DREADNOUGHT
Chapitre 1
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✦ Monsieur Sylvestre DREADNOUGHT XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

DREADNOUGHT — Chapitre 1

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Monsieur Sylvestre
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DREADNOUGHT

Chapitre 1

Je ne dors jamais vraiment. Il existe, entre deux campagnes, entre deux réveils violents arrachés à la stase, un intervalle fragile où la machine se tait juste assez pour que quelque chose d'autre respire à travers elle. Dans l'obscurité tiède et putride du sarcophage, là où les fluides circulent avec la patience des marées mortes, ma conscience flotte comme un débris obstiné. Ce n'est ni l'éveil, ni le repos. C'est une veille malade sans fin.
Les Techmarines nomment cet état des rémanences cognitives. Leur vocabulaire est propre, chirurgical, rassurant. Moi, j'appelle cela des fantômes. Je suis le frère Démétrian, pilote de Dreadnought au service de l'Adeptus Astartes, autrefois de la Troisième Compagnie. Je suis une relique armée, un survivant conservé dans le fer, un cœur trop lent enfermé dans un cercueil qui marche. Et j'ai aimé une femme.
On raconte beaucoup de choses aux aspirants lorsqu'ils franchissent le seuil qui les mène vers la transformation. On parle de renaissance, de transcendance, de gloire éternelle. On leur promet qu'ils deviendront des armes parfaites, purifiées de toute faiblesse. On leur répète que l'Empereur n'exige que leur dévotion absolue.
Tout cela est vrai. Mais tout cela est incomplet. La première chose qu'on vous enlève quand on devient Space Marine, ce ne sont pas vos peurs. La peur, au contraire, on la dompte, on la recycle, on la transforme en carburant pour la guerre. Non. La première chose qu'on vous enlève, ce sont vos futurs.
On vous arrache la possibilité des chemins ordinaires. On ferme devant vous toutes les portes qui ne mènent pas au champ de bataille. On vous apprend à ne plus regarder derrière. Ce qu'ils ne disent jamais, ce qu'ils ne peuvent pas vraiment contrôler, c'est que certaines choses refusent de mourir. Même après l'implantation. Même après des siècles de guerre. Même enfermé dans un sarcophage de céramite et de fer sacré.
Elle s'appelait Eliane. Je prononce encore son nom en silence, dans les interstices du grondement des servomoteurs. Il passe entre les pulses binaires, entre les litanies mécaniques, comme une prière qui n'appartient à aucun culte reconnu. Je l'ai rencontrée avant l'Ascension. Avant les serments. Avant la chair reforgée. Avant que je ne devienne un ange de mort et de destruction.
À cette époque, il m'arrive encore de douter qu'elle ait vraiment existé, j'étais humain. Le mot lui-même me paraît désormais lointain, presque exotique, comme une langue morte qu'on aurait trop peu pratiquée.
Notre monde natal n'était pas beau au sens où les poètes anciens l'entendaient. Il était pollué, saturé de populations, usé jusqu'à la trame par les siècles d'exploitation impériale. Mais il subsistait encore, çà et là, des poches de douceur inattendue. Des fragments de ciel que la suie n'avait pas entièrement dévorés. Des couchers de soleil qui, certains soirs, parvenaient encore à justifier une minute d'arrêt pour les contempler.
Elle travaillait dans les jardins hydroponiques du spatioport inférieur. Pas une noble. Pas une héroïne. Pas une sainte. Juste une femme simple aux mains tachées de terre nutritive, aux ongles sombres de substrat organique, et aux yeux trop francs pour un monde qui récompensait surtout la prudence et le silence. Je me souviens avec une netteté douloureuse de la première chose qu'elle m'a dite.
— Tu regardes les plantes comme si tu ne savais pas qu'elles sont vivantes.
Sa voix n'avait rien d'accusateur. Rien de moqueur non plus. C'était une simple observation, offerte avec cette assurance tranquille des gens qui vivent encore à hauteur de choses simples. J'avais ri. Par l'Empereur… à cette époque, je riais encore.
Les alarmes de réveil hurlent dans mon sarcophage. Le présent revient toujours avec violence.
> +++ RÉACTIVATION DU FRÈRE DREADNOUGHT +++
La conscience me revient par couches successives, comme si l'on reconstruisait un homme à partir de fragments mal conservés. Douleur fantôme. Pression hydraulique. Prières binaires murmurées par des esprits-machines qui ne dorment jamais. Je sens les câbles se tendre là où mon corps n'existe plus vraiment. Les influx nerveux se heurtent à des limites métalliques. Chaque réveil est une négociation entre ce que j'étais et ce que je suis devenu.
— Frère Démétrian, dit la voix filtrée du Techmarine, nous avons besoin de vous.
— A vos ordres. Je commençais à me demander quand j'allais faire exploser ma rage.
Bien sûr que vous avez besoin de moi. On a toujours besoin des morts quand la guerre recommence. Les Dreadnoughts vous sont bien utiles car vous nous voyez déchaîner les enfers. Ce n'est pas l'honneur qui nous tient, c'est la folie car on nous refuse le repos éternel. Je me souviens de la dernière fois où j'ai été véritablement vivant. Pas opérationnel. Pas fonctionnel. Vivant. C'était la veille de ma sélection.
Les recruteurs du Chapitre étaient déjà sur le monde. Leur présence se répandait comme une fièvre sacrée dans les districts inférieurs. Les jeunes hommes parlaient de gloire avec des yeux trop brillants. On rêvait d'armures, d'étoiles, d'immortalité gravée dans la pierre des forteresses-monastères. Moi aussi, je rêvais.
Je suis allé la voir dans les jardins hydroponiques. L'air y était toujours plus humide, plus dense, chargé de cette odeur végétale artificielle qui imitait maladroitement la nature originelle de l'Humanité. Les lampes de croissance baignaient les rangées de verdure d'une lumière pâle, presque irréelle. Elle savait. Je ne lui avais rien dit. Aucun mot. Aucun aveu. Mais elle savait.
— Tu vas partir, a-t-elle murmuré.
Je n'ai pas répondu. Les mots s'étaient coincés quelque part entre ma fierté et ma peur. Les Space Marines ne mentent pas. Mais ce jour-là, je n'étais pas encore l'un d'eux.
— Tu ne reviendras pas pareil, a-t-elle ajouté doucement.
Je me souviens avoir cherché quelque chose de digne à dire. Une phrase forte. Une promesse héroïque. Quelque chose qui aurait ressemblé à l'homme que je pensais devenir. Au lieu de cela, j'ai demandé, avec une simplicité presque honteuse :
— Tu m'attendras ?
Elle a souri. Pas tristement. Pas dramatiquement. Juste… doucement. Comme quelqu'un qui comprend déjà la fin d'une histoire que l'autre n'a pas encore commencée.
— Non.
Mais ce jour-là, elle me faisait un cadeau d'adieu. Elle s'offrait à moi. Nous avons fait l'amour avec passion pour la première et unique fois.
Les premiers combats reviennent toujours en fragments brisés. Hurlements, voix, sang séché sur l'armure, ordres aboyés dans la fumée. On nous apprend vite que la peur est une faiblesse mesurable. Que l'attachement est une faille exploitable. Que l'amour est une distraction statistiquement dangereuse. J'ai appris vite. J'ai appris bien. Je suis devenu un excellent Space Marine. Rapide. Précis. Implacable. Et pendant presque deux siècles… je n'ai plus pensé à elle. C'est ce que je croyais.
Impact. Mon dreadnought encaisse le tir ennemi dans une gerbe de lumière blanche. Les amortisseurs hurlent des litanies de contrainte. Les runes de statut clignotent brièvement dans mon champ de vision.
— Contact blindé à onze heures, annonce le sergent.
Je pivote. Les moteurs rugissent comme des bêtes enchaînées depuis trop longtemps. Je réponds par le feu. Toujours le feu. Toujours la guerre. Toujours… la solitude. Toujours la mort.
Le jour où je suis mort, ou plus exactement, le jour où j'ai cessé d'être entier, nous combattions sur un monde cendré dont même les archives ont depuis oublié le nom. Les Xenos sortaient du sol comme une infection. Nous avancions. Nous avançons toujours. Puis il y a eu l'explosion.
Je me souviens avec une précision clinique de la sensation de tomber. Pas de douleur. Pas de panique. Juste cette certitude froide, mathématique, que la trajectoire de ma vie venait d'atteindre son point terminal. Et dans cette seconde en suspens… Je n'ai pas vu l'Empereur. Je n'ai pas vu la gloire. J'ai vu Eliane.
Le sarcophage d'un Dreadnought n'est pas un cercueil. Un cercueil, au moins, a la décence d'être définitif. Le sarcophage est une négociation cruelle entre la vie et son absence. On vous garde juste assez conscient pour continuer à servir. Juste assez vivant pour continuer à tuer. Quand je me suis réveillé pour la première fois à l'intérieur de la machine, j'ai hurlé pendant trois jours standards. Les archives disent que c'est normal. Les prêtres de Mars parlent d'étape de purification. Moi, je dis que c'est l'instant précis où votre humanité comprend qu'elle ne partira jamais complètement.
La guerre continue autour de moi. Toujours. Elle continue depuis des siècles qui ont fini par se confondre. Mais il existe parfois, rarement des silences assez profonds pour que la mémoire remonte à la surface comme une épave obstinée. Et aujourd'hui… Aujourd'hui, je me souviens de la dernière fois que je l'ai revue. Elle avait vieilli.
Bien sûr. Les humains font cela. Ils se plient lentement sous le poids du temps. Ils s'effacent avec une dignité fragile que nous avons oubliée depuis longtemps. Mais je l'ai reconnue immédiatement. Les yeux n'avaient pas changé. Elle, en revanche, ne m'a pas reconnu. Pourquoi l'aurait-elle fait ? J'étais devenu une montagne de céramite rouge. Un géant génétiquement refaçonné. Une relique guerrière plus proche de la statue que de l'homme. Je suis resté immobile pendant que les civils défilaient devant nous. Puis elle s'est arrêtée juste devant moi soutenue par un jeune homme qui l'appelait grand-mère.
— Merci, monseigneur, a-t-elle dit doucement.
Et ce que le jeune homme m'a demandé, m'a posé un baume sur ce qui reste de mon cœur.
— Avez-vous connu mon grand-père ? Il se nomme Démetrian.
Et quelque chose, quelque part dans ce qu'il restait de moi s'est fissuré. Avant de partir, elle a posé la main sur mon armure. Un geste simple. Presque rien. Mais à travers les capteurs tactiles je l'ai senti. Les Techmarines diraient que c'est impossible. Les prêtres diraient illusion neuronale. Je sais ce que j'ai perçu. De la chaleur. De la vie. Du passé.
Les siècles passent différemment quand on est enfermé dans une machine de guerre. On ne vieillit plus. On ne vit plus vraiment non plus. Mais les souvenirs, eux s'aiguisent. Surtout ceux qu'on croyait perdus. J'ai appris sa mort bien plus tard. Un archiviste. Une ligne de registre. Une existence entière compressée en quelques données administratives. Eliane Morel. Décédée à quatre-vingt-deux ans standard. Rien d'héroïque. Rien de glorieux. Juste… terminé.
La bataille touche à sa fin. Les ennemis fuient, comme ils finissent toujours par fuir. Je reste immobile au milieu des ruines fumantes. Mes systèmes refroidissent lentement. Les canons se taisent un à un. Et dans le silence mécanique je lui parle encore. Tu avais raison, Eliane. Je ne suis jamais revenu pareil. Je suis devenu une relique qui marche. Un tombeau qui tire. Une mémoire qui refuse de mourir.
Parfois, dans les longues nuits de stase, je me surprends à calculer l'impossible. Si j'étais resté. Si j'avais refusé la sélection. Si j'avais choisi "toi". Mais les Space Marines ne vivent pas de "si". Nous vivons de guerre. De devoir. De feu.
Pourtant, dans le noir oppressant du sarcophage, dans le battement lent des machines, dans les silences entre deux massacres, il reste encore une chose que l'Adeptus Astartes n'a jamais réussi à m'enlever. Je me souviens de ton sourire, et que quelque part vit ma descendance. Et dans cet univers de guerre éternelle, c'est peut-être la chose la plus dangereuse que je possède encore.
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Monsieur Sylvestre
10 mars 2026 à 12:36
Le prochain chapitre est précisément centré sur cette nuit d'amour dans un style érotique.
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Oberon
10 mars 2026 à 11:21
Eh bien, je ne me serai pas attendu à lire une fanfic WH40k ici. C'est terriblement bien écrit, un peu trop peut-être, sur un sujet aussi terrible que celui des Dreadnoughts.
Je ne cacherai pas que l'air par ici est très poussiéreux et que quelques-uns se sont glissées dans mes yeux.

J'aurais voulu contempler les cieux de Baal une dernière fois.
Soyez respectueux
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Wedreca
8 mars 2026 à 09:00
Je ne connais pas.
Du coup, j'ai pas tout compris 😅.
Soyez respectueux
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Monsieur Sylvestre
7 mars 2026 à 21:14
Pour les lecteurs ne connaissant pas l'univers des Dreadnoughts, ce texte est tiré de l'univers de "Warhammer 40K".

Je m'excuse d'en avoir oublié d'insérer une note auteur.

Je vous souhaite une bonne lecture.
Soyez respectueux
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