DREADNOUGHT
Chapitre 2
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DREADNOUGHT — Chapitre 2

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Monsieur Sylvestre
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DREADNOUGHT

Chapitre 2

Cette nuit-là revient parfois plus clairement que les batailles. C'est étrange, quand on y pense. J'ai participé à des guerres dont les flammes ont consumé des continents. J'ai vu des cités tomber, des flottes brûler dans le vide, des armées entières disparaître dans la boue et le sang. J'ai vu des compagnons d'armes passer de vie à trépas, et certains être sélectionnés pour devenir Dreadnoughts. Et pourtant, ces souvenirs-là sont flous, rongés par le temps, érodés comme des statues oubliées sous la pluie acide des siècles.
Mais cette nuit… Cette nuit-là est restée intacte, gravée dans ma mémoire. Ce souvenir agréable m'est resté. Je pourrais encore en décrire chaque détail même le plus infime. Chaque odeur, chaque souffle, chaque silence. C'était peu de temps avant les épreuves de sélection. Les recruteurs du Chapitre étaient déjà descendus dans les districts inférieurs et l'excitation parcourait la ville comme une tempête invisible. Dans les tavernes, dans les dortoirs ouvriers, dans les cours poussiéreuses où les jeunes hommes s'entraînaient à se battre, on ne parlait plus que de cela.
Le poison de la gloire, de la transformation, de l'immortalité, moi aussi j'en parlais. Mais cette nuit-là, pour la première fois, j'avais cessé d'y croire complètement. Les jardins hydroponiques étaient presque vides quand je suis venu la voir. Les lampes de croissance baignaient les rangées de plantes d'une lumière blanche et laiteuse. Les feuilles, épaisses et brillantes, reflétaient cet éclat artificiel comme si elles tentaient de se souvenir d'un soleil disparu. L'air était chaud et humide. Chargé d'odeurs végétales, d'eau recyclée et de terre synthétique.
Eliane travaillait encore. Elle avait retroussé les manches de sa combinaison de culture, et ses bras étaient tachés de traces sombres laissées par les nutriments liquides. Elle était penchée sur une rangée de jeunes pousses, les doigts plongés dans la matière sombre, concentrée comme si ces petites vies fragiles comptaient plus que tout le reste. Elle a levé les yeux quand elle m'a entendu approcher et n'a pas semblé surprise comme si elle attendait ma venue.
— Tu viens tard, a-t-elle dit simplement.
Sa voix avait cette douceur tranquille qui me désarmait toujours. Je me suis arrêté à quelques pas d'elle. Pendant un moment, je n'ai rien trouvé à dire. Les mots qui me venaient semblaient trop petits, trop maladroits. Alors j'ai regardé les plantes. Encore une fois, elle a souri.
— Tu vois ? a-t-elle murmuré.
— Quoi ?
— Tu les regardes toujours comme si elles étaient un mystère.
Je me suis accroupi à côté d'elle. Les feuilles effleuraient presque nos épaules, formant autour de nous un petit couloir vert et humide.
— Peut-être qu'elles le sont, ai-je répondu.
Elle a secoué la tête doucement.
— Non. Elles savent exactement ce qu'elles sont censées faire.
Elle a pris une petite pousse entre ses doigts.
— Elles poussent. Elles cherchent la lumière. Elles vivent tant qu'elles peuvent.
Elle m'a regardé longtemps avant de me répondre.
— Les humains compliquent tout.
Je me souviens m'être senti étrangement nerveux. Comme si la pièce était devenue trop petite. Comme si l'air s'était épaissi.
— Tu penses que je complique les choses ? ai-je demandé.
Elle a hésité. Puis elle a répondu avec cette honnêteté tranquille qui lui appartenait.
— Tu veux partir.
Je n'ai pas nié.
— Oui.
— Et tu veux aussi rester.
Cette fois, je n'ai pas répondu, parce que c'était vrai. Elle avait le don de lire dans mes yeux. Le silence s'est installé entre nous. Un silence dense mais pas inconfortable. On entendait seulement le bourdonnement régulier des lampes et le murmure lointain des systèmes de filtration. Puis elle s'est redressée. Ses cheveux avaient glissé devant son visage, et elle les a repoussés derrière son oreille d'un geste absent. Je l'ai regardée. Vraiment regardée, et soudain j'ai compris quelque chose qui m'avait échappé jusque-là. Si je partais… je perdrais aussi cela. La chaleur de cette pièce. La simplicité de ce moment. Et elle.
— Viens, a-t-elle dit doucement.
Elle m'a pris la main. Ce geste m'a surpris. Elle n'était pas du genre tactile à ses habitudes. Mais cette nuit-là semblait différente, comme si nous sentions tous les deux que le temps s'était mis à courir plus vite. Me serrant la main, elle m'a entraîné à travers les rangées de cultures, vers une petite pièce attenante où les ouvriers se reposaient parfois entre deux cycles de travail. La lumière y était plus faible. Une unique lampe diffusait une clarté dorée. Il y avait un lit étroit, quelques caisses, et l'odeur persistante de la terre humide.
Elle a fermé la porte, et pendant un moment, nous sommes restés là, face à face, sans bouger. Je me souviens du bruit de ma respiration. Trop forte ou trop rapide, mon cœur s'emballait. Elle m'observait comme si elle essayait de mémoriser mon visage pour ne pas l'oublier. J'avais l'impression que c'était peut-être ce qu'elle faisait.
— Demain ils commenceront les sélections, ai-je murmuré.
— Je sais.
— Je pourrais être choisi.
— Je sais.
Ses réponses étaient toujours calmes et toujours simples. Elle s'est approchée lentement, et assez près pour que je sente la chaleur de sa peau.
— Tu as peur ? a-t-elle demandé.
La question m'a surpris car un futur Space Marine ne devait pas avoir peur. Mais cette nuit-là, je n'avais pas encore appris à mentir parfaitement.
— Oui, ai-je avoué.
Elle a délicatement posé sa main sur ma joue, d'un geste doux. Presque fragile comme si elle avait peur de me casser. 
— Moi aussi.
Nos lèvres se sont rencontrées peu après. Je ne me souviens pas vraiment qui a commencé. Je me souviens seulement de la sensation et de la chaleur et aussi de cette certitude étrange que le monde entier avait soudain cessé d'exister au-delà de cette petite pièce.
Le baiser s'est approfondi, passant de la tendresse à l'urgence. Sa bouche s'est ouverte sous la mienne, et nos langues se sont cherchées, explorant, s'apprenant. Mes mains ont quitté son visage pour glisser le long de son dos, sentant la courbe de ses hanches à travers le tissu de sa combinaison. Elle a gémi doucement, un son qui a fait vibrer quelque chose de profond en moi, quelque chose de primal.
Sans rompre le baiser, elle a commencé à défaire la fermeture de mon vêtement. Ses doigts étaient habiles, certains. Le tissu a cédé, et l'air humide de la pièce a effleuré ma peau nue. J'ai fait de même pour elle, dégrafant sa combinaison de culture. Le vêtement a glissé de ses épaules, la révélant dans la lumière dorée. Sa peau était lisse, parsemée des mêmes taches sombres que sur ses bras, comme une carte de son travail. Ses seins étaient fermes, ses tétons durs et dressés, me tendant une invitation muette.
Je l'ai prise dans mes bras et l'ai soulevée. Elle s'est enroulée autour de moi, ses jambes se serrant à ma taille, sa chaleur se pressant contre mon érection déjà dure. Nous avons chuté sur le lit étroit dans un murmure de rires et de respirations haletantes. Le monde extérieur avait disparu. Il n'existait plus, il ne restait que ce lit, cette pièce, et elle.
Je l'ai couverte de baisers, traçant une ligne de feu le long de son cou, sur sa clavicule, jusqu'au creux de ses seins. J'ai pris un téton dans ma bouche, le sucant, le mordillant doucement, tandis que ma main caressait l'autre. Elle a arqué son dos, poussant un cri étouffé, ses doigts s'agrippant à mes cheveux. J'ai continué ma descente, mon ventre plat contre le sien, sentant son cœur battre la chamade contre moi. J'ai déposé des baisers sur son abdomen, sentant les tremblements qui le parcouraient. Mes mains ont écarté ses cuisses, découvrant la chaleur humide qui l'attendait. Son sexe était lisse et déjà gonflé, et je n'ai pas pu résister à l'envie de le goûter.
J'ai posé ma bouche sur elle, ma langue explorant la douceur et la chaleur de ses plis intimes. Elle a crié cette fois, sans se retenir, son corps se tordant sous moi, ses hanches se levant pour rencontrer ma bouche. J'ai trouvé son clitoris, dur et sensible, et je l'ai stimulé avec des mouvements lents et réguliers, la sentant monter, monter, jusqu'à ce qu'une onde de plaisir la submerge. Elle a tressailli, son corps se contractant violemment, puis s'est affaissée sur le lit, la respiration coupée, tremblante.
Je suis remonté vers elle, la couvrant de mon corps. Elle m'a accueilli, ses bras s'enroulant autour de mon cou, ses yeux brillants de larmes et de désir. Sans un mot, elle a guidé mon sexe vers l'entrée du sien. J'ai senti sa chaleur, son humidité, et j'ai poussé lentement, l'introduisant en elle. Elle était incroyablement serrée, et chaque centimètre était une torture exquise. J'ai senti sa résistance céder, puis l'étreinte complète de sa minette sur mon membre.
Nous sommes restés ainsi un instant, immobiles, simplement connectés. Puis j'ai commencé à bouger. D'abord lentement, presque timidement, puis avec une confiance grandissante. Chaque mouvement était une réponse à sa respiration, à ses gémissements, à la manière dont ses hanches s'alignaient sur les miennes. Le rythme s'est accéléré, devenant plus primitif, plus désespéré. Le bruit de nos corps qui s'entrechoquaient, le son de nos respirations haletantes, le murmure de nos noms... tout cela s'est mêlé pour créer une symphonie purement charnelle.
Je l'ai retournée, la plaçant à quatre pattes devant moi. Cette nouvelle position m'a permis d'entrer plus profondément en elle, et elle a poussé un cri de surprise et de plaisir. J'ai pris ses hanches dans mes mains, la tirant contre moi à chaque coup de rein, la regardant se perdre dans l'acte. Sa colonne vertébrale était arquée, sa tête jetée en arrière, ses cheveux collant à son cou couvert de sueur. Elle était magnifique, une déesse primitive offerte à ma fureur.
Je l'ai sentie approcher de l'orgasme une seconde fois. Ses muscles se sont contractés autour de moi, ses gémiments sont devenus plus aigus, plus insistants. J'ai accéléré mon rythme, la poussant vers le bord, jusqu'à ce qu'elle crie mon nom, son corps secoué par une série de spasmes puissants. La vision de son plaisir, la sensation de son vagin qui se contractait autour de mon pénis, a été le déclencheur. Le monde a disparu dans une explosion de lumière et de sensation. J'ai éjaculé en elle, une vague de chaleur la remplissant, mon corps se raidissant dans un spasme intense, avant de s'effondrer sur elle, épuisé.
Nous sommes restés allongés l'un contre l'autre, nos corps nus et en sueur se collant l'un à l'autre, nos cœurs battant à l'unisson. J'étais toujours en elle, et je n'avais aucune envie de bouger. L'odeur de notre nuit d'amour emplissait la pièce, se mêlant à celle de la terre humide.
— Tu vas vraiment partir, a-t-elle murmuré après un long silence, sa voix rauque.
— Oui, ai-je répondu, ma voix tout aussi brisée.
Elle a hoché la tête contre moi.
— Alors souviens-toi de ça.
— De quoi ?
Elle a levé les yeux. Ses yeux brillaient doucement dans la lumière dorée.
— De cette nuit.
Je lui ai promis. À l'époque, je pensais que c'était une promesse simple. Je ne savais pas encore que je la porterais pendant des siècles. Je ne savais pas encore que, même enfermé dans un sarcophage de guerre, même transformé en machine sacrée, même après des milliers de batailles… ce souvenir resterait intact comme une petite braise très fragile mais impossible à éteindre.
Et aujourd'hui encore, dans l'obscurité tiède de mon cercueil de céramite, lorsque les machines se taisent enfin et que la guerre s'éloigne pour quelques instants, c'est cette nuit-là qui revient. La chaleur de sa peau. La douceur de sa voix. Le souvenir écrasant de son corps qui s'offre au mien. Et cette étrange certitude, fugace et parfaite, que pendant quelques heures au moins… j'avais été simplement un homme.
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Oberon
31 mars 2026 à 09:44
C'est doux et bien écrit.
J'aime savoir que dans un univers aussi brutal que celui-ci, ce genre de moments existent aussi.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Frodon
Frodon
23 mars 2026 à 20:53
Une histoire magnufique
Soyez respectueux
Répondre

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