SOUS LA ROBE DE LA MARIÉE
Chapitre 1 · Séduite par sa demoiselle d'honneur
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Vanadis SOUS LA ROBE DE LA MARIÉE XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

SOUS LA ROBE DE LA MARIÉE — Chapitre 1 · Séduite par sa demoiselle d'honneur

32 minutes
19.8k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Vanadis
Vanadis
Histoires publiées
63
Abonnés
289
J'aime cumulés
5.2k

SOUS LA ROBE DE LA MARIÉE

Chapitre 1 · Séduite par sa demoiselle d'honneur

C'était sa nature, dire oui avant que la question soit complètement formulée, sourire avant même de comprendre ce qu'on lui demandait. Alors quand Camille l'avait appelée en mars pour lui annoncer son mariage et lui demander d'être sa demoiselle d'honneur, Mathilde avait dit oui dans les trois secondes, et ce n'est que deux jours plus tard, en raccrochant après un deuxième appel, qu'elle avait compris ce que cela impliquait réellement.
Ça impliquait Sasha.
Sasha Moreau. Trente et un ans, cheveux roux coupés à la mâchoire, yeux verts d'une clarté légèrement inquiétante. La meilleure amie de Camille depuis le lycée, l'autre demoiselle d'honneur désignée, celle qui avait organisé tous les événements précédents avec une efficacité froide et une créativité que Mathilde avait trouvée impressionnante avant de comprendre que cette créativité avait des applications qu'elle n'avait pas anticipées.
Sasha était lesbienne. Pas discrètement, pas dans le sens où ça aurait été quelque chose qu'elle mentionnait en passant. Sasha était lesbienne comme d'autres gens sont architectes ou pianistes, avec une compétence assumée, une spécialisation revendiquée, et une réputation dans le cercle de Camille qui précédait toujours son entrée dans une pièce. Mathilde avait entendu les histoires. Les femmes mariées que Sasha avait séduites aux enterrements de vie de jeune fille. Les hétérosexuelles qui ne l'étaient plus tout à fait après une soirée en sa compagnie. Les regards qu'elle posait sur les femmes et qui duraient exactement une seconde de trop, juste assez pour planter quelque chose, une graine, une question, un malaise productif qui ne ressemblait à rien de ce qu'on avait connu avant.
Mathilde était hétérosexuelle. Elle vivait avec Julien depuis quatre ans. Elle aimait Julien.
Elle se répétait ces trois phrases depuis le mois de mars avec une régularité qui aurait dû l'alerter.
La première fois qu'elle avait vu Sasha après avoir accepté d'être demoiselle d'honneur, c'était lors d'un dîner chez Camille. Sasha était arrivée en retard, avait posé une bouteille de bourgogne sur la table sans s'excuser, et avait serré la main de Mathilde avec une poignée ferme et brève, ses yeux verts qui la regardaient une fraction de seconde trop longtemps avant de se détourner vers Camille. C'était tout. Un regard. Mathilde avait parlé à Julien ce soir-là pendant le trajet de retour, avait dit que le dîner était sympa, que Camille avait l'air heureuse, que la robe de mariée qu'elle avait montrée en photo était magnifique.
Elle n'avait pas mentionné Sasha.
Elle n'avait pas mentionné que dans les toilettes de l'appartement de Camille, pendant les trois minutes où elle avait fermé le verrou et regardé son propre reflet dans le miroir, elle avait pensé à ces yeux verts avec une intensité qui l'avait déstabilisée suffisamment pour devoir reprendre sa respiration avant de retourner à table.
Les semaines suivantes, il y avait eu des préparatifs. Des courses. Des essayages. Des réunions logistiques dans des cafés du onzième arrondissement où Sasha arrivait toujours avec un café commandé avant les autres, un carnet où elle notait des choses en écriture serrée, et cette façon de diriger les conversations sans avoir l'air de les diriger, en posant des questions précises, en écoutant les réponses avec une attention complète qui donnait à l'interlocutrice l'impression d'être la seule personne dans la pièce.
Sasha avait posé cette attention sur Mathilde lors de la deuxième réunion. Avait demandé ce qu'elle faisait dans la vie. Ergothérapeute, avait dit Mathilde. Sasha avait incliné légèrement la tête et posé une question de suivi, puis une autre, et Mathilde s'était entendue parler de son travail avec une fluidité qu'elle n'avait pas avec la plupart des gens, et à un moment, elle avait réalisé que Camille, de l'autre côté de la table, consultait son téléphone et qu'elles étaient en train d'avoir une conversation privée dans un espace public, deux personnes qui se penchaient légèrement l'une vers l'autre sans s'en rendre compte.
Elle avait bu son café d'un trait et changé de sujet.
Le soir même, Julien était rentré tard. Elle était déjà au lit. Elle avait lu deux pages du même paragraphe sans le comprendre, puis posé le livre sur sa table de nuit et regardé le plafond pendant longtemps.
Elle pensait aux mains de Sasha. Ses mains qui tenaient son café, qui tournaient les pages de son carnet, qui avaient serré la sienne lors de la poignée de main du premier soir. Des mains longues et précises, les ongles courts, un anneau fin en argent au majeur de la droite.
Elle était hétérosexuelle. Elle vivait avec Julien depuis quatre ans.
Elle répéta ces phrases deux fois dans le noir et éteignit la lampe.
Lors de la troisième réunion de préparatifs, Sasha avait apporté des échantillons de lingerie. Pour Camille, avait-elle précisé, pour le trousseau, quelques suggestions pratiques, et elle avait sorti d'un sac en papier un assortiment de pièces qu'elle avait disposées sur la table du café avec le même sérieux organisationnel qu'elle apportait aux plans de table et aux menus de réception. Camille avait ri en tenant un body en dentelle contre elle par-dessus son manteau d'hiver, et Sasha avait souri, et Mathilde avait regardé ses mains qui dépliaient les tissus avec cette précision qui la caractérisait.
Puis Sasha avait sorti une dernière pièce. Un ensemble de bas-cuissardes et de porte-jarretelles en soie noire. Elle avait regardé Camille et dit que c'était pour la nuit de noces. Puis elle avait regardé Mathilde et dit, avec ce ton neutre qui contenait toujours quelque chose d'autre :
— Pour les demoiselles d'honneur aussi, le jour du mariage. C'est ma tradition. J'offre à chaque demoiselle d'honneur quelque chose à porter sous sa robe.
Camille avait trouvé ça charmant.
Mathilde avait senti quelque chose descendre lentement dans son ventre.
— Je ne suis pas sûre que ce soit nécessaire, avait-elle dit.
— Ce n'est jamais nécessaire, avait répondu Sasha. C'est juste agréable de savoir ce qu'on porte.
Elle avait soutenu le regard de Mathilde exactement une seconde. Puis elle était passée à la question des fleurs de cérémonie.
Ce soir-là, en rentrant, Mathilde avait retrouvé Julien devant un match de football et s'était assise à côté de lui sur le canapé et avait posé la tête sur son épaule et essayé de ne penser à rien. Il avait passé un bras autour d'elle machinalement, les yeux sur l'écran. Elle avait regardé le plafond par-dessus son épaule.
Elle avait pensé aux bas de soie noire sur la table du café.
Elle avait pensé aux mains de Sasha qui les dépliaient.
Elle s'était levée pour aller aux toilettes et avait découvert qu'elle était légèrement mouillée dans sa culotte, et cette constatation l'avait tellement déstabilisée qu'elle était restée assise sur le bord de la cuvette pendant deux minutes à regarder le sol en carrelage blanc.
Elle était rentrée dans le salon et avait dit à Julien qu'elle allait se coucher, qu'elle était fatiguée.
La nuit avait été longue.
Le shopping de la robe de mariée avait eu lieu un samedi de mai dans une boutique du sixième arrondissement que Sasha avait réservée pour deux heures. Elles étaient trois, Camille, Mathilde, Sasha, et la vendeuse avait la bonne intelligence de disparaître régulièrement, de ne revenir que quand on l'appelait, de comprendre que certaines scènes d'essayage se passaient mieux entre femmes seules.
Mathilde avait essayé sa robe de demoiselle d'honneur en premier. La soie bordeaux, le dos nu, les bretelles fines. Elle avait trouvé la fermeture dans la nuque délicate à manipuler seule, ses doigts qui tâtonnaient dans le vide, et elle était restée dos aux autres pendant une trentaine de secondes avant d'entendre les pas de Sasha derrière elle.
Les mains de Sasha dans sa nuque.
Pas un contact brutal. Le contraire absolu. Les doigts qui trouvaient l'agrafe avec une précision immédiate, qui la fermaient, puis qui s'attardaient, deux secondes, trois, sur la peau entre les bretelles, un mouvement qui n'avait plus rien à voir avec la fermeture d'une robe.
— Voilà, avait dit Sasha.
Sa voix était à dix centimètres de son oreille.
Mathilde avait regardé en face d'elle. Dans le grand miroir de la boutique, elle voyait son propre visage, les joues rouges, les lèvres légèrement entrouvertes, et derrière elle, le visage de Sasha qui la regardait dans le reflet avec cette expression calme et totale.
— Merci, avait dit Mathilde.
Sasha était retournée vers sa propre robe sans un mot de plus.
Mathilde avait regardé son reflet pendant dix secondes. Sa nuque. L'endroit où les doigts avaient été. La trace thermique d'un contact qui avait duré moins d'une minute et qui continuait de rayonner.
Elle avait raté deux répliques de la conversation qui avait suivi.
Dans les semaines qui suivirent, Sasha avait installé un régime de flirt intermittent dont le principe de fonctionnement, Mathilde l'avait compris trop tard, était précisément l'intermittence. Des soirées entières sans le moindre geste, sans la moindre allusion, Sasha concentrée sur les préparatifs, professionnelle, chaleureuse, mais distante, et Mathilde qui attendait quelque chose sans vouloir admettre qu'elle attendait. Puis, brutalement, un contact, une main dans le bas de son dos lors d'une réunion dans un appartement bondé, un regard soutenu par-dessus la table pendant que quelqu'un parlait de traiteur, une remarque à voix basse dans son oreille lors d'un essayage qui contenait un double sens parfaitement dissimulable, mais parfaitement clair.
Chaque fois, Mathilde rentrait chez elle avec quelque chose dans la poitrine qu'elle ne nommait pas.
Chaque fois, Sasha ne rappelait pas dans les jours suivants. Ne faisait pas mention de ce qui s'était passé. Repartait du début comme si rien ne s'était accumulé.
Mathilde avait compris que l'accumulation était le plan.
Ce qu'elle n'avait pas compris, c'est qu'elle l'aidait.
Elle avait commencé à se toucher en pensant à elle. Ça avait commencé comme quelque chose d'accidentel, une nuit de mai, la main qui descendait dans le noir pendant que Julien dormait, et l'image qui surgissait sans qu'elle l'ait convoquée. Elle avait résisté une première fois. Pas la deuxième. Pas la troisième ni les suivantes. C'était devenu une habitude nocturne qu'elle ne s'expliquait pas et ne cherchait pas vraiment à s'expliquer tant que les lumières étaient éteintes et que personne ne voyait.
Dans le fantasme, Sasha ne disait pas grand-chose. C'était ce qui rendait le fantasme précis et efficace, l'absence de discours, juste le regard, juste les mains, juste cette patience d'une femme qui sait qu'elle n'a pas besoin de forcer quoi que ce soit parce que tout vient à elle de toute façon.
Dans le fantasme, c'était Mathilde qui demandait.
Cette inversion lui brûlait quelque chose dans la poitrine chaque fois qu'elle y pensait ensuite dans la lumière du jour. Elle n'était pas femme à demander. Pas comme ça. Pas avec ce mot précis dans la gorge, cette formulation qu'elle se répétait dans le noir les doigts mouillés, s'il te plaît, adressé à quelque chose qui attendait en souriant sans bouger.
Le fantasme s'était précisé au fil des semaines. Il avait acquis des détails que Mathilde n'avait pas délibérément choisis, qui étaient venus s'installer d'eux-mêmes avec la régularité obstinée des choses qu'on ne contrôle pas. Sasha qui la regardait se déshabiller sans rien faire, juste regarder, avec cet inventaire calme et total qui dans le fantasme rendait Mathilde incapable de rester immobile. Sasha qui disait des choses. Des choses précises et humiliantes que Mathilde ne se serait pas crue capable de formuler à voix haute, qui existaient néanmoins dans le silence de sa tête avec une persistance qui l'effrayait légèrement à la lumière du jour et qu'elle attendait avec une impatience qu'elle ne voulait pas examiner.
Julien dormait à côté d'elle pendant ces nuits-là. Il ne savait pas.
L'enterrement de vie de jeune fille avait été organisé par Sasha avec l'aide d'une autre amie de Camille qui avait rapidement abandonné toute responsabilité créative dès qu'elle avait compris que Sasha avait des idées très précises. Elles s'étaient retrouvées à six dans un appartement du Marais loué pour l'occasion, et Sasha avait préparé des cocktails avec une compétence de barmaid et disposé sur la table basse une série d'objets enveloppés dans du papier de soie rose que Camille avait ouverts en riant, les joues de plus en plus rouges au fil des cadeaux.
Mathilde avait bu trois verres. Pas trop, juste assez pour que ses épaules descendent d'un cran, pour que le rire lui vienne plus facilement, pour qu'elle observe Sasha de l'autre côté du canapé avec une liberté qu'elle ne s'autorisait pas sobre.
Sasha, sobre ou presque, elle avait à peine touché à son verre, Mathilde l'avait noté, regardait Camille avec une affection réelle, quelque chose de chaud et de non stratégique qui rendait Mathilde moins méfiante, ou peut-être plus vulnérable, ce qui revenait probablement au même.
À un moment, vers minuit, les autres invitées s'étaient dispersées, deux parties dansaient dans un bar du quartier, une troisième effondrée dans un fauteuil avec son téléphone. Camille somnolait. Sasha et Mathilde s'étaient retrouvées côte à côte sur le balcon, l'air de juin sur leurs bras nus, Paris allumée en dessous.
Sasha fumait. Une cigarette rare, avait-elle dit, les soirées de mariage exceptées. Le mouvement de ses doigts portant la cigarette à ses lèvres, le profil de son visage dans la lumière de la rue, avaient occupé la périphérie de vision de Mathilde pendant les vingt minutes qu'elles avaient passées là.
Elles avaient parlé de choses neutres. De Camille. Du lieu de réception. D'un film qu'elles avaient toutes les deux vu.
Puis Sasha avait tourné la tête vers elle et dit, avec cette neutralité clinique qui caractérisait ses observations les plus déstabilisantes :
— Tu as l'air d'être en train de te battre contre quelque chose.
Mathilde avait ri, un peu trop vite.
— C'est le vin.
— Non, avait dit Sasha simplement, comme on corrige une erreur factuelle.
Elle n'avait pas développé. Elle avait fini sa cigarette et dit qu'elle rentrait vérifier que Camille ne s'était pas endormie pour de bon. Et elle était rentrée, et Mathilde était restée seule sur le balcon à regarder la rue en bas et à comprendre, avec la clarté déplaisante des évidences longtemps repoussées, qu'elle était en difficulté sérieuse.
Deux jours après l'enterrement de vie de jeune fille, Sasha lui avait envoyé un message. Juste : j'ai quelque chose pour toi, pour le mariage. Mathilde avait mis six heures à répondre. Elle avait répondu d'accord. Elles s'étaient retrouvées un soir de la semaine dans un café du dixième, et Sasha avait posé sur la table un petit sac en papier kraft sans rien dire et avait commandé deux cafés comme si c'était une réunion ordinaire.
Dans le sac, il y avait les bas. Les mêmes que ceux montrés lors de la réunion de préparatifs. Soie noire, couture au dos, avec un porte-jarretelles assorti. Et en dessous, enveloppé séparément dans du papier de soie, un deuxième paquet.
— La lingerie, c'est pour porter le jour du mariage, avait dit Sasha. L'autre c'est pour après.
— Après quoi, avait demandé Mathilde.
Sasha avait bu son café sans répondre.
Mathilde avait regardé le paquet enveloppé. Elle ne l'avait pas ouvert ce soir-là. Elle l'avait mis dans son sac et était rentrée chez elle et l'avait posé sur son bureau et l'avait regardé pendant une heure avant de l'ouvrir.
C'était un vibromasseur. Petit, discret, couleur chair, avec une note manuscrite de Sasha qui disait simplement : pour les nuits où tu penses à quelque chose que tu n'arrives pas à nommer.
Mathilde avait relu la note trois fois.
Elle n'avait pas utilisé le vibromasseur ce soir-là. Elle avait utilisé ses doigts comme d'habitude, dans le noir, Julien endormi à côté d'elle, et elle avait pensé à Sasha qui écrivait cette note avec ce sourire qu'elle imaginait parfaitement, et elle avait joui plus vite que d'habitude avec une violence qui l'avait laissée allongée les bras en croix à regarder le plafond.
Julien n'avait pas bougé.
La semaine suivante, il y avait eu l'essayage final. Une boutique du sixième un samedi matin, Camille et les deux demoiselles d'honneur, la vendeuse qui disparaissait avec tact. La robe bordeaux était parfaite. La fermeture dans la nuque se fermait facilement cette fois, Mathilde avait vérifié avant de venir. Elle n'avait pas besoin d'aide.
Elle avait quand même dit qu'elle n'arrivait pas à la fermer.
La pensée l'avait traversée une fraction de seconde avant qu'elle ne le fasse, et elle n'avait pas eu le temps de l'examiner ou de la retenir, juste de constater après coup ce qu'elle avait fait et pourquoi elle l'avait fait, debout dos à la pièce, les bras levés en comédie d'une difficulté inexistante.
Les mains de Sasha dans sa nuque.
Cette fois, elles s'attardèrent plus longtemps. Les doigts descendirent lentement entre les bretelles jusqu'au milieu du dos, remontèrent, un mouvement sans prétexte technique, une caresse pure que personne dans la pièce ne voyait sauf Camille qui regardait dans le miroir et dont l'expression, quand Mathilde la chercha du regard dans le reflet, était parfaitement neutre.
Sasha se pencha légèrement, sa bouche près de l'oreille de Mathilde :
— Belle peau.
Deux mots. Dits à voix très basse. Camille n'avait pas entendu.
Mathilde avait les jambes instables pour le reste de l'essayage.
Ce soir-là, Julien lui avait demandé comment s'était passé l'essayage. Elle avait dit bien, la robe lui allait, Camille était belle. Il avait dit super et ils avaient mangé face à face et parlé d'autre chose, et dans le silence confortable qui avait suivi le dîner, Mathilde avait regardé ses propres mains sur la table et pensé aux mains de Sasha avec une précision de détail photographique, la température exacte, la pression exacte, les deux mots à voix basse, et avait dû faire un effort conscient pour suivre ce que Julien disait.
La nuit avait été longue. Le vibromasseur était dans le tiroir de son bureau. Elle avait résisté.
Elle n'avait pas résisté à ses doigts.
Deux jours avant le mariage, Sasha avait cessé tout contact. Plus de messages, plus de réunions, plus de regards de deux secondes de trop. Mathilde lui avait envoyé un message pratique concernant les horaires du matin, une question légitime, rien qui puisse ressembler à ce que c'était, et Sasha avait répondu avec une brièveté administrative qui avait laissé Mathilde à regarder son téléphone pendant cinq minutes sans comprendre ce qu'elle ressentait.
Ce qu'elle ressentait ressemblait à du manque.
Elle avait posé son téléphone sur la table et était allée se faire couler un bain et avait passé quarante minutes dans l'eau chaude à faire l'inventaire de sa propre situation avec une honnêteté qu'elle s'était jusqu'ici refusée. Elle était hétérosexuelle. Elle allait peut-être se marier dans deux ans, Julien avait évoqué le sujet deux fois cette année. Elle était demoiselle d'honneur au mariage d'une amie. Et elle était en train de manquer les attentions d'une femme qu'elle connaissait depuis quatre mois, avec qui elle n'avait eu aucun contact physique au-delà d'une main dans la nuque, et cette absence lui manquait avec une intensité qu'elle ne pouvait plus raisonnablement attribuer à quoi que ce soit d'autre qu'à ce qu'elle savait que c'était.
Elle était sortie du bain, s'était séchée, était retournée dans le salon.
Julien dormait sur le canapé devant la télévision.
Elle l'avait regardé une longue minute. Ce visage familier, ce corps qu'elle connaissait entièrement, quatre ans de confort et d'affection solide et de sexe satisfaisant, mais jamais de cette brûlure, jamais de cette attente qui rendait les jambes instables, jamais de deux mots à voix basse dans une boutique d'essayage qui continuaient de résonner deux jours plus tard.
Elle était allée se coucher seule.
Le matin du mariage, Mathilde était arrivée à la salle de préparation avec quarante minutes d'avance. Elle ne dormait plus très bien depuis plusieurs semaines, pas d'insomnie franche, plutôt une qualité de sommeil dégradée, des réveils à trois heures du matin dans le noir avec une pensée qui attendait là comme si elle n'avait jamais disparu. Ce matin-là, elle s'était habillée dans le silence de l'appartement pendant que Julien dormait encore, avait enfilé les bas de soie noire et le porte-jarretelles que Sasha lui avait offerts, avait regardé le résultat dans le miroir de la salle de bains pendant une longue minute.
Elle avait mis le bas de la robe bordeaux par-dessus.
Elle savait ce qu'elle portait.
La salle de préparation était une sacristie transformée pour l'occasion, hauts plafonds, lumière de juin par des fenêtres étroites, un canapé et une coiffeuse et des portants sur lesquels les robes attendaient dans leurs housses. Camille était là, déjà à moitié habillée, sa mère en train de lui faire quelque chose à la coiffure avec une concentration de chirurgien. Sasha était dans un coin, en robe dorée, qui répondait à un message sur son téléphone.
Elle avait levé les yeux quand Mathilde était entrée. Ce regard bref et direct.
Pas de sourire. Juste le regard.
Mathilde avait posé son sac et dit bonjour à tout le monde et commencé à s'occuper de quelque chose qui ne nécessitait pas d'occuper ses mains, ce qui n'était pas simple.
Dans l'heure qui suivit, Sasha avait, avec une efficacité logistique qui ne devait décidément rien au hasard, redistribué les tâches de la matinée. La mère de Camille était partie vérifier l'installation florale. Une des autres demoiselles d'honneur était allée récupérer quelque chose à l'hôtel voisin. Une autre accueillait les premiers invités dans l'église. La troisième avait une course à faire dont Mathilde n'avait pas retenu le prétexte.
Camille était allée aux toilettes.
Elles étaient seules.
Sasha rangea son téléphone. Regarda Mathilde avec cette expression qu'elle connaissait maintenant dans ses moindres nuances, ce calme d'une personne qui a tout le temps du monde.
— Tu portes les bas, dit-elle.
Pas une question.
Mathilde sentit quelque chose tomber dans son ventre.
— Comment tu sais.
— Je sais.
Mathilde ne dit rien. La lumière de juin par les fenêtres étroites. Le silence de la sacristie que traversait, de loin, le son de l'orgue en train de se chauffer.
Sasha s'approcha d'elle. S'arrêta à une distance qui n'était plus celle d'une conversation ordinaire.
— Tu as réfléchi à ce que je t'avais demandé, dit-elle.
— Tu ne m'as rien demandé.
— Si. Juste pas avec des mots.
C'était vrai. Mathilde le savait depuis des semaines, depuis le balcon, depuis les deux mots dans la boutique d'essayage. La question avait été posée dans un langage auquel elle avait répondu chaque nuit dans le noir depuis mai, et elles le savaient toutes les deux.
— Je suis hétérosexuelle, dit Mathilde. Sa voix était plus calme qu'elle ne l'aurait cru.
— Je sais, dit Sasha.
— Julien...
— N'est pas là.
Ce n'était pas une invitation. C'était un fait. Et les faits de Sasha avaient cette qualité particulière, ils ne forçaient rien, ils constataient simplement, et c'était précisément ce qui les rendait impossibles à contredire.
Les mains de Sasha se posèrent sur ses hanches par-devant, une pression ferme et directe, et elle la tourna lentement jusqu'à ce que Mathilde soit dos à elle, et Mathilde sentit dans son dos la chaleur de son corps à travers le tissu doré, et les mains remontèrent lentement sur ses côtes, sur sa cage thoracique, et s'arrêtèrent juste en dessous de ses seins.
Mathilde ferma les yeux.
— Dis-moi ce que tu veux, dit Sasha contre sa tempe.
— Je ne sais pas, dit Mathilde.
— Si.
Les mains remontèrent d'un centimètre.
— Toi, dit Mathilde. Sa voix était à peine audible. Je veux toi.
Sasha ne dit rien pendant trois secondes. Ses mains se posèrent sur les seins de Mathilde à travers le tissu de la robe, une pression lente et complète, et Mathilde retint un son qui était presque sorti.
— Dis-moi ce que tu mérites, dit Sasha doucement.
La phrase traversa quelque chose de précis dans le centre de Mathilde, une chaleur directe et anatomique.
— Je ne comprends pas...
— Si. Dis-moi ce que tu mérites pour avoir attendu si longtemps sans rien dire.
Mathilde avait les joues en feu. Sa culotte était trempée contre ses cuisses, elle en était consciente depuis ce matin dans la salle de bains, depuis qu'elle avait enfilé les bas, depuis le regard de Sasha quand elle était entrée dans la pièce. Elle avait conscience d'elle-même d'une façon nouvelle et légèrement insupportable, son propre désir rendu visible, nommable, posé là entre elles deux.
— D'être punie, dit-elle. Les mots sortirent seuls, creusés depuis des semaines de nuits dans le noir, et elle ne put pas les retenir.
Sasha sourit contre sa nuque. Ce sourire qu'elle avait imaginé cent fois.
— Bonne fille.
Les deux mots produisirent un effet qu'elle ne chercha pas à analyser. Ses genoux cédèrent d'un millimètre, imperceptiblement. Elle posa une main sur le mur devant elle.
Sasha la guida doucement vers le canapé. La fit asseoir avec une pression des mains sur ses épaules. Mathilde obéit parce que Sasha le lui disait sans le dire, et cette obéissance la brûlait d'une honte qu'elle ne voulait pas nommer, mais qu'elle ne voulait pas faire cesser.
Sasha s'agenouilla devant elle. Ses mains remontèrent sous la robe bordeaux, le tissu qui glissait sur ses bas, les paumes qui remontaient l'intérieur de ses cuisses avec une lenteur qui rendait Mathilde incapable de rester immobile.
— S'il te plaît, dit Mathilde.
— S'il te plaît quoi.
— Touche-moi.
— Tu mérites que je te touche ?
La question était infâme et parfaite. Mathilde l'avait entendue dans sa propre tête pendant des mois. Elle la connaissait par cœur.
— Non, dit Mathilde.
— Non ?
— Non. Mais s'il te plaît quand même.
Sasha écarta sa culotte d'un geste de deux doigts, et le contact de l'air sur sa chatte trempée fit fermer les yeux à Mathilde instantanément. Puis la bouche de Sasha.
Rien dans l'expérience de Mathilde ne l'avait préparée à la bouche de Sasha. Pas les années avec Julien, pas ce qu'elle s'imaginait, pas les nuits à se toucher dans le noir avec son propre fantasme pour seul outil de comparaison. Il y avait une compétence dans cette bouche, quelque chose de précis et patient, une langue qui connaissait exactement la géographie de ce qu'elle explorait et ne se pressait pas parce qu'elle n'avait pas besoin de se presser.
— Mon Dieu, souffla Mathilde.
— Chut, dit Sasha contre elle.
La vibration du mot produisit quelque chose d'involontaire dans ses jambes. Elle posa sa main dans les cheveux roux de Sasha, pas pour diriger, juste pour tenir quelque chose, un point d'ancrage dans ce qui lui arrivait.
Sasha travaillait avec une concentration absolue, et ce que Mathilde ne pouvait pas supporter c'était l'humiliation de sa propre réponse, à quel point son corps était évident, à quel point elle mouillait, le son que ça faisait dans le silence de la pièce, la façon dont ses hanches cherchaient la bouche de Sasha sans que sa volonté y soit pour quoi que ce soit.
Puis Sasha s'arrêta. Elle leva les yeux vers elle avec cette expression de quelqu'un qui tient quelque chose.
— Tu vois, dit-elle, tu es une petite salope qui attendait ça depuis des mois.
La phrase traversa Mathilde de haut en bas. Elle ne dit rien.
— Dis-le.
— Je...
— Entièrement.
— Je suis une petite salope qui attendait ça depuis des mois, dit Mathilde dans le silence de la sacristie, et ces mots dans sa propre voix produisirent une contraction immédiate que Sasha sentit et à laquelle elle répondit en reprenant avec exactement cette pression, exactement là, et Mathilde sentit que ça n'allait pas tarder.
Sasha glissa deux doigts à l'intérieur d'elle, un mouvement lent et précis, et ce débordement de sensation simultanée, la bouche et les doigts, la langue sur son clitoris et cette plénitude intérieure, fit monter Mathilde avec une rapidité qui ne lui laissa pas le temps de se préparer.
Puis Sasha fit quelque chose d'inattendu. Elle remonta lentement le long du corps de Mathilde, l'embrassa dans le cou d'abord, puis sur la bouche, et Mathilde goûta sa propre saveur sur les lèvres de Sasha avec une stupéfaction qui ne dura qu'une seconde avant de laisser place à autre chose. Sasha se redressa et dit, d'une voix basse et directe :
— Maintenant, tu vas me rendre la pareille.
Ce n'était pas une question. Pas davantage une suggestion.
Sasha s'allongea sur le canapé et attira Mathilde par les hanches avec une autorité tranquille qui ne laissait aucune ambiguïté sur ce qu'elle attendait. Elle la fit pivoter, la positionna au-dessus d'elle, et pendant quelques secondes, Mathilde comprit exactement la géométrie de ce qui était proposé, le visage de Sasha entre ses cuisses, sa propre bouche au niveau du sexe de Sasha, leurs corps inversés et parallèles dans le silence de la sacristie.
Elle n'avait jamais fait ça. Jamais imaginé faire ça. Ou peut-être si, dans les marges de ses fantasmes nocturnes, dans ces moments juste avant le sommeil où les images arrivaient sans permission.
Sasha n'attendit pas. Sa bouche reprit exactement là où elle avait laissé, et la sensation fut si immédiate et si précise que Mathilde s'affaissa légèrement, les mains sur les cuisses de Sasha pour se stabiliser, et se retrouva face à ce qu'elle était censée faire.
Elle le fit.
Maladroitement d'abord, avec cette incertitude de quelqu'un qui apprend une langue qu'il a seulement entendue de loin. Puis moins maladroitement. Sasha répondit à ses hésitations par de petits sons étouffés qui lui indiquaient ce qui fonctionnait, et Mathilde s'aperçut qu'elle savait plus de choses qu'elle ne le croyait, que quelque chose d'intuitif fonctionnait là où le raisonnement aurait été trop lent, et que le goût et l'odeur du sexe de Sasha avaient quelque chose d'immédiatement addictif qui lui coupait la capacité de penser à quoi que ce soit d'autre.
Le son que faisait Sasha contre elle quand elle faisait quelque chose de précis. La façon dont les cuisses de Sasha se resserraient légèrement autour de sa tête quand elle trouvait le bon angle. L'humiliation splendide d'apprendre quelque chose de nouveau dans cette position spécifique, le visage enfoui entre les jambes d'une femme pendant qu'on vous mangeait avec l'expertise de quelqu'un qui savait exactement ce qu'elle faisait.
Sasha s'arrêta de nouveau. Sa voix, légèrement altérée pour la première fois de la matinée :
— Tu es naturellement douée pour sucer une chatte, pour une hétéro.
La phrase était délibérément dégradante et parfaitement efficace. Mathilde sentit une poussée de honte chaude et une poussée de désir exactement simultanées, indiscernables l'une de l'autre.
— Continue, dit Sasha.
Elle continua.
Ce qui suivit fut une longue minute d'une réciprocité que Mathilde n'aurait pas pu décrire avec des mots précis, une simultanéité de sensations reçues et données qui brouillait les frontières habituelles entre ce qu'on fait et ce qu'on subit. La langue de Sasha sur son clitoris qui exactement correspondait à ce que sa propre langue cherchait. Les hanches de Sasha qui bougeaient imperceptiblement sous sa bouche pendant que les siennes faisaient la même chose. Deux corps accordés dans quelque chose de mutuel et de précis qui n'avait rien de la maladresse qu'elle aurait anticipée.
La montée fut progressive et inexorable. Mathilde la sentit venir de loin, cette fois, avec le temps de la reconnaître et de savoir ce qu'elle était, et elle ne la retarda pas parce qu'il n'y avait plus de raison de retarder quoi que ce soit.
Elle jouit, la bouche toujours sur Sasha, le son étouffé dans la chair, les contractions longues et régulières qui repartaient juste quand elle croyait qu'elles finissaient, ses jambes tremblant de cette vibration fine et incontrôlable. Elle sentit quelque chose couler chaud sur le visage de Sasha et n'eut pas la force d'en être embarrassée.
Quelques secondes plus tard, Sasha suivit. Pas de façon spectaculaire, pas avec bruit, mais avec cette précision caractéristique qui lui appartenait, les muscles de ses cuisses qui se contractaient autour de la tête de Mathilde, un son bref et étouffé, une main qui appuya fermement sur la nuque de Mathilde pendant quelques secondes avant de relâcher.
Puis le silence.
Mathilde ne bougea pas immédiatement. Elle resta là où elle était, la joue contre la cuisse de Sasha, les yeux fermés, dans cet espace particulier qui suit certaines choses et qui n'a pas de nom exact.
Sasha attendit. Puis elle dit, de cette voix redevenue calme :
— Comment tu vas.
Le changement de registre prit Mathilde par surprise. Elle mit quelques secondes.
— Je ne sais pas encore.
— C'est honnête.
Sasha se leva avec cette aisance tranquille d'une femme dans son élément, ajusta sa robe dorée, alla vers la coiffeuse, prit quelques mouchoirs et les tendit à Mathilde sans cérémonie. Mathilde pensa que ce geste, cette désinvolture pratique et non sentimentale, était peut-être la chose la plus intimement déstabilisante de toute la matinée.
— Tu sais que tu n'es pas la première hétérosexuelle que j'ai, dit Sasha en se réajustant devant le miroir.
— Je sais. J'avais entendu.
— Et tu sais ce qu'elles ont toutes en commun.
— Quoi.
Sasha la regarda dans le miroir.
— Aucune n'est repartie en pensant que c'était la dernière fois.
Mathilde ne répondit pas.
La porte s'ouvrit. Camille, rayonnante dans sa robe blanche, qui revenait des toilettes avec sa traîne relevée sur un bras.
— Vous êtes prêtes ? Mon Dieu, Mathilde, tu es rouge comme une pivoine.
— C'est la chaleur, dit Sasha avant que Mathilde puisse répondre. J'ai ouvert la fenêtre.
Camille accepta cette explication avec la disponibilité d'une mariée le jour de son mariage, dont l'attention est focalisée sur des choses infiniment plus importantes que le teint de ses demoiselles d'honneur.
Les autres revinrent progressivement. La sacristie se remplit de voix et de bruissements de tissu. Mathilde se leva, se remaquilla devant le petit miroir qu'elle avait dans son sac, vérifia que rien ne paraissait. Elle avait les joues encore légèrement roses. Ses jambes n'étaient pas tout à fait fiables.
Elle croisa le regard de Sasha une fois dans l'agitation des préparatifs finaux.
Sasha haussa légèrement un sourcil.
Mathilde regarda ailleurs.
La cérémonie se déroula normalement. Mathilde marcha dans l'allée, tint le bouquet, sourit aux photos. Elle regarda Camille prononcer ses vœux sous les vitraux et ressentit quelque chose de réel et de non ambigu, une émotion sincère pour cette amie heureuse dans sa robe blanche, et cette émotion coexistait sans se contredire avec tout le reste, ce qu'elle portait sous la robe bordeaux, la chaleur persistante entre ses cuisses, la conscience aiguë de la silhouette dorée deux rangs derrière elle dans le chœur.
Pendant le cocktail, dans le parc du château de réception, Julien l'avait retrouvée contre une fenêtre avec deux coupes de champagne et ce sourire qu'elle connaissait depuis quatre ans. Il était beau, ce sourire. Elle l'aimait encore.
Il dit quelque chose sur le château, sur la cérémonie, sur combien Camille était belle. Mathilde dit oui, elle est magnifique, et but une gorgée de champagne, et sourit, et écouta.
De l'autre côté de la pelouse, Sasha parlait avec un groupe de gens qu'elle ne connaissait pas, à l'aise avec l'inconnu comme elle l'était avec tout, une coupe dans une main, l'autre dans la poche de sa robe dorée. Elle riait à quelque chose. Sa tête penchée légèrement en arrière dans la lumière de l'après-midi.
Elle ne regardait pas vers Mathilde.
Elle n'avait pas besoin de regarder.
Mathilde finit sa coupe. Julien lui parla d'autre chose. Elle répondit.
La note était dans sa tête, cette formulation précise qu'elle avait relue depuis des semaines jusqu'à la connaître par cœur. Pour les nuits où tu penses à quelque chose que tu n'arrives pas à nommer.
Elle pouvait le nommer maintenant. Elle savait exactement ce que c'était.
Julien prit sa main dans la sienne. Elle serra ses doigts.
De l'autre côté de la pelouse, Sasha leva les yeux vers elle une fraction de seconde, juste une, et se détourna.
Plus rien ne serait comme avant. Mathilde le savait avec la même certitude tranquille que celle avec laquelle Sasha savait les choses.
Ce n'était pas une catastrophe.
C'était juste vrai.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
L'auteur n'a pas encore précisé si une suite est prévue.

Commentaires ()

Passer les 6 commentaires
Photo de profil de Docsevere
Docsevere
10 juillet 2026 à 15:17
Écrite avec une progression calculée et une précision chirurgicale.
De la sensualité et une séduction machiavélique. On sent que la relation D/S va évoluer...
Soyez respectueux
Répondre
Cithereion
9 juillet 2026 à 09:13
Quelle IA doit-on féliciter pour cette belle histoire ? Je pencherais pour Claude.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Moutcho
Moutcho
9 juillet 2026 à 07:32
Excellent j'espère qu'il y aura une suite
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de assas78
assas78
8 juillet 2026 à 22:56
Superbe histoire
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de jane.mourvedre
jane.mourvedre
8 juillet 2026 à 15:31
C’est beau, c’est long et pourtant aucun mot n’est superflu. Quand l’emprise devient une évidence et le doute une promesse
Merci, sans doute une de vos plus belle contributions
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Phil18
Phil18
8 juillet 2026 à 14:51
Très bien écrit sans vulgarité et beaucoup de sensualité on imagine facilement une suite où Mathilde croise Sasha par hasard j'ai beaucoup aimé.
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Sarafire Le passé de Sara : Sara XSTORY
Le passé de Sara : Sara
Chapitre 8
Par Sarafire
11
4
2.5k
Hétéro
✦ Sarafire Les Choix de Sara XSTORY
Les Choix de Sara
Chapitre 2
Par Sarafire
31
2
6.9k
Hétéro
✦ Haleros Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas XSTORY
Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas
Chapitre 2
Par Haleros
156
17
8.4k
Lesbiennes
✦ Fred Becq Alyssa XSTORY
Alyssa
Chapitre unique
Par Fred Becq
63
3
5.3k
Lesbiennes
✦ Haleros Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas XSTORY
Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas
Chapitre 4
Par Haleros
134
14
7.6k
Hétéro
✦ Haleros Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas XSTORY
Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas
Chapitre 3
Par Haleros
132
11
7.1k
Lesbiennes
✦ Sarafire Les Choix de Sara XSTORY
Les Choix de Sara
Chapitre 1
Par Sarafire
78
4
7.3k
Hétéro
✦ Mlle_Helened Ma voisine Mathilde XSTORY
Ma voisine Mathilde
Chapitre unique
Par Mlle_Helened
354
15
49.1k
Lesbiennes

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio