Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Emeline, mon amie d'enfance — Chapitre 1 · Comme sur des roulettes
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Emeline, mon amie d'enfance
Chapitre 1 · Comme sur des roulettes
Nous sommes à l'été 2018. À ce moment-là, j'ai 20 ans. Et aussi curieux que cela puisse paraître, je suis encore puceau. Pourtant, du haut de mon mètre 90, avec ma peau métissée et mon corps sec et élancé, tout me destine à avoir une vingtaine riche en flirts. C'est sans compter mon innocence légendaire. Nombreuses sont les filles qui attendent patiemment que j'arrête de raconter des blagues pour s'adonner à des plaisirs plus intimes.
Mais cela, je ne l'ai compris que plus tard, bien plus tard. Il aura fallu que je me retrouve dos au mur, un soir de cet été 2018, pour qu'Émeline m'offre ma première fois.
Mais cela, je ne l'ai compris que plus tard, bien plus tard. Il aura fallu que je me retrouve dos au mur, un soir de cet été 2018, pour qu'Émeline m'offre ma première fois.
Je suis à ce moment-là en stage à Marseille. Émeline, qui vit à Paris pour ses études en école de commerce le reste de l'année, est redescendue dans le Sud pour les vacances, chez ses parents, dans notre village d'enfance. Elle a ramené avec elle tout son groupe de potes de Paris. Ils sont une dizaine, je dirais. Je les ai déjà tous rencontrés à Paris, lors de soirées auxquelles Émeline m'avait invité. Et parmi eux, Margot m'avait tapé dans l'œil. Une grande rousse, avec de magnifiques cheveux bouclés, fine, avec un sourire craquant. Et vive d'esprit aussi, donc très agréable de faire de l'humour avec elle. Un soir, Émeline me propose de venir à sa maison pour passer la soirée. J'avais eu un très bon feeling avec ses amis parisiens, et eux aussi apparemment, puisqu'ils sont très enthousiastes à l'idée de me voir. Et c'est l'occasion parfaite de revoir Margot. J'accepte donc aussitôt !
Dès mon arrivée, mon attention est tout de suite focalisée sur Margot. Même si j'avais des affinités avec tout le groupe, c'est vers elle que je me tourne naturellement. J'essaie de retrouver le feeling que j'avais eu avec elle à Paris. De son côté, son attitude est un peu ambivalente : elle a l'air intéressée, mais elle ne fait pas vraiment d'efforts pour alimenter la conversation ou la relancer. Elle reste un peu sur la réserve. Malgré ce côté un peu distant, je finis par la convaincre de venir préparer le repas. On se met tous les deux aux fourneaux pour cuisiner des fajitas pour tout le monde. C'est à ce moment-là qu'on se retrouve vraiment côte à côte, loin du bruit de la piscine et des autres. Je retrouve alors la Margot vive d'esprit, taquine, curieuse et bavarde. Je n'ose pas initier de contacts physiques, nos retrouvailles ne datant que de quelques heures.
De temps à autre, Émeline vient nous voir, prétextant vérifier que tout se passe bien côté fajitas, mais avec le recul, c'était à mon avis une façon de jauger le degré de proximité entre Margot et moi.
Émeline et moi, on se connaît depuis que l'on a sept ans. On faisait du handball dans le même club. On s'est même retrouvé quatre ans dans la même classe au collège. Tous les vendredis midi, alors que tous mes copains avaient cours de latin, je restais avec un groupe de copines, dont Emeline faisait partie. C'est lors de ces récréations que j'ai appris à « comprendre » les filles. Émeline a toujours été l'une des plus réservées, mais aussi l'une des plus réceptives à mes blagues. Moi, je n'avais d'yeux que pour Lucie, la grande blonde du groupe. Et à l'inverse, Chloé, elle, faisait son maximum pour me faire comprendre que je lui plaisais. Mais rappelez-vous, je suis un garçon innocent. D'autant plus au collège. Du coup, je n'avais jamais remarqué Élise, et encore moins Émeline.
Lors du repas, je fais en sorte de m'asseoir en face de Margot, et Émeline s'assoit à côté de moi. Encore une fois, je ne perçois rien dans les intentions et dans les mots d'Émeline. Toutes ses apparitions et interventions ne sont là, pour moi, que des signes d'amitié. Le reste de la soirée s'écoule entre la piscine et quelques bières. Je ne cherche plus à côtoyer Margot à ce moment-là, je profite de la compagnie des garçons pour faire un bière-pong, pour jouer au basket ou pour jouer au volley dans la piscine. Je passe un super moment, mais je n'oublie pas qu'une nouvelle journée de stage m'attend le lendemain matin. Je m'efforce alors à aller me coucher. Je lance un « Bonne nuit » général, avant de demander à Émeline dans quelle chambre je peux m'installer. Elle se propose de m'y accompagner, insistant même pour que je la suive.
Nous montons donc à l'étage, isolés de tout le monde. Elle en profite pour me le faire visiter, c'est en réalité la première fois que je viens dans sa maison, acquise par ses parents l'été précédent. Elle me montre ainsi deux premières chambres, dans lesquelles notamment Margot dormait, puis me montre une chambre encore inoccupée : la mienne. J'ai le droit à un lit superposé, avec vue sur la piscine et le bière-pong. J'y pose donc mes affaires.
Émeline tente alors un premier rapprochement physique. Elle regarde ce que je sors de mon sac, attrape mes vêtements du lendemain pour les déplier, puis vient les plaquer sur mon torse. Elle en profite ainsi pour complimenter mon style vestimentaire. Pourtant, avec sûrement beaucoup de maladresse, je lui fais comprendre que j'aimerais qu'elle sorte de la chambre pour que je puisse me déshabiller et monter dans mon lit. Elle me fait logiquement remarquer qu'elle ne m'a pas encore fait visiter sa chambre.
Nous entrons dans une pièce gigantesque, elle aussi donnant sur la piscine. La lumière de la lune traverse sa fenêtre et éclaire une partie de son lit. Le plafond est très haut, ce qui rend la pièce presque vide. Nous en faisons donc très vite le tour. Elle insiste pour me faire voir le contenu de sa bibliothèque, au pied de son lit. N'ayant jamais été un très grand lecteur, je m'en approche et m'y intéresse, comme un bon ami.
C'est alors qu'Émeline se tourne face à moi, me bloquant ainsi entre elle et le bas de son lit. Ses iris sont dilatés, elle a perdu tout son sourire (sûrement dû au stress). Dans ma tête, je commence à comprendre. C'est le premier domino qui tombe. Un choc léger, presque imperceptible, mais qui lance une réaction en chaîne que je ne peux plus arrêter.
Le deuxième domino tombe : je revois Émeline qui débarque dans la cuisine toutes les dix minutes sous prétexte de surveiller les fajitas. Ce n'était pas de la gourmandise, c'était de la surveillance. Le troisième domino s'abat : je repense à son insistance pour me faire visiter l'étage, alors que je connais le principe d'une chambre et d'un lit. Puis le quatrième : la scène des vêtements qu'elle dépliait contre moi. Ce n'était pas un conseil de mode, c'était une caresse déguisée.
Toutes ces années de basket ensemble, ces midis au collège où elle riait à mes blagues alors que je ne regardais que les autres, tout s'aligne d'un coup. Le parcours de dominos traverse plus de dix ans d'amitié à une vitesse fulgurante pour venir frapper la dernière pièce, celle qui se trouve juste ici, dans cette chambre silencieuse. Le bruit de la fête en bas devient un lointain bourdonnement. Il n'y a plus de Margot, plus de stage à Marseille demain, plus de "gars innocent". Il n'y avait plus que nous.
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Commentaires ()
Attention toutefois à la relecture, nous passons du handball dans le §5, au basketball sur le dernier paragraphe.
Merci et vivement la suite.