Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La transformation de Margot en Bambi — Chapitre 3 · Bimbofication volontaire
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La transformation de Margot en Bambi
Chapitre 3 · Bimbofication volontaire
Des voix flottaient dans le brouillard de ma conscience. Lointaines. Étouffées. Comme si elles venaient d'un autre monde.
J'essayais d'ouvrir les yeux, mais mes paupières pesaient des tonnes. Chaque battement de cœur résonnait dans ma tête comme un tambour sourd.
— Elle se réveille, murmura une voix féminine.
La lumière m'agressa. Trop forte. Trop blanche. Je clignai des yeux plusieurs fois avant que les formes autour de moi ne commencent à prendre sens. Un plafond blanc. Des néons. Une silhouette penchée sur moi.
— Bambi ? Tu m'entends ?
Cette voix. Je la reconnaissais maintenant. L'infirmière Chen.
— Mmm...
Ma gorge était un désert de sable. Chaque tentative pour avaler m'arrachait une grimace. Un goût métallique envahissait ma bouche.
— Ne parle pas, dit Chen en posant une main apaisante sur mon bras. Tu as eu un tube dans la gorge pendant six heures. C'est normal que ce soit douloureux.
Six heures. L'information mit du temps à s'enregistrer dans mon cerveau embrumé. L'opération avait duré six heures entières. Mes pensées flottaient dans un brouillard cotonneux, lentes comme de la mélasse. Les drogues circulaient encore dans mon sang, m'enveloppant d'une couverture ouatée qui étouffait tout.
Puis la douleur arriva.
D'abord une vague sourde. Puis aiguë. Brûlante. Insupportable.
Ma poitrine hurlait.
— Ahhh...
Le gémissement s'échappa de mes lèvres sans que je puisse le retenir.
— Je sais, répondit Chen d'une voix professionnelle mais compatissante. Je vais augmenter les antidouleurs.
Elle manipula quelque chose sur ma perfusion. Une fraîcheur étrange remonta le long de mon bras. La douleur s'atténua progressivement, devenant supportable. Pas disparue. Juste... contrôlée.
Je baissai enfin les yeux vers mon torse.
Mon cœur manqua un battement.
Des bandages épais couvraient ma poitrine comme une armure médicale. Des tubes sortaient de chaque côté, reliés à des poches transparentes où du sang rosâtre s'écoulait goutte à goutte. Les drains. Chen m'avait prévenue.
Mais surtout.
Surtout, il y avait deux masses énormes qui déformaient les bandages.
Deux montagnes surgissant de mon torse.
Mon cœur s'emballa. Un rythme frénétique que les moniteurs traduisirent en bips accélérés.
— Qu'est-ce que... c'est énorme...
Ma voix tremblait. Entre fascination et terreur.
— Douze cents cc de chaque côté, comme prévu, expliqua Chen sur un ton neutre qui contrastait avec le bouleversement qui m'envahissait. Plus le gonflement post-opératoire. Ça va dégonfler un peu, mais pas beaucoup.
Je ne pouvais pas détacher mon regard de ces... choses sur mon torse. Lourdes. Étrangères. Comme si on avait greffé les seins de quelqu'un d'autre sur mon corps.
J'essayai de me redresser. Erreur monumentale. La douleur explosa dans ma poitrine, mes muscles pectoraux hurlant leur protestation.
— Ne bouge pas, ordonna Chen fermement. Tu dois rester semi-allongée pendant quarante-huit heures. Pour le drainage.
Quarante-huit heures. Deux jours entiers à contempler ces masses qui avaient remplacé ma poitrine.
— Repose-toi maintenant, dit-elle en ajustant ma perfusion et en vérifiant les drains une dernière fois. Le Dr. Kovac viendra te voir ce soir.
Ses pas s'éloignèrent. La porte se ferma avec un cliquetis doux.
J'étais seule avec mon nouveau corps.
Les heures s'étirèrent comme de la guimauve. La douleur pulsait en vagues régulières, montant et descendant au rythme de mes battements cardiaques. Les antidouleurs me maintenaient dans un état semi-conscient, une zone grise entre veille et sommeil où la réalité prenait des contours flous.
Chen revenait régulièrement. Vérifiait mes constantes. Changeait les poches de drainage pleines d'un liquide rouge-rosé. Me faisait boire de l'eau tiède.
— Tu dois uriner, m'avait-elle dit à un moment. Utilise le bassin. Ne te lève pas.
L'humiliation s'était ajoutée à l'inconfort. Pisser allongée dans un bassin en plastique, comme un bébé. Une dégradation supplémentaire dans cette transformation qui m'emportait loin de qui j'avais été.
Dix-neuf heures. Trois coups discrets résonnèrent contre la porte.
— Entrez, murmurai-je.
Le Dr. Kovac pénétra dans la chambre, impeccable dans son costume gris anthracite. Pas un pli. Pas une tache. Comme s'il n'avait pas passé six heures à découper et à remodeler mon corps. Il s'approcha du lit avec cette démarche assurée qui le caractérisait, ses yeux scrutant mon visage.
— Comment te sens-tu, Bambi ?
— J'ai mal.
Ma voix était faible, presque enfantine.
— C'est normal, répondit-il en s'asseyant sur le bord du lit. Tes muscles pectoraux ont été étirés au maximum. Ils vont s'adapter. Le corps humain est remarquablement flexible.
Il posa sa main sur le bandage qui recouvrait ma poitrine. Palpa doucement, méthodiquement, ses doigts experts évaluant le travail accompli.
— Excellent travail du Dr. Moss, constata-t-il avec satisfaction. Parfaitement symétrique.
Ses doigts parcouraient le haut de mes seins, traçant les contours de ma nouvelle anatomie. Le geste était professionnel, clinique. Mais ses yeux brillaient d'une lueur que je connaissais maintenant. Une lueur de possession. D'accomplissement.
— Tu veux les voir ?
Mon cœur fit un bond dans ma poitrine.
— Maintenant ?
— Les drains doivent rester encore vingt-quatre heures, expliqua-t-il. Mais on peut retirer les bandages du dessus. Pour que tu aies un aperçu.
J'hésitai. Une partie de moi avait terriblement peur. Terrifiant de voir concrètement ce que j'étais devenue. De confronter la réalité de cette transformation irréversible.
Mais l'autre partie... celle qui m'avait amenée ici, celle qui avait accepté chaque étape...
— Oui. Je veux voir.
Son sourire s'élargit. Il se leva avec une grâce féline et alla chercher l'infirmière Chen. Ils revinrent ensemble quelques minutes plus tard, Chen portant des ciseaux chirurgicaux qui scintillaient sous les néons.
— On va faire ça doucement, m'avertit-elle. Ça va tirer un peu.
Kovac souleva délicatement ma tête et plaça plusieurs oreillers derrière moi pour que je sois plus assise. Chaque mouvement arrachait un gémissement à mes lèvres. La douleur se réveillait à chaque ajustement.
Chen commença à couper les bandages. Le son des ciseaux résonnait dans le silence de la chambre. Snip. Snip. Snip. Le bandage se détendait progressivement, libérant ma poitrine de son carcan. Ma peau respirait enfin.
Elle retira couche après couche. Gaze. Compresses. Comme si elle déballait un cadeau particulièrement précieux.
Et puis.
Je les vis.
— Oh mon Dieu...
Les mots s'échappèrent dans un souffle horrifié.
Deux masses gigantesques surgissaient de mon torse. Rondes. Hautes. Fermes. Impossiblement volumineuses.
Mes seins.
Non.
Pas mes seins. Ça ne pouvait pas être mes seins.
C'étaient des seins de pornstar. De bimbo. De pute de magazine.
Ils dépassaient de mon torse comme deux ballons parfaitement ronds. La peau était tendue à l'extrême, brillante comme du latex. Des zones rouges marquaient les points de tension maximum. Des ecchymoses violettes et jaunes marbra ient les côtés, témoins de la violence que mon corps avait subie.
Mes tétons. Étirés. Déformés. Pointés vers le haut à cause de la tension insoutenable.
Je ne voyais plus mes pieds. Même en me penchant légèrement en avant. Ces masses bloquaient complètement ma vue vers le bas.
— Bonnet H, annonça le Dr. Kovac avec une fierté à peine dissimulée. Peut-être même I une fois le gonflement complètement résorbé.
Bonnet H.
Je portais du C avant. Un C généreux, certes, mais normal. Humain.
— Touche-les.
Sa voix me sortit de ma stupeur.
— Quoi ?
— Touche-les, répéta-t-il plus fermement. Je veux que tu sentes ce que tu es devenue.
Mes mains tremblaient de façon incontrôlable. Je les levai lentement, comme si j'approchais d'un animal dangereux. Posai mes paumes sur mes nouveaux seins avec une hésitation révérencieuse.
Chauds. Durs. Gonflés à l'extrême. Comme des ballons de baudruche remplis d'eau.
— Presse doucement, m'encouragea Kovac.
J'appuyai. La douleur explosa instantanément, un éclair blanc derrière mes yeux. Mais en même temps, autre chose. Une sensation étrange. Inconnue. Un mélange perturbant de douleur et de... plaisir ?
— Ils sont énormes, chuchotai-je, ma voix à peine audible.
— Oui, confirma Kovac en s'approchant davantage. Exactement ce que tu voulais. Des seins de pute.
Ses mots me frappèrent comme des gifles. Durs. Crus. Brutaux. Mais vrais.
— Dis-le, ordonna-t-il.
— Quoi ?
— Dis ce que tu as. Décris-les.
Je déglutis péniblement. Mes mains toujours posées sur ces masses étrangères qui faisaient maintenant partie de moi.
— J'ai... j'ai des énormes seins.
— Plus précis.
— J'ai des seins de pute.
— Mieux. Continue.
— Ils sont... disproportionnés. Vulgaires. Énormes. Grotesques.
— Parfait, sourit-il. Et tu les adores, pas vrai ?
Je ne répondis pas. Mais mes mains continuaient de les caresser malgré la douleur. Explorant chaque courbe. Chaque zone tendue. Comme si je devais mémoriser cette nouvelle géographie corporelle.
— Regarde-moi, Bambi.
Je levai les yeux vers lui, arrachant mon regard de ma poitrine transformée.
— Tu pleures.
Je ne l'avais pas remarqué. Mais effectivement, les larmes coulaient librement sur mes joues, traçant des sillons chauds sur ma peau.
— Pourquoi tu pleures ? demanda-t-il doucement.
— Je... je ne sais pas.
— Si, tu sais.
Je fermai les yeux, cherchant au plus profond de moi la vérité que je refusais de voir.
— J'ai peur.
— De quoi ?
— De ce que je suis devenue. De ne plus jamais être normale.
Il posa sa main sur la mienne, guidant mes doigts vers mes tétons hypersensibles.
— Tu n'as jamais été normale, Bambi, murmura-t-il près de mon oreille. C'est pour ça que tu es ici.
Il dirigea mes doigts sur mes tétons transformés. Je les effleu rai à peine. Ils étaient durs, gonflés, incroyablement sensibles. La douleur mêlée au plaisir me fit gémir involontairement.
— Tu sens ça ? Cette confusion entre douleur et excitation ?
— Oui, haletai-je.
— C'est ce que tu es maintenant. Une créature de douleur et de plaisir. Une bimbo. Une pute. Et tu vas apprendre à aimer ça. À en redemander. À ne plus pouvoir vivre sans.
Ses mots résonnaient dans ma tête comme une vérité terrible. Vrais. Terrifiants. Mais aussi... excitants.
— Repose-toi maintenant, dit-il en se redressant. Demain, on retire les drains. Et dans une semaine, on s'occupe de ton visage.
Il sortit de la chambre, me laissant seule avec mes nouveaux seins et mes pensées contradictoires. Chen rebanda légèrement ma poitrine, juste assez pour maintenir sans comprimer.
Quand elle fut partie à son tour, mes mains retournèrent instinctivement sur mes seins. Je les caressais doucement, explorant chaque centimètre de cette chair nouvelle. La douleur était toujours là, lancinante. Mais aussi cette chaleur troublante dans mon ventre. Une excitation que je ne pouvais ni nier ni combattre.
Mon entrejambe était mouillé. Trempé même.
Je glissai une main entre mes cuisses, touchant ma vulve gonflée. Mes doigts trouvèrent mon clitoris durci. Je me masturbai lentement, mes nouveaux seins bougeant à peine tant ils étaient gonflés et contraints.
L'orgasme arriva rapidement. Fort. Violent. Il me traversa comme une décharge électrique, faisant trembler tout mon corps.
Et je pleurai tout en jouissant. Des larmes de peur. De honte. D'excitation. De transformation.
Je ne savais plus qui j'étais. Margot s'effaçait. Bambi émergeait.
Et au fond de moi, une voix me murmurait que c'était exactement ce que je voulais.
Trois jours s'étaient écoulés depuis l'opération mammaire. Trois jours durant lesquels j'avais appris à vivre avec ces masses qui déformaient mon centre de gravité. Chen m'avait autorisée à me lever, à marcher doucement dans ma chambre. Chaque pas était un combat contre la physique. Mon dos se cambrait involontairement. Mes épaules tiraient vers l'avant. Je devais constamment me concentrer pour maintenir mon équilibre.
Le Dr. Kovac entra ce matin-là avec un nouveau dossier sous le bras.
— Comment vont nos petites merveilles ? demanda-t-il en souriant.
— Elles sont lourdes.
— Elles pèsent environ deux kilos chacune, confirma-t-il. Ton dos va s'adapter. Les muscles vont se développer. Dans un mois, tu ne sentiras plus la différence.
Je doutais sérieusement de cette affirmation, mais je me tus.
— Aujourd'hui, on parle de ton visage.
Mon estomac se noua. Mes seins, c'était une chose. Mais mon visage. Mon identité.
Il ouvrit son dossier et étala plusieurs photos sur la table de chevet. Des visages de femmes. Toutes magnifiques. Toutes... artificielles.
— Lèvres d'abord, commença-t-il en désignant une blonde aux lèvres pulpeuses et brillantes. On va injecter de l'acide hyaluronique. Pas un peu. Beaucoup. Tu veux des lèvres de bimbo, pas des lèvres de mannequin.
— Combien... combien de millilitres ?
— Dix. Peut-être douze. Répartis sur plusieurs séances.
Dix millilitres. J'avais vu des photos en ligne. Des femmes avec des lèvres grotesques. Bouffies. Disproportionnées.
— C'est pas... c'est pas trop ?
Kovac me regarda avec cette expression que je commençais à connaître. Celle qui disait : tu sais très bien ce que tu veux.
— Bambi, tu as des seins bonnet H. Tu penses vraiment que des lèvres discrètes iraient avec ? Tu veux ressembler à quoi ? À une femme normale avec une poitrine énorme ? Ou à une bimbo cohérente ?
Il avait raison. Bien sûr qu'il avait raison. La cohérence. L'engagement total. Pas de demi-mesures.
— OK, murmurai-je.
— Bien, sourit-il en prenant une autre photo. Nez ensuite. On va raccourcir. Relever la pointe. Affiner l'arête. Un nez de poupée. Petit. Mignon. Innocent.
Il continua méthodiquement, photo après photo. Pommettes rehaussées. Menton affiné. Paupières retendues pour agrandir mes yeux. Sourcils relevés pour un air perpétuellement surpris.
— Et le maquillage permanent, ajouta-t-il en sortant une dernière série de photos. Eye-liner. Mascara. Blush. Rouge à lèvres. Tu te réveilleras maquillée. Tu te coucheras maquillée. Toujours parfaite.
Mon cœur battait à tout rompre. Chaque modification me rapprochait d'un point de non-retour. Les seins, je pourrais théoriquement les faire retirer un jour. Mais le visage. Le maquillage permanent. Les tattoos sur mes paupières et mes lèvres.
— J'aurai encore... j'aurai encore mon visage ?
— Non, répondit-il avec une franchise brutale. Tu auras le visage de Bambi. Margot disparaîtra complètement.
Le silence s'installa entre nous. Lourd. Chargé de signification.
— Quand ? demandai-je finalement.
— Dans trois jours. Ton chirurgien facial, le Dr. Arnaud, est le meilleur d'Europe. Trois interventions espacées de deux semaines. La première : nez, lèvres, pommettes. La deuxième : paupières, sourcils, menton. La troisième : maquillage permanent et retouches finales.
Trois interventions. Six semaines. Quarante-deux jours pour effacer mon visage et le remplacer par celui d'une poupée.
— Je veux te montrer quelque chose, dit Kovac en sortant son téléphone.
Il tapa rapidement et me tendit l'appareil. À l'écran, une photo de moi. Enfin, pas vraiment moi. Une simulation 3D. Mon visage transformé. Lèvres énormes et brillantes. Nez minuscule et retroussé. Yeux immenses bordés de cils irréels. Pommettes hautes et saillantes.
Une bimbo parfaite.
— C'est... c'est moi ?
— C'est toi dans six semaines.
Je fixais l'image. Cherchant désespérément un signe de Margot dans ce visage. Un indice. Une trace. Rien. Cette femme m'était totalement étrangère.
Et pourtant.
Pourtant, je la trouvais magnifique. Dans sa vulgarité. Dans son artificialité. Dans sa perfection pornographique.
— Elle est belle, chuchotai-je malgré moi.
— Oui, confirma Kovac en reprenant son téléphone. Et elle sera toi. Complètement. Définitivement.
Il rangea ses photos et son dossier.
— Repose-toi. Demain, Chen va t'apprendre à marcher correctement avec ton nouveau centre de gravité. Tu as beaucoup à apprendre sur ton nouveau corps.
Les jours suivants furent une torture délicieuse. Chen m'entraînait quotidiennement. Marcher droit. Bomber la poitrine. Cambrer le dos. Onduler des hanches.
— Une bimbo ne marche pas comme une femme normale, m'expliqua-t-elle lors d'une séance particulièrement éprouvante. Elle se déhanche. Elle attire le regard. Chaque mouvement doit être une invitation.
Elle me fit pratiquer devant un miroir en pied. D'abord en baskets. Puis en talons de cinq centimètres. Puis de huit. Puis de douze.
Avec mes nouveaux seins, l'équilibre était précaire. Je trébuchais. Tombais. Me rattrapais de justesse.
— Encore, ordonnait Chen sans pitié.
Mes pieds hurlaient. Mes mollets brûlaient. Mes cuisses tremblaient.
Mais progressivement, mon corps s'adaptait. Trouvait son nouvel équilibre. Apprenait cette démarche provocante, hypersexualisée, qui transformait un simple trajet en spectacle érotique.
Le soir du troisième jour, Chen me fit une démonstration complète.
— Regarde-moi bien.
Elle se plaça devant le miroir. Inspira profondément. Et commença à marcher.
Sa démarche était hypnotique. Hanches ondulant de gauche à droite. Épaules en arrière. Poitrine projetée en avant. Chaque pas mesuré, calculé pour attirer le regard.
— Tu vois ? Pas de précipitation. Pas de raideur. Fluide. Sensuel. Tu es un appât vivant.
Elle me regarda dans le miroir.
— À toi maintenant.
Je pris une grande inspiration. Bombai la poitrine. Mes nouveaux seins se projetèrent en avant, défiant la gravité. Fis un premier pas en talons de douze centimètres.
Mes hanches ondulèrent naturellement. Mon dos se cambra. Mes bras se balancèrent doucement le long de mon corps.
— Mieux, commenta Chen. Encore.
Je fis plusieurs allers-retours. À chaque passage, ma démarche devenait plus fluide. Plus naturelle. Comme si mon corps intégrait progressivement cette nouvelle manière d'être.
— Parfait, finit par dire Chen avec un sourire satisfait. Tu es prête pour la prochaine étape.
Le jour de ma première chirurgie faciale arriva trop vite. Je n'avais pas dormi de la nuit, oscillant entre excitation et terreur absolue. Chen me prépara dès six heures du matin. Douche à la Bétadine. Vêtements stériles. Perfusion installée.
À sept heures trente, on me transporta en fauteuil roulant jusqu'au bloc opératoire. Une pièce immense, ultramoderne, dominée par une table chirurgicale au centre. Des lumières puissantes pendaient du plafond. Des dizaines d'instruments brillaient sur des plateaux métalliques.
Le Dr. Arnaud m'attendait. Grand, la cinquantaine, des mains fines et précises. Il s'approcha de moi avec un sourire rassurant.
— Bonjour Bambi. Prête pour ta transformation ?
— Je... je crois.
— Tu vas t'endormir. Et quand tu te réveilleras, tu auras fait un grand pas vers ton nouveau toi.
Il fit un signe à l'anesthésiste. Une femme rousse qui s'approcha avec une seringue.
— Compte à rebours de dix, me dit-elle gentiment.
— Dix... neuf... huit... sept...
Le monde bascula. S'obscurcit. Disparut.
La douleur me réveilla. Différente de celle des seins. Concentrée dans mon visage. Lancinante. Brûlante.
J'essayai d'ouvrir les yeux. Impossible. Ils étaient gonflés, scellés par l'œdème.
— Ne bouge pas, murmura une voix. Chen probablement.
Quelque chose de froid toucha mon front. Une compresse glacée. Le soulagement fut immédiat mais temporaire.
— Ça fait mal, gémis-je.
Mais ma voix était étrange. Étouffée. Déformée. Mes lèvres ne bougeaient pas normalement.
— C'est normal. Tes lèvres sont extrêmement gonflées. Ça va durer plusieurs jours.
Plusieurs jours à parler comme une handicapée. Plusieurs jours à ne pas voir mon nouveau visage.
Les heures suivantes furent un brouillard de douleur et de somnolence médicamenteuse. J'alternais entre conscience et inconscience, sans jamais vraiment savoir où je me trouvais.
Quand je pus enfin ouvrir les yeux, quarante-huit heures plus tard, je découvris un monde déformé. Tout était flou. Mes yeux pleuraient constamment. Ma vision était double.
— C'est temporaire, m'assura le Dr. Arnaud lors de sa visite quotidienne. Le gonflement presse sur les nerfs optiques. Dans une semaine, ce sera résolu.
— Je peux... je peux me voir ?
Il hésita.
— Tu veux vraiment ? L'œdème est à son maximum. Tu ne ressembleras pas encore au résultat final.
— Je veux voir.
Il fit signe à Chen qui apporta un miroir à main. Je le pris avec des doigts tremblants. Le levai lentement vers mon visage.
Et suffoquai.
La créature dans le miroir ne me ressemblait pas. Ne ressemblait à rien d'humain.
Mon visage était une masse bouffie et violacée. Mes yeux disparaissaient dans des poches énormes. Mon nez était caché sous des bandages ensanglantés. Mais surtout.
Surtout mes lèvres.
Elles avaient triplé de volume. Peut-être quadruplé. Deux boudins monstrueux, rouges et gonflés, qui déformaient complètement le bas de mon visage. Je ressemblais à quelqu'un qui avait été tabassée. Ou qui avait fait une réaction allergique violente.
— Oh mon Dieu...
Les mots sortaient difficilement de ma bouche déformée.
— C'est temporaire, répéta Arnaud. Dans deux semaines, le gonflement aura diminué de quatre-vingts pour cent. Et tu verras le vrai résultat.
Mais je ne l'écoutais plus. Je fixais cette chose dans le miroir. Cette grotesquerie. Cette horreur.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
La panique montait en moi, irrépressible. Mon cœur s'emballait. Ma respiration devenait courte, saccadée.
— Je veux... je veux revenir en arrière...
— C'est trop tard, dit Kovac qui venait d'entrer dans la chambre.
Sa voix était douce mais ferme. Inflexible.
— Ce qui est fait est fait. Il n'y a plus de retour possible, Bambi. Seulement en avant.
Il s'assit sur le bord du lit et prit le miroir de mes mains tremblantes.
— Tu paniques parce que tu vois le processus. Le chaos avant l'ordre. La décomposition avant la reconstruction. Mais c'est nécessaire. Essentiel même.
— Je suis... je suis monstrueuse...
— Tu es en transformation. Comme une chenille dans son cocon. Laide temporairement. Mais tu émergeras papillon.
Ses métaphores étaient ridicules. Mais curieusement réconfortantes. Ou peut-être étais-je simplement trop épuisée pour résister.
— Repose-toi maintenant, dit-il en se levant. Dans deux semaines, on fera la deuxième intervention. Et tu verras. Chaque étape te rapproche de ta perfection.
Il sortit, me laissant seule avec mon visage déformé et mes doigts qui n'arrêtaient pas de toucher mes lèvres gonflées, fascinés malgré l'horreur.
Les semaines suivantes s'écoulèrent dans une brume étrange. Je vivais dans la clinique, prisonnière volontaire de ma transformation. Chaque jour apportait son lot de découvertes et d'humiliations. Chen m'apprenait à marcher correctement avec mon nouveau corps, cette silhouette impossible qui défiait les lois de la gravité et du bon sens.
— Encore, ordonnait-elle tandis que je traversais la pièce pour la centième fois.
Mes talons claquaient sur le carrelage. Mes hanches ondulaient de façon obscène. Mon cul rebondissait à chaque pas. Mes seins ballottaient légèrement malgré leur fermeté artificielle.
— Tu dois contrôler tes mouvements. Une bimbo ne marche pas comme ça arrive. Elle chorégraphie chaque geste.
Je recommençais. Encore. Et encore. Jusqu'à ce que cette démarche grotesque devienne naturelle. Jusqu'à ce que mon cerveau oublie comment marcher normalement.
Le Dr. Kovac venait me voir quotidiennement. Parfois pour examiner mes cicatrices. Parfois simplement pour me regarder. Son regard sur moi avait changé. Ce n'était plus le regard clinique d'un médecin. C'était celui d'un propriétaire admirant sa création.
— Tu es presque prête, me dit-il un soir en caressant mes lèvres du bout du doigt.
— Prête pour quoi ?
— Pour ta présentation. Tu ne pensais pas que toute cette transformation était uniquement pour toi ?
Mon estomac se noua. Une présentation. Devant qui ? Pour quoi ?
Il dut lire la peur dans mes yeux car il sourit.
— Ne t'inquiète pas. Juste quelques personnes triées sur le volet. Des connaisseurs. Des admirateurs du travail que nous accomplissons ici.
— Je... je ne suis pas sûre...
— Bambi, coupa-t-il sèchement. Tu n'as plus ton mot à dire. Tu as signé un contrat. Te rappelles-tu ce que tu as accepté ?
Je me souvenais. Vaguement. Ce document interminable que j'avais paraphé des dizaines de fois sans vraiment lire. Trop excitée. Trop impatiente de commencer.
— Le paragraphe sept stipule clairement que tu acceptes de participer à des démonstrations cliniques.
— Des démonstrations ?
— Tu es un cas d'étude extraordinaire, Bambi. Une transformation complète. Les chirurgiens du monde entier voudront voir notre travail.
Il s'approcha, son visage à quelques centimètres du mien.
— Et puis, avoue-le. L'idée de te montrer t'excite.
J'aurais voulu le nier. Mais mon corps me trahissait déjà. Cette chaleur familière entre mes cuisses. Mes tétons qui durcissaient.
Il avait raison. Bien sûr qu'il avait raison.
La veille de la présentation, Chen m'apporta une tenue.
— Mets ça.
Elle déposa sur le lit une robe. Si on pouvait appeler ça une robe. C'était plutôt un morceau de latex rose qui couvrirait à peine mes fesses et mes seins.
— C'est... c'est transparent ?
— Semi-transparent. On verra tes tétons. Ton cul. Mais techniquement, tu seras habillée.
Je pris le vêtement entre mes doigts. Le latex était froid, lisse, obscène.
— Essaie-le.
Je retirai ma blouse d'hôpital. Restai nue face à Chen qui m'observait avec un professionnalisme détaché.
Enfiler la robe fut un combat. Le latex collait à ma peau, refusait de glisser. Chen m'aida, tirant, ajustant, lissant.
Quand ce fut terminé, elle me fit face au miroir.
La robe moulait chaque centimètre de mon corps. Elle s'arrêtait juste sous mes fesses, révélant mes jambes interminables. Le décolleté plongeant écrasait mes seins, les faisant déborder obscènement. Mes tétons étaient parfaitement visibles à travers le latex rose.
— Parfait, commenta Chen. Tu ressembles exactement à ce que tu es.
Une pute. Le mot resta suspendu entre nous, non-dit mais présent.
— Marche.
Je fis quelques pas. La robe était si serrée qu'elle limitait mes mouvements. Je devais faire de petits pas saccadés, ce qui accentuait encore le balancement de mes hanches.
— Bien. Demain, tu porteras ça. Avec des talons de quinze centimètres. Et le maquillage permanent sera retouché.
Quinze centimètres. Trois de plus que d'habitude. Mes tendons raccourcis protestaient déjà.
Le jour J arriva trop vite. Chen me réveilla à l'aube. Douche, épilation complète, maquillage.
Elle passa deux heures sur mon visage. Retouchant le permanent. Ajoutant des couches. Mes paupières devinrent argentées. Mes lèvres encore plus rouges. Mes joues rosées comme celles d'une poupée.
Mes cheveux furent brushés, lissés, brillants. Des extensions supplémentaires ajoutées pour plus de volume.
Puis la robe latex. Les talons de quinze centimètres. Et pour finir, un collier.
Un collier en strass avec un pendentif. Un mot gravé en lettres roses : BAMBI.
— Voilà, dit Chen en reculant pour admirer son œuvre. Tu es prête.
Je me regardai dans le miroir. La créature qui me fixait était si loin de Margot que j'en eus le vertige. Mes lèvres gonflées entrouvertes. Mes yeux de biche. Mon corps de dessin animé pornographique.
— Ils vont t'adorer, ajouta Chen avec quelque chose qui ressemblait presque à de la compassion.
On me conduisit dans une autre aile de la clinique. Un auditorium que je n'avais jamais vu. Des gradins descendaient vers une scène centrale, éclairée par des projecteurs puissants.
Mon cœur s'emballa. C'était réel. Ça allait vraiment arriver.
Le Dr. Kovac m'attendait en coulisses. Impeccable dans son costume trois-pièces.
— Nervous ? demanda-t-il en anglais.
— Terrifiée.
— Bien. La peur rend tout plus excitant.
Il me prit par le bras et me guida vers les coulisses. À travers le rideau, je voyais l'auditorium se remplir. Des hommes surtout. Quelques femmes. Tous élégamment vêtus. Ils discutaient à voix basse, sirotaient du champagne.
— Ils ont payé dix mille euros chacun pour te voir, murmura Kovac à mon oreille.
Dix mille euros. Pour me regarder. Moi. Cette chose que j'étais devenue.
— Quand tu seras sur scène, tu feras exactement ce que je te dirai. Compris ?
J'acquiesçai, incapable de parler.
Les lumières de l'auditorium s'éteignirent progressivement. Les conversations cessèrent. Un silence épais s'installa.
Kovac monta sur scène. Un projecteur l'éclaira.
— Mesdames, Messieurs, bonsoir. Merci d'être venus assister à cette présentation exceptionnelle. Ce soir, je vais vous montrer l'aboutissement de six mois de travail. Une transformation complète. Totale. Irréversible.
Il marqua une pause théâtrale.
— Je vous présente... Bambi.
Un projecteur s'alluma sur moi. Je clignai des yeux, aveuglée par la lumière soudaine.
— Avance, ordonna Kovac.
Mes jambes tremblaient tellement que je crus m'effondrer. Mais je fis un pas. Puis un autre. Mes talons claquaient sur le sol dans le silence absolu.
Je marchai jusqu'au centre de la scène. Cinquante paires d'yeux fixés sur moi. Me détaillant. M'évaluant. Me déshabillant mentalement.
— Tourne, dit Kovac.
Je tournai lentement sur moi-même. À trois cent soixante degrés. Montrant chaque angle de mon corps transformé.
Des murmures approbateurs dans l'assistance.
— Comme vous pouvez le voir, continua Kovac, la transformation est complète. Augmentation mammaire à douze cents cc. BBL avec implants fessiers. Liposuccion agressive de la taille. Chirurgie faciale complète. Et raccourcissement des tendons d'Achille pour des talons permanents.
Il s'approcha de moi, me fit pivoter face au public.
— Bambi, décris-toi pour nos invités.
Ma voix sortit, tremblante, déformée par mes lèvres gonflées.
— Je suis... je suis une bimbo.
— Plus fort.
— Je suis une bimbo ! Avec des seins énormes et un cul énorme et...
— Continue.
— Je suis faite pour baiser. Pour sucer. Pour être une pute.
Applaudissements polis. Quelques rires.
Kovac sourit.
— Maintenant, Bambi, touche-toi. Montre-leur à quel point tu adores ton nouveau corps.
L'humiliation me submergea. Mais aussi l'excitation. Perverse. Irrésistible.
Ma main glissa sur mon sein. L'autre entre mes cuisses. Je me caressai. Devant cinquante inconnus. Sous les projecteurs.
— Voilà, commenta Kovac. Regardez comme elle obéit. Comme elle accepte. Elle n'est plus Margot. Elle est Bambi. Pour toujours.
Je me masturbai, debout sur mes talons impossibles, dans ma robe latex transparent. Les visages dans l'audience se brouillaient. Tout disparaissait sauf cette sensation. Cette honte. Cette excitation.
L'orgasme monta. Explosif. Je jouis devant eux tous. Fort. Mes jambes tremblèrent. Je manquai tomber.
Kovac me rattrapa. Me maintint debout face au public.
— Mesdames, Messieurs... Bambi.
Tonnerre d'applaudissements.
Et moi, haletante, ruisselante, transformée, je compris que j'avais franchi le point de non-retour.
Il n'y avait plus de chemin de retour vers Margot.
Il n'y avait plus que Bambi.
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