Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Glacée — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Glacée
Chapitre 1
—**Navire de l'expédition Espoir, Nord du Svalbard, été 1910.***
Je me tiens seule sur le pont, observant le ciel étrange au-dessus de la mer calme. Étrange, car la nuit aurait dû tomber depuis des heures, et pourtant, nous naviguons encore en pleine lumière.
Resserrant ma parka autour de ma taille, je laisse le froid polaire envahir mes poumons et brûler mes joues déjà rougies par trente jours de voyage. Cette expédition, ce n'est pas un rêve, pas un fantasme ni la chance de ma vie. C'est une fuite en avant. C'est ma dernière tentative pour oublier qu'entre mes côtes, bat un cœur en miettes.
Mes pensées volent vers Louise, sa peau laiteuse, ses cheveux blonds qui caressent ses épaules et son front. Louise dans mon souvenir, c'est le printemps.
Je revois son sourire coquin, ses yeux soudain très sérieux juste avant le baiser qui a scellé notre histoire. Je sens encore ses lèvres qui viennent caresser les miennes, sa langue inquisitrice dans ma bouche timide. Le soleil à travers ses cheveux m'aveuglait, mais je me refusais à fermer les yeux. Puis la chaleur de ses mains sur mon ventre nu m'avait finalement fait perdre la tête. Je m'étais offerte, les yeux fermés, à ses mains toujours plus aventureuses. J'avais laissé sa bouche explorer mon corps, ses dents jouer avec mes tétons. Sans retenue, au milieu de ce champ où nous avions pique-niqué pour notre premier rendez-vous, nos corps avaient trouvé du plaisir, nos jupes relevées en haut des cuisses, nos doigts humides et nos bouches soudées. La sienne avait un goût de fraise. De cela, je me souviens aussi.
Je revois son sourire coquin, ses yeux soudain très sérieux juste avant le baiser qui a scellé notre histoire. Je sens encore ses lèvres qui viennent caresser les miennes, sa langue inquisitrice dans ma bouche timide. Le soleil à travers ses cheveux m'aveuglait, mais je me refusais à fermer les yeux. Puis la chaleur de ses mains sur mon ventre nu m'avait finalement fait perdre la tête. Je m'étais offerte, les yeux fermés, à ses mains toujours plus aventureuses. J'avais laissé sa bouche explorer mon corps, ses dents jouer avec mes tétons. Sans retenue, au milieu de ce champ où nous avions pique-niqué pour notre premier rendez-vous, nos corps avaient trouvé du plaisir, nos jupes relevées en haut des cuisses, nos doigts humides et nos bouches soudées. La sienne avait un goût de fraise. De cela, je me souviens aussi.
Une rumeur me sort de ma rêverie. Le navire en réalité ne bouge plus depuis quelques minutes, le vent s'est calmé, nous sommes trop loin de la terre pour que le moindre oiseau ne vienne survoler notre embarcation.
Je suis le bruit jusqu'à la poupe où un attroupement de marins braille, certains en chemises, d'autres suant, la plupart ont trop bu, les journées sont longues ici et il ne se passe jamais rien. *Ne se passait jamais rien.*
Me hissant sur la pointe des pieds, je tente d'apercevoir l'objet de ces intenses discussions. Un homme musclé au teint rose, le bonnet enfoncé jusqu'aux oreilles s'approche, me presse le bras un peu trop fort.
— Elle a besoin de vous, Docteure.
Elle. La seule autre femme sur ce navire, la fille du Capitaine, l'objet de bien des fantasmes sur ce navire - à commencer par les miens.
Jouant des coudes, je fends le petit groupe pour découvrir la jeune femme allongée sur le sol, la tête légèrement penchée. À ses côtés, un jeune mousse aux pieds nus, dégoulinant et tremblotant, lui hurle de ne pas mourir.
J'essaie de reprendre rapidement mes esprits, de ne pas céder à la panique. Et de ne pas me laisser perturber par les vêtements trempés de la sirène, épousant parfaitement ses formes. Elle est superbe, cette Vénus callipyge. Vêtue d'une chemise de nuit longue et d'une robe de chambre, elle semble pourtant nue, offerte à nos regards mi-effrayés, mi-subjugués.
— Mais bougez-vous enfin ! Apportez-la dans mon cabinet immédiatement, elle va mourir de froid !
Sortie de ma torpeur, je m'approche de l'oreille de la rescapée alors que quatre marins la soulèvent pour l'emporter au chaud.
— Tenez bon, Mademoiselle, ça va aller.
— Pour la centième fois, appelle-moi Anna.
— Pour la centième fois, appelle-moi Anna.
Anna me lance un sourire complice, un de ses sourires dont elle a le secret. Je connais ses sourires, depuis le début de ce voyage, elle n'a pas cessé de me dévorer des yeux, cherchant mon regard lors des repas et de nos rencontres sur le pont. Je pense qu'elle recherche simplement l'amitié d'une autre femme et peut-être est-ce bien le cas. Mais a-t-elle conscience de l'effet qu'elle a sur moi ?
Je demande aux marins de nous laisser seules. Ils ont installé Anna sur le lit, dans la cabine qui me sert de cabinet médical depuis notre départ. L'endroit n'est pas grand et en tournant autour du lit, je me cogne aux rares meubles, à une chaise, à une lampe trop basse.
— Allez me chercher des couvertures, beaucoup de couvertures. Et du thé chaud.
Anna est frigorifiée. Sa peau est couverte de frissons, elle grelotte et ses lèvres sont blanches, presque bleues, il faut à tout prix la réchauffer.
— Je vais devoir retirer tes vêtements Anna, d'accord ?
Elle hoche la tête, serre ma main un peu trop fort. Sa peau glaciale provoque pourtant une onde de choc et diffuse une chaleur intense dans tout mon corps.
J'entreprends d'enlever sa robe de chambre fleurie que je laisse tomber en boule sur le sol dans un bruit mat et humide. L'eau glacée a rendu sa chemise de nuit presque transparente. À travers le tissu, on peut deviner sans peine ses seins lourds, les tétons si durs qu'ils semblent prêts à transpercer l'étoffe. Sous l'arrondi de son ventre, entre ses cuisses épaisses, le vêtement laisse apercevoir la toison foncée.
Mes doigts fébriles font sauter chacun des boutons. Nue devant moi, elle détourne les yeux par pudeur et je fais de même un instant. Un coup à la porte nous fait sursauter toutes les deux.
J'entrouvre la porte. Le Capitaine me tend un tas de couvertures ainsi qu'un thermos d'eau chaude aux vagues effluves de menthe.
J'entrouvre la porte. Le Capitaine me tend un tas de couvertures ainsi qu'un thermos d'eau chaude aux vagues effluves de menthe.
Je referme la porte doucement et j'entreprends de frictionner le corps d'Anna avec un drap de bain. Malgré l'urgence de la situation, je ne peux m'empêcher d'avoir des pensées lubriques quand je vois sa chair onduler sous mes mains comme les vagues d'une mer en furie. J'attrape quelques couvertures, l'une après l'autre, je couvre ce corps que je me suis mise à tant désirer.
— J'ai si froid.
Anna attrape ma main et la garde entre ses doigts. Ses yeux larmoyants me fixent, suppliants.
— Viens me tenir chaud. Ton corps ... ton corps a l'air si chaud.
J'hésite un instant, me dirige vers la porte. La main sur la poignée, je me retourne et croise à nouveau son regard. Le cliquetis du loquet lui décroche un sourire. J'ôte ma parka, mes deux pull-overs en grosse maille, ma chemise de flanelle sous laquelle je ne porte rien. Au contact de l'air, mes petits seins frissonnent et leurs pointes durcissent presque immédiatement. Je laisse tomber mon pantalon au sol ainsi que le caleçon d'homme que je porte pour me tenir chaud.
Ainsi nue, je me glisse sous les nombreuses couvertures contre le corps glacé d'Anna. Elle est allongée sur le dos, le lit n'est pas grand, mais je parviens à m'allonger à ses côtés.
L'entourant de mes bras, je sens qu'elle commence doucement à se réchauffer à mon contact. Je glisse une jambe sur les siennes, sentant la caresse de sa cuisse contre mon sexe offert. L'érotisme de la situation nous rend silencieuses. J'ai soudain conscience de tous les endroits où nos corps se rencontrent. Le haut de son bras contre ma poitrine, mon ventre musclé contre sa hanche, mon pubis contre sa cuisse, son pied caressant doucement le mien.
L'entourant de mes bras, je sens qu'elle commence doucement à se réchauffer à mon contact. Je glisse une jambe sur les siennes, sentant la caresse de sa cuisse contre mon sexe offert. L'érotisme de la situation nous rend silencieuses. J'ai soudain conscience de tous les endroits où nos corps se rencontrent. Le haut de son bras contre ma poitrine, mon ventre musclé contre sa hanche, mon pubis contre sa cuisse, son pied caressant doucement le mien.
Lentement, presque instinctivement, sa main glisse sur mon omoplate tandis que la mienne vient s'aventurer sur son ventre, parcourant avec douceur le bourrelet qui naturellement me guide plus bas, vers la touffe sombre que j'ai aperçue toute à l'heure.
Nous ne parlons toujours pas, comme si les mots devenaient soudain superflus.
Mes doigts se perdent dans les poils humides de son pubis. Pendant ce qui me semble une éternité, ils jouent et s'entremêlent dans la toison soyeuse jusqu'à ce qu'un gémissement me donne le courage de glisser plus bas.
Nous ne parlons toujours pas, comme si les mots devenaient soudain superflus.
Mes doigts se perdent dans les poils humides de son pubis. Pendant ce qui me semble une éternité, ils jouent et s'entremêlent dans la toison soyeuse jusqu'à ce qu'un gémissement me donne le courage de glisser plus bas.
Les lèvres charnues sont chaudes, humides elles aussi, je les devine salées. Caressant l'intérieur des cuisses avec application, j'évite la zone la plus érogène, voulant prendre mon temps. Je la sens qui s'ouvre et s'abandonne.
Les yeux clos, sa bouche cherche la mienne à présent. Et tandis qu'elle suce longuement ma lèvre inférieure, me décrochant des gémissements impromptus, je glisse mes doigts entre ses grandes et ses petites lèvres, emprisonnant le clitoris entre mon index et mon majeur. Le va-et-vient est lent, mais elle ondule sous la caresse, elle demande plus, toujours plus, et je cède facilement, accélérant le mouvement, je décris de petits cercles rapides sur le clitoris à présent.
Sa bouche toujours soudée à la mienne, mes gémissements se mêlent à son cri lorsqu'elle jouit sous mes doigts. Sa main agrippe mon poignet et vient porter mes doigts à sa bouche. Je la regarde lécher son jus, jalouse de ne pas pouvoir y goûter moi aussi.
Mais lorsque nous échangeons un baiser, je peux sentir le goût de sa mouille dans sa bouche.
Et j'avais raison.
C'est salé.
Et j'avais raison.
C'est salé.
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