. J'arme, vise et tire. La détonation résonne dans mes oreilles et fait s'envoler quelques vautours. La bête s'effondre, j'achève rapidement son cadavre. En passant le couteau sous sa gorge, je frissonne un peu. Ça aurait pu être moi.
Je charge le cadavre sur ma monture, puis je repars en direction du plateau. Je rejoins rapidement Ian et le groupe. Son visage semble mû par la surprise et la joie. Il reste bouche bée. Ma proie est-elle si belle ?
— Tu es en vie ?
La question était étrange. N'était-ce pas juste un bois tranquille ?
— Bien sûr, pourquoi ne le serais-je pas ?
— Eh bien, c'est que…
— Eh bien, c'est que…
Ils ont tous l'air très gênés. Personne ne parle vraiment. Soudain, le bruit des sabots du groupe de Russes se fait entendre. Je me tourne et vois apparaître Lodva, le crâne étincelant sous le soleil. Lui aussi a l'air surpris de me voir. Moins que Ian ; j'ai l'impression qu'il y a comme un air de défi dans son regard.
— Eh bien, le pistolero, non seulement tu es encore en vie, mais en plus tu as ramené une proie !
— Comment ça, encore en vie ?
— Comment ça, encore en vie ?
Ils commencent tous à m'énerver à remettre en cause ma survie.
— Eh bien, rares sont les chasseurs qui sont revenus du Bois du Roi.
Mon sang ne fait qu'un tour.
— Tu m'as envoyé à la mort !
— Eh bien non, visiblement. Tu as de vraies compétences, ou de la chance…
— Eh bien non, visiblement. Tu as de vraies compétences, ou de la chance…
Ma main se serre de frustration autour de la Winchester. J'ai envie de lui caler un plomb entre ses deux oreilles. J'avais failli crever par sa faute. À cause de lui, j'avais presque laissé mon corps entre les griffes d'un ours. Il continue de sa voix énervante :
— En tout cas, tu es bien digne de faire partie de Libertadas, El Chief sera content.
Il passe devant moi et tape sur mon épaule en chuchotant :
— Mais je garde tout de même un œil sur toi, mercenaire.
— Mais je garde tout de même un œil sur toi, mercenaire.
Il m'accordait une place, m'acceptait en apparence dans la ville, mais il ne rêvait que de me cribler de balles. Ian et les autres me félicitent, ils sont tous très heureux. J'étais devenu le héros protégé par le roi de la forêt. On rentre à Libertadas, les chevaux pleins de viande, assez pour la semaine au moins.
Le soleil se couche rapidement et on se retrouve tous pour manger sur la place. La viande de bison et mon chevreuil couvrent les assiettes. La tequila coule à flots et les discussions vont bon train. Ian et les autres louent mes exploits forestiers tandis que le groupe de Lodva reste silencieux.
Intérieurement, je fulmine. Je ne peux rien faire, je n'ai aucun pouvoir ici, mais c'était bien trop dangereux. N'importe qui aurait pu y laisser la vie. Personne ne peut battre ce monstre, ce roi. Je n'arrive pas à rester à table ; l'honneur qu'on me chante n'est rien. C'était juste de la chance. En m'éloignant, je vois que Lodva me suit du regard. Il m'énerve avec son costume de militaire. Il se croit encore en mission pour le Tsar !?
Je quitte l'effervescence de la place, me retrouvant seul avec les étoiles. Je m'assois à terre. Au-dessus de mon chapeau s'étendent les étoiles, ces minuscules points blancs éclairant nos chemins lors des soirées noires. Il fait plus frais ici, une brise légère tombe dans la vallée.
Je repense à tout ce qui m'était arrivé depuis la ville minière. La serveuse, le duel et la prison. Je sens encore les lacérations du fouet dans mon dos quand j'y repense. Et puis Libertadas... Cette ville, rêve utopique d'El Chief. Un ensemble de pauvres âmes regroupées dans un lieu d'égalité. Je ne sais pas combien de temps ce rêve va bien pouvoir tenir, mais je l'aime bien. Et puis, il y a Estela. Rien qu'elle pourrait d'ailleurs me convaincre de rester. Son corps, ses courbes, sa chaleur et le mystère de ses yeux. Puis notre dernière soirée : la chaleur partagée, le désir et l'envie flamboyants. J'avais envie d'elle, je voulais plus qu'être un homme de passage dans sa vie. Enfin, je suppose. J'ai envie d'y croire. Croire qu'une relation serait possible. Après tout, cette ville n'est-elle pas là pour les rêves ?
Mais il y a une ombre au tableau tout de même : Lodva. Pourquoi veut-il tant ma peau ? Pour Estela ? Car il doute de moi ? En tout cas, il semble douter de mes compétences. Je plonge mon regard dans les étoiles. Ces âmes célestes savent-elles ce qui se passe vraiment ici ? Auraient-elles la réponse à mes questions ?
Soudain, des pas résonnent à mes oreilles. Mes doigts se crispent rapidement sur mon Lefaucheux. Alors, je vois la silhouette féminine d'Estela se découper à la lumière des étoiles.
— Ouh là, doucement Martin. C'est que moi.
— Désolé Estela, je ne t'ai pas reconnue de suite.
— Désolé Estela, je ne t'ai pas reconnue de suite.
Je baisse mon arme doucement. Elle s'assoit à côté de moi. Sa longue robe orangée glisse sur la poussière ocre. Je sens le coton de son haut contre mon bras. Une odeur d'agave passe sous mes narines ; elle a dû travailler dans les champs.
— Comment ça se fait que le héros de la soirée disparaisse ainsi ?
— J'étais pas si à l'aise avec tous ces faux compliments.
— Tu penses qu'ils sont faux ?
— J'ai juste eu de la chance.
— La chance n'a rien à voir quand tu es face au Roi.
— Alors c'est commun d'envoyer des gens à la mort ainsi ?
— Oui, mais c'est plus tard normalement, lors des jugements des esprits.
— Jamais entendu parler.
— C'est une coutume qui date des natifs d'ici. Quand deux personnes sont en affaires et que l'on n'arrive pas à savoir qui ment, on les soumet au jugement des esprits.
— On les lâche juste dans la forêt et on attend ?
— C'est ça, on voit si le Roi les reconnaît. S'ils sont mauvais, alors il les mange. Mais s'ils sont sûrs d'eux, alors le Roi ne les mange pas.
— J'étais pas si à l'aise avec tous ces faux compliments.
— Tu penses qu'ils sont faux ?
— J'ai juste eu de la chance.
— La chance n'a rien à voir quand tu es face au Roi.
— Alors c'est commun d'envoyer des gens à la mort ainsi ?
— Oui, mais c'est plus tard normalement, lors des jugements des esprits.
— Jamais entendu parler.
— C'est une coutume qui date des natifs d'ici. Quand deux personnes sont en affaires et que l'on n'arrive pas à savoir qui ment, on les soumet au jugement des esprits.
— On les lâche juste dans la forêt et on attend ?
— C'est ça, on voit si le Roi les reconnaît. S'ils sont mauvais, alors il les mange. Mais s'ils sont sûrs d'eux, alors le Roi ne les mange pas.
Je rigole amèrement. Alors Lodva a voulu vérifier si j'étais une âme pure ?
— Et beaucoup sont sortis de la forêt ?
— Pas tant, mais tu n'es pas le premier.
— Heureux de l'apprendre.
— Mais Lodva n'aurait jamais dû t'y envoyer.
— Pas tant, mais tu n'es pas le premier.
— Heureux de l'apprendre.
— Mais Lodva n'aurait jamais dû t'y envoyer.
Sa voix était légèrement teintée de colère. Je ne dis rien et je la laisse finir.
— Je sais qu'il a peur. Il te soupçonne d'être un traître à la solde des fédéraux. Je sais qu'il a souvent été trahi, et encore plus par des mercenaires. Mas essayer de te tuer comme ça…
La colère était mélangée à une pointe de tristesse. Lodva trahi ? Lodva qui a peur ? Ce sont deux choses que je ne lui aurais jamais imaginées. Cette énorme montagne de muscles au crâne chauve ? Ce militaire de la grande Russie ? Je voulais en savoir plus.
— Trahi par qui ?
— Le Tsar, déjà. Il s'est retrouvé sans retour sur le nouveau continent, lâché par son chef, seul avec son bataillon. Et puis par des mercenaires. Des types qu'il avait payés, mais qui se sont retournés contre lui après, pour une somme plus grande. Il y a perdu sa femme.
— Le Tsar, déjà. Il s'est retrouvé sans retour sur le nouveau continent, lâché par son chef, seul avec son bataillon. Et puis par des mercenaires. Des types qu'il avait payés, mais qui se sont retournés contre lui après, pour une somme plus grande. Il y a perdu sa femme.
Je reste silencieux. C'est vrai que je ne connais rien du passé des gens d'ici. Même celui d'Estela. Peut-être qu'un jour elle m'en parlera.
— C'est pour ça qu'il a du mal avec moi ?
— Oui, je pense. Il a du mal avec les gens qui sont prêts à tuer pour des pesos.
— Et toi ?
— Moi ?
— Toi aussi tu au du mal avec les mercenaires ?
— Oui, mais pas avec toi. Toi, je sais que tu ne nous trahiras pas. Je te fais confiance.
— Oui, je pense. Il a du mal avec les gens qui sont prêts à tuer pour des pesos.
— Et toi ?
— Moi ?
— Toi aussi tu au du mal avec les mercenaires ?
— Oui, mais pas avec toi. Toi, je sais que tu ne nous trahiras pas. Je te fais confiance.
Sa main serre mon bras. J'aime ce que je sens.
— Merci, je te promets que je ne te trahirai jamais. En plus…
J'avais envie de lui dire que je l'aimais, que notre dernière soirée était magique. Je voulais passer le reste de ma vie avec elle, mais les mots restent coincés dans ma gorge.
— En plus ?
— Non, oublie… je te le dirai plus tard.
— D'accord. En fait, hier soir…
— Non, oublie… je te le dirai plus tard.
— D'accord. En fait, hier soir…
Elle non plus ne savait pas quoi dire. Elle aussi avait peur, peur de la suite. On était effrayés par cette vie incertaine. Était-ce une bonne idée de se mettre en couple alors qu'on est tous deux des hors-la-loi ? On reste silencieux, le regard plongé dans les étoiles, comme si elles allaient nous montrer le chemin. On désire la même chose, on le sent, on le sait. Ou alors c'est juste moi qui me fais des films ? Je la désire au point de rêver une réalité ? Je n'espère pas.
Soudain, une étoile file dans le ciel. Estela me dit :
— Une étoile filante ! Fais un vœu !
Alors j'en fais un. Elle me regarde intensément de ses yeux verts.
— Alors, tu as fait quoi ?
— Ne suis-je pas censé le garder pour moi si je veux qu'il se réalise ?
— Ça dépend du vœu. S'il concerne une autre personne, il vaut mieux lui dire.
— J'ai fait le vœu de t'embrasser.
— Ne suis-je pas censé le garder pour moi si je veux qu'il se réalise ?
— Ça dépend du vœu. S'il concerne une autre personne, il vaut mieux lui dire.
— J'ai fait le vœu de t'embrasser.
Ses joues s'empourprent et elle reste muette un instant. Moi, je ne sais pas quoi faire. J'aurais dû le garder pour moi ? Alors, ses lèvres roses s'écartent :
— Fais-le !
Elle ferme les yeux en tendant son visage vers moi. Fermant les miens, j'approche mes lèvres des siennes. Le contact est électrisant. On reste ainsi un instant, hors du temps. Juste nos lèvres, nos cœurs et nos désirs synchronisés pour une éternité. Puis on se décolle, ses iris flamboient de bonheur.
— Je t'aime Estela, je t'ai aimée au premier regard, et plus le temps passe, plus je suis sûr que tu es la femme de mes rêves.
— Moi aussi je t'aime !
— Moi aussi je t'aime !
Elle sourit comme si c'était le plus beau jour de sa vie. Alors elle m'embrasse de nouveau. Nos bouches s'électrisent et nos mains caressent nos corps en quête de chaleur. Sous le feu de notre passion, on tombe dans le sable rouge, mais nos lèvres refusent de s'abandonner. Le monde est à nous pour une nuit.
Mes mains passent sous ses vêtements, je frôle sa peau si chaude. Je sens ses phalanges glisser le long de mon dos. Et puis on se lâche, on se regarde. Nos yeux brûlent de passion, d'envie. Nos mains reprennent leurs explorations. Je sens ses ongles griffer ma peau, son souffle venir réchauffer mon cou, et la chaleur de ses cuisses. Sous ma peau, je découvre la sienne, son corps, son jardin secret. On se montre sans défense.
Alors je remonte de plus en plus entre ses jambes. Soudain, j'atteins son intimité. Écartant délicatement ses sous-vêtements, je glisse entre ses lèvres. Mon regard dans le sien, je guette la moindre de ses réactions : approbation, signe de douleur ou de plaisir. Mes gestes suivent ses yeux pour lui donner un maximum de plaisir. Ses pupilles étincellent de désir. Elle en a autant envie que moi.
Alors je commence à bouger entre ses lèvres. Parfois, je remonte jusqu'à son clitoris. Je sens qu'elle aime ça ; ses gémissements, ses ongles dans mon dos, tout me l'indique. On continue ainsi un long moment. Alors elle me dit d'une voix étouffée par le plaisir :
— Je veux plus… je veux te sentir en moi !
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Commentaires ()
Je me demande si ce n’est pas un petit jeu volontaire de la part de l’auteur ah ah ah.
Plus sérieusement, l’histoire est bien écrite et intéressante dans ses possibles multiples développement, à suivre donc.