Pirates en manque de chatte : Concours de foutre pour la Nympho
Chapitre 2
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✦ MrPanda Pirates en manque de chatte : Concours de foutre pour la… XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Pirates en manque de chatte : Concours de foutre pour la Nympho — Chapitre 2

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Pirates en manque de chatte : Concours de foutre pour la Nympho

Chapitre 2

Le soleil déclinait sur Tortuga comme une pièce d'or fondant dans la mer, peignant le port de Cayonne d'une lumière rouge sang. Le Requin Noir glissa enfin entre les coques pourries des autres navires, galions échoués, bricks en réparation, goélettes chargées de rhum, et jeta l'ancre dans une baie puante où flottaient des débris de bouteilles, des restes de fruits pourris et parfois un cadavre oublié. L'air était lourd : odeur de goudron bouillant, de poisson séché, de sueur et de poudre à canon, mêlée au parfum sucré des fleurs de frangipanier qui poussaient même sur ce cloaque.
Dès que les amarres furent fixées, une clameur monta du pont. Une dizaine de marins se précipitèrent vers la passerelle, sacs sur l'épaule, déjà rêvant de tavernes, de rhum et de femmes.
— Holà ! tonna Crowe depuis la dunette, la voix coupante comme un coutelas neuf. Pas un seul pied à terre avant que le nouveau capitaine soit nommé ! Tout homme qui touche le quai avant l'aube sera disqualifié d'office. Ni part du butin, ni droit à l'épreuve. Vous m'avez compris ?
Un silence pesant tomba. Les plus impatients, un jeune Anglais roux et un quarteron à la cicatrice sur la joue, hésitèrent sur la planche, regardant avec envie les lumières des bouges qui s'allumaient déjà sur la colline. Puis ils reculèrent. L'or valait plus qu'une nuit de débauche prématurée. Chacun se convainquit qu'il serait celui que Bonnie désignerait. Black Tom bomba le torse, Jacques caressa sa moustache, Diego cracha par-dessus bord avec un sourire fourbe. L'avidité l'emporta sur l'impatience.
Crowe, accoudé au bastingage, scrutait la foule bigarrée qui grouillait sur les quais : marchands criards, négresses portant des corbeilles de mangues, soldats espagnols ivres titubant entre les étals, prostituées déjà à l'œuvre contre les murs. Il repéra enfin ce qu'il cherchait : un gamin maigre, pieds nus, aux cheveux emmêlés par le sel, qui courait entre les jambes des adultes en mendiant des miettes.
— Hé, petit ! lança le capitaine en faisant tinter une pièce d'argent entre ses doigts.
Le garçon leva la tête, les yeux brillants.
— Une pièce pour toi, mon garçon, si tu portes un message. Et une deuxième si tu ramènes la personne jusqu'ici.
L'enfant grimpa l'échelle comme un singe et tendit la main.
— Va chercher Bonnie la Bleutée. Tu la connais ? Tout le monde la connaît ici. Dis-lui que le Requin Noir vient d'accoster et que sa présence est requise à bord pour une tâche de la plus haute importance. Ajoute bien ceci : si elle accepte de venir, elle aura l'équipage le plus en rut de tout Tortuga à sa disposition, prêt à combler ses moindres désirs, toute la nuit s'il le faut. Sois convaincant, jeune homme. Parle-lui de marins privés de femmes depuis des mois, forts comme des taureaux et riches comme des vice-rois. Ramène-la, et tu auras ta seconde pièce.
Le gosse empocha l'argent, fit un salut moqueur et disparut dans la cohue.
L'attente commença.
Pour Crowe, chaque minute était une épreuve. Il arpentait la dunette, les doigts crispés sur la rambarde, écoutant les murmures de l'équipage qui s'impatientait. Le plan reposait tout entier sur Bonnie. Si elle ne venait pas, ou si elle refusait le jeu, la mutinerie éclaterait avant le lever du jour. Il avait vu des capitaines plus rusés que lui finir avec une balle dans la nuque pour moins que cela. Il jeta un regard vers la cale : les coffres étaient toujours là, gardés par ses deux fidèles, deux mulâtres muets qu'il avait sauvés de la potence à Saint-Domingue. Mais deux hommes ne feraient pas le poids contre quarante enragés.
Le crépuscule s'épaissit. Des torches s'allumèrent sur le quai. Des chants ivres montaient des tavernes. L'équipage, pour tromper l'attente, avait sorti les barriques de rhum capturé sur le galion. Les voix devenaient plus fortes, les rires plus gras. Certains commencèrent à se vanter bruyamment de leurs futures prouesses.
Et puis elle apparut.
D'abord une silhouette élancée et gracieuse qui se détachait dans la lumière vacillante des torches, puis le bruit léger de bottes souples sur le bois du ponton. Bonnie la Bleutée avançait d'un pas ondulant, assurée et provocante, suivie par le gamin qui trottinait pour ne pas se faire distancer. Elle portait une chemise blanche échancrée aux manches bouffantes qui moulait sa poitrine généreuse et ferme, un corset lacé serré soulignant sa taille fine et ses hanches ondoyantes, et une jupe fendue révélant des jambes longues gainées de bas rayés. Ses cheveux blonds, d'un or pâle comme le sable des plages vierges, cascadaient librement sur ses épaules, encadrant un visage aux traits délicats et sensuels : lèvres pulpeuses naturellement rougies, peau laiteuse légèrement hâlée par le soleil des tropiques. 
Mais ce qui captivait tous les regards, c'était ses yeux, d'un bleu profond et électrique, outrageusement soulignés d'un fard indigo qu'elle appliquait avec excès, traçant des lignes épaisses jusqu'aux tempes, comme un masque de sirène ou de déesse païenne. Ce maquillage bleu, audacieux et inhabituel dans ces contrées, lui valait son surnom et faisait d'elle une vision envoûtante, presque surnaturelle sous les flammes dansantes.
— Alors, mon petit, demanda-t-elle au gosse en arrivant au pied de la passerelle, d'une voix chaude et sensuelle, où est cet équipage que tu m'as promis ? J'espère que t'as pas exagéré, sinon je te botte le derrière jusqu'à la prochaine marée !
L'enfant désigna le Requin Noir d'un grand geste. Une ovation éclata aussitôt depuis le pont. Hourras, sifflements, cris obscènes : tout l'équipage s'était massé au bastingage, les yeux brillants de désir.
On déroula la passerelle. Le petit récupéra son dû avant de filer en douce. Bonnie monta à bord avec une démarche souple et assurée, sa jupe claquant légèrement contre ses cuisses. Dès qu'elle posa le pied sur le pont, une clameur l'accueillit.
— Bonnie ! Bonnie !
Elle tourna lentement sur elle-même, les mains sur les hanches, embrassant du regard la troupe de pirates hirsutes et excités, un sourire en coin aux lèvres.
— Quel accueil, mes beaux ! Ça fait plaisir de voir qu'on apprécie encore Bonnie la Bleutée à sa juste valeur. Vous avez l'air d'avoir faim, les gars… une faim de loup !
Crowe s'avança, ôta son tricorne et, avec une galanterie exagérée, prit sa main fine pour y déposer un baiser.
— Dame Bonnie, votre réputation vous précède jusqu'aux côtes du Pérou. Je suis le capitaine Elias Crowe, pour vous servir… du moins pour ce soir.
Elle éclata d'un rire cristallin et provocant qui fit onduler sa poitrine.
— Capitaine, hein ? On m'a parlé d'une affaire de la plus haute importance. J'espère que c'est pas juste pour me faire perdre mon temps, parce que j'ai déjà trois invitations ce soir, et des clients qui payent, eux !
Avant que Crowe puisse répondre, Black Tom s'avança, torse bombé, tatouages luisants de sueur.
— L'affaire, c'est qu'on a eu une petite discussion en mer avec les gars. On va changer de capitaine. Comme c'est moi le plus fort, la place devrait me revenir, mais y a eu un souci…
— Ta gueule, Tom ! coupa Jacques le Français en le poussant du coude. C'est moi qui devrais être capitaine ! Je suis le plus rusé. Tu te rappelles cette fois à La Havane, quand j'ai convaincu le gouverneur espagnol qu'on était des marchands hollandais ? Sans moi, on finissait tous pendus !
Diego cracha par terre et s'avança à son tour, les yeux noirs de colère.
— N'importe quoi ! Si je n'avais pas été là, on se serait fait attraper par la marine royale trois fois déjà. C'est moi qui sens les patrouilles à dix lieues. C'est moi qui devrais commander !
En un instant, ce fut la cacophonie. Chaque homme voulut prendre la parole, hurlant ses mérites, attrapant son voisin par le col, brandissant le poing. Les insultes volèrent : « Chien galeux ! », « Fils de pute espagnole ! », « Traître anglais ! », tandis que les sabres cliquetaient contre les boucles de ceinture.
Crowe leva les deux bras. Sa voix claqua comme un coup de fouet.
— Silence, bande de porcs ! Voilà précisément l'affaire qui nous occupe !
Le calme revint peu à peu. Les regards se tournèrent vers Bonnie qui observait la scène avec un sourire amusé et magnétique, une main sur la hanche.
— C'est là que vous entrez en scène, gente dame, reprit Crowe. Si vous le voulez bien, chaque matelot ici présent aura son moment avec vous, dans la cabine du capitaine, pour vous montrer sa… vigueur. Cela prendra la nuit s'il le faut. Au petit matin, il vous reviendra de choisir le meilleur amant. Celui que vous désignerez deviendra le nouveau capitaine du Requin Noir, avec ma part du butin en prime.
Un silence stupéfait s'abattit, immédiatement suivi par une explosion de joie brute. Les hommes hurlèrent leur approbation, tapant du pied, se donnant des claques dans le dos. Bonnie, elle, éclata d'un rire sensuel et profond qui fit frissonner l'équipage entier.
— Eh ben… voilà une proposition qu'on ne me fait pas tous les jours ! Toute une nuit avec l'équipage le plus en rut des Caraïbes, et en plus je choisis le capitaine ? Mes beaux, vous savez parler à une femme !
Elle passa lentement en revue les visages excités, les corps musclés par des mois de manœuvres et de combats, les regards brûlants de désir.
— J'accepte, dit-elle enfin, ses yeux bleus fardés pétillant de malice. Mais à une condition : pas de tricherie, pas de bagarre pendant que l'un est avec moi. Et du rhum. Beaucoup de rhum.
Crowe s'inclina.
— Tout ce que vous voudrez, dame Bonnie.
Bonnie saisit une grosse chope de rhum que quelqu'un lui tendait, la vida d'un trait long et gourmand, puis essuya ses lèvres du dos de la main. Un sourire large éclaira son visage encore maquillé d'indigo.
— Vous savez où me trouver, les gars, lança-t-elle d'une voix claire et joyeuse. Dans la cabine du capitaine. Un par un, sans bousculade. Et que le meilleur gagne.
Un hourra monta du pont, suivi d'un tirage au sort rapide avec des morceaux de corde nouée. L'ordre fut fixé. Les hommes formèrent une file désordonnée le long du bastingage, certains déjà occupés à dénouer leur ceinture, d'autres à échanger des paris à voix basse.
Le premier fut un jeune Anglais roux nommé Wilkins. Il entra nerveux, les mains tremblantes. À peine la porte refermée, les autres collèrent l'oreille contre le bois. On entendit des froissements d'étoffe, un soupir étouffé, puis un grognement bref. Moins d'une minute plus tard, Wilkins ressortit, le visage rouge comme une écrevisse, rajustant son pantalon. Des éclats de rire fusèrent.
— Record de vitesse, celui-là ! cria un quartier-maître. T'as même pas eu le temps de saluer la dame !
Wilkins haussa les épaules, gêné mais fier malgré tout, et alla se servir du rhum.
Suivit un Hollandais trapu, Hans, qui choisit de prendre Bonnie par-derrière, penché sur la table de cartes. Les coups sourds contre le bois rythmèrent la nuit naissante. Quand il sortit, il marcha d'un pas lourd, satisfait.
— Solide comme un mât de misaine, commenta-t-il simplement.
Les autres approuvèrent d'un grognement.
Deux matelots, des jumeaux irlandais aux cheveux noirs et aux cicatrices identiques, s'approchèrent timidement de Crowe une fois leur tour proche.
— Capitaine… on préférerait y aller à deux. Pour se donner du courage, vous voyez.
Leur voix tremblait un peu. Bonnie, qui avait entrouvert la porte pour reprendre l'air, entendit la demande. Elle passa la tête dehors, les cheveux en désordre, la chemise déjà ouverte.
— Laissez-les venir ensemble, ça m'amuse, dit-elle en riant. J'ai de la place pour deux.
Les jumeaux entrèrent donc côte à côte. On entendit d'abord des rires étouffés, puis des bruits confus de chairs qui se cherchent. Ils ressortirent une demi-heure plus tard, épuisés, bras dessus bras dessous, le sourire béat.
— Elle nous a guidés avec prouesse à travers les récifs, raconta l'un.
L'autre hocha la tête sans ajouter un mot.
Jacques le Français prit son tour ensuite. Il entra avec une assurance tranquille, referma la porte doucement. Très vite, les cris de Bonnie traversèrent les cloisons, aigus, prolongés, presque chantants. L'équipage sur le pont se tut, impressionné. Quand Jacques ressortit enfin, la chemise ouverte et la moustache en bataille, il salua d'un geste théâtral.
— Messieurs, l'art français a encore frappé, déclara-t-il.
Un tonnerre d'applaudissements et de sifflets salua sa sortie. Plusieurs hommes lui tapèrent dans le dos, mi-admiratifs, mi-envieux.
Diego, l'Espagnol, entra ensuite. Il resta longtemps. Les bruits furent différents : rythme lent d'abord, puis accéléré, ponctué de gémissements profonds de Bonnie qui montaient en cascade. Quand elle atteignit l'extase la première fois, sa voix résonna jusqu'au pont. Puis une deuxième, plus forte. Une troisième suivit, presque un sanglot. Diego sortit enfin, le torse luisant de sueur, un sourire tranquille aux lèvres. Il ne dit rien, se contenta de croiser les regards des autres avec une tranquille certitude.
Black Tom fut l'un des derniers. Le colosse tatoué entra sans un mot. La cabine sembla trembler sous ses pas. Le rythme qu'il imposa fut régulier, puissant, interminable. Les minutes s'étirèrent. Un quart d'heure. Une demi-heure. Les commentaires sur le pont se turent peu à peu, remplacés par un respect silencieux. Quand il ressortit enfin, il marcha lentement, comme un homme qui vient d'accomplir une tâche titanesque. Il ne parla pas non plus. Il se contenta de s'adosser au mât et de boire une longue gorgée de rhum.
Entre-temps, d'autres avaient exploré des voies moins classiques. Un vieux charpentier breton choisit la bouche de Bonnie et y resta jusqu'à ce qu'elle avale sans protester. Un autre, un quarteron nerveux, frotta son membre entre ses seins jusqu'à l'extase. Le plus étrange fut un matelot maigre originaire de Bristol qui, après quelques tentatives maladroites, glissa son sexe dans le pli du coude de Bonnie et y effectua des va-et-vient frénétiques jusqu'à jouir en grognant. Il ressortit fier, clamant avoir découvert le quatrième trou magique. Les autres éclatèrent de rire, certains le traitèrent de fou, mais personne ne le contredit vraiment.
La nuit s'écoula ainsi, rythmée par les entrées et sorties, les commentaires graveleux, les paris qui changeaient de mains, les chopes de rhum qui circulaient. L'équipage, d'abord bruyant, devint progressivement plus calme, presque solennel, conscient que quelque chose d'exceptionnel se jouait dans cette cabine.
Quand le ciel à l'est commença à pâlir, le dernier matelot sortit en titubant. Black Tom, la voix encore puissante malgré la fatigue, prit la parole depuis le centre du pont.
— Voilà, tout le monde est passé. On va pouvoir savoir qui sera le nouveau capitaine.
Une voix s'éleva depuis la dunette.
— Pas si vite. Vous oubliez mon tour.
Elias Crowe descendit lentement l'escalier, son tricorne à la main. Les hommes se regardèrent, surpris, puis un murmure approbateur parcourut les rangs.
— C'est vrai… il a pas tort.
— C'est lui qui a eu l'idée, après tout.
— Aye, qu'il y aille.
Crowe passa entre eux sans un mot et entra dans ce qui avait toujours été sa cabine.
L'endroit était méconnaissable. Les cartes marines froissées jonchaient le sol, la table était renversée, les draps du lit pendaient jusqu'au plancher. L'air était lourd de sueur et de sel. Au centre, sur le lit défait, Bonnie était allongée, nue, le corps luisant de traces blanches séchées ou encore fraîches. Ses cheveux blonds collaient à son front et à ses épaules. Le maquillage indigo avait coulé en traînées sur ses joues et son cou, donnant à son visage un aspect étrange, presque tribal. Pourtant, ses yeux bleus brillaient encore d'une vitalité surprenante. Elle respirait profondément, un sourire vague aux lèvres.
Elle tourna la tête vers Crowe et parla d'une voix rauque mais claire.
— Mon beau ex-capitaine… qu'est-ce que vous allez me faire ? Soyez original, j'ai eu droit à tout ce qui est possible cette nuit. Vous ne m'avez pas menti, vos hommes sont… généreux. Y en a même un qui m'a pris le coude. J'ai pas trop compris celui-là, mais bon… Allez, venez, mon chou.
Crowe resta debout près de la porte. Il secoua lentement la tête.
— Sans façon. J'ai quelque chose d'autre pour vous.
Il détacha une bourse de cuir de sa ceinture et la lança doucement sur le lit. Elle atterrit avec un bruit lourd de pièces qui s'entrechoquaient.
— Voilà pour vous. Ce n'est pas pour ce que vous venez d'offrir à mes hommes. Cela, vous l'avez donné librement, par pur plaisir et par goût du jeu. Je le sais, et je le respecte.
Il marqua une pause, plantant son regard dans le sien.
— Cette bourse est pour votre voix, Bonnie. Pour votre esprit et pour le choix que vous ferez tout à l'heure sur le pont. Choisissez avec sagesse… tant que ce choix sert mes intérêts. L'or est à vous.
Bonnie regarda la bourse un instant, puis l'attrapa vivement et la serra contre elle avant de la glisser parmi les lambeaux de sa robe abandonnée au sol. Un sourire plus large étira ses lèvres.
— Comme c'est aimable à vous, capitaine.
Crowe hocha la tête.
— Vous pouvez vous rhabiller et nous rejoindre sur le pont. Tout l'équipage attend avec impatience votre verdict.
Il tourna les talons et sortit, refermant doucement la porte derrière lui.
Bonnie émergea enfin de la cabine, drapée dans les restes froissés de sa chemise blanche et de son corset à demi lacé. Ses cheveux blonds, emmêlés et humides de sueur, collaient à ses épaules nues. Le fard indigo avait coulé en longues traînées irrégulières sur ses joues et son cou, accentuant l'intensité de ses yeux bleus qui balayaient le pont avec une lueur espiègle. Elle marcha d'un pas titubant et lent vers la dunette, où l'équipage s'était rassemblé en demi-cercle, silencieux pour une fois. Les hommes, épuisés par la nuit, les yeux rougis par le rhum et le manque de sommeil, la fixaient avec une attente fiévreuse. Le ciel à l'est rosissait déjà, annonçant l'aube sur Tortuga.
Crowe se tenait un peu à l'écart, adossé au mât principal, les bras croisés, son tricorne remis en place. Black Tom, Jacques et Diego formaient le premier rang, torses bombés, prêts à revendiquer leur victoire. Le reste de la troupe, une quarantaine de visages hirsutes, brûlés par le soleil et marqués par la mer, retenait son souffle.
Bonnie grimpa les marches de la dunette avec une grâce fatiguée, puis se tourna vers eux, les mains sur les hanches. Un sourire paresseux étira ses lèvres encore gonflées. Elle prit une profonde inspiration, comme pour savourer l'instant, avant de parler d'une voix claire et chaude qui porta jusqu'au dernier rang.
— Mes beaux loups de mer… quelle nuit vous m'avez offerte ! J'ai rarement vu un équipage aussi… généreux. Vous avez tous donné le meilleur de vous-mêmes, et croyez-moi, j'ai tout apprécié.
Un murmure approbateur parcourut les rangs, mêlé de rires étouffés. Quelques-uns se redressèrent fièrement.
— Commençons par le petit Wilkins, le rouquin. Rapide comme l'éclair, celui-là. Il a à peine eu le temps de dire bonjour que c'était déjà fini. Mais il était tout excité, tout tremblant… c'était mignon.
Des éclats de rire fusèrent. Wilkins baissa la tête, rouge jusqu'aux oreilles, mais un sourire timide aux lèvres.
— Ensuite, Hans le Hollandais. Solide, direct, sans chichis. Il m'a prise comme on prend un port d'assaut : droit au but, avec une bonne cadence. J'ai bien aimé la fermeté.
Hans hocha la tête, satisfait, tandis que d'autres grognaient d'envie.
— Les jumeaux irlandais… ah, ceux-là m'ont surprise. À deux, ils ont su se compléter, l'un devant, l'autre derrière, en rythme parfait. J'ai cru un moment que j'allais me noyer dans leurs bras. Très harmonieux, mes gars.
Les deux frères se donnèrent une tape dans le dos, fiers comme des coqs.
— Jacques le Français… l'élégance même. Des caresses partout, des mots doux à l'oreille, des mouvements qui montaient comme une vague lente. Il m'a fait chanter plus d'une fois. L'art, messieurs, l'art pur.
Jacques salua d'un geste théâtral, moustache frémissante, sous les applaudissements jaloux.
— Diego… la passion incarnée. Lent au début, pour faire monter le feu, puis de plus en plus sauvage. Trois fois il m'a emportée au sommet, comme une tempête qui ne s'arrête pas. J'en tremble encore.
Diego croisa les bras, un sourire tranquille aux lèvres, tandis que plusieurs hommes échangeaient des regards impressionnés.
— Et Black Tom… mon Dieu, quel colosse. Une force de taureau, régulière, profonde, qui n'en finissait pas. Il m'a secouée comme il se doit. J'ai cru que la cabine allait se briser sous nous. Respect, Tom, belle prestation.
Un silence admiratif salua ces mots. Black Tom resta immobile, mais ses yeux brillaient.
Bonnie fit une pause, laissant le suspense planer. Elle passa lentement son regard sur l'équipage, s'attardant sur chaque visage, comme pour peser une dernière fois ses souvenirs. Puis elle leva les yeux vers Crowe, toujours immobile près du mât.
— Vous avez tous été formidables, les gars. Vraiment. Certains m'ont surprise par leur inventivité, oui, toi, le maigre de Bristol, avec ton idée du coude… original, je dirai pas le contraire. D'autres par leur endurance, d'autres par leur tendresse inattendue. Mais il faut un vainqueur, n'est-ce pas ?
Un grondement d'approbation monta.
— De manière incontestable, reprit-elle, le meilleur amant de cette nuit, celui qui m'a comblée plus qu'aucun autre… c'est Elias Crowe.
Un brouhaha stupéfait éclata aussitôt. Des exclamations, des protestations, des rires incrédules. Black Tom frappa du poing contre le bastingage. Jacques jura en français. Diego plissa les yeux, méfiant.
— Quoi ? Il a même pas fait jouir… commença quelqu'un.
Mais la voix de Crowe tonna soudain par-dessus le tumulte, puissante et autoritaire, comme au plus fort d'une tempête.
— Silence, bande de fils de chiens ! La catin a parlé et son verdict est incontestable !
Le calme revint presque instantanément. Tous les regards se tournèrent vers lui. Crowe s'avança lentement au centre du pont, remit son tricorne d'un geste théâtral, et un large sourire carnassier éclaira son visage maigre.
— En tant que nouveau capitaine du Requin Noir, puisque la dame a tranché, je décrète une tournée générale ! Rhum à volonté, femmes à foison, avec l'or volé aux Espagnols ! On descend à terre, on prend la taverne la plus proche, et Tortuga est à nous !
Un silence d'une fraction de seconde, puis une explosion de joie brute déchira l'air.
— Hourra ! Hourra pour le capitaine Crowe !
Les hommes brandirent les poings, tapèrent du pied, se frappèrent dans le dos. Même Black Tom, après un instant d'hésitation, éclata d'un rire tonitruant et leva sa chope imaginaire. Jacques haussa les épaules avec un sourire résigné. Diego cracha par-dessus bord, mais rejoignit vite la clameur.
Bonnie, toujours sur la dunette, observait la scène avec un amusement tranquille, la bourse bien cachée parmi les plis de sa jupe. Elle ne dit rien de plus ; son choix était fait, et l'équipage l'acceptait déjà.
En quelques minutes, le pont devint un chaos joyeux. Les amarres furent larguées à la hâte, la passerelle déroulée. Les pirates dévalèrent vers le quai en horde hurlante, sabres à la ceinture, bouteilles déjà à la main. Crowe marcha en tête, Bonnie à son bras comme une reine de la nuit, suivi par la troupe en liesse.
Tortuga s'éveilla en sursaut sous leurs cris. Les portes des tavernes s'ouvrirent toutes grandes. Les lumières vacillèrent plus fort. Et tandis que le soleil se levait enfin sur la baie puante, le Requin Noir resta désert à l'ancre, gardé seulement par les deux mulâtres muets, pendant que son équipage conquérait l'île dans un tourbillon de rhum, de rires et de débauche.
Crowe avait conservé son navire, son or, et sa tête. Pour cette fois du moins. Car en mer, comme à Tortuga, rien n'était jamais définitif.
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Photo de profil de Laura2242
Laura2242
10 mai 2026 à 11:15
Bonjour

Cette suite est dans la lignée du premier chapitre. C’est tout simplement excellent! Un récit que j’apprécie, qui tient en haleine.

Hâte de découvrir la suite
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Antoine.Daniel
Antoine.Daniel
5 mai 2026 à 23:07
Original comme récit. Merci bien
Soyez respectueux
Répondre

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