Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Léa et Sara — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Léa et Sara
Chapitre 1
Sous les néons de la fac de médecine
Le premier amphi
Léa arriva en avance, comme toujours. L'amphithéâtre sentait le café tiède et les feuilles neuves. Elle s'installa au troisième rang, carnet ouvert, stylo neuf prêt pour un premier usage et tablette allumée. Première année de médecine. Le mot résonnait encore dans sa tête, à la fois promesse et menace. Une question la taraudait : Que faisait-elle à cet endroit avec cette folle envie de se trouver ailleurs ou à tout le moins de foncer se soulager aux toilettes. C'était sûr, on allait lui demander de quel droit elle se trouvait là, avec les grands. Elle ne se sentait pas à sa place. Le nez sur sa tablette elle évitait de regarder autour d'elle mais un petit rire discret attira son attention. Un rire qui ne semblait pas menaçant, ni même méprisant.
Le premier amphi
Léa arriva en avance, comme toujours. L'amphithéâtre sentait le café tiède et les feuilles neuves. Elle s'installa au troisième rang, carnet ouvert, stylo neuf prêt pour un premier usage et tablette allumée. Première année de médecine. Le mot résonnait encore dans sa tête, à la fois promesse et menace. Une question la taraudait : Que faisait-elle à cet endroit avec cette folle envie de se trouver ailleurs ou à tout le moins de foncer se soulager aux toilettes. C'était sûr, on allait lui demander de quel droit elle se trouvait là, avec les grands. Elle ne se sentait pas à sa place. Le nez sur sa tablette elle évitait de regarder autour d'elle mais un petit rire discret attira son attention. Un rire qui ne semblait pas menaçant, ni même méprisant.
Quand elle leva les yeux, elle la vit.
Assise deux rangs plus bas, un peu de travers sur son siège, les cheveux bruns attachés à la va-vite, une mèche rebelle glissant sur son front. Elle riait doucement avec la personne à côté d'elle, un rire discret mais lumineux. Léa détourna le regard trop tard. La jeune femme leva les yeux. Leurs regards se croisèrent.
Assise deux rangs plus bas, un peu de travers sur son siège, les cheveux bruns attachés à la va-vite, une mèche rebelle glissant sur son front. Elle riait doucement avec la personne à côté d'elle, un rire discret mais lumineux. Léa détourna le regard trop tard. La jeune femme leva les yeux. Leurs regards se croisèrent.
Un instant seulement. Mais assez pour troubler le rythme régulier du cœur de Léa.
Le professeur entra. Les conversations s'éteignirent. Sur l'écran apparut le premier diaporama : Introduction à l'anatomie. Léa prit des notes, mécaniquement. Pourtant, une partie d'elle restait suspendue à ce rire perçu, à ce regard échangé.
Le professeur entra. Les conversations s'éteignirent. Sur l'écran apparut le premier diaporama : Introduction à l'anatomie. Léa prit des notes, mécaniquement. Pourtant, une partie d'elle restait suspendue à ce rire perçu, à ce regard échangé.
À la pause, elle hésita. Dire quelque chose ? Se lever ? Finalement, elle resta assise. La jeune femme, elle, se retourna.
— Salut, tu es aussi en P1 ? demanda-t-elle avec un sourire franc.
Question inutile. Évidente. Mais Léa sourit à son tour.
— Oui. Léa.
— Sara.
— Sara.
Deux prénoms. Rien de plus. Et pourtant, quelque chose venait de commencer.
Entre deux cours
Les semaines suivantes s'enchaînèrent à un rythme brutal. Cours magistraux, polycopiés, nuits trop courtes. Léa et Sara se retrouvèrent souvent côte à côte, par hasard d'abord, puis par habitude. Va savoir pourquoi. Elles n'auraient su le dire. L'envie ressemble souvent à une simple habitude ; beaucoup plus que le hasard en tout cas.
Alors, comme le hasard n'était pas à incriminer , elles révisèrent ensemble à la bibliothèque, partagèrent leurs fiches et se plaignirent ensemble du programme aussi bien que des repas du R.U. . Sara avait une façon particulière de simplifier les choses, de désamorcer la pression avec une blague au bon moment. Léa admirait cela en silence.
Un soir, alors que la bibliothèque allait fermer, Sara ferma son classeur avec un soupir.
Les semaines suivantes s'enchaînèrent à un rythme brutal. Cours magistraux, polycopiés, nuits trop courtes. Léa et Sara se retrouvèrent souvent côte à côte, par hasard d'abord, puis par habitude. Va savoir pourquoi. Elles n'auraient su le dire. L'envie ressemble souvent à une simple habitude ; beaucoup plus que le hasard en tout cas.
Alors, comme le hasard n'était pas à incriminer , elles révisèrent ensemble à la bibliothèque, partagèrent leurs fiches et se plaignirent ensemble du programme aussi bien que des repas du R.U. . Sara avait une façon particulière de simplifier les choses, de désamorcer la pression avec une blague au bon moment. Léa admirait cela en silence.
Un soir, alors que la bibliothèque allait fermer, Sara ferma son classeur avec un soupir.
— Tu te rends compte qu'on apprend le corps humain comme si c'était une carte routière ?
— Oui… dit Léa. Et parfois j'oublie qu'on parle de vraies personnes.
— Oui… dit Léa. Et parfois j'oublie qu'on parle de vraies personnes.
Sara la regarda autrement, plus sérieusement.
— C'est pour ça que je veux faire médecine. Pour ne pas oublier.
Le silence qui suivit n'était pas gênant. Il était plein.
Quand elles sortirent , la nuit était tombée. Le campus était presque vide. Elles marchèrent côte à côte sans se toucher, conscientes de chaque pas qui le menaient à leurs chambres de la cité universitaire où elles logeaient toutes deux dans des bâtiments différents.
Quand elles sortirent , la nuit était tombée. Le campus était presque vide. Elles marchèrent côte à côte sans se toucher, conscientes de chaque pas qui le menaient à leurs chambres de la cité universitaire où elles logeaient toutes deux dans des bâtiments différents.
— Tu veux qu'on révise ensemble demain ? demanda Sara.
— Oui, répondit Léa un peu trop vite.
— Oui, répondit Léa un peu trop vite.
Sara sourit. Cette fois, Léa ne détourna pas le regard.
Ce qui tremble
La veille du premier partiel, Léa n'arrivait pas à se concentrer. Les mots dansaient sur la page. Elle pensa à Sara. À sa voix. À la façon dont elle fronçait les sourcils quand elle réfléchissait.
Son téléphone vibra et Sara demanda.
Ce qui tremble
La veille du premier partiel, Léa n'arrivait pas à se concentrer. Les mots dansaient sur la page. Elle pensa à Sara. À sa voix. À la façon dont elle fronçait les sourcils quand elle réfléchissait.
Son téléphone vibra et Sara demanda.
— Tu stresses, toi aussi ?
Léa hésita une seconde, puis répondit.
— Beaucoup.
Quelques minutes plus tard, on frappa à sa porte. Sara était là, manteau sur les épaules, sac en bandoulière.
— J'avais besoin de respirer, dit-elle. Et je me suis dit que toi aussi.
Sara enleva son manteau et elles s'assirent par terre, dos contre le lit. Elles parlèrent peu. Le stress, la peur d'échouer, le poids des attentes.
À un moment, Sara posa sa tête sur l'épaule de Léa. Léa ne bougea pas. Son cœur battait trop fort. Elle se demanda si Sara l'entendait.
À un moment, Sara posa sa tête sur l'épaule de Léa. Léa ne bougea pas. Son cœur battait trop fort. Elle se demanda si Sara l'entendait.
— Léa… murmura Sara.
— Oui ?
— Est-ce que toi aussi…
— Oui ?
— Est-ce que toi aussi…
Elle s'interrompit. Retira sa tête. Regarda Léa.
La question resta en suspens. Mais dans ce silence fragile, quelque chose tremblait déjà, prêt à naître.
La nuit continua. Et rien ne serait plus tout à fait pareil.
Léa
Léa avait toujours donné l'impression de maîtriser les choses. Grande sans être imposante, silhouette fine souvent dissimulée sous des pulls trop larges, elle avançait avec une discrétion presque étudiée. Ses cheveux châtains, coupés juste en dessous des épaules, encadraient un visage sérieux, éclairé par de grands yeux attentifs. On disait souvent d'elle qu'elle était calme. En réalité, elle était surtout pleine de tempêtes qu'elle gardait pour elle.
La question resta en suspens. Mais dans ce silence fragile, quelque chose tremblait déjà, prêt à naître.
La nuit continua. Et rien ne serait plus tout à fait pareil.
Léa
Léa avait toujours donné l'impression de maîtriser les choses. Grande sans être imposante, silhouette fine souvent dissimulée sous des pulls trop larges, elle avançait avec une discrétion presque étudiée. Ses cheveux châtains, coupés juste en dessous des épaules, encadraient un visage sérieux, éclairé par de grands yeux attentifs. On disait souvent d'elle qu'elle était calme. En réalité, elle était surtout pleine de tempêtes qu'elle gardait pour elle.
Elle venait d'une famille où l'on ne parlait pas beaucoup des émotions. Réussir ses études était une évidence, presque une mission. La médecine représentait à la fois un défi et une manière de se prouver qu'elle était à la hauteur. Elle doutait souvent, mais en silence.
Avec Sara, quelque chose se fissurait doucement dans cette armure. Une nervosité nouvelle, agréable et terrifiante à la fois. Léa ne savait pas encore comment nommer ce qu'elle ressentait, mais elle savait déjà que ce n'était pas anodin.
Sara
Sara, elle, semblait toujours légèrement en mouvement. Pas agitée, non ; vivante. Elle parlait avec les mains, riait facilement, changeait souvent de coiffure sans jamais vraiment la réussir comme elle l'avait prévu ; natte ou chignon cela n'y ressemblait que rarement. Ses yeux bruns étaient expressifs, parfois rieurs, parfois soudain très graves, comme si elle laissait entrevoir quelque chose de plus profond.
Sara, elle, semblait toujours légèrement en mouvement. Pas agitée, non ; vivante. Elle parlait avec les mains, riait facilement, changeait souvent de coiffure sans jamais vraiment la réussir comme elle l'avait prévu ; natte ou chignon cela n'y ressemblait que rarement. Ses yeux bruns étaient expressifs, parfois rieurs, parfois soudain très graves, comme si elle laissait entrevoir quelque chose de plus profond.
Elle avait choisi médecine par conviction, presque par vocation. Elle parlait parfois de patients imaginaires, de ce qu'elle ferait “plus tard”, quand elle serait médecin. Sous son apparente légèreté, Sara portait une grande exigence envers elle-même.
Avec Léa, elle se sentait étrangement apaisée. Moins obligée de jouer un rôle. Elle aimait ses silences, sa manière d'écouter vraiment. Elle n'aurait pas su dire à quel moment cette présence était devenue importante ; seulement qu'elle l'était.
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Commentaires ()
Mais très bien écrit, j'en conviens.
Merci.
on attend la suite avec impatiente