Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Déesse du Chaos — Chapitre 1 · L'arrivée en teuf
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Déesse du Chaos
Chapitre 1 · L'arrivée en teuf
Les prénoms ont été modifiés.
On a pris un peu de retard. Lorsque l'on arrive enfin, la fête bat son plein et le lieu est complètement fou. Un atelier d'artiste gigantesque en plein cœur de Paris, à Bastille, à la fois surrané, avec ses vieilles étagères burinées et son mobilier vintage, et à la fois totalement cool. Plusieurs centaines de personnes s'y mélangent, certaines discutant sans nécessairement s'entendre, en buvant des coups, d'autres dansant dans l'une des pièces en enfilade qui a été transformée en dance floor. Tout est enfumé, un peu sauvage. Ça suinte les pulsions, la transgression et la liberté. Exactement ce que j'apprécie dans les bonnes fêtes parisiennes. En réalité, dans les bonnes fêtes de n'importe quelle mégapole hype, pas nécessairement Paris – même si Paris ajoute toujours un certain vernis sexy – mais ça pourrait être à New York, à Londres, à Berlin ou à Hong Kong... La liste n'est pas exhaustive.
On est dans le premier cercle de « l'élite culturelle », comme on dit avec une condescendance détestable, mais ce soir, on est ravis d'en faire partie. D'autant qu'on a déjà bu quelques verres dans notre bar de quartier préféré, pour nous mettre en jambes, avant d'arriver tous les trois déjà bien ambiancés.
On se disait que ça allait être compliqué d'incruster des amis dans une fête aussi select, et donc on n'a essayé de faire entrer personne à part Romain, un de mes plus vieux potes. Et on s'est complètement trompés : la porte est ouverte, naturellement accueillante pour ceux qui ont les codes, naturellement hostiles pour les autres. En fait, on aurait pu faire entrer n'importe qui de notre entourage, mais c'est précisément comme ça que cela fonctionne : ça fonctionne tout seul, la « bonne société », ça s'autodiscipline instinctivement. D'ailleurs, mon autre invitée, je n'ai pas eu le moindre doute sur le fait qu'elle allait pouvoir entrer. De sa vie, elle n'a probablement jamais été refoulée d'aucune soirée. Ou alors a posteriori.
Dès que l'on passe la porte, tous les regards se tournent vers Éris. Les mecs pour des raisons évidentes et pour la plupart des meufs, parce qu'elles la détestent déjà. Je peux comprendre : on a beau être bons amis depuis près de deux ans, moi aussi mon regard se tourne instinctivement vers elle chaque fois qu'elle apparaît quelque part. J'ai entrepris de la draguer dès la première fois que je l'ai vue, à une soirée chez des amis communs. Elle l'a remarqué et l'a bien compris, mais tout en jouant à m'allumer ostensiblement, lorsque l'on arrive presque au point de bascule, elle élude toujours la question ou détourne la conversation. Avec un talent certain. Ça ne me dérange pas vraiment, au contraire, ça ne fait que la rendre encore plus excitante à mes yeux. (C'est scandaleusement faux : depuis que je la connais, je n'ai qu'une envie, c'est de la baiser. Mais comme je suis en couple et de vingt ans son aîné, je comprends et respecte qu'elle puisse à la fois m'allumer et m'esquiver.
Et ça reste tout de même très divertissant, et excellent pour mon ego, d'avoir la chance d'avoir si souvent cette sublime créature à mes côtés.) Ce n'est pas seulement son physique, c'est aussi son attitude complètement rock'n'roll, à agresser n'importe qui avec des blagues de cul hyper-trash, juste pour produire autour d'elle... disons, et du fun et du chaos, surtout s'il y a un auditoire réceptif comme – par exemple – moi. Je suis très, très réceptif.
Et ce soir, cette magnifique brune ultra-gaulée n'a strictement rien fait pour passer inaperçue. Elle porte un pantalon de cuir noir moulant qui semble n'être là que dans le seul but de faire la publicité de ses fesses, un petit haut, noir lui aussi, qui dévoile son ventre et ses épaules, et qui, même négligemment déboutonné, comprime ses seins comme s'ils étaient sur le point d'exploser. Entre eux va se perdre l'extrémité de son fin collier argenté – j'aimerais être réincarné en ce collier. De toute évidence, le concept de soutien-gorge ne lui a pas paru fondamental, et l'on devine aisément à travers son haut minimal la forme de ses tétons tout aussi insolents qu'est sa personnalité. Ses sandales noires à talons vertigineux subliment ses jambes. Leur myriade de lanières en cuir surligne ses jolis pieds et ses fines chevilles de manière insupportablement érotique.
On aurait envie de tout lécher, à quatre pattes, de tout de suite l'appeler Maîtresse... Son vernis à ongles rouge sombre, raccord avec son rouge à lèvres, amplifie encore son image minutieusement travaillée de pure et parfaite mante religieuse. Elle aurait obtenu le même effet si elle était entrée dans la pièce avec un panneau « danger » flottant au-dessus de sa tête. Ses longs cheveux noirs attachés en queue-de-cheval ont tout de suite fait naître en moi de mauvaises pensées... Elle s'est fait plaisir, mais a aussi certainement cherché à nous faire plaisir, à Romain et à moi (merci, meuf !), et elle a bien raison : on est là pour s'amuser, et on l'escorte solidement. Elle est en confiance – encore plus que d'habitude, ce qui n'est pas peu dire. Je remercie à genoux tous les dieux de l'univers que mon épouse, fatiguée par sa journée de travail, ait décliné l'invitation et que j'ai donc pu proposer à Éris de m'accompagner.
J'essaie depuis que j'ai rencontré cette fille, de vingt ans sa cadette, de les conserver autant que possible à bonne distance l'une de l'autre. Allez comprendre pourquoi.
Immédiatement après que l'on soit entrés, un vieux beau qui se trouvait à proximité, et avait bien repéré Éris, saisit un plateau de petits fours et se dirige vers elle avec un demi-sourire aussi poussivement séducteur que consternant. Toutes les autres personnes témoins de la scène observent. Il nous salue tous les trois et nous efface aussitôt de son esprit pour ne s'adresser qu'à elle :
Immédiatement après que l'on soit entrés, un vieux beau qui se trouvait à proximité, et avait bien repéré Éris, saisit un plateau de petits fours et se dirige vers elle avec un demi-sourire aussi poussivement séducteur que consternant. Toutes les autres personnes témoins de la scène observent. Il nous salue tous les trois et nous efface aussitôt de son esprit pour ne s'adresser qu'à elle :
— Mademoiselle, un petit “amuse-bouche” pour bien commencer la soirée ?... demande-t-il en insistant sur « bouche », satisfait de son sous-entendu vaguement salace.
— Non merci, c'est gentil. Là, je veux picoler.
— Vous êtes sûre ? La soirée risque d'être longue...
— J'espère bien ! Mais je m'ennuyais en fin d'après-midi, donc j'ai fait une tarte au citron meringuée.
— Comment une jeune femme comme vous peut-elle s'ennuyer ? Il n'y avait personne pour vous divertir ?... rétorque-t-il de manière tristement beauf et convenue.
— Non. Du coup, j'ai fait une tarte au citron meringuée.
— Vous cuisinez beaucoup ?
— Jamais.
— Alors pourquoi une tarte au citron meringuée ? demande-t-il, amusé.
— Non merci, c'est gentil. Là, je veux picoler.
— Vous êtes sûre ? La soirée risque d'être longue...
— J'espère bien ! Mais je m'ennuyais en fin d'après-midi, donc j'ai fait une tarte au citron meringuée.
— Comment une jeune femme comme vous peut-elle s'ennuyer ? Il n'y avait personne pour vous divertir ?... rétorque-t-il de manière tristement beauf et convenue.
— Non. Du coup, j'ai fait une tarte au citron meringuée.
— Vous cuisinez beaucoup ?
— Jamais.
— Alors pourquoi une tarte au citron meringuée ? demande-t-il, amusé.
Elle fait une petite moue songeuse, comme si elle cherchait la réponse la plus précise possible, et lui répond :
— C'était ça ou une branlette.
Le type reste interdit, cherchant en vain une répartie adéquate. Comme tous les autres alentour qui ont entendu la conversation. Romain et moi éclatons de rire. Il s'écarte pour nous laisser avancer, tout en essayant de reposer le plateau de manière un tant soit peu naturelle. Tout le monde a bien compris que draguer Éris allait être... compliqué. Et surtout hors des codes habituels. Romain et moi remarquons dans les multiples regards concupiscents, mais résignés que la plupart des mâles ont déjà jeté l'éponge. Trop punk, trop de mise en danger potentielle pour les égos masculins fragiles. Éris, quoi. Moi, là encore, ça ne me fait que la désirer davantage. En plus de me faire marrer et de me réjouir à l'idée qu'elle ait fait le show précisément dans ce but, pour moi, parce qu'on commence à se connaître et à aimer improviser des performances l'un pour l'autre, chacun sur un mode différent. Comment savoir si c'est vraiment le cas ? Elle est tellement imprévisible.
Et tellement fucking sexy.
Elle me demande à voix basse :
— T'en as ?
— Évidemment. Toujours, pour toi.
— J'ai envie. On y va ?
— On peut peut-être d'abord boire un coup et saluer quelques personnes ?... Si ce n'est pas trop un calvaire pour toi, bien sûr. Car vos désirs sont évidemment des ordres, mademoiselle.
— Rhôôô, ça va... OK, dans cinq minutes ?
— Quelle gourmande... dit Romain, moqueur.
— Évidemment. Toujours, pour toi.
— J'ai envie. On y va ?
— On peut peut-être d'abord boire un coup et saluer quelques personnes ?... Si ce n'est pas trop un calvaire pour toi, bien sûr. Car vos désirs sont évidemment des ordres, mademoiselle.
— Rhôôô, ça va... OK, dans cinq minutes ?
— Quelle gourmande... dit Romain, moqueur.
Elle lui claque sèchement la main :
— À quel moment t'as cru qu'on avait besoin de ton avis, toi ?...
On se dirige vers le bar principal en riant, dans la pièce qui jouxte le dance floor.
Je la dévore des yeux, elle le voit et elle le sait. Elle en joue. J'adore ses traits méridionaux métissés. J'ai peut-être un léger faible pour les filles, disons, caliente. J'étais dingue d'elle dès la première fois que je l'ai vue.
Je m'y suis tellement mal pris que désormais, c'est... ma pote.
Et merde.
Je la dévore des yeux, elle le voit et elle le sait. Elle en joue. J'adore ses traits méridionaux métissés. J'ai peut-être un léger faible pour les filles, disons, caliente. J'étais dingue d'elle dès la première fois que je l'ai vue.
Je m'y suis tellement mal pris que désormais, c'est... ma pote.
Et merde.
Tout reste tout de même très ambigu, je crois. En tout cas, je l'espère.
Et on ne peut pas dire que ça s'arrange avec le temps et notre proximité croissante.
Et on ne peut pas dire que ça s'arrange avec le temps et notre proximité croissante.
Sur la longue table couverte d'une nappe qui a dû être blanche il y a quelques heures, mais qui est déjà complètement tachée et en vrac, s'étale une multitude de mauvais alcools apportés par les riches crevards qui composent la majorité des convives de cette soirée. On y dépose nos propres bouteilles, gênantes tellement elles sont cheap. Mais il faut avouer que ce serait du gâchis d'apporter de grands crus dans ce genre de fêtes. Heureusement, notre hôte (qui qu'il puisse être, moi-même ayant été invité par pote de pote, je n'en ai pas la moindre idée), a en revanche, lui, bien fait les choses. Juste à côté de cette table intégralement dédiée à la certitude de gueule de bois du lendemain, trône une baignoire vintage, remplie de glace et de bouteilles de champagne tout à fait honorables. J'en repère une déjà ouverte et je nous sers tous les trois. On trinque.
Je salue quelques connaissances et leur présente mes deux amis. Éris déguste son verre de champagne et, à mon grand étonnement, ne dit rien de particulièrement choquant. Au bout d'un certain temps, ayant fait à peu près le tour des gens que je connaissais, on se retrouve à nouveau juste tous les trois devant cette réjouissante baignoire à bulles. Elle nous dit :
— J'adore le champagne, c'est tellement aphrodisiaque. Ça me fait des sensations partout...
Elle bascule doucement la tête en arrière, ferme les yeux et mordille sensuellement sa lèvre inférieure, tout sourire.
— Cool..., lui dis-je ravi, en la regardant faire son show. Romain ne rate rien du spectacle non plus. Bien sûr : c'est un homme de goût puisque c'est mon ami.
Éris rouvre les yeux lentement, les braque sur ceux de Romain, puis baisse son regard très progressivement, comme si elle le scannait méthodiquement de haut en bas, jusqu'à fixer son entrejambe. Elle s'arrête une seconde, éclate de rire et lui dit :
— Eh ben toi aussi, on dirait que ça te fait de l'effet, le champagne ! Ou c'est juste que tu es content de me voir ?...
Je jette un rapide coup d'œil, moi aussi, et remarque effectivement une protubérance notable dans le pantalon de Romain. Je ne peux m'empêcher de rire à mon tour. Elle relève la tête et le fixe à nouveau droit dans les yeux, toujours souriante, la bouche légèrement entrouverte. L'allumeuse étalon.
Romain sort de sa poche sa cigarette électronique, qui s'avère être, désormais sans aucun doute possible, la cause de la protubérance. On rit à nouveau. « Vous me fatiguez tous les deux, moi je vais danser », dit-il en prétendant être vexé mais en ayant, surtout, la délicate attention de me laisser un peu seul avec elle. Ou peut-être a-t-il repéré une meuf sur le dance floor. Ou alors veut-il juste aller promener sa cigarette électronique dans une pièce moins éclairée, afin qu'on ne la confonde pas avec une érection. Quelle que soit la raison, je l'en remercie.
Romain s'éloigne, Éris s'approche et se colle à moi. Elle lève la tête pour me regarder dans les yeux, elle sourit toujours, je sens ses seins s'écraser contre mon torse. Moi, en revanche, je suis loin de n'avoir qu'un début d'érection, et je suis sûr qu'elle le sait sans même avoir besoin de vérifier. Ses lèvres rouges ne sont qu'à quelques centimètres des miennes. Je n'ai qu'une envie, c'est de l'embrasser. Mais elle a vingt ans de moins que moi, je suis en couple, et je ne me sens ni le droit ni la légitimité pour prendre cette initiative. Surtout, j'ai trop peur de la perdre. Si jamais j'avais tout interprété de travers... Je préfère de loin la garder comme pote, près de moi, plutôt que de risquer de ne plus la voir.
Car même dans cette relation platonique, même avec cette frustration sexuelle totalement infernale, elle apporte tellement de fun, de chaos et d'érotisme à ma vie que je ne peux prendre le risque de faire fuir cette lumière, certes un peu folle, à tout le moins très excentrique, mais sans doute aucun, le plus flamboyant des astres qui illuminent ma vie à cette époque.
Elle me murmure :
— On y va ?...
— Oui, on y va, chérie.
— Oui, on y va, chérie.
Certes, le « chérie » est dit sur un ton légèrement ironique, mais en tout cas il ne semble ni la choquer ni la contrarier. Elle me prend par la main et m'entraîne quelques pièces plus loin, en se faufilant entre les convives déjà bien entamés. À son passage, tout le monde la mate. Je comprends, et ça flatte même mon égo. Après tout, c'est moi qu'elle tient par la main, cette créature invraisemblable, quand bien même ce n'est pas ma meuf. Je cesse de penser aux autres, ça n'a aucune importance. Il faut profiter pleinement de l'instant : je suis aux premières loges pour admirer cette pure œuvre d'art qu'est son cul, à marcher derrière elle, tiré par elle, et en sentant le contact de sa douce main qui serre la mienne, ornée de ses beaux ongles rouges sombres et glossy, pour m'entraîner... enfin... ça y est... on les a trouvées... aux toilettes.
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Commentaires ()
J'aime cet univers déjanté, riche de si puissantes contradictions...
A quand la suite ?
Arnaud
Ben, la suite attend juste d'être validée par le site, ils ne m'ont pas encore donné de date.